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Dans notre parution N° 183 de l’avant-dernière
semaine, nous avons évoqué comment le juge Akpaki
exerçant à Kévé (préfecture de l’Avé) utilisant
l’appareil judiciaire à ses propres fins, donnant
ainsi lieu à des cas flagrants d’abus de pouvoir et
de violations de droits de l’homme. Le cas qui a
permis la mise à jour de ces agissements est
l’arrestation arbitraire et sans procédure
judiciaire le 18 juillet dernier de M BONI Mathias,
ainsi que de son petit frère Benjamin dans une
sordide affaire
qui
a
fait tâche d’huile, puisqu’elle a été reprise par
les médias et a même fait l’objet d’un débat sur une
radio de la place. Les opinions – qui ont été
antagonistes – doivent être éclairées par la
nouvelle tournure qu’a pris ce cas flagrant de
violation juridique. La CNDH, qui s’est saisie du
dossier, n’en est pas à sa première surprise avec
les méthodes du juge AKPAKI qui donne du fil à
retorde et à la justice togolaise.
La
CNDH chez AKPAKI
La semaine dernière, devant les manœuvre du juge
AKPAKI qui refusait de répondre aux injonctions de
son supérieur hiérarchique, le Procureur général
GBADJABA – qui lui a intimé l’ordre de mettre les
prévenues Mathias et Benjamin en liberté provisoire
pour se conformer aux procédures en vigueur – la
Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a
lancé une investigation pour déceler les mobiles qui
animaient ce magistrat peu soucieux du respect de la
nomenclature juridique. Une délégation de cette
institution a donc pris l’initiative de se rendre
sur les lieux du drame pour prendre fait de ce qu’il
en
est
effectivement, en confrontant les propos des
protagonistes de l’affaire. Cette démarche demandait
au préalable que l’autorité la plus concernée, en
l’occurrence M AKPAKI, soit prévenue officiellement
de la visite de la délégation. Ce qui fut fait par
voie téléphonique. Le clerc chargé des audiences
signifia alors à la délégation que M. AKPAKI était
désolé de ne pas pouvoir les recevoir, car son état
de santé était défaillant, ce qui l’empêchait de
venir au service ces derniers temps. Le clerc
proposa qu’un report de la visite était plus
judicieux pour que la délégation soit reçue dans de
bonnes dispositions. Nonobstant les justifications
de l’assistant d’AKPAKI, la délégation fit quand
même le déplacement sur Kévé pour un vis-à-vis avec
les autres concernés. Inopinément, elle se rendit au
bureau du juge, histoire de vérifier l’effective non
disponible du sieur. Quelle ne fut pas sa surprise
de voir M. AKPAKI en chair en os à son bureau ! Sans
plus d’atermoiements, les mandatés de la CNDH lui
demandèrent des explications sur la procédure par
lui adoptée pour avoir écroué M. Mathias et Benjamin
et sur son refus de les mettre en liberté
conditionnelle. Ce
sur
quoi il donna des réponses vaseuses, en affirmant
d’abord qu’il n’avait pas ordonné l’emprisonnement
des prévenus. Comme quoi, s’ils sont jusqu’alors en
détention, c’est pour les besoins de l’enquête qui
doit être éclairée par une autopsie du corps de la
victime. Autopsie qui, jusqu’aujourd’hui, n’a pas
encore été faite ! Alors qu’il faut moins de 2
heures pour effectuer une autopsie, surtout si
celle-ci est demandée pour une enquête judiciaire.
Tout autre commentaire sur l’attitude du magistrat
est superfétatoire, mais on n’arrive pas à se
retenir de dire que l’intention manifeste d’AKPAKI
est de laisser croupir Mathias et son frère Benjamin
en prison pour que ces derniers ne l’embêtent plus à
propos de l’expropriation abusive de leurs
propriétés terriennes. Les faits qui vont suivre en
sont la preuve formelle.
La
CNDH sur les lieux du drame
La
délégation s’est rendue ensuite dans la maison de
dame Cossie, où Mlle Ahuéfa trouva la mort en
tombant dans un puits, selon la version de Cossie
(actuellement en prison aussi).
A la question de savoir si elle connaissait Mathias
et si elle avait connaissance d’une quelconque
relation de ce dernier avec sa fille, la maman de
Cossie répondit par la négative. Elle n’avait
jamais, ni entendu parler de Mathias, ni connu ce
dernier. Tout ce dont elle pouvait assurer la CNDH,
c’est qu’elle avait entendu la victime, appelé son
petit ami à Lomé pour lui confirmer qu’elle devait
rentrer la même nuit à Lomé. C’est après avoir
attendu en vain un taximan du nom de Minua qui
devait venir la prendre qu’elle se ravisa et décida
de passer la nuit chez Cossie. Ahuéfa avait des
appréhensions à voyager nuitamment du fait qu’elle
avait sur elle
440 000F CFA. Après avoir ouï le témoignage de
Cossie, les membres de la délégation ont inspecté la
chambre de Cossie et celle dans laquelle la victime
avait momentanément logé, en plus du puits qui lui
fut fatal.
Chez les parents de la victime, qui malheureusement
étaient absents, la CNDH a adressé ses sincères
condoléances aux autres membres de la famille
éplorée. Elle leur a promis une visite prochaine
afin de pouvoir recueillir leur version des faits et
leur avis sur la question. Sur ce, la délégation
décida du retour sur Lomé pour étudier à tête
reposée les propos de chacun.
Si cette étude ne devait faire l’objet d’une
procédure d’investigation qui demande
administratives, les conclusions auxquelles elle
devrait aboutir ne donnent aucunement lieu à de
longs débats. Il ressort de façon évidente que le
juge AKPAKI use de toutes sortes de ruses pour
contourner la procédure légale, car toutes les
versions innocentent Mathias et Benjamin, y compris
celles des sept assistants de l’hôpital d’Assahoun
qu’AKPAKI a refusé d’auditionner jusqu’aujourd’hui.
Cette innocence criante des prévenues ne fait pas
l’affaire du magistrat concussionnaire, qui cherche
la petite bête qui accablait Mathias et qui se
désole de ne pas la trouver. C’est pour cela qu’il a
ordonné expressément que Mathias soit déféré à la
prison civile de Lomé, sachant qu’après les 48
heures requises de garde-à-vue au commissariat de
Kévé, la procédure légale exigerait qu’il soit
libéré. C’est dans ce même dessein ombrageux qu’il
ne fait plus le déplacement sur le palais de justice
de Lomé pour éviter de démarrer l’instruction de
l’affaire, afin de garder le plus longtemps possible
Mathias et Benjamin en prison. Même le procureur
général GBADJABA n’arrive pas à lui faire entendre
raison, alors qu’il a enjoint AKPAKI de démarrer au
plus vite l’instruction pour libérer les détenues.
Voilà à quoi ont servi les 13 milliards consacrés à
la réforme des aigrefins ! A confirmer dans leurs
basses besognes, à asseoir des potentats où des
roitelets créent leurs Etat dans l’Etat ! Le juge
AKPAKI se sent bien dans son rôle sordide, et même
il se fait entourer par toute une cour d’hommes –
liges qui l’assistent fidèlement. Des noms sont
chuchotés : M. ADJO Emmanuel, démarcheur de terrain
à Kévé, M. NUKPETO, ancien député à Apéyémé, M.
ADONOU Samuel, géomètre à Apéyémé . Que ceux qui
assistent ce juge des enfers se retirent de lui pour
que l’épée de la justice retombe sur lui seul. Car
la justice est en marche, et à moins que la raison
ne prime sur les sentiments haineux qui animent
AKPAKI, elle fera son œuvre et tous les innocents
spoliés par ce magistrat connaîtront la paix du
cœur. Quant à nous à la rédaction de « Le Soleil »,
nous tenons à ce que justice soit faite, raison pour
laquelle nous poursuivons ce dossier avec acuité.
Nous obtiendrons gain de cause. Si AKPAKI estime que
les révélations que nous faisons à son propos ne
sont pas fondées, qu’il les démente haut et fort,
preuves à l’appui, ou qu’il demande une
confrontation ; nous sommes prêts de notre côté à
lui fournir toutes les preuves de sa forfaiture.
Serge. |
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Le début de cette semaine (semaine du
7 au 13)
a
connu une effervescence dans le cercle politique
togolais. Pour cause ; les tiraillements qui ont eu
cours à propos du choix du facilitateur ont
finalement débouché sur la personne du président
burkinabé Blaise Compaoré.
Le solliciteur devant toujours aller vers le
sollicité, toutes les délégations du dialogue se
devaient de faire le déplacement de Ouaga pour
participer aux consultations qui dénoueront la crise
togolaise. Elles ont commencé par les des entrevue
bilatérales entre les parties en discussion avec la
médiation de Blaise Compaoré. Bon nombre de
formations politiques ont déjà été entendues ;
aujourd’hui, l’UFC et le REFAMPT vont être reçus,
chacun faisait état des points qui lui tenaient à
cœur. Les séances plénières débuteront la semaine
prochaine, et elles auront, cette fois-ci, le mérite
d’aller vers une fin heureuse.
Le Pr. GNININVI, interviewé dans la même journée sur
la teneur des consultations, a affirmé comme à son
habitude, que les débuts étaient souhaitables que le
ton des discussions puisse garder cette octave
jusqu’à la conclusion du dialogue.
Encore une fois la capitale burkinabé porte les
espoirs de la destinée du peuple togolais. Quant à
se demander comment elles est redevenue le point de
mire pour la résolution de la crise togolaise, c’est
une question à poser à ceux qui avaient vilipendé et
la capitale et la personne du président Compaoré en
tant que facilitateur.
Il apparaissait depuis longtemps que le président
Compaoré, qui est le mieux imbu de la situation
togolaise, indiquée pour un dénouement de la crise.
Pourtant, les tergiversations de l’opposition
traditionnelle ou radicale – on ne sait plus – ont
retardé le recours à été solution simple.
Aujourd’hui, après tout le temps perdu en
discussions non abouties et en accords non paraphés,
on revient à la raison et on se tourne vers le
secours le plus proche. On espère que cette fois-ci,
l’opposition togolaise ne se résoudra plus à rouler
le rocher de Sisyphe, qu’elle trouvera un point de
chute au sommet qu’elle ne se récusera plus pour
crier au scandale et à la tricherie après avoir
annoncé des lendemains chantants pour les
discussions.
Que le bon sens prime et que reviennent les couleurs
flottantes comme l’espèrent le peuple togolais.
Soucieux de voir la population togolaise reprendre
le plus vite possible confiance en son avenir, le
chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé attend le
compte rendu détaillé des assises que son homologue
a promis de lui faire parvenir dès la fin des
plénières.
Eric |