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Sans griefs particuliers contre sa
personne, l’on se doit de dénoncer
certains actes du demi-frère de
Faure, Kpatcha Gnassingbé, qui
constituent les manquements aux
dispositions constitutionnelles
qui devraient régir le
fonctionnement idéal de l’Etat.
Selon la Constitution de la IVe République,
adoptée par Référendum le 27
septembre 1992, promulguée le 14
octobre 1992 et révisée par la loi
n° 2002-029 du 31 décembre 2002,
il est stipulé dans son article
76, alinéa 2 : « Les fonctions
de membre du Gouvernement sont
incompatibles avec l’exercice de
tout mandat parlementaire, de
toute représentation
professionnelle à caractère
national et tout emploi privé ou
public, civil ou militaire ou de
toute autre activité
professionnelle ».
A moins que la constitution
soit écrite pour être appliquée
aux citoyens selon leur origine
familiale, leur patronyme ou leu
forme, comment est-ce possible que
dans une République comme le Togo
qui se veut un Etat de droit, un
individu peut-il outrepassser
cette disposition
constitutionnelle et cumuler trois
postes « juteux » sans
qu’il ne soit interpellé par les
garants des droits et libertés ?
C’est malheureusement le cas de
Kpatcha Gnassingbé qui, non
seulement est ministre délégué à
la Présidence, chargé de la
Défense et des Anciens
combattants, mais occupe
cumulativement les fonctions de
Directeur Général de la SAZOF et
de Président du conseil
d’administration de la SOTOCO. Et
les nombreux magistrats, juges,
procureurs, membres de la cour
constitutionnelle etc ne trouvent
rien à dire à ce propos… Il y a là
un grand vice de forme. Il y a de
quoi s’inquiéter si c’est un
membre de l’exécutif, de surcroît
un proche du chef de l’Etat qui
gère une structure chargée de
générer à l’Etat des ressources
financières. C’est ce cumul de
fonctions qui explique
certainement ces absences notoires
au ministère.
Il semble jouir de privilèges qui
ne sont réservés à personne
d’autre. A preuve, une place
particulière lui a été réservée
dans le programme de célébration
le 13 janvier dernier de la fête
de la « Libération nationale ».
Bien que la Constitution stipule
en son article 78 que « Le
Premier Ministre… assure l’intérim
du chef de l’Etat en cas
d’empêchement pour cause de
maladie ou d’absence du territoire
national », c’est Kpatcha
Gnassingbé qui s’était mis en
vedette pour accueillir à
l’aéroport de Niamtougou le
Président bissau-guinén en visite
au Togo au cours de cette semaine,
et ce au vu et au su du ministre
des Affaires étrangères et de
surcroît ministre d’Etat sensé
suppléer le Premier Ministre dans
cette tâche. Zarifou Ayéva était
là en spectateur. Il s’est éclipsé
pour laisser donc la place au
« frère du Chef »… Ainsi va la
République.
Mais c’est l’occasion d’attirer
sur ce statut privilégié réservé à
Kpatcha l’attention du Chef de
l’Etat, du Premier Ministre, et
des garants des dispositions
constitutionnelles et des textes
juridiques devant régir le pays.
Il ne sert à rien de claironner
avec fanfare et tintamarre
vouloir réformer la justice
togolaise. Cette justice se
réformera de soi lorsque nous
serons tous égaux en droit.
L.H |