|
Le Républicain
|
14 Déc 2006 |
|
|
[
N°59:
12 Déc 2006] |
|
Le plan secret élaboré pour sauver le pouvoir de FAURE :
Report des élections législatives à plus tard |
|
Lorsque le 20 août dernier l’ensemble des acteurs
signaient l’APG, nous étions parmi ceux qui n’avaient
rien vu de nouveau sur la terre de nos aïeux, tant cet
accord était truffé d’insuffisances criardes que nous
doutions de la bonne foi du RPT à l’appliquer. Nous
avions bien relevé que cet accord n’était juste qu’un
plan bien conçu par les réseaux françafricains piloté en
véritable main d’œuvre par Louis MICHEL pour légitimer
le pouvoir de Faure et lui permettre de voyager à
travers le monde en « homme propre ». |
|
De
fil en aiguille, les évènements commencent par
donner raison à tous ceux qui ont refusé de donner
au départ un chèque en blanc à cet accord. Au sein
de la population elle même, l’enthousiasme cède la
place au doute et l’on se demande si ce n’est pas un
accord de plus. Les nouvelles de la CENI marquées
par la volonté manifeste du RPT et ses satellites,
d’organiser des élections frauduleuses ne sont
guères rassurantes pour les togolais. Au niveau des
parrains du pouvoir de Lomé, en l’occurrence dans
les arcanes mafieux de l’Elysée, des plans secrets
sont en train d’être étudiés pour venir au secours
de pouvoir du fils.
Maintenant que le pouvoir a l’assurance que les
élections législatives prévues par l’APG ne pourront
se tenir avant la fin du mandat de l’Assemblée
Nationale actuelle. L’opposition togolaise est –elle
au courant de ce scénario qui se trame ? Nous ne
serons répondre à cette question. Mais est-il que,
après plus de 16 ans de lutte, l’opposition dans son
ensemble a démontré qu’elle est, et reste toujours
sur la défensive. Le manque d’un véritable
laboratoire d’idées ou d’une cellule de réflexion
capable d’anticiper les plans de l’adversaire est la
carence principale de l’opposition togolaise. Au
sein des réseaux mafieux dont un certain Débbbasch
jouit d’une place privilégiée, deux scénarios sont à
l’étude :
Acte 1 :
faire tout, pour tenir les élections législatives
avant la fin du mandat de l’Assemblée actuelle. En
clair organiser un passage en force en privilégiant
la fraude au détriment de la transparence.
L’argument béton est le vide juridique dans lequel
le pays tomberait si les élections ne sont pas
organisées avant la fin de la législature actuelle.
Et pour y arriver le RPT et ses satellites font tout
pour bâcler les étapes, et refuser ensuite
l’assistance de l’UE.
Les blocages actuelles des travaux de la CENI liés
au refus du RPT et ses alliés d’accepter la carte
d’électeur avec photo et le recensement électoral
participe de ce scénario. Le système quo et ses
alliés cherchent à organiser une élection
frauduleuse semblable à celles déjà orchestrer par
le passé, avec son cortège de morts et d’exilés.
Seulement ce plan est pour le moment jugé dangereux
pour Faure qui, il y’a de cela plus d’un an a pris
le pouvoir au prix du sang de plus de mille de ces
concitoyens et 40 milles réfugiés. Il n’est donc pas
question de prendre des risques inconsidérés. Au
moment où les réseaux mafieux sont en train de
travailler à desserrer l’étau des sanctions de l’UE
et permettre au pouvoir du fils de disposer des
moyens financiers pour tenir les rennes du pouvoir.
Ce plan est aussi suicidaire au moment où Chirac
l’ami personnel du père et du fils, principal
soutien du régime des Gnassingbé est sur le point de
quitter le pouvoir en France.
Acte 2 :
celle que les mafieux sont en train de privilégier
consiste à laissé le processus actuelle pourrir. Par
manœuvre politique comme nous l’assistons
actuellement, la CENI serait bloquée, le pouvoir se
déclarera incapable d’organiser des élections
anticipées, pour des raisons techniques et pour le
souci de transparence. Devant cette situation une
table ronde pouvoir – opposition serait organiser et
les élections législatives seraient renvoyées au
calendre grec, probablement pour 2010 en même temps
que les présidentielles. Pour régler donc le
problème de l’Assemblée nationale pendant cette
période transitoire, le plan prévoit un organe du
genre HCR semblable à celui de la transition en RDC.
Les membres de cet organe seront nommés, ainsi le
RPT et ses alliés comme c’est le cas actuellement au
gouvernement vont se tailler la part du lion. Le
CAR, la CDPA et l’UFC s’ils acceptaient de rentrer
dans ce processus, seraient évidemment minoritaires
au sein de cet organe. Des élections générales
seront donc organiser en 2010 et d’ici là, certains
leaders seront peut être à la touche et la voie
serait dégagée pour un second mandat du fils du
père. Cet plan machiavélique, selon ses sinistres
auteurs dont nous connaissons tous les motivations,
permettra à Faure d’éviter une véritable
cohabitation avec l’opposition au cas où les
élections législatives venaient à être organiser
avant la fin de son mandat. Législatives que
l’opposition est en passe de remporter selon
l’analyses du pouvoir. Ce plan serait donc vanté par
leurs auteurs comme une politique d’ouverture de
Faure et la communauté internationale qui privilégié
souvent la stabilité au détriment de la démocratie
en Afrique, donnerait son accord et le tour serait
joué. Certains responsables politiques dont les
formations sont menacées dans leur existence en ce
sens qu’il ne pourront rien obtenir de ces
élections, sont prêts à soutenir ce complot contre
la démocratie.
Au
regard de ces informations sensibles dont nous avons
eu échos, peut-on déjà dire que l’APG a vécu ? Les
prochains jours nous le diront mais les signes ne
trompent pas le tango qu’on exécute actuellement à
la CENI ne semble rassurer personne. Le dilatoire
est donc le fil conducteur de la manœuvre, cette
manœuvre qui consiste à conduire les leaders de
l’opposition dans une impasse dont le RPT et ses
alliés tireront les marrons du feu. Face donc à ce
complot qui ressemble à du déjà vu dans notre pays,
il faut oublier ce APG et chercher d’autres
solutions efficaces pour obtenir l’instauration de
la démocratie dans ce pays. Notre pays dispose t-il
de patriotes valeureux pour relever ce défi ou
sommes nous tous des lâches ? L’avenir nous le dira.
Ferdinand A. |
|
|
|
Qui joue le jeu de quitte ou double entre l’UFC, le
CAR et la CDPA ? Le nombre de dissidents dans
l’apposition s’accroît |
|
Déception, et le mot n’est pas fort pour exprimer ce
que beaucoup ressentent après ces semaines qui ont
vu naître, pour les Togolais, un espoir lorsque Me
Agboyibo fut porté à la tête de l’exécutif. Cet
espoir s’amenuise à chaque lever de soleil pour
finalement et sûrement se résoudre à une peau de
chagrin. |
|
Et dire que sous la pression de la jeune garde qui
aux lendemains du 5 février, pour beaucoup d’entre
eux des pairs de la génération de l’usurpateur, ont
mis toutes leur volonté dans l’affirmation d’un NON
à la forfaiture de Faure Gnassingbé. Aujourd’hui les
uns ont décidé de tourner la page, certains, d’aller
à la mangeoire du clan pour des miettes et les
autres continuent à résister, tout en se
prémunissant contre les seconds, ce qui
naturellement freine leurs actions. Car aujourd’hui,
il est autant difficile de se révéler opposant
déterminé pour la chute du clan s’en en payer un
quelconque prix fort, victime d’un podocrate.
Eyadema est mort mais les pratiques de son
régime/système, restent et lui ont survécu.
Nous avons déjà souligné et il est opportun de le
rappeler pour que les différents acteurs de quelque
bord que ce soit aient à l’esprit que nos aînés de
l’opposition vivent un dilemme et qu’un nouvel échec
face au fils d’Eyadema leur sera fatal.
Il ne leur faut pas ignorer qu’il s’est élevé au
sein des jeunes Togolais tant à l’intérieur du pays
qu’au sein de la diaspora, des voix farouchement
opposées à ce qu’ils incarnent les figures de proue
de la lutte au lendemain du 5 février. Car
craignaient ces voix, la compromission, maintes fois
prouvée, dont reste capable la « vieille garde »
risquait de nous amener une fois de plus à un échec.
L’histoire ne leur a pas donné tort, ce qui entraîne
aujourd’hui l’avancée considérable que connaît ce
point de vue qui veut que les prochaines échéances
législatives soient, pour « la vielle garde », soit
le lieu de se racheter. En somme c’est un jeu de
quitte ou double auquel sont soumis les leaders de
l’opposition démocratique. Le nombre de dissidents
potentiel de l’ombre s’accroît chaque jour et il
faut croire que l’UFC, le CAR, la CDPA... sont
condamnés à faire chuter le régime ou à disparaître
dans les méandres de l’oubli.
Pire les plus radicaux n’hésitent pas à parler de
ces anciens comme des complices passifs du régime,
c’est-à-dire des gens dont la lutte plutôt que
d’induire le déclin du pouvoir du clan l’ont
renforcé. Et ce au regard de la propension dont
certains les accusent de faire le jeu du clan pour
faire taire toute autre dissidence. En clair, ils
protégeraient le clan, ce dernier leur accordant en
retour l’exclusivité du titre de parti d’opposition
officiel.
On peut être tenté de croire à ces développements au
regard de ce que nous sert le gouvernement d’Agboyibo
depuis sa constitution, son silence morbide et
inquiétant, tout comme les libertés et les aises
pris par les ministres RPT dans ce gouvernement,
glissant à tour de bras des peaux de bananes sans
que les victimes ne réagissent, la dernière en date
étant l’intervention de l’autre Gilbert, le Bawara
dans un domaine qui relève plus des attributions du
Professeur Gnininvi, qui semble s’être muré dans un
silence tout comme son chef de fil Me Agboyibo.
Voudrait-on nous faire croire que Bawara serait
passé de son plein ministère à la Coopération à une
délégation à celui des Mines, tout cela sans
remaniement ?
Quoiqu’il en soit autant le clan que ses adversaires
actuels devront affronter sûrement à l’avenir une
nouvelle génération de Togolais qui n’en ont que
trop assez du respect morbide des anciens auquel
l’éducation au Togo les a trop longtemps confinés au
préjudice des intérêts du Togo.
A.B.K. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|