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Le Roseau
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11 fevrier 2007 |
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[N°
004: du 9 fevrier 2007] |
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Pourquoi le mythe Gilchrist Olympio persiste ?
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« Le héro appartient à l’imaginaire. Son action ne vient
pas des résultats qu’il atteint, mais des rêves qu’il
incarne et qui lui préexistent ». Cette phrase de l’écrivain français André Marlaux
nous permet de comprendre que le héros ou le mythe ne
meurt. Tant que le mythe vivra et qu’il n’aura pas fait
la preuve contraire de ce pour quoi il est adulé, il
demeurera dans l’imaginaire collectif. |
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L’arrivée le 02 Février dernier à Lomé du président
national de l’UFC, Gilchrist Olympio, a consacré
cette assertion. La grande liesse populaire qui a
accueilli le leader de l’Union des Forces de
Changement et qui l’a accompagné dans toutes les
étapes de ses activités a fait la preuve que le
mythe est toujours vivant. Que ce soit à la
frontière d’Aflao où une foultitude de militants et
de sympathisants l’ont attendu et accueilli sous la
chaude canicule, au siège du parti où il a été reçu
à l’école professionnelle où s’est tenu le Conseil
National et à la place Anani Santos, où il a donné
un meeting, Gilchrist Olympio a été ovationné et
auréolé par un monde fou. Pourtant, nombre de
Togolais avaient prédit la fin du mythe après la
grande déception populaire qui a suivi le scrutin
présidentiel du 24 avril 2005. On a dit que c’en
était assez pour cette Union des Forces de
Changement, à qui on donne à chaque occasion la
victoire et qui ne réussit pas à prendre le pouvoir.
D’autres ont soutenu que le peuple a divorcé avec ce
parti et que son leader sera accueilli par des jets
de pierres la prochaine fois qu’il reviendra à Lomé.
Les Togolais du moins une partie, avaient prédit la
fin du mythe. Ils ont été des faux prophètes. Le
retour de Gilchrist Olympio leur a opposé un
cinglant démenti et montré que le mythe est toujours
présent dans l’imaginaire collectif et dans les
esprits.
Le but de cette analyse n’est pas tant de corroborer
la phrase de Marlaux qui dit que le héros ou le
mythe ne tire pas son existence de la réalité, mais
de démontrer pourquoi le mythe Gilchrist Olympio
attire encore tant les Togolais.
Beaucoup de Togolais avaient écrit que le mythe
Gilchrist Olympio tire son fondement dans l’héritage
de Sylvanus Olympio et surtout du mouvement
nationaliste qui a conduit le Togo à l’Indépendance.
C’est parce que Gilchrist Olympio est le fils du
chef du mouvement nationaliste le Comité de l’Unité
Togolaise (CUT) que les Togolais l’aiment. En
d’autres termes, le peuple togolais a déplacé vers
la personne du leader de l’UFC l’estime qu’il
portait au père de l’Indépendance. Les Togolais
voyaient dans Sylvanus Olympio un héros et comme il
n’est plus, son fils qui s’est engagé dans la
politique a pris sa place. Ce n’est évidemment pas
faux que l’un des éléments fondateurs du mythe
Gilchrist Olympio, c’est l’héritage paternel, mais
cet élément n’est pas le seul puisqu’il existe bien
d’autres. On ne peut pas récuser le fait que
l’engagement personnel de Gilchrist Olympio qui
combat la dictature incarnée par le RPT est un
élément majeur dans la construction du mythe. Le
leader de l’Union des Forces du Changement est l’un
des tous premiers opposants à la dictature instaurée
par feu Gnassingbé Eyadema. Les Togolais connaissent
son engagement dans le Mouvement Togolais pour la
Démocratie (MTD), son militantisme et son combat
pour l’instauration d’un nouvel ordre politique plus
juste au Togo. Gilchrist Olympio a été de tous les
combats contre la dictature au Togo. Il a dépensé
énergie, intelligence et fortune dans la lutte pour
l’instauration de la démocratie au Togo. Sans
exagération, c’est un grand combattant de lutte et
le peuple togolais qui est de cet avis, le lui rend
en sympathie.
Au-delà de ces considérations ce qui rend encore
vivant le mythe Gilchrist Olympio, c’est surtout le
fait que sur le terrain politique, il n’existe pas
d’alternative à l’Union des Forces de Changement. On
peut être déçu par l’UFC on peut ne plus croire en
Gilchrist Olympio, mais l’amère réalité est qu’il
n’existe pas de solution de rechange. Il n’y a pas
aujourd’hui sur le terrain politique une formation
politique qui soit plus crédible que l’Union des
Forces de Changement.
En effet, depuis la signature de l’Accord Politique
Global, le seul parti qui incarne les voeux du
peuple togolais, c’est la formation politique de
Gilchrist Olympio. Le parti a refusé de prendre des
portefeuilles de paille pour servir de faire-valoir
au gouvernement dit d’union nationale. C’est le seul
parti qui a choisi de rester dans l’opposition pour
se battre pour les conditions d’élections libres et
transparentes. Pendant que les autres partis et
associations signataires de l’APG ont décidé d’aller
au gouvernement, l’UFC est restée dans les masses
populaires pour mener le combat de la démocratie. Ce
n’est pas aisé de refuser les privilèges et de faire
le choix de la galère et de la misère. On a vu le
CAR et la CDPA envoyer leur numéro un et deux au
gouvernement pendant que ces deux partis ont
d’autres cadres pour jouer ce rôle.
Demain, quand les électeurs seront dans les isoloirs
pour mettre leur bulletin dans les urnes, il serait
difficile qu’ils votent pour d’autres partis que l’UFC,
la seule formation politique qui incarne les
aspirations populaires.
En conclusion, le mythe Gilchrist Olympio est encore
vivant parce que, en dehors de ce parti, il n’y a
pas d’alternative. Du moins pour tous ceux qui
souhaitent un Togo libre démocratique et développé.
Fulbert Sassou ATIISSO |
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Rencontre entre Gilchrist Olympio et le ministre
d’Etat, le Prof Gnininvi : Vers une coalition UFC
-CDPA après les législatives |
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Le mardi 6 février 2007, Gilchrist Olympio et le
Ministre d’Etat chargé des mines et de l’énergie se
sont rencontrés. C’est au siège du parti de l’Union
des Forces de Changement, sis au 59, rue Koudadzé à
Lomnava. Le Ministre d’Etat a été reçu par le leader
de l’UFC entre 18 et 19 heures et les deux hommes se
sont entretenus pendant que le quartier était sous
coupure de courant. Auparavant, Gilchrist Olympio
avait reçu d’autres délégations avant l’arrivée en
début de soirée, du leader de la Convention
Démocratique de Peuple Africains (CDPA). |
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On pouvait imaginer le contenu non dévoilé de
l’entretien entre les deux leaders qui avaient
appartenu à la même coalition pendant les dernières
échéances électorales. Il est souvent de coutume
quand Gilchrist Olympio rentre au bercail de
rencontrer ses collègues leaders politiques qui
mènent le même combat que lui. On peut comprendre
que sa rencontre avec le leader de la CDPA qui est
aujourd'hui ministre dans le gouvernement Faure-
Agboyibo, s’inscrit dans ces rencontres de
salutation et de courtoisie que le leader de l’UFC
effectue avec ses homologues. Deuxièmement, on peut
penser que les deux hommes aient discuté de la
situation politique du pays, de l’Accord Politique
Global et surtout des prochaines élections
législatives. Le fait que l’Union des Forces de
Changement ne participe pas au gouvernement ne
devrait pas créer des vagues entre les deux hommes.
Beaucoup de Togolais supputent sur une éventuelle
coalition entre les deux partis après les élections
législatives, si jamais l’Union des Forces de
Changement n’obtenait pas à elle seule la majorité
absolue. Il est évident que l’UFC qui connaît son
poids électoral n’accepterait pas une alliance
électorale avec la CDPA avant les élections. Surtout
qu’avec la participation du parti du prof Gnininvi
au gouvernement personne ne pourrait prévoir le
score que ce parti ferait lors des prochaines
législatives.
Après la rencontre entre Gilchrist et Gnininvi, tout
le monde se demande si leur troisième allié Me
Agboyibo, devenu premier ministre après la signature
de l’Accord Politique Global, allait rencontrer le
leader de l’UFC avant son départ du Togo.
La Rédaction |
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Le pouvoir en danger : Faure Gnassingbé entre le
marteau et l'enclume |
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La situation sociale du Togo ne cesse de se dégrader
malgré l’assurance donnée par Faure Gnassingbé
d’améliorer les conditions de vie des Togolais. Il
faut, la main sur la conscience, reconnaître que le
chômage prend une allure galopante dans la cité.
Lorsque la jeunesse, force motrice du développement,
est en roue libre et se cherche, on doit s’attendre
à une situation dangereuse. |
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Pour bien comprendre le taux de chômage accru au
Togo, faisons une rétrospective sur le règne du
défunt président Gnassingbé Eyadema, père de
l’actuel président.
En effet, le parcours politique de Gnassingbé-père
n’a laissé que désolation. Ainsi, une catégorie de
Togolais était habituée au gain facile grâce aux
marches de soutien et à la lecture de motions de
soutien au Général contre de l’argent. Ils vivaient
dans l’oisiveté. Il suffisait à cette époque de
soutenir le président dans ces actes parfois
injustes pour toucher des millions. Beaucoup de
jeunes et barons se sont enrichis grâce à la
générosité ou à la magnanimité du Général qui leur
offrait la « manne ». Les magots étaient
souvent partagés sur place comme si c’était des
« hors la loi » dans le far West à la suite de
leur vol.
Parmi ce groupe, beaucoup de jeunes n’ont pas daigné
apprendre un métier. Ils n’attendaient qu’un
événement pour l’exploiter à leur fin. Voilà que le
fils succède à papa, et les choses changent de
couleurs. Certains n’hésitent pas à dire que Faure
Gnassingbé est avare parce qu’il ne donne pas comme
son père. « Il n’aime pas faire de la prodigalité
mais préfère gérer avec parcimonie » a déclaré
un ancien animateur d’ARETO. Du coup, ils ont du mal
à s’adapter aux nouvelles donnes car le père les a
rendus paresseux. Ceux qui avaient un standing de
vie, commencent à vendre certains de leurs biens
pour éponger des dettes. D’autres qui étaient
souvent manipulés à commettre des bévues, sont
aujourd’hui transformés en bandits de grand chemin.
Ce sont eux qui braquent les paisibles populations
pour leur soutirer de l’argent. Même leurs parrains
ne sont pas épargnés. Ainsi, les chiens se
retournent contre leurs maîtres.
A côté de cette catégorie de jeunes rendus
paresseux, il existe une autre composée des jeunes
conscients et qui comprenaient que c’est dans le
travail qu’on peut vaincre l’ennui, le vice et le
besoin pour retrouver enfin son indépendance. Ainsi,
ils ont appris un métier et obtenu leurs diplômes et
attendent à être embauchés ou enrôlés dans la
fonction publique. Puisque le régime de Gnassingbé
-père privilégiait le népotisme, l’ethnicisme ou le
favoritisme ou le militantisme au RPT, comme
critères d’accès à certains postes, ces malheureux
sont laissés pour compte. Certains se sont
reconvertis depuis 1990 dans le Zémidjan. D’autres,
par contre, affaiblis par la détresse et l’anxiété,
se vouent aujourd’hui avec l’avènement de Faure
Gnassingbé à l’alcool et à la drogue. Beaucoup de
ces jeunes sont devenus des alcooliques ou drogués
voire désoeuvrés; des filles, des prostituées ou des
mères prématurées qui sont à la charge de leurs
parents parce que justement leurs maris n’ont pas
encore d’emplois.
En somme, les deux catégories de jeunes au Togo sont
en colère. L’une habituée à la vie oisive, accuse
Faure Gnassingbé de couper des privilèges auxquels
son papa leur faisait jouir. L’autre, prête à gagner
son pain à la sueur de son front, se trouve
désemparée et exaspéré contre la lenteur d’une vraie
politique d’emploi dans le pays.
Voilà devant quel tableau on ne peut plus sombre, se
retrouve Faure Gnassingbé. Faudrait-il qu’il
satisfasse les jeunes rendus paresseux par son père
et qui constituent un obstacle pour sa sécurité ? Ou
faudrait-il qu’il crée des emplois aux jeunes qui
ont leur diplôme, aptes à travailler pour le
développement du pays ?
Sans mentir, Faure Gnassingbé a de sérieux
problèmes. On a l’impression qu’il est contraint
d’opter pour la continuité du système basé sur
l’injustice sociale à savoir le népotisme, l’ethnicisme
et le favoritisme pour ne pas réveiller les vieux
démons de la violence. Seulement, il oublie qu’il
est président de tous les Togolais et une politique
d’emplois caractérisée par un recrutement basé sur
la compétence et le mérite satisfera tout le monde.
C’est vrai qu’il se trouve entre le marteau qui se
traduit par le non maintien du bien-être des
paresseux entretenus par son père et l’enclume
caractérisée par l’irritation de cette jeunesse
laborieuse qui ne trouve pas à faire. « Pour bien
vivre au Togo, il faut être soit un héritier terrien
ou d'immeubles de ses parents soit être bénéficiaire
du transfert d'argent d'un parent ou proche parent
en Europe » a avoué Toki, désemparé.
La situation sociale caractérisée par un taux élevé
du chômage aboutit au suicide ou à la réduction de
l’espérance de vie des Togolais, qui gravitent entre
35 et 40 ans, un tableau vraiment sombre.
II urge que M. Faure Gnassingbé prenne le taureau
par les cornes s’il ne veut pas que les jeunes
reprennent les rues comme moyen de revendication
pour exprimer leur ras-le-bol. Les richesses ou
ressources du pays doivent profiter à tous les
Togolais et non à non à un « clan » ou
à un réseau mafieux qui s’approprie tout en
manipulant certains jeunes ou en exploitant la
vulnérabilité de ces jeunes à des fins politiques,
une façon de les réduire à la soumission ou à la
mendicité. Au lieu de dépenser des milliards pour sa
sécurité, le chef de l’Etat pourrait les dépenser
pour créer des emplois aux jeunes afin d’assurer la
stabilité dans leur vie sociale. Monsieur le
président, la balle est dans votre camp…
Anges Adjanor |
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Que deviendront les actuels députés du RPT après les
législatives ? |
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Le nouveau code électoral qui propose un scrutin
proportionnel de liste vient de recevoir l’onction
de l'actuelle Assemblée. Ainsi l'article 52 de la
loi fondamentale a été modifié le 30 janvier 2007
par les députés du RPT pour permettre au nouveau
code d'être en conformité avec la constitution.
Après le vote, le président de l’actuelle Assemblée
déclarait que « c’est une décision consensuelle et
politique » que les représentants du peuple ont
prise. Les Togolais se demandent s'ils ont le choix.
Certains n'hésitent pas à dire qu'ils sont
contraints d’accompagner le processus jusqu'à son
terme. |
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Seulement, l'inquiétude réside au niveau de leur
avenir politique parce que si la transparence sera
au rendez-vous, bon nombre d'entre eux quitteront
l'hémicycle et adieu les privilèges. Certains s'en
soucient déjà. Le suivi du processus par la
Communauté Internationale les oblige à poser des
actes décents. Des coups bas ne sont plus tolérés.
Des tripatouillages en faveur d'une personne ne sont
plus de mise.
Il faut le rappeler, c'est sous la
présidence de Monsieur Abass Bonfoh, président par
intérim de la République que les crimes de sang ont
été commis. Sûrement, qu'il rendra compte un jour
devant les tribunaux et il en est conscient.
Au Togo, le rôle d'un député est ignoré ou n'est pas
connu. Ces messieurs n'ont lutté que pour leurs
propres intérêts au lieu du bien-être du peuple. La
preuve c'est que les promesses tenues par ces hommes
pendant leur campagne ne sont jamais respectées
après leur élection. Les problèmes de leur
circonscription électorale ne sont jamais pris en
compte. Leur seul souci est de prospérer et de faire
jouir leur argent à leurs proches parents. Leur
devoir est mis à l'écart, c'est-à-dire le
développement de leurs contrées.
Bien sûr, le boycott des autres partis aux dernières
législatives a favorisé la présence de certains
députés du RPT dans cette Assemblée. Aujourd'hui,
les données ont changé car tous les partis auront
des candidats dans toutes les circonscriptions
électorales et la bataille ne sera pas facile à nos
amis du RPT. Vont-ils se présenter encore ou leur
parti acceptera-t-il de les présenter de nouveau aux
échéances futures ? Voilà les questions qui
tracassent certains députés Rptistes qui craignent
la fin de leur vie onéreuse.
Comme quoi, les bonnes choses ont toujours une fin.
Les députés actuels doivent l'apprendre aujourd'hui
et commencer à préparer leur retraite. Le plus tôt
serait le mieux pour qu'ils ne soient pas déçus
après les résultats des prochaines législatives.
Pauvres députés, qu'est-ce qu'il est triste de voir
arriver la fin du mandat ! Désormais, un député élu
doit privilégier le bien-être de son électorat et le
développement de sa circonscription électorale en
défendant ou en soutenant le financement des projets
de la localité sinon...
Anges Adjanor |
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La téléphonie mobile : Quand Togocel et Moov
arnaquent les Togolais |
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Le téléphone mobile est devenu un fléau social qui
ruine les populations togolaises. Comme si ce petit
pays est condamné à vivre dans l’injustice, tout est
fait par ceux qui le gouvernement pour rendre la vie
difficile aux habitants. Pendant que d’autres maux
(chômage, maladie, indigence...) minent la vie des
populations, les pouvoirs publics et leurs affidés
utilisent la téléphonie mobile pour accroître la
pauvreté. Normalement, les dernières découvertes
techniques devraient profiter aux hommes y compris
les Togolais. Le téléphone mobile est devenu pour le
monde entier une nécessité, un instrument de
travail, un moyen pour régler des affaires
commerciales. C’est une drogue et tous ceux qui en
n’ont gouttée ne peuvent plus s’en séparer. Les dix
dernières années, les Togolais sont de grands
consommateurs de téléphone portable. Au lieu que les
pouvoirs publics utilisent cet instrument pour
accroître le développement du pays, ils s’en servent
pour exploiter les populations et s’enrichir sur
leur dos. |
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Les opérateurs qui se sont installés pour fournir le
réseau afin de permettre aux populations d’utiliser
les téléphones mobiles se sont donnés pour but de
s’enrichir aux dépens de leurs clients. Pour ceux
qui ont eu la chance de vivre ailleurs qu’au Togo,
les opérateurs de téléphone mobile de ce pays sont
des capitalistes qui exploitent les Togolais.
Togocel et Telecel (Moov) ne sont pas des sociétés
qui ont pour soucis, en même temps qu’elles veulent
réaliser un bénéfice (ce qui est normal), de
vulgariser le téléphone mobile et d’en faire un
instrument de prospérité pour le pays. L’appât du
gain et le désir d’enrichissement sont le seul
mobile des opérateurs de téléphonie mobile au Togo.
En France, les opérateurs de téléphonie mobile sont
de véritables sociétés de développement. Elles
favorisent la vulgarisation du téléphone portable et
participent au développement de ce pays. D’abord, il
faut préciser que l’Etat français a favorisé la
concurrence dans ce secteur d’activité et créé les
conditions fiscales pour que plusieurs opérateurs
fournissent le réseau. Ces opérateurs dont certains
sont : Bouygues, SFR et Orange ont créé beaucoup de
formules pour permettre l’utilisation facile du
portable. Tous les opérateurs ont institué ce qu’on
appelle l’abonnement pour leur clientèle.
L’abonnement est une formule très avantageuse pour
tous ceux qui ont un revenu fixe à la fin du mois.
L’opérateur fournit le téléphone portable, le plus
souvent à un prix symbolique (1 Euro) soit moins de
mille (1.000 FCFA). L’abonné peut téléphoner à tout
moment avec son téléphone qui est constamment
chargé, c’est-à-dire pourvu de crédit. Il n’a pas
besoin d’aller s’acheter des cartes pour recharger
son téléphone avant de passer des appels. Une
situation qui lui fait gagner du temps et lui
épargner les sorties d’argent sans prévision. A la
fin du mois, l'opérateur envoie une facture au
client et prélève directement son argent sur le
compte de ce dernier. A part l’abonnement, qui est
commun à tous les opérateurs, chacun d’eux propose
des options spéciales aux clients. Par exemple, chez
SFR, il y a ce qu’on appelle l’option à 30 centimes
d’euros l’appel. Cette option très intéressante a
été souscrite par beaucoup de Français au moment où
elle est sortie. L’opérateur SFR accorde une durée
de soixante minutes soit une (1) heure à tout client
qui appelle vers un destinataire SFR et ne facture
l'appel qu'à trente (30) centimes d’euros, soit
moins de deux cent (200) francs CFA. Mais avant, SFR
prélève seulement cinq (5) euros sur le crédit
disponible et ce pour une durée de un (1) mois. Le
souscripteur est astreint à passer son appel entre
sept (7) heures le matin et dix-sept (17) heures.
Une option très avantageuse pour le client.
Chez l’opérateur Bouygues, le client peut appeler
sur un téléphone fixe et vers un autre portable
après 22 heures le soir, sans payer un (1) seul
centime. Le même opérateur tout comme Orange permet
à leurs clients d’appeler le week-end vers les fixes
et les portables gratuitement. Bien d’autres
avantages sont offerts par les opérateurs aux
utilisateurs de téléphones mobiles en France. Dans
ce pays on est capable d’appeler comme on veut sans
en courir le risque d’être ruiné.
Dans certains pays de la sous-région, la téléphonie
mobile est conçue comme un facteur de développement.
L’exemple du Bénin voisin est édifiant en la
matière. Dans ce pays, l’Etat a permis la
concurrence dans le domaine de la téléphonie et
favorisé la vulgarisation de cette technologie des
temps modernes. Au Bénin, quatre (4) opérateurs
meublent le monde de la téléphonie mobile; il s’agit
de : Libercom, Areeba, Télécel (Moov) et Bel Bénin).
Cela suppose que l’Etat béninois a créé les
conditions pour la bonne installation des sociétés.
Ces opérateurs ont considérablement réduit les coûts
de communication et créé des avantages divers à
leurs clients. Les Togolais qui ont eu l’occasion de
visiter le Bénin voisin sont toujours stupéfaits
devant la différence de coût entre la communication
téléphonique dans ce pays et le Togo. On peut
téléphoner pendant des minutes à Cotonou et payer
une somme dérisoire. Comment peut-on expliquer que
la communication soit cinq (5) fois plus chère au
Togo que chez le voisin de l’Est ? La chose est
étonnante surtout quand on sait que les deux pays
sont francophones et se ressemblent sur beaucoup de
points. Chez le voisin de l’Ouest, le Ghana, la
communication téléphonique est à un coût très
raisonnable. Plusieurs réseaux de téléphonie mobile
meublent le paysage et accordent de nombreux
avantages aux utilisateurs du téléphone portable.
Les coûts raisonnables et abordables de la
communication téléphonique chez les deux voisins ont
conduit nombre de compatriotes à changer de
comportement : les Togolais habitant à Aného et aux
alentours ainsi que ceux résidant près de la
frontière du Ghana et même à Lomé sont clients chez
des opérateurs béninois et ghanéens. Ces Togolais
qui reçoivent leurs réseaux chez les opérateurs des
pays voisins, payent moins cher la communication.
D’autres veulent emboîter le pas et ce serait
dommage pour les opérateurs togolais. Ces derniers
n’ont pour seul souci que de s’enrichir sur le dos
des populations. C’est vraiment paradoxal que dans
un pays éprouvé par des décennies de crise politique
qui a paralysé les activités économiques et
paupérisé les populations, on ait fixé les coûts des
prestations téléphoniques plus élevés que dans les
pays prospères. Le Togo doit revoir la situation et
ramener la justice dans ce secteur capital de
développement. L’Etat togolais, s’il n'est pas
complice des opérations, a des comportements à
adopter pour soulager les administrés.
Le premier comportement de l’Etat togolais si celui
ci est soucieux du bien-être des populations, c’est
de favoriser la concurrence dans le domaine de la
téléphonie mobile. Dans un système d’économie
libérale, il n’est pas normal que le marché soit
confisqué au profit de quelques opérateurs. L’Etat
doit permettre à tous ceux qui voudront s’installer
dans un secteur d’activité, de le faire si seulement
ils remplissent les conditions fixées. Tout se passe
au Togo comme si l’Etat a accordé le monopole de la
téléphonie mobile à une seule société. Certaines
sources affirment que la société Togocel serait dans
les bonnes grâces de l’Etat qui veut lui accorder le
monopole dans le domaine de la téléphonie mobile.
Quand on sait les difficultés que l’opérateur Moov a
eues pour s’installer, on peut être tenté de croire
à ces sources. On sait aussi que les installations
de ATN le tout premier opérateur qui a été refusé
par l’Etat sont toujours présentes dans la zone
portuaire.
Le deuxième comportement de l’Etat, serait de créer
les conditions fiscales et administratives pour
l’implantation de nouveaux opérateurs dans le
secteur. Et pour couronner le tout, l’Etat doit
regarder autour de lui, c’est-à-dire vers les pays
voisins, pour imposer aux opérateurs qui travaillent
sur son territoire des coûts raisonnables pour la
communication téléphonique. Il n’est pas normal que
le téléphone soit cinq (5) fois moins coûteux au
Bénin qu'au Togo. L’Etat doit réglementer le secteur
pour faire de la téléphonie mobile une denrée à la
portée de tous et surtout un instrument de
développement économique. Pour l’instant, la
téléphonie mobile est plutôt un instrument
d’injustice sociale, d’exploitation et de
paupérisation du peuple.
La semaine prochaine nous reviendrons sur les coûts
des communications suivant la durée, chez Togocel et
Moov.
Fulbert Sassou ATIISSO |
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