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Le Soleil

15 Août 2006

[ 185 du 11 Août 2006]

 

Abus de pouvoir à Kévé : Le juge AKPAKI tient tête aux autorités togolaises
 
 

Dans notre parution N° 183 de l’avant-dernière semaine, nous avons évoqué comment le juge Akpaki exerçant à Kévé (préfecture de l’Avé) utilisant l’appareil judiciaire à ses propres fins, donnant ainsi lieu à des cas flagrants d’abus de pouvoir et de violations de droits de l’homme. Le cas qui a permis la mise à jour de ces agissements est l’arrestation arbitraire et sans  procédure judiciaire le 18 juillet dernier de M BONI Mathias, ainsi que de son petit frère Benjamin dans une sordide affaire qui a fait tâche d’huile, puisqu’elle a été reprise par les médias et a même fait l’objet d’un débat sur une radio de la place. Les opinions – qui ont été antagonistes – doivent être éclairées par la nouvelle tournure qu’a pris ce cas flagrant de violation juridique. La CNDH, qui s’est saisie du dossier, n’en est pas à sa première surprise avec les méthodes du juge AKPAKI qui donne du fil à retorde et à la justice togolaise.

La CNDH chez AKPAKI
La semaine dernière, devant les manœuvre du juge AKPAKI qui refusait de répondre aux injonctions de son supérieur hiérarchique, le Procureur général GBADJABA – qui lui a intimé l’ordre de mettre les prévenues Mathias et Benjamin en liberté provisoire pour se conformer aux procédures en vigueur – la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a lancé une investigation pour déceler les mobiles qui animaient ce magistrat peu soucieux du respect de la nomenclature juridique. Une délégation de cette institution a donc pris l’initiative de se rendre sur les lieux du drame pour prendre fait de ce qu’il en
est effectivement, en confrontant les propos des protagonistes de l’affaire. Cette démarche demandait au préalable que l’autorité la plus concernée, en l’occurrence M AKPAKI, soit prévenue officiellement de la visite de la délégation. Ce qui fut fait par voie téléphonique. Le clerc chargé des audiences signifia alors à la délégation que M. AKPAKI était désolé de ne pas pouvoir les recevoir, car son état de santé était défaillant, ce qui l’empêchait de venir au service ces derniers temps. Le clerc proposa qu’un report de la visite était plus judicieux pour que la délégation soit reçue dans de bonnes dispositions. Nonobstant les justifications de l’assistant d’AKPAKI, la délégation fit quand même le déplacement sur Kévé pour un vis-à-vis avec les autres concernés. Inopinément, elle se rendit au bureau du juge, histoire de vérifier l’effective non disponible du sieur. Quelle ne fut pas sa surprise de voir M. AKPAKI en chair en os à son bureau ! Sans plus d’atermoiements, les mandatés de la CNDH lui demandèrent des explications sur la procédure par lui adoptée pour avoir écroué M. Mathias et Benjamin et sur son refus de les mettre en liberté conditionnelle. Ce sur quoi il donna des réponses vaseuses, en affirmant d’abord qu’il n’avait pas ordonné l’emprisonnement des prévenus. Comme quoi, s’ils sont jusqu’alors en détention, c’est pour les besoins de l’enquête qui doit être éclairée par une autopsie du corps de la victime. Autopsie qui, jusqu’aujourd’hui, n’a pas encore été faite ! Alors qu’il faut moins de 2 heures pour effectuer une autopsie, surtout si celle-ci est demandée pour une enquête judiciaire. Tout autre commentaire sur l’attitude du magistrat est superfétatoire, mais on n’arrive pas à se retenir de dire que l’intention manifeste d’AKPAKI est de laisser croupir Mathias et son frère Benjamin en prison pour que ces derniers ne l’embêtent plus à propos de l’expropriation abusive de leurs propriétés terriennes. Les faits qui vont suivre en sont la preuve formelle.

La CNDH sur les  lieux du drame
La délégation s’est rendue ensuite dans la maison de dame Cossie, où Mlle Ahuéfa trouva la mort en tombant dans un puits, selon la version de Cossie (actuellement en prison aussi).

A la question de savoir si elle connaissait Mathias et si elle avait connaissance d’une quelconque relation de ce dernier avec sa fille, la maman de Cossie répondit par la négative. Elle n’avait jamais, ni entendu parler de Mathias, ni connu ce dernier. Tout ce dont elle pouvait assurer la CNDH, c’est qu’elle avait entendu la victime, appelé son petit ami à Lomé pour lui confirmer qu’elle devait rentrer la même nuit à Lomé. C’est après avoir attendu en vain un taximan du nom de Minua qui devait  venir la prendre qu’elle se ravisa et décida de passer la nuit chez Cossie. Ahuéfa avait des appréhensions à voyager nuitamment du fait qu’elle avait sur elle
440 000F CFA. Après avoir ouï le témoignage de Cossie, les membres de la délégation ont inspecté la chambre de Cossie et celle dans laquelle la victime avait momentanément logé, en plus du puits qui lui fut fatal.

Chez les parents de la victime, qui malheureusement étaient absents, la CNDH a adressé ses sincères condoléances aux autres membres de la famille éplorée. Elle leur a promis une visite prochaine afin de pouvoir recueillir leur version des faits et leur avis sur la question. Sur ce, la délégation décida du retour sur Lomé pour étudier à tête reposée les propos de chacun.

Si cette étude ne devait faire l’objet d’une procédure d’investigation qui demande administratives, les conclusions auxquelles elle devrait aboutir ne donnent aucunement lieu à de longs débats. Il ressort de façon évidente que le juge AKPAKI use de toutes sortes de ruses pour contourner la procédure légale, car toutes les versions innocentent Mathias et Benjamin, y compris celles des sept assistants de l’hôpital d’Assahoun qu’AKPAKI a refusé d’auditionner jusqu’aujourd’hui.


Cette innocence criante des prévenues ne fait pas l’affaire du magistrat concussionnaire, qui cherche la petite bête qui accablait Mathias et qui se désole de ne pas la trouver. C’est pour cela qu’il a ordonné expressément que Mathias soit déféré à la prison civile de Lomé, sachant qu’après les 48 heures requises de garde-à-vue au commissariat de Kévé, la procédure légale exigerait qu’il soit libéré. C’est dans ce même dessein ombrageux qu’il ne fait plus le déplacement sur le palais de justice de Lomé pour éviter de démarrer l’instruction de l’affaire, afin de garder le plus longtemps possible Mathias et Benjamin en prison. Même le procureur général GBADJABA n’arrive pas  à lui faire entendre raison, alors qu’il a enjoint AKPAKI de démarrer au plus vite l’instruction pour libérer les détenues. Voilà à quoi ont servi les 13 milliards consacrés à la réforme des aigrefins ! A confirmer dans leurs basses besognes, à asseoir des potentats où des roitelets créent leurs Etat dans l’Etat ! Le juge AKPAKI se sent bien dans son rôle sordide, et même il se fait entourer par toute une cour d’hommes – liges qui l’assistent fidèlement. Des noms sont chuchotés : M. ADJO Emmanuel, démarcheur de terrain à Kévé, M. NUKPETO, ancien député à Apéyémé, M. ADONOU Samuel, géomètre à Apéyémé . Que ceux qui assistent ce juge des enfers se retirent de lui pour que l’épée de la justice retombe sur lui seul. Car la justice est en marche, et à moins que la raison ne prime sur les sentiments haineux qui animent AKPAKI, elle fera son œuvre et tous les innocents spoliés par ce magistrat connaîtront la paix du cœur. Quant à nous à la rédaction de « Le Soleil », nous tenons à ce que justice soit faite, raison pour laquelle nous poursuivons ce dossier avec acuité. Nous obtiendrons gain de cause. Si AKPAKI estime que les révélations que nous faisons à son propos ne sont pas fondées, qu’il les démente haut et fort,  preuves à l’appui, ou qu’il demande une confrontation ; nous sommes prêts de notre côté à lui fournir toutes les preuves de sa forfaiture.


Serge.

 
Pourparlers intertogolais : Ouaga IV, solution de non-retour

Le début de cette semaine (semaine du 7 au 13) a connu une effervescence dans le cercle politique togolais. Pour cause ; les tiraillements qui ont eu cours à propos du choix du facilitateur ont finalement débouché sur la personne du président burkinabé Blaise Compaoré.

Le solliciteur devant toujours aller vers le sollicité, toutes les délégations du dialogue se devaient de faire le déplacement de Ouaga pour participer aux consultations qui dénoueront la crise togolaise. Elles ont commencé par les des entrevue bilatérales entre les parties en discussion avec la médiation de Blaise Compaoré. Bon nombre de formations politiques ont déjà été entendues ; aujourd’hui, l’UFC et le REFAMPT vont être reçus, chacun faisait état des points qui lui tenaient à cœur. Les séances plénières débuteront la semaine prochaine, et elles auront, cette fois-ci, le mérite d’aller vers une fin heureuse.

Le Pr. GNININVI, interviewé dans la même journée sur la teneur des consultations, a affirmé comme à son habitude, que les débuts étaient souhaitables que le ton des discussions puisse garder cette octave jusqu’à la conclusion du dialogue.

Encore une fois la capitale burkinabé porte les espoirs de la destinée du peuple togolais. Quant à se demander comment elles est redevenue le point de mire pour la résolution de la crise togolaise, c’est une question à poser à ceux qui avaient vilipendé et la capitale et la personne du président Compaoré  en tant que facilitateur.

Il apparaissait depuis longtemps que le président Compaoré, qui est le mieux imbu de la situation togolaise, indiquée pour un dénouement de la crise. Pourtant, les tergiversations de l’opposition traditionnelle ou radicale – on ne sait plus – ont retardé le recours à été solution simple. Aujourd’hui, après tout le temps perdu en discussions non abouties et en accords non paraphés, on revient à la raison et on se tourne vers le secours le plus proche. On espère que cette fois-ci, l’opposition togolaise ne se résoudra plus à rouler le rocher de Sisyphe, qu’elle trouvera un point de chute au sommet qu’elle ne se récusera plus pour crier au scandale et à la tricherie après avoir annoncé des lendemains chantants pour les discussions.

Que le bon sens prime et que reviennent les couleurs flottantes comme l’espèrent le peuple togolais. Soucieux de voir la population togolaise reprendre le plus vite possible confiance en son avenir, le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé attend le compte rendu détaillé des assises que son homologue a promis de lui faire parvenir dès la fin des plénières.

Eric

 

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