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Le Roseau

11 fevrier 2007

[ 004: du 9 fevrier 2007]  
Pourquoi le mythe Gilchrist Olympio persiste ?

« Le héro appartient à l’imaginaire. Son action ne vient pas des résultats qu’il atteint, mais des rêves qu’il incarne et qui lui préexistent ». Cette phrase de l’écrivain français André Marlaux nous permet de comprendre que le héros ou le mythe ne meurt. Tant que le mythe vivra et qu’il n’aura pas fait la preuve contraire de ce pour quoi il est adulé, il demeurera dans l’imaginaire collectif.

L’arrivée le 02 Février dernier à Lomé du président national de l’UFC, Gilchrist Olympio, a consacré cette assertion. La grande liesse populaire qui a accueilli le leader de l’Union des Forces de Changement et qui l’a accompagné dans toutes les étapes de ses activités a fait la preuve que le mythe est toujours vivant. Que ce soit à la frontière d’Aflao où une foultitude de militants et de sympathisants l’ont attendu et accueilli sous la chaude canicule, au siège du parti où il a été reçu à l’école professionnelle où s’est tenu le Conseil National et à la place Anani Santos, où il a donné un meeting, Gilchrist Olympio a été ovationné et auréolé par un monde fou. Pourtant, nombre de Togolais avaient prédit la fin du mythe après la grande déception populaire qui a suivi le scrutin présidentiel du 24 avril 2005. On a dit que c’en était assez pour cette Union des Forces de Changement, à qui on donne à chaque occasion la victoire et qui ne réussit pas à prendre le pouvoir. D’autres ont soutenu que le peuple a divorcé avec ce parti et que son leader sera accueilli par des jets de pierres la prochaine fois qu’il reviendra à Lomé. Les Togolais du moins une partie, avaient prédit la fin du mythe. Ils ont été des faux prophètes. Le retour de Gilchrist Olympio leur a opposé un cinglant démenti et montré que le mythe est toujours présent dans l’imaginaire collectif et dans les esprits.

Le but de cette analyse n’est pas tant de corroborer la phrase de Marlaux qui dit que le héros ou le mythe ne tire pas son existence de la réalité, mais de démontrer pourquoi le mythe Gilchrist Olympio attire encore tant les Togolais.

Beaucoup de Togolais avaient écrit que le mythe Gilchrist Olympio tire son fondement dans l’héritage de Sylvanus Olympio et surtout du mouvement nationaliste qui a conduit le Togo à l’Indépendance. C’est parce que Gilchrist Olympio est le fils du chef du mouvement nationaliste le Comité de l’Unité Togolaise (CUT) que les Togolais l’aiment. En d’autres termes, le peuple togolais a déplacé vers la personne du leader de l’UFC l’estime qu’il portait au père de l’Indépendance. Les Togolais voyaient dans Sylvanus Olympio un héros et comme il n’est plus, son fils qui s’est engagé dans la politique a pris sa place. Ce n’est évidemment pas faux que l’un des éléments fondateurs du mythe Gilchrist Olympio, c’est l’héritage paternel, mais cet élément n’est pas le seul puisqu’il existe bien d’autres. On ne peut pas récuser le fait que l’engagement personnel de Gilchrist Olympio qui combat la dictature incarnée par le RPT est un élément majeur dans la construction du mythe. Le leader de l’Union des Forces du Changement est l’un des tous premiers opposants à la dictature instaurée par feu Gnassingbé Eyadema. Les Togolais connaissent son engagement dans le Mouvement Togolais pour la Démocratie (MTD), son militantisme et son combat pour l’instauration d’un nouvel ordre politique plus juste au Togo. Gilchrist Olympio a été de tous les combats contre la dictature au Togo. Il a dépensé énergie, intelligence et fortune dans la lutte pour l’instauration de la démocratie au Togo. Sans exagération, c’est un grand combattant de lutte et le peuple togolais qui est de cet avis, le lui rend en sympathie.

Au-delà de ces considérations ce qui rend encore vivant le mythe Gilchrist Olympio, c’est surtout le fait que sur le terrain politique, il n’existe pas d’alternative à l’Union des Forces de Changement. On peut être déçu par l’UFC on peut ne plus croire en Gilchrist Olympio, mais l’amère réalité est qu’il n’existe pas de solution de rechange. Il n’y a pas aujourd’hui sur le terrain politique une formation politique qui soit plus crédible que l’Union des Forces de Changement.

En effet, depuis la signature de l’Accord Politique Global, le seul parti qui incarne les voeux du peuple togolais, c’est la formation politique de Gilchrist Olympio. Le parti a refusé de prendre des portefeuilles de paille pour servir de faire-valoir au gouvernement dit d’union nationale. C’est le seul parti qui a choisi de rester dans l’opposition pour se battre pour les conditions d’élections libres et transparentes. Pendant que les autres partis et associations signataires de l’APG ont décidé d’aller au gouvernement, l’UFC est restée dans les masses populaires pour mener le combat de la démocratie. Ce n’est pas aisé de refuser les privilèges et de faire le choix de la galère et de la misère. On a vu le CAR et la CDPA envoyer leur numéro un et deux au gouvernement pendant que ces deux partis ont d’autres cadres pour jouer ce rôle.

Demain, quand les électeurs seront dans les isoloirs pour mettre leur bulletin dans les urnes, il serait difficile qu’ils votent pour d’autres partis que l’UFC, la seule formation politique qui incarne les aspirations populaires.

En conclusion, le mythe Gilchrist Olympio est encore vivant parce que, en dehors de ce parti, il n’y a pas d’alternative. Du moins pour tous ceux qui souhaitent un Togo libre démocratique et développé.

Fulbert Sassou ATIISSO

 
Rencontre entre Gilchrist Olympio et le ministre d’Etat, le Prof Gnininvi : Vers une coalition UFC -CDPA après les législatives

Le mardi 6 février 2007, Gilchrist Olympio et le Ministre d’Etat chargé des mines et de l’énergie se sont rencontrés. C’est au siège du parti de l’Union des Forces de Changement, sis au 59, rue Koudadzé à Lomnava. Le Ministre d’Etat a été reçu par le leader de l’UFC entre 18 et 19 heures et les deux hommes se sont entretenus pendant que le quartier était sous coupure de courant. Auparavant, Gilchrist Olympio avait reçu d’autres délégations avant l’arrivée en début de soirée, du leader de la Convention Démocratique de Peuple Africains (CDPA).

On pouvait imaginer le contenu non dévoilé de l’entretien entre les deux leaders qui avaient appartenu à la même coalition pendant les dernières échéances électorales. Il est souvent de coutume quand Gilchrist Olympio rentre au bercail de rencontrer ses collègues leaders politiques qui mènent le même combat que lui. On peut comprendre que sa rencontre avec le leader de la CDPA qui est aujourd'hui ministre dans le gouvernement Faure- Agboyibo, s’inscrit dans ces rencontres de salutation et de courtoisie que le leader de l’UFC effectue avec ses homologues. Deuxièmement, on peut penser que les deux hommes aient discuté de la situation politique du pays, de l’Accord Politique Global et surtout des prochaines élections législatives. Le fait que l’Union des Forces de Changement ne participe pas au gouvernement ne devrait pas créer des vagues entre les deux hommes.

Beaucoup de Togolais supputent sur une éventuelle coalition entre les deux partis après les élections législatives, si jamais l’Union des Forces de Changement n’obtenait pas à elle seule la majorité absolue. Il est évident que l’UFC qui connaît son poids électoral n’accepterait pas une alliance électorale avec la CDPA avant les élections. Surtout qu’avec la participation du parti du prof Gnininvi au gouvernement personne ne pourrait prévoir le score que ce parti ferait lors des prochaines législatives.

Après la rencontre entre Gilchrist et Gnininvi, tout le monde se demande si leur troisième allié Me Agboyibo, devenu premier ministre après la signature de l’Accord Politique Global, allait rencontrer le leader de l’UFC avant son départ du Togo.

La Rédaction

 
Le pouvoir en danger : Faure Gnassingbé entre le marteau et l'enclume

La situation sociale du Togo ne cesse de se dégrader malgré l’assurance donnée par Faure Gnassingbé d’améliorer les conditions de vie des Togolais. Il faut, la main sur la conscience, reconnaître que le chômage prend une allure galopante dans la cité. Lorsque la jeunesse, force motrice du développement, est en roue libre et se cherche, on doit s’attendre à une situation dangereuse.

Pour bien comprendre le taux de chômage accru au Togo, faisons une rétrospective sur le règne du défunt président Gnassingbé Eyadema, père de l’actuel président.

En effet, le parcours politique de Gnassingbé-père n’a laissé que désolation. Ainsi, une catégorie de Togolais était habituée au gain facile grâce aux marches de soutien et à la lecture de motions de soutien au Général contre de l’argent. Ils vivaient dans l’oisiveté. Il suffisait à cette époque de soutenir le président dans ces actes parfois injustes pour toucher des millions. Beaucoup de jeunes et barons se sont enrichis grâce à la générosité ou à la magnanimité du Général qui leur offrait la « manne ». Les magots étaient souvent partagés sur place comme si c’était des « hors la loi » dans le far West à la suite de leur vol.

Parmi ce groupe, beaucoup de jeunes n’ont pas daigné apprendre un métier. Ils n’attendaient qu’un événement pour l’exploiter à leur fin. Voilà que le fils succède à papa, et les choses changent de couleurs. Certains n’hésitent pas à dire que Faure Gnassingbé est avare parce qu’il ne donne pas comme son père. « Il n’aime pas faire de la prodigalité mais préfère gérer avec parcimonie » a déclaré un ancien animateur d’ARETO. Du coup, ils ont du mal à s’adapter aux nouvelles donnes car le père les a rendus paresseux. Ceux qui avaient un standing de vie, commencent à vendre certains de leurs biens pour éponger des dettes. D’autres qui étaient souvent manipulés à commettre des bévues, sont aujourd’hui transformés en bandits de grand chemin. Ce sont eux qui braquent les paisibles populations pour leur soutirer de l’argent. Même leurs parrains ne sont pas épargnés. Ainsi, les chiens se retournent contre leurs maîtres.

A côté de cette catégorie de jeunes rendus paresseux, il existe une autre composée des jeunes conscients et qui comprenaient que c’est dans le travail qu’on peut vaincre l’ennui, le vice et le besoin pour retrouver enfin son indépendance. Ainsi, ils ont appris un métier et obtenu leurs diplômes et attendent à être embauchés ou enrôlés dans la fonction publique. Puisque le régime de Gnassingbé -père privilégiait le népotisme, l’ethnicisme ou le favoritisme ou le militantisme au RPT, comme critères d’accès à certains postes, ces malheureux sont laissés pour compte. Certains se sont reconvertis depuis 1990 dans le Zémidjan. D’autres, par contre, affaiblis par la détresse et l’anxiété, se vouent aujourd’hui avec l’avènement de Faure Gnassingbé à l’alcool et à la drogue. Beaucoup de ces jeunes sont devenus des alcooliques ou drogués voire désoeuvrés; des filles, des prostituées ou des mères prématurées qui sont à la charge de leurs parents parce que justement leurs maris n’ont pas encore d’emplois.

En somme, les deux catégories de jeunes au Togo sont en colère. L’une habituée à la vie oisive, accuse Faure Gnassingbé de couper des privilèges auxquels son papa leur faisait jouir. L’autre, prête à gagner son pain à la sueur de son front, se trouve désemparée et exaspéré contre la lenteur d’une vraie politique d’emploi dans le pays.

Voilà devant quel tableau on ne peut plus sombre, se retrouve Faure Gnassingbé. Faudrait-il qu’il satisfasse les jeunes rendus paresseux par son père et qui constituent un obstacle pour sa sécurité ? Ou faudrait-il qu’il crée des emplois aux jeunes qui ont leur diplôme, aptes à travailler pour le développement du pays ?

Sans mentir, Faure Gnassingbé a de sérieux problèmes. On a l’impression qu’il est contraint d’opter pour la continuité du système basé sur l’injustice sociale à savoir le népotisme, l’ethnicisme et le favoritisme pour ne pas réveiller les vieux démons de la violence. Seulement, il oublie qu’il est président de tous les Togolais et une politique d’emplois caractérisée par un recrutement basé sur la compétence et le mérite satisfera tout le monde.

C’est vrai qu’il se trouve entre le marteau qui se traduit par le non maintien du bien-être des paresseux entretenus par son père et l’enclume caractérisée par l’irritation de cette jeunesse laborieuse qui ne trouve pas à faire. « Pour bien vivre au Togo, il faut être soit un héritier terrien ou d'immeubles de ses parents soit être bénéficiaire du transfert d'argent d'un parent ou proche parent en Europe » a avoué Toki, désemparé.

La situation sociale caractérisée par un taux élevé du chômage aboutit au suicide ou à la réduction de l’espérance de vie des Togolais, qui gravitent entre 35 et 40 ans, un tableau vraiment sombre.

II urge que M. Faure Gnassingbé prenne le taureau par les cornes s’il ne veut pas que les jeunes reprennent les rues comme moyen de revendication pour exprimer leur ras-le-bol. Les richesses ou ressources du pays doivent profiter à tous les Togolais et non à non à un « clan » ou à un réseau mafieux qui s’approprie tout en manipulant certains jeunes ou en exploitant la vulnérabilité de ces jeunes à des fins politiques, une façon de les réduire à la soumission ou à la mendicité. Au lieu de dépenser des milliards pour sa sécurité, le chef de l’Etat pourrait les dépenser pour créer des emplois aux jeunes afin d’assurer la stabilité dans leur vie sociale. Monsieur le président, la balle est dans votre camp…

Anges Adjanor

 
Que deviendront les actuels députés du RPT après les législatives ?

Le nouveau code électoral qui propose un scrutin proportionnel de liste vient de recevoir l’onction de l'actuelle Assemblée. Ainsi l'article 52 de la loi fondamentale a été modifié le 30 janvier 2007 par les députés du RPT pour permettre au nouveau code d'être en conformité avec la constitution. Après le vote, le président de l’actuelle Assemblée déclarait que « c’est une décision consensuelle et politique » que les représentants du peuple ont prise. Les Togolais se demandent s'ils ont le choix. Certains n'hésitent pas à dire qu'ils sont contraints d’accompagner le processus jusqu'à son terme.

Seulement, l'inquiétude réside au niveau de leur avenir politique parce que si la transparence sera au rendez-vous, bon nombre d'entre eux quitteront l'hémicycle et adieu les privilèges. Certains s'en soucient déjà. Le suivi du processus par la Communauté Internationale les oblige à poser des actes décents. Des coups bas ne sont plus tolérés. Des tripatouillages en faveur d'une personne ne sont plus de mise.

            Il faut le rappeler, c'est sous la présidence de Monsieur Abass Bonfoh, président par intérim de la République que les crimes de sang ont été commis. Sûrement, qu'il rendra compte un jour devant les tribunaux et il en est conscient.

Au Togo, le rôle d'un député est ignoré ou n'est pas connu. Ces messieurs n'ont lutté que pour leurs propres intérêts au lieu du bien-être du peuple. La preuve c'est que les promesses tenues par ces hommes pendant leur campagne ne sont jamais respectées après leur élection. Les problèmes de leur circonscription électorale ne sont jamais pris en compte. Leur seul souci est de prospérer et de faire jouir leur argent à leurs proches parents. Leur devoir est mis à l'écart, c'est-à-dire le développement de leurs contrées.

Bien sûr, le boycott des autres partis aux dernières législatives a favorisé la présence de certains députés du RPT dans cette Assemblée. Aujourd'hui, les données ont changé car tous les partis auront des candidats dans toutes les circonscriptions électorales et la bataille ne sera pas facile à nos amis du RPT. Vont-ils se présenter encore ou leur parti acceptera-t-il de les présenter de nouveau aux échéances futures ? Voilà les questions qui tracassent certains députés Rptistes qui craignent la fin de leur vie onéreuse.

Comme quoi, les bonnes choses ont toujours une fin. Les députés actuels doivent l'apprendre aujourd'hui et commencer à préparer leur retraite. Le plus tôt serait le mieux pour qu'ils ne soient pas déçus après les résultats des prochaines législatives. Pauvres députés, qu'est-ce qu'il est triste de voir arriver la fin du mandat ! Désormais, un député élu doit privilégier le bien-être de son électorat et le développement de sa circonscription électorale en défendant ou en soutenant le financement des projets de la localité sinon...

Anges Adjanor

 
La téléphonie mobile : Quand Togocel et Moov arnaquent les Togolais

Le téléphone mobile est devenu un fléau social qui ruine les populations togolaises. Comme si ce petit pays est condamné à vivre dans l’injustice, tout est fait par ceux qui le gouvernement pour rendre la vie difficile aux habitants. Pendant que d’autres maux (chômage, maladie, indigence...) minent la vie des populations, les pouvoirs publics et leurs affidés utilisent la téléphonie mobile pour accroître la pauvreté. Normalement, les dernières découvertes techniques devraient profiter aux hommes y compris les Togolais. Le téléphone mobile est devenu pour le monde entier une nécessité, un instrument de travail, un moyen pour régler des affaires commerciales. C’est une drogue et tous ceux qui en n’ont gouttée ne peuvent plus s’en séparer. Les dix dernières années, les Togolais sont de grands consommateurs de téléphone portable. Au lieu que les pouvoirs publics utilisent cet instrument pour accroître le développement du pays, ils s’en servent pour exploiter les populations et s’enrichir sur leur dos.

Les opérateurs qui se sont installés pour fournir le réseau afin de permettre aux populations d’utiliser les téléphones mobiles se sont donnés pour but de s’enrichir aux dépens de leurs clients. Pour ceux qui ont eu la chance de vivre ailleurs qu’au Togo, les opérateurs de téléphone mobile de ce pays sont des capitalistes qui exploitent les Togolais. Togocel et Telecel (Moov) ne sont pas des sociétés qui ont pour soucis, en même temps qu’elles veulent réaliser un bénéfice (ce qui est normal), de vulgariser le téléphone mobile et d’en faire un instrument de prospérité pour le pays. L’appât du gain et le désir d’enrichissement sont le seul mobile des opérateurs de téléphonie mobile au Togo.

En France, les opérateurs de téléphonie mobile sont de véritables sociétés de développement. Elles favorisent la vulgarisation du téléphone portable et participent au développement de ce pays. D’abord, il faut préciser que l’Etat français a favorisé la concurrence dans ce secteur d’activité et créé les conditions fiscales pour que plusieurs opérateurs fournissent le réseau. Ces opérateurs dont certains sont : Bouygues, SFR et Orange ont créé beaucoup de formules pour permettre l’utilisation facile du portable. Tous les opérateurs ont institué ce qu’on appelle l’abonnement pour leur clientèle. L’abonnement est une formule très avantageuse pour tous ceux qui ont un revenu fixe à la fin du mois. L’opérateur fournit le téléphone portable, le plus souvent à un prix symbolique (1 Euro) soit moins de mille (1.000 FCFA). L’abonné peut téléphoner à tout moment avec son téléphone qui est constamment chargé, c’est-à-dire pourvu de crédit. Il n’a pas besoin d’aller s’acheter des cartes pour recharger son téléphone avant de passer des appels. Une situation qui lui fait gagner du temps et lui épargner les sorties d’argent sans prévision. A la fin du mois, l'opérateur envoie une facture au client et prélève directement son argent sur le compte de ce dernier. A part l’abonnement, qui est commun à tous les opérateurs, chacun d’eux propose des options spéciales aux clients. Par exemple, chez SFR, il y a ce qu’on appelle l’option à 30 centimes d’euros l’appel. Cette option très intéressante a été souscrite par beaucoup de Français au moment où elle est sortie. L’opérateur SFR accorde une durée de soixante minutes soit une (1) heure à tout client qui appelle vers un destinataire SFR et ne facture l'appel qu'à trente (30) centimes d’euros, soit moins de deux cent (200) francs CFA. Mais avant, SFR prélève seulement cinq (5) euros sur le crédit disponible et ce pour une durée de un (1) mois. Le souscripteur est astreint à passer son appel entre sept (7) heures le matin et dix-sept (17) heures. Une option très avantageuse pour le client.

Chez l’opérateur Bouygues, le client peut appeler sur un téléphone fixe et vers un autre portable après 22 heures le soir, sans payer un (1) seul centime. Le même opérateur tout comme Orange permet à leurs clients d’appeler le week-end vers les fixes et les portables gratuitement. Bien d’autres avantages sont offerts par les opérateurs aux utilisateurs de téléphones mobiles en France. Dans ce pays on est capable d’appeler comme on veut sans en courir le risque d’être ruiné.

Dans certains pays de la sous-région, la téléphonie mobile est conçue comme un facteur de développement. L’exemple du Bénin voisin est édifiant en la matière. Dans ce pays, l’Etat a permis la concurrence dans le domaine de la téléphonie et favorisé la vulgarisation de cette technologie des temps modernes. Au Bénin, quatre (4) opérateurs meublent le monde de la téléphonie mobile; il s’agit de : Libercom, Areeba, Télécel (Moov) et Bel Bénin). Cela suppose que l’Etat béninois a créé les conditions pour la bonne installation des sociétés. Ces opérateurs ont considérablement réduit les coûts de communication et créé des avantages divers à leurs clients. Les Togolais qui ont eu l’occasion de visiter le Bénin voisin sont toujours stupéfaits devant la différence de coût entre la communication téléphonique dans ce pays et le Togo. On peut téléphoner pendant des minutes à Cotonou et payer une somme dérisoire. Comment peut-on expliquer que la communication soit cinq (5) fois plus chère au Togo que chez le voisin de l’Est ? La chose est étonnante surtout quand on sait que les deux pays sont francophones et se ressemblent sur beaucoup de points. Chez le voisin de l’Ouest, le Ghana, la communication téléphonique est à un coût très raisonnable. Plusieurs réseaux de téléphonie mobile meublent le paysage et accordent de nombreux avantages aux utilisateurs du téléphone portable. Les coûts raisonnables et abordables de la communication téléphonique chez les deux voisins ont conduit nombre de compatriotes à changer de comportement : les Togolais habitant à Aného et aux alentours ainsi que ceux résidant près de la frontière du Ghana et même à Lomé sont clients chez des opérateurs béninois et ghanéens. Ces Togolais qui reçoivent leurs réseaux chez les opérateurs des pays voisins, payent moins cher la communication. D’autres veulent emboîter le pas et ce serait dommage pour les opérateurs togolais. Ces derniers n’ont pour seul souci que de s’enrichir sur le dos des populations. C’est vraiment paradoxal que dans un pays éprouvé par des décennies de crise politique qui a paralysé les activités économiques et paupérisé les populations, on ait fixé les coûts des prestations téléphoniques plus élevés que dans les pays prospères. Le Togo doit revoir la situation et ramener la justice dans ce secteur capital de développement. L’Etat togolais, s’il n'est pas complice des opérations, a des comportements à adopter pour soulager les administrés.

Le premier comportement de l’Etat togolais si celui ci est soucieux du bien-être des populations, c’est de favoriser la concurrence dans le domaine de la téléphonie mobile. Dans un système d’économie libérale, il n’est pas normal que le marché soit confisqué au profit de quelques opérateurs. L’Etat doit permettre à tous ceux qui voudront s’installer dans un secteur d’activité, de le faire si seulement ils remplissent les conditions fixées. Tout se passe au Togo comme si l’Etat a accordé le monopole de la téléphonie mobile à une seule société. Certaines sources affirment que la société Togocel serait dans les bonnes grâces de l’Etat qui veut lui accorder le monopole dans le domaine de la téléphonie mobile. Quand on sait les difficultés que l’opérateur Moov a eues pour s’installer, on peut être tenté de croire à ces sources. On sait aussi que les installations de ATN le tout premier opérateur qui a été refusé par l’Etat sont toujours présentes dans la zone portuaire.

Le deuxième comportement de l’Etat, serait de créer les conditions fiscales et administratives pour l’implantation de nouveaux opérateurs dans le secteur. Et pour couronner le tout, l’Etat doit regarder autour de lui, c’est-à-dire vers les pays voisins, pour imposer aux opérateurs qui travaillent sur son territoire des coûts raisonnables pour la communication téléphonique. Il n’est pas normal que le téléphone soit cinq (5) fois moins coûteux au Bénin qu'au Togo. L’Etat doit réglementer le secteur pour faire de la téléphonie mobile une denrée à la portée de tous et surtout un instrument de développement économique. Pour l’instant, la téléphonie mobile est plutôt un instrument d’injustice sociale, d’exploitation et de paupérisation du peuple.

La semaine prochaine nous reviendrons sur les coûts des communications suivant la durée, chez Togocel et Moov.

Fulbert Sassou ATIISSO

 

 

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