|
Le
Républicain :
Vous êtes un des jeunes ministres qui entourent M.
Faure Gnassingbé suite à son avènement au pouvoir en
avril 2005. Dites-nous ce qui a changé
fondamentalement aujourd’hui dans la gestion du pays
deux ans après son accession?
Gilbert Bawara :
C’est une lecture erronée et réductrice de la
situation actuelle que de chercher à occulter les
milliers, sinon les centaines de milliers de jeunes
qui entourent le Chef de l’Etat. Une très grande
partie de ces jeunes travaille dans l’anonymat, sans
être visibles, et parfois de manière beaucoup plus
efficace que ceux qui sont visibles et sous les feux
des projecteurs. Donc je croix qu’il y a beaucoup de
jeunes aujourd’hui, hommes et femmes, qui se
reconnaissent dans sa vision de notre pays, et dans
son action et qui sont mobilisés et dévoués pour
l’accompagner.
Je me réjouis, bien entendu, de compter parmi ces
jeunes et d’avoir le privilège de travailler dans le
gouvernement du Premier ministre Agboyibo, sous la
haute autorité et la conduite avisée du Président
Faure Gnassingbé.
Maintenant en ce qui concerne ce qui a changé, vous
me demandez là pratiquement de faire le bilan de
presque deux ans d’exercice du pouvoir par l’actuel
Chef de l’Etat. Ce qui a changé, c’est ce que tous
les Togolais constatent par eux-mêmes.
Dans un premier temps c’est l’apaisement et la
réconciliation nationale en cours de réalisation. Le
Chef de l’Etat est parvenu à instaurer une société
véritablement apaisée et harmonieuse. Dès le
lendemain de son élection, il a estimé qu’il fallait
rassembler tous les Togolais et faire en sorte que
nous puissions travailler ensemble. Dans un élan
d’ouverture salutaire, il a amorcé immédiatement un
dialogue franc, ouvert et approfondi avec l’ensemble
des forces politiques, devenant ainsi l’artisan
principal de l’Accord Politique Global et de la mise
en place de l’actuel gouvernement d’union nationale.
En deuxième lieu, il n’a pas voulu occulter les
difficultés que nous avons connues dans notre
cheminement en tant que nation, d’où les initiatives
visant à la réhabilitation de l’Histoire nationale
et à la consécration de toutes les figures
marquantes. C’est ce qui justifie la célébration en
grande pompe du 27 avril, en
dépit du caractère controversée de cette date et des
manœuvres ignobles visant à la « privatiser » à des
fins d’exploitation partisane. La mise en place
d’une Commission Nationale Spéciale d’Enquête
Indépendante, créée dès avril 2005 en vue de faire
la lumière sur les actes de violence et les
exactions ayant émaillé l’élection présidentielle,
procède de la même volonté d’apaisement et de
conciliation.
Sur le plan économique et social, chacun peut
constater les avancées inédites, avec la tenue d’un
dialogue social conduisant à une sorte de trêve.
Dans le sillage des réformes politiques et sociales,
il y a naturellement la volonté d’une gestion plus
rigoureuse transparente de la chose publique. Cela
se traduit par les mesures que certains décrient
mais qui doivent être saluées, telles que la
meilleures collecte des recettes fiscales et
douanières ainsi que la gestion beaucoup plus
efficace des finances publiques. Ces efforts ont
permis une certaine amélioration dans le registre de
l’emploi et des conditions des agents publics, avec
les différentes vagues de régularisations et de
recrutements ainsi que le déblocage des effets
financiers des avancements.
Sur le plan international, nous avons réussi, sous
la conduite du Président de la République et de ses
différents Premiers ministres, à renouer un vrai
dialogue confiant avec nos partenaires extérieurs en
particulier l’Union Européenne sur la base des 22
engagements qui ont été réalisés en totalité, ce qui
explique la reprise de la coopération.
Aujourd’hui le Togo peut de manière confiante et
digne parler dans les enceintes internationales sans
les récriminations que l’on subissait injustement
auparavant. Je pense qu’aujourd’hui toutes les
conditions sont réunies pour que nous puissions
expulser un véritable élan de mobilisation nationale
en faveur du redressement social et économique et
pour rendre possible la prospérité et le bien être
des populations.
Le
Républicain :
Vous êtes un acteur politique jusque là inconnu
avant la mort du Président Eyadema. Et subitement,
vous semblez prendre le dessus sur les anciens
barrons du RPT. Il semble aussi que vos allez à
contre courant. Comment expliquez-vous cela ?
Je sais que quelqu’un a dit récemment dans votre
journal que j’étais inconnu avant la disparition du
Père de la Nation. C’est
sans doute exact, au moins en partie. Dans la vie il
existe plusieurs manières de se faire remarquer. La
personne qui vous le disait, c’est vrai, elle est
très connue puisque généralement elle et son parti
ont toujours été à la pointe des manifestations
violentes et des actions de destruction. Donc c’est
très facile de se faire connaître dans ce sens là.
Lorsqu’on se singularise, comme ils le font
actuellement avec des attitudes divisionnistes,
nuisibles et préjudiciables à la cohésion du pays et
à l’unité nationale en cherchant à organiser des
manifestations séparées en marge de la célébration
du 47e anniversaire de notre
indépendance; lorsqu’on pratique le sectarisme,
l’intolérance et l’exclusion en se regroupant
politiquement selon que son ascendant ou soi même se
reconnaît prétendument dans les luttes
d’indépendance, cela ne peut laisser les Togolais
indifférents. Cela se remarque aisément.
Moi j’ai passé plus de dix ans dans le système
international, avec les Nations Unies dans un
certain anonymat. Il est évident que quand on est
dans des activités humanitaires et de protection des
droits de l’homme dans des situations de conflits
armées, on n’a pas besoin nécessairement de se faire
connaître. Cela n’empêche pas d’a voir une
pensée et un engagement patriotique pour son pays.
Dès lors que l’occasion m’a été offerte de servir,
je n’ai pas hésité et c’est ce que je suis en train
de faire aujourd’hui, très modestement.
Maintenant à savoir si je suis à contre courant, je
dirais plutôt non ! Je pense que j’essaie d’être
moi-même. Je ne peux pas fabriquer quelque chose qui
ne corresponde à mes convictions profondes. Il est
probable que même dans ma famille politique il
m’arrive de m’exprimer d’une manière qui ne
corresponde pas nécessairement à la vision du
parti ; mais c’est cela aussi la démocratie à savoir
valoriser le dialogue, la contradiction et le débat
d’idées.
Une fois que la ligne du parti est tracée, on la
suit fidèlement quelque soit ses convictions
personnelles antérieures. Naturellement je suis
également un militant des droits de l’homme et cela
laisse beaucoup de traces. Le contraire me
surprendrait. Il y a un certain nombre de principes
et de valeurs qui guident mon comportement et si
c’est cela qui est appelé « aller à contre
courant », je l’assume.
Le
Républicain :
Un malentendu est né entre-temps entre vous et le
Premier ministre (PM) Agboyibo au sujet d’une lettre
que vous avez adressée à l’Union Européenne sans en
informer Me Agboyibo. Comment expliquez-vous,
permettez-nous la citation, votre « insoumission au
chef du gouvernement » ?
(Sourire)… Non mais je pense que c’est une
polémique inutile et je ne veux pas en rajouter. Je
me réjouis du fait qu’aujourd’hui si les partenaires
extérieurs du Togo, en particulier les Nations
Unies, l’Union Européenne, sont à nos côtés pour
nous accompagner dans le processus électoral, c’est
parce que j’avais pu
formuler la requête à laquelle vous faites
référence. Et j’avais agit conformément à mes
attributions et aux missions que le Premier Ministre
lui même m’a confiées dans une lettre spécifiant les
missions des principaux ministres qui contribuent au
processus électoral. Donc s’il y a eu un malentendu,
je le considère comme tel, puis je ne cherche pas à
polémiquer.
Le
Républicain :
Des « accrochages », vous en avez eu également avec
d’autres acteurs politiques.
Gilbert Bawara :
Lesquels ?
Le
Républicain :
Jean Pierre Fabre par exemple.
Gilbert Bawara :
Monsieur Jean Pierre FABRE et moi sommes de deux
familles politiques différentes avec des
philosophies différentes, des visions différentes de
la situation de notre pays, de l’avenir de notre
pays. Il est normal qu’on puisse avoir des
divergences. Il n’a rien dit de sérieux qui
nécessite que je puisse polémiquer avec lui. Le RPT
dont je suis militant a résolument opté pour le
dialogue, l’ouverture et la recherche permanente du
compromis pour faire avancer le pays. Cette
philosophie est à contre-courant des extrêmes qui
cherchent à en découdre par la voie de la
confrontation.
Le
Républicain :
Votre nomination comme Ministre de la coopération et
du NEPAD a été diversement appréciée. Vous semblez
jouer souvent le rôle de ministre des affaires
étrangères dans l’exercice de vos tâches. Dites-nous
si vous avez le soutien du PM et du Président de la
République.
Gilbert Bawara :
La
situation n’est pas telle que vous la décrivez et je
tiens à souligner qu’il y a à peine deux ans, les
affaires étrangères et la coopération étaient
regroupées en un seul département ministériel. Dès
lors, il faut un peu de temps pour délimiter
nettement les attributions de l’un et l’autre des
ministères institués récemment. Dans la pratique, le
ministre d’Etat Ayeva et moi même, nous travaillons
beaucoup en synergie, dans un esprit de concertation
et d’harmonie, conformément aux orientations
définies par le Président de la République, qui est
le véritable patron de la diplomatie togolaise.
Le
Républicain :
Plusieurs mois après la signature de l’Accord
Politique Global par la classe politique togolaise,
avez-vous constaté des ratés dans l’application de
cet accord de part et d’autre ?
Gilbert Bawara :
Non je ne peux pas dire qu’il y a des ratés. Au
contraire je pense que l’Accord Politique Global,
qui est très complet, a été en grande partie mis en
œuvre. Depuis la mise en place du gouvernement
d’union nationale la feuille de route qui avait été
définie est en train de se réaliser fidèlement. Cela
prouve bien que dans notre pays, aucun parti
politique ne peut s’estimer indispensable et
incontournable.
Au contraire, la preuve est faite aujourd’hui, qu’il
est possible et concevable de rassembler autour du
Président de
la République,
les talents et les compétences de Togolaises et de
Togolais de divers horizons et de convictions
politiques variées. Pourvu que l’action collective
soit guidée par le souci de répondre aux
préoccupations et aux attentes de l’ensemble des
populations, sans sectarisme et sans esprit
partisan. Cette expérience mérite d’être réfléchie
et elle devrait inspirer chacun dans les mois qui
viennent.
A tous points de vue, que l’on se situe dans
l’opposition telle qu’issue de
la Conférence
nationale ou du côté du pouvoir, il y a des leçons à
tirer de la réussite du dialogue politique et du bon
fonctionnement institutionnel actuel : il existe bel
et bien des méthodes révolues d’accession au pouvoir
et d’exercice de ce dernier. Pour emprunter une
expression propre aux sociétés occidentales, je
dirais que le pouvoir s’exerce au centre, avec
pragmatisme et en cherchant à unir et galvaniser
tous les Togolais, sans exclusive.
Gilbert Bawara :
Le
Républicain :
Les Togolais vivent la fièvre des élections
législatives annoncées pour le 24 juin prochain. A
votre avis, cette date semble indiquer pour
organiser un scrutin libre, transparent et surtout
(c’est le mot clé) sans bain de sang ?
Gilbert Bawara :
Toute polémique sur la date des élections serait
tout à fait inutile. Moi je souhaite plutôt que
chacun fasse preuve de raison et de pragmatisme. La
CENI travaille à harmoniser son projet de
chronogramme avec le planning des opérations
techniques requises dans le cadre du recensement
électoral. Si des difficultés techniques et
opérationnelles peuvent anticipées ou constatées,
elle s’avisera et le gouvernement ou le Comité de
suivi examinerait la situation avec pragmatisme,
sans aucun esprit de polémique.
Cependant, dans la situation sociale et économique
actuelle du pays, chacun devrait faire preuve d’un
esprit de responsabilité et de sérénité en
contribuant à faire avancer le processus, plutôt que
de se lancer dans des polémique stériles sur la date
exacte des élections.
Tout ce qui consisterait à vouloir polémiquer, de
manière théorique sur la date des élections est une
autre façon de se donner un prétexte commode pour
torpiller le processus.
Pour ce qui concerne la question de savoir si le
processus ne sera pas entaché de violence voire d’un
bain de sang, il est de la responsabilité de chaque
Togolais et de chaque Togolaise de faire en sorte
qu’il n’en soit pas ainsi. Personne n’a intérêt à ce
qu’il en soit autrement. Les élections, c’est
l’occasion d’un débat d’idées, d’une confrontation
de projets. Que les Togolais aillent s’exprimer
librement, dans le calme et la sérénité, dans la
transparence et que le meilleur gagne. Au bout du
processus, ce sera toujours des Togolais qui ont
gagné et l’essentiel c’est que ceux qui auront gagné
gouvernent dans l’intérêt de tous. Voilà notre souci
essentiel et je n’ai aucune crainte.
Le
Républicain :
Pourquoi le gouvernement a opté pour l’emprunt des
kits au lieu de les commander ?
Gilbert Bawara :
Il y a eu une mission du PNUD qui est venue au Togo
au mois de janvier, si ma mémoire est bonne et qui a
conclu qu’il y avait deux options possibles. L’une
des options consistait dans l’emprunt de kits auprès
de la République Démocratique
du Congo. La deuxième option, c’était l’achat de kit
neuf. Environ 2 000 kits. Et chaque option avait ses
avantages et ses inconvénients.
Comme le disent certains, effectivement on peut à
première vue considérer que l’achat de kits neufs
permettrait de pérenniser les acquis du recensement
électoral. Mais l’emprunt des kits ne l’empêche pas
non plus. Il est parfaitement envisageable
d’acquérir, au lendemain des élections, un nombre
limité de kits qui permettent chaque année de faire
une mise à jour du fichier électoral et de donner
des cartes d’électeurs aux Togolais qui atteignent
l’âge de voter.
Le
gouvernement pour prendre sa décision, s’est fondé
sur des critères tout à fait objectifs à savoir le
critère de délai et le critère de moyens. La
commande de kits neufs aurait nécessité au moins 12
semaines, contrairement à l’opération d’emprunt qui
a été l’une des étapes les plus rapides du processus
électoral à ce jour. En terme de moyens, l’achat de
kits neufs engendrait un coût excessif par rapport
aux capacités financières du pays, même en prenant
en compte la contribution des partenaires. L’emprunt
des kits n’a coûté aucun sou au Togo.
Je
voudrais profiter pour souligner un fait qui montre
qu’il y a des gens qui sont d’une bonne mauvaise
foi. Lorsque je suis allé à Kinshasa signer le
Protocole d’Accord pour l’emprunt des kits, j’étais
accompagné d’un membre de la CENI qui n’est autre
qu’un des représentants de l’UFC. Nous avons
travaillé en bonne intelligence et il m’a accompagné
à la cérémonie de signature avec mon homologue
congolais qui, lui, n’était nullement assisté d’un
membre de la Commission Electorale
Indépendante de son pays. Nous avons aussi travaillé
en harmonie, à l’entrepôt et j’ai continué après mon
retour à m’assurer que sa mission se déroulait dans
de bonnes conditions. A son retour, il a tenu un
point de presse et il a expliqué en toute honnêteté
comment cela s’est passé.
Dans ce contexte, je ne parviens pas à comprendre
les récriminations de certains concernant
l’opération d’emprunt des kits. A moins que cela
traduise une attitude de duplicité et d’intoxication
de leur part.
L’ensemble de nos partenaires comprennent et
adhèrent totalement aux choix fondamentaux opérés
concernant le recensement électoral, y compris les
exigences qui justifient le choix du prestataire
Zetès qui avait déjà opéré sur les kits en question
et peut en garantir les fonctionnalités
applicatives. Toutes les calomnies et les
dénigrements n’y changeront rien. Le choix du mode
et des modalités de recensement électoral se sont
imposés au Togo, davantage par référence à
l’expérience de
la République Démocratique
du Congo et sur insistance de ceux qui crient
aujourd’hui.
Le
Républicain :
Il
semble que le RPT ira aux élections législatives en
coalition avec la CPP (Convergence Patriotique
Panafricaine) de Edem Kodjo et le PDR (Parti
Démocratique pour le Renouveau) de Zarifou Ayeva si
possible.
Comment en êtes-vous arrivez là ?
Gilbert Bawara :
Non je n’ai pas connaissance qu’au niveau du
Rassemblement du Peuple Togolais, il y ait déjà une
décision en ce qui concerne d’éventuelles alliances
préélectorales. Personnellement, je ne suis pas très
favorable aux alliances pré électorales dans les
circonstances actuelles.
Plusieurs raisons fondent ma position. Ces élections
législatives doivent nous permettre de solder les
reliquats de la conférence nationale souveraine, car
il existe aujourd’hui des partis politiques de
salons, qui n’ont d’existence que dans les débats
mondains et des cercles élitistes. Les élections
législatives sont l’occasion de mesurer l’assise et
le poids de chacun. Sinon, nous risquons de
continuer avec la grande imposture de ceux qui se
sont autoproclamés démocrates juste par ambition et
pour s’emparer du pouvoir. Du reste, il est plus
démocratique de se compter dans les urnes avant de
s’additionner et sachant le poids et l’assise des
uns et des autres.
Le
Républicain :
Les responsables de certains partis notamment l’UFC
et la CDPA indiquent que techniquement les élections
législatives ne devraient pas pouvoir se tenir le 24
juin prochain. « Les agents chargés de faire le
recrutement ne sont pas recrutés, les campagnes
visant à sensibiliser les populations n’ont pas
encore démarré et les kits de recensement négociés
auprès de
la
République Démocratique
du Congo (RDC) ne sont pas réinitialisés ».
Voilà quelques unes des raisons qu’ils évoquent.
Apparemment vous semblez partager leurs
inquiétudes ?
Gilbert Bawara :
Non je ne partage nullement leurs inquiétudes. J’ai
dit tout à l’heure qu’il revient à la CENI d’évaluer
les contraintes techniques et opérationnelles sur le
terrain et en fonction de cela, indiquer la voie à
suivre. Toute discussion, tout débat ou toute
décision qui serait prise sans aucune évaluation
concrète des contraintes techniques et
opérationnelles serait tout simplement de la
manœuvre politique.
Le
Républicain :
A votre avis, que faut-il aujourd’hui pour le Togo
pour sortir de cette crise socio politique qui n’a
que trop duré ? Les élections à elles seules ne
suffisent pas.
Les élections sont un maillon important. D’abord il
faut reconnaître que ces élections vont consacrer un
tournant en ouvrant des perspectives inédites pour
la relance de l’économie et du progrès. La société
togolaise étant maintenant apaisée et harmonieuse et
les partenaires au développement étant dans un
meilleur état d’esprit, il nous faut impérativement
nous remettre au travail pour sortir le pays de
l’ornière.
En réalité il n’y a plus de crise politique dans
notre pays. Il y a certains qui alimentent ce climat
de crise politique parce que c’est commode pour eux
et cela leur permet d’exister politiquement.
Certains ne peuvent prospérer sur le plan politique
qu’en donnant de notre pays une image du passé.
C’est une histoire de fond de commerce. Une petite
comparaison entre la situation du Togo et celle
d’autres pays africains nous donne une indication
des progrès immenses accomplis sur la voie du
dialogue et de l’ouverture politique, la volonté de
compromis et la détermination à édifier une
démocratie apaisée débarrassée de la peur. Des
efforts considérables sont chaque jour déployés pour
renforcer l’Etat de droit, conférer plus de moyens
et d’indépendance au système de justice et
sauvegarder les droits de l’homme et les libertés
fondamentales.
A l’aune de ses progrès politiques et
institutionnelles immenses et au regard des attentes
pressantes des Togolais, nous ne devons pas nous
laisser distraire encore moins œuvrer à l’auto -
flagellation.
Le
Républicain :
Je vous remercie.
Gilbert Bawara :
C’est plutôt moi qui vous remercie.
Interview réalisée par Ben KITEGI |