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Liberté Hebdo |
25 Janvier 2007 |
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Rapport d’Amnesty International : Edem Kodjo
encourage l’impunité au Togo |
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Les Togolais, des rescapés en fait n’ont
certainement pas encore oublié les violences pré et
postélectorales d’avril 2005. Ce sont des choses qui
ne s’effacent pas vite de la mémoire, dira l’autre.
Des citoyens ont été massacrés, pour la plupart des
innocents, des gens qui n’ont rien à voir avec la
politique, juste pour assurer au Fils la montée au
trône. |
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Aujourd’hui ces événements ne sont qu’un triste
souvenir mais les plaies demeurent vivaces chez les
victimes et leurs proches. Les divers rapports
élaborés recommandaient que justice soit rendue aux
victimes. Mais le pouvoir n’a pas daigné y donner
suite. Ce que beaucoup qualifient de promotion de la
culture de l’impunité dont le maître d’œuvre semble
être manifestement Edem Kodjo.
On se rappelle qu’en mars 2006, Edem Kodjo, alors
Premier Ministre avait sorti une circulaire par
laquelle il « instruit fermement » les
organes compétents « d’abandonner instamment
toutes poursuites diligentées ou à diligenter à
l’encontre de toutes personnes présumées auteurs
d’infractions ou de délits étroitement liés à
l’élection », excepté les personnes soupçonnées
d’avoir commis des « crimes de sang ».
Beaucoup de Togolais avaient pensé à une mauvaise
blague de sa part. C’est pourtant ce qui a été
appliqué au grand désarroi des victimes. Les
bourreaux du peuple figurant sur la « liste
nominative des auteurs et commanditaires présumés
cités par les victimes » se la coulent douce
jusqu’à ce jour. Les Togolais pensaient s’être
débarrassés d’Edem Kodjo une fois les clés de la
primature retirée de ses mains par Me Yawovi
Agboyibo en Septembre 2006. Oh que non ! L’Homme
reste égal à lui-même, plus que jamais actif dans
les basses besognes. L’Enarque manœuvre pendant tout
ce temps pour empêcher que justice soit rendue
malgré les cris d’alarme, les plaintes des victimes.
« Il faut condamner ces personnes pour que cela
s’arrête », « Je tiens à ce que la justice soit
faite car ces hommes ont bafoué la vie de mes
enfants », « Nous voulons réparation », crient
les victimes. Amnesty International à travers son
rapport enfin rendu public vient rappeler aux
Togolais que l’homme a poussé son cynisme plus loin,
même loin de la primature. Le rapport devrait être
rendu public depuis le 26 novembre dernier. Mais il
a été reporté pour accorder au pouvoir togolais, à
sa demande, un délai afin de faire des observations.
Mais le 11 décembre 2006, les gouvernants togolais
ont fait parvenir un document à l’organisation
internationale de défense des droits de l’homme,
servant du dilatoire pour minimiser la poursuite
judiciaire. On parle dans le courrier de
« renforcement en personnel des services de sécurité »,
de leur formation et d’ « intégration des Forces
Armées Togolaises dans la vie de
la Nation ».
Et comme par hasard, ce document est signé de
l’inusable Edem Kodjo qui pense que le rapport d’AI
« ne paraît pas de nature à consolider le processus
en cours mais au contraire à troubler la paix qui
prévaut dans le pays et la sérénité qui entours
actuellement la conduite du processus de
réconciliation nationale ». L’homme pousse
l’outrecuidance jusqu’à aller vouloir blanchir les
forces armées indexées par les différents rapport en
déclarant : « Ce qui parait être militaire
ostentatoire, constitue bien souvent des subterfuges
utilisés par des groupes de voyous pour influencer
le jugement des victimes (vêtements, armes, parfois
véhicules camouflés ou plaques d’immatriculation
falsifiées) ».
Que diantre a-t-il à s’opposer tant que justice soit
rendue ?
Tino Kossi |
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Réaction du gouvernement ou de la présidence au
rapport d’AI ?
Edem Kodjo dans le rôle de liseur professionnel de
motion |
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L’organisation internationale de défense des droits
de l’homme Amnesty International a rendu public
vendredi dernier, après plusieurs reports, son
rapport sur les violences et les exactions survenues
dans notre pays à la suite du scrutin présidentiel
du 24 avril 2005. |
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Intitulé « Je veux savoir pourquoi on a tué mon
fils », le rapport demande surtout au
gouvernement togolais d’assumer ses responsabilités
pour traduire devant les tribunaux les auteurs et
les commanditaires de cette tragédie et mettre un
terme à l’impunité qui fait le lit du mal togolais
depuis plusieurs années déjà.
Le pouvoir togolais qui avait demandé le
report de la publication du document pour formuler
des observations, a fait parvenir le 11 décembre
2006 à Amnesty International un courrier de douze
pages portant les griffes de M. Edem Kodjo pour
démonter le rapport d’AI.
Se mettant dans le rôle parfait des
liseurs professionnels de motion, M. Edem Kodjo fait
récemment ministre d’Etat à la présidence par Faure
Gnassingbé s’en prend à Amnesty International et
émet des réserves sur le contenu du rapport.
Pour le président de la CPP, « ce qui
paraît être militaire de façon ostentatoire,
constitue bien souvent des subterfuges utilisés par
des groupes de voyous pour influencer le jugement
des victimes (vêtements, armes, parfois véhicules
camouflés ou plaques d’immatriculation falsifiées »).
M. Edem Kodjo s’érige en avocat du diable des
éléments des forces armées togolaises alors que
ceux-ci ont été indexés dans les différents rapports
des organisations de défense des droits de l’homme
(ONU, FIDH…) comme étant les principaux responsables
des massacres d’avril 2005.
Le ministre d’Etat à la présidence après
s’être interrogé « sur les vraies motivations de
ce rapport et le moment choisi pour sa médiation »,
estime que le document « ne paraît pas de
nature à consolider le processus en cours mais au
contraire à troubler la paix qui prévaut dans le
pays et la sérénité qui entoure actuellement la
conduite du processus de réconciliation nationale ».
M. Edem Kodjo pousse son cynisme plus
loin en disant « être préoccupé par ce
déchaînement inutile, redondant et volontairement
polémique ». Il considère par ailleurs le combat
d’Amnesty International contre l’impunité comme
« relevant de l’histoire car largement dépassé ».
Serait-on en d’autre temps que le
président de la CPP aurait pris la tête des marches
de soutien pour dénoncer, à travers des montages
grotesques des laboratoires de Lomé 2, le rapport d’AI
et rejeter la responsabilité entière des tueries sur
l’opposition.
La réaction du gouvernement au rapport
d’Amnesty International suscite de nombreuses
interrogations. Pourquoi c’est M. Edem Kodjo qui est
de l’administration qui répond à la place des
membres du gouvernement ?
Le Premier ministre est-il au parfum du
courrier adressé à l’organisation internationale de
défense des droits de l’homme ? Voilà autant de
questions que se posent les Togolais. Il ne fait pas
de doute que Faure n’accorde pas de crédit à
Agboyibo et son équipe et qu’il a ses hommes de main
qui agissent dans l’ombre et au nom des autorités
togolaises. Le cas patent est celui de Edem Kodjo.
M.A. |
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Insécurité/Un week-end de terreur au Togo
:
Sept morts et un blessé grave |
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Au conseil des ministres du jeudi 18 janvier
dernier, le ministre de la Sécurité, le Colonel
Atcha Titikpina, a présenté une communication sur la
situation concernant les accidents de la route et
les vols à main armée au Togo. De son exposé, il
ressort qu’au cours de l’année 2006, il a été
enregistré « 127 vols à main armée qui ont
entraîné 11 morts ». Mais à voir ce qui s’est
passé le week-end dernier, la situation risque
d’être catastrophique d’ici à la fin de l’année.
Trois présumés voleurs brûlés vif à Avépozo, trois
personnes abattues par des malfrats dans le Zio, un
corps retrouvé dans la lagune de Bè, tel est le
bilan de ce qu’on peut appeler la tragédie du début
d’année. |
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La vindicte populaire à Avépozo
Selon les témoignages recueillis sur les
lieux, tout serait parti du vol régulier des motos
ainsi que de l’assassinat de leur conducteur.
Dépassés par les événements, les conducteurs de
taxi-moto (Zémidjan) se seraient organisés aux fins
de démanteler le réseau de malfaiteurs. C’est ainsi
que samedi, ils se seraient tombés sur deux hommes :
une jeune femme et un jeune garçon. Pendant qu’un
groupe s’occuperait du sort du jeune homme, la fille
aurait été soumise à un interrogatoire par le second
groupe. Celle-ci révélerait qu’il s’agissait de
réseaux bien organisés qui commettraient les
forfaits dans la zone. A en croire toujours les
témoins, c’est elle qui aurait indiqué les maisons
des supposés voleurs. Au cours de ses recherches, la
population en furie n’aurait retrouvé que deux
personnes dont l’une se prénommerait Akouétè. Ce
sont donc ces deux autres présumés voleurs qui ont
été plus tard lynchés et brûlés vifs.
D’après certaines indiscrétions,
l’infortuné Akouétè est très connu des habitants de
cette banlieue pour avoir fait partie de ceux qui
auraient terrorisé les populations de cette zone
lors de la présidentielle d’avril 2005. Selon
d’autres informations, les présumés voleurs
devraient se rendre à Notsè lundi 22 janvier dernier
avant que le drame ne se produise.
Meurtres dans le Zio
Au poste de péage de Davié à une
trentaine de kilomètres de Lomé, le Maréchal de
logis Awi, a été froidement abattu le vendredi 19
janvier 2007 aux environs de 15 heures. Pour les
témoins, le coup de feu serait parti d’une voiture
de marque « Mercedes Benz » à bord de
laquelle se trouveraient trois individus en cagoule.
En plus, la voiture aurait percuté un agent du
service de péage qui suit présentement des soins
intensifs dans un hôpital de la place. Et pour
terminer leur basse besogne, ils ont abattu un
ancien combattant et son fils qui les auraient
surpris en train de procéder à l’échange de la
plaque minéralogique d’immatriculation de la
voiture.
Un corps repêché dans la lagune de Bè
Lundi 19 janvier dernier, le corps d’un
jeune d’environ 30 ans a été découvert vers 10h30
dans la lagune de Bè non loin de l’école islamique
de Bassadji. L’infortuné portait un pull-over et un
pantalon jeans, la tenue prisée par les Zémidjans
pour pouvoir affronter la nuit. Apparemment il ne
présentait pas l’aspect d’un naufragé son ventre
étant resté intact. Mais il avait une blessure au
niveau de la tête. Ce qui veut dire qu’il a été
lâchement assommé avant d’être jeté dans la lagune.
Les autorités togolaises interpellées
Ces crimes odieux qu’a enregistrés notre
pays en un seul week-end doivent amener les
ministres de la Sécurité et de la Défense à prendre
des mesures urgentes. Il faut que les enquêtes
enclenchées dans les trois situations aboutissent et
que les résultats soient connus du public. Ce serait
encore malheureux qu’après un calme apparent, ces
enquêtes ou leurs résultats soient rangés dans les
placards. Car il est évident que le silence des
gouvernants sur l’impunité renforce les malfaiteurs
dans leur conviction à tuer. Que des sanctions
exemplaires soient appliquées aux auteurs de ces
forfaits. Mais là aussi, il faut des enquêtes
sérieuses pour ne pas amener de pauvres innocents à
répondre des actes qui leur sont totalement
étranger.
Par ailleurs, le laxisme des forces de
sécurité et de l’ordre amène souvent les populations
à se rendre justice elles-mêmes. Ce qui représente
un danger permanent pour un Etat de droit. Des gens
peuvent être injustement accusés de vol ou de
meurtre et lynchés sans autre forme de procès. Il
faut donc revisiter la situation des forces de
l’ordre en augmentant aussi bien leur effectif que
leurs moyens d’action. Une révision de leur
situation salariale leur permettra d’être moins
enclines aux pourboires, aux dessous – de table… et
de faire convenablement leur travail. Ce sont là les
quelques conditions qui peuvent ramener la confiance
entre celles-ci et la population civile.
R. Kedjagni |
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