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La chose peut paraître banale mais
plein à craquer de sens. On a
toujours ouï dire que depuis
l’amont jusqu’à l’aval, ceux qui
ont le contrôle du pays demeurent
les fils à Papa. Bien avant le 05
février on se réfugiait sous le
couvert de la toute-puissance du
baobab de Lomé pour donner libre
cours à certains comportements.
Aujourd’hui, le papa n’est plus et
les enfants savent bien s’imposer.
Mercredi dernier en effet, les
Togolais étaient sous le choc de
la seconde sortie perdue quand le
jingle de journal de 20 heures
nous a sortis de notre rêverie.
La présentatrice a
annoncé une escale du président
Nino Viera de la Guinée-Bissau à
l’aéroport de Niamtougou et elle a
commis un lapsus qu’elle a vite
corrigé en regardant les images
sur son poste retour placé devant
elle. Ce n’était pas le Président
Faure mais le ministre délégué
Kpatcha Gnassingbé. Il a fallu
cela qu’on revienne sur cette
escale. Au fait que ce soit l’un
ou l’autre une chose demeure une
évidence c’est que c’est un
Gnassingbé. Outre cela, notre
étonnement a été grand que le
ministre d’Etat Zarifou Ayéva soit
présent à l’aéroport de Niamtougou
et que tout a été confié à Kpatcha
Gnassingbé. Fait anodin mais
suffisant pour qu’on ait une bonne
lecture de l’envergure de nos
ministères dans les prises de
décision de ce pays. Dans un pays
normal on n’assisterait pas à un
tel théâtre.
Les mauvaises langues,
les éternels jaloux des acquis des
Gnassingbé murmurent que c’est un
entraînement en attendant que son
tour arrive dans un avenir proche.
Il est permis de rêver, c’est ce
qu’on ne saurait refuser à un
citoyen si puissant soit-il. On
sait que le frère du président est
très friand de ces honneurs, de ce
rien du tout qui a son sens chez
lui. Voilà un peu comment le
gouvernement de large effectif
national n’est formé que des
métayers de leurs excellences
Faure et Kpatcha.
L’escale du président
de Bissau Guinée illustre la folie
de grandeur qui s’est subitement
emparée de certaines composantes
du clan au lendemain du 05
février.
Il y a tout de même
une question dont ont n’a pas eu
de réponse : Où était le président
de la République pour qu’il se
fasse représenter à ce cérémonial
par son frère ? Qu’on soit
ministre d’Etat ou Chef de
gouvernement, on a la même teinte
aux yeux de la grande famille.
L’histoire du Togo retiendra qu’un
mercredi 25 janvier de l’an 2006,
au cours d’une brève escale à
Niamtougou, le Chef de l’Etat de
Bissau, Nino Viera a été accueilli
par Kpatcha Gnassingbé. C’est cela
le partage du pouvoir. On n’entend
pas laisser les cérémonies
croupions aux sujets. On veut tout
faire à la fois.
Vivement que d’autres
escales de la sorte se passent
pour le plus grand entraînement à
ce cérémonial d’accueil du
ministre et DG. |