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Le Républicain

5 Déc 2006

[ 58:  5 Déc 2006]
La CENI à l’épreuve de la bonne foi : La machine à fraude au cœur des contestations

Les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) tournent en rond ou font du sur place depuis plusieurs semaines. Une divergence profonde empêche l’application de certains points de l’Accord politique global (APG). L’élaboration du règlement intérieur de la commission électorale et du chronogramme pour la tenue des élections législatives anticipées achoppe sur deux points essentiels : le mode de recensement et celui de décision. Le gouvernement dit d’union nationale dont la prérogative est la mise en place des élections libres et transparentes semble être totalement muselé et encore loin de pouvoir tenir ses engagements d’organiser ses élections législatives pour le 24 juin 2007.

 

La CENI, l’institution chargée d’organiser et de superviser les consultations électorales, en liaison avec le ministère de l’intérieur et les autres services de l’Etat, est paralysée par ses attachements aux pouvoirs en place (son véritable donneur d’ordre), elle enferme ses membres dans une impasse en n’optant pas clairement pour un cadre électoral évitant toutes suspicions et contestations. C’est du mode de recensement et de scrutin que dépendent la liberté et la transparence des futures élections législatives au Togo. C’est là où le bât blesse et où les lignes de fractures apparaissent parmi les différents partis impliqués dans la résolution de la crise togolaise. Pour l’heure, deux blocs se dessinent : alors que les volontaristes du CAR, UFC, CDPA et GF2D optent pour une remise à plat des procédures limitant les fraudes électorales, les conservateurs de la mouvance dictatoriale (RPT, CPP, PDR et REFAMPT) optent pour le statu quo.

Le CAR, l’UFC, la CDPA penchent pour la carte d’électeur numérisée et sécurisée avec photo. Ces partis souhaitent que les opérations post-électorales aient lieu dans les bureaux de vote : centralisant, concentrant tout le processus en une seule dynamique évitant ainsi toute dispersion et manipulation. Cette option consiste à :

- la préparation et le déploiement du matériel de recensement ;

- l’enregistrement des électeurs ; la saisie des noms et la délivrance immédiate des cartes numérisées avec photo dans les centres de vote ;

- l’élaboration du fichier électoral

- l’édition des listes d’émargement. La durée pour déploiement de ce mode de recensement est estimé à 39 semaines et requiert un KIT (matériels et consommables) qui est estimé 35 milliards FCA. Cette option a parfaitement fait ses preuves lors des élections présidentielles en République Démocratique du Congo. Elle est certes coûteuse mais plus crédible et indispensable pour le rétablissement de la paix au Togo.

La mouvance proche du pouvoir à savoir la CPP, le PDR, le RPT (dont l’audience relative est 10 à 15% dans le pays réel) reste arque bouté sur les méthodes qui favorisent la cooptation, le bourrage des urnes et le hold-up électoral. Cette mouvance préconise dans l’ordre :

- la préparation et le déploiement du matériel de recensement ;

- le recensement dans les bureaux de vote ;

- la saisie des listes provisoires à la CENI ;

- la personnalisation des cartes d’électeurs à la CENI ;

- l’édition des listes pour la distribution des cartes ;

- la distribution des cartes dans les bureaux de vote ;

- l’élaboration du fichier électoral ;

- l’édition des listes d’émargement. Cette option se déroulera sur une durée de 10 semaines pour l’ensemble des opérations. Elle se chiffre selon les estimations opérées à la CENI, à 10 milliards FCFA. Elle aura l’avantage de permettre aux pouvoirs des Gnassingbé de s’adonner à leurs pratiques favorites : de créer des électeurs bidon, de tripatouiller toutes les données, de régenter a distribution des cartes électeurs, ect….

Comment sortir de cette impasse… ?

En coulisse, les conseillers de Faure Gnassingbé mettent en branle leur stratégie (Le vote des bêtes sauvages), imposant un cahier des charges contraignant pour un cadre électoral sans surprise pour le régime. Pour faire passer cette stratégie à la communauté internationale, Faure Gnassingbé aura mis en gardes les députés RPT sur les difficultés à pouvoir reconduire tous les anciens députés RPT au sein de la nouvelle Assemblée Nationale. Manifestement les barons du RPT et leurs alliés ne l’entendent pas ainsi et cherchent à entraver sa stratégie qui impose un minimum de concession lui permettant de faire une part belle à ses nouveaux alliés sur le dos de l ‘UFC.

Que pourront la seule bonne volonté de Maître Agboyibo ou du professeur Gnininvi face aux oukases du régime Faure qui veut se perpétuer au Togo. Ils restent donc paralysé par des intérêts contradictoires: truquer les règles de jeu en pérennisant la dictature des Gnassingbé ou offrir une alternance politique aux togolais en respectant la vérité des urnes. Au gouvernement le tour de passe-passe peut se jouer en absence de l’UFC qui ne sera pas partie prenante, les passes d’armes seront redoutables pour statuer sur la bonne formule au sein de la CENI où le mode de prise de décision est le consensus. Face à l’impossibilité d’un consensus, l’UFC aurait demandé que le gouvernement et le cas échéant, le comité de suivi de l’APG, soit saisi du problème. L’UFC mis à l’écart dans ces centres de décisions, se conterait-elle pour autant d’un arbitrage qui ne garantit pas la transparence des élections ?

Rédaction

 
L’entrée de l’UFC au gouvernement révolue ou pas : Pourquoi Faure – Gilchrist vont –ils se rencontrer ?

Tout indique aujourd’hui que des manœuvres ont été orchestrés par le régime Faure Gnassingbé afin d’empêcher l’entrée de l’UFC au gouvernement après la signature de l’Accord Politique Global sous l’égide du médiateur Blaise Compaoré.

D’ailleurs le sujet ne semble plus être d’actualité ; les autres protagonistes ayant préféré le mutisme face à la sourde oreille du RPT à s’engager véritablement dans un réel processus de démocratisation. Selon donc certaines indiscrétions, Faure Gnassingbé aura suggéré au parti de Gilchrist Olympio les portefeuilles de la culture, de l’administration et de l’économie. Le leader de l’UFC qui qualifie ses offres de « pas sérieuses » ne les entend de ses oreilles.

Face donc à cette atmosphère qui laisse présager un avenir politique incertain et à quelques mois élections législatives de 2007, une rencontre entre Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio es prévue dans les semaines à venir. Le lieu reste à déterminer en fonction du calendrier du président du RPT.

Selon un membre influent du parti qui a requit l’anonymat, cette rencontre vise essentiellement à apaiser les tensions nées au lendemain de la nomination et de la formation gouvernement Agboyibo et asseoir une « confiance » entre les deux partie. On susurre même qu’il ne sera pas question que le RPT revienne sur sa proposition de portefeuilles à l’UFC mais qu’à contrains un poste de ministre d’Etat (faisant office de vice Premier Ministre) lui sera en plus accordé. Tout compte fait, le Togo demeure un Etat exceptionnel nul ne peut pour l’instant anticiper sur les événements.

D’autres partenaires internationaux auraient été sollicités pour accompagner les deux parties dans la recherche de la solution à la crise togolaise. Il faut reconnaître également que les Togolais. Il faut reconnaître également que les Togolais ne font plus confiance à la communauté internationale jugée responsable et complice des malheurs du peuple togolais. .

            La semaine dernière, le parti de l’UFC avait refusé de rencontrer une délégation du Comité des Ambassadeurs ACP de passage à Lomé. L’Union des Forces de Changement reproche à ce Comité des Ambassadeurs ACP son manque de franchise et sa partialité dans la résolution de la crise togolaise. En rappel et au lendemain de la signature en avril 2004 des 22 engagements souscrits par le gouvernement, une délégation des Ambassadeurs ACP dépêchés à Lomé à l’époque avait demandé au régime Eyadema de respecter thématiquement et structurellement les engagements.

            Face à cet imbroglio, l’UFC demeure le seul véritable parti politique d’opposition en lutte contre le régime RPT pour l’avènement d’un vrai Etat de droit.

            Il est clair que malgré les errements politiques et momentanés de son leader, l’UFC est  plus que jamais présente sur l’échiquier national grâce à ses militants restés sur le terrain.

            Ben KITEGI

Le dilatoire continue au Togo

- Comment le gouvernement a déjoué la grève des travailleurs
-
Le pouvoir RPT joue à la manipulation
L’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT) qui regroupe toutes les centrales syndicales, y compris la toute puissante Confédération des Travailleurs du Togo (CNTT), a lancé un préavis de grève de vingt quatre heures pour le jeudi 30 novembre 2006 pour protester contre le non respect du protocole d’accord tripartite issu du Dialogue Sociale. La grève n’a pas eu lieu. Qu’est-ce qui s’est passé ? Les travailleurs ont-ils obtenu la satisfaction de leurs doléances ?

Au sujet de la grève, notre confrère le Grand Quotidien  d’Information,  Togo Presse, a mis à la Une de sa parution de mercredi :

« Sur instructions du Chef de l’Etat en conseil des ministres hier, Un mois d’arriérés de salaire et de pension sera payé avant la fin de l’année ; les prix des carburants déjà revus à la baisse ; le traitement des agents de l’Etat sera revalorisé de 5% l’année prochaine. »

Les Togolais ont l’air de s’amuser avec les ressources du pays et avec la vie des citoyens. Il semble que ceux qui prennent part aux négociations oublient souvent pourquoi ils sont mandatés pour participer à ces assises où sont débattus les problèmes qui intéressent le bien-être de tous leurs concitoyens. Les parties prenantes au Dialogue Social ont passé deux mois à négocier mais ils n’ont pu éviter le non respect de l’accord. Ils ont été flattés par les propos mensongers du chef du gouvernement, Edem Kodjo :

 « Le gouvernement, pour ce qui le concerne, vu l’importance que le Chef de l’Etat accorde au dialogue social, veut prendre ici aussi, un engagement, en respecter les termes, et se donner autant que possible, les moyens nécessaires pour le réaliser. Notre choix c’est l’ambition d’un monde un peu plus juste et solidaire. Nous avons pour y arriver, besoin de la confiance qui peut et qui doit exister entre partenaires, de la disponibilité, du courage, de la compréhension ».

Après un préavis de grève, les centrales reviennent sur leur décision parce que le Chef de l’Etat leur a promis une augmente de salaire de 5% et le paiement d’un mois d’arriérés de salaire et de pension en décembre 2006. Il nous semble que les syndicats n’ont pas su saisir l’occasion pour résoudre définitivement le problème des arriérés de salaires et de pensions. Il aurait fallu amener le gouvernement à établir un échéancier clair et précis pour apurer ces arriérés qui n’ont que trop duré. Pendant deux mois les parties prenantes au Dialogue Social se sont contentées des belles paroles du chef de gouvernement  et sans mettre les garanties de leur côté, elles se sont réjouies de la signature du protocole d’accord dont la mise en œuvre engendre déjà déception .Que va-t-il se passer après le paiement du prochain arriéré promis pour décembre 2006 ? Va-t-on continuer à menacer de grève pour obtenir la mise en œuvre des autres aspects du protocole d’accord ?

            La politique togolaise « au nom du père et du fils présidents » est une continuité. La stratégie consiste à endormir le peuple avec des solutions de rafistolage et des actes fallacieux.

            Le paiement des salaires aux agents de l’Etat est une  obligation que le gouvernement doit honorer. Le salaire est un droit reconnu au travailleur au même titre que les autres droits humains. La Constitution togolaise de 1992 l’a bien stipulé en son article 37.

            Nous ne devons pas nous laisser berner par les comportements de charme du gouvernement fondés sur de la cruauté déguisée en acte de philanthropie. Autrefois, le « Timonier National » avait fini par transformer le paiement des salaires, des pensions de retraite ainsi que tous les autres droits en faveurs que lui seul pouvait accorder au peuple.

Si on nous dit aujourd’hui que le fils, héritier du trône de son père, a instruit le conseil de ministres de payer un mois d’arriérés de salaire et de pension, c’est bien. Pourquoi a-t-il attendu le préavis de grève pour réagir s’il s’est vraiment engagé à respecter les termes de l’accord issu du dialogue social ? Son chef de gouvernement ne l’a-t-il pas averti des engagements pris lors du dialogue ? Veut-il nous obliger désormais à considérer ses actes politiques comme des faveurs au peuple togolais ? Qu’on cesse de nous voiler la face par des actes anodins au Togo. Nous considérons qu’il assume le passif des actes de son père en tant qu’héritier. D’ailleurs, l’existence des arriérés traduit la méchanceté du régime pour plusieurs raisons, dont deux  nous paraissent essentielles.

            D’abord sur un plan purement économique, il y a ce qu’on appelle « la valeur actuelle de l’argent ». Les salaires impayés qui sont aujourd’hui devenus des arriérés  que le gouvernement s’engage à payer après 7 ans ne vont plus avoir la même valeur que ce qu’ils valaient au moment où le gouvernement avait refusé de  les payer pour se venger des citoyens.

            Ensuite, il est clair que le régime trouve plaisir à punir les agents de l’Etat car au moment où il les obligent à accumuler des arriérés de salaires, de pension et de tous les avantages qui s’y rattachent tels que les avancements, les promotions et révisions des situations administratives, il offre une vie parasidiaque aux barons du Rassemblement du Peuple Togolais. Agbéyomé Kodjo a reconnu le caractère inhumain du système qu’il a défendu toute sa vie en ces termes : 

            «  En dépit des difficultés économiques que traverse notre pays depuis une dizaine d’années , de l’isolement financier et quasi diplomatique de notre pays , le régime ne continue pas moins de mener une politique dispendieuse au mépris des souffrances et de la misère de nos compatriotes. »

            On nous dira que le fils n’est pas le père et cela est vrai en partie car ils constituent deux personnes physiques. Et pourtant, qu’est-ce qui a fondamentalement changé aujourd’hui au Togo ? La paupérisation s’enracine et s’accentue avec plus d’acuité. On serait même tenté de dire que le régime en place fait la promotion de la pauvreté dans la grande masse.

            Tous les acteurs de la vie politique roulent dans de grosses voitures de luxe qui se déplacent en convois et coûtent de la fortune au trésor togolais au moment où les autres citoyens arrivent difficilement à joindre les deux bouts. On doit négocier le paiement des arriérés et organiser des états généraux pour savoir s’il faut payer des indemnités de départ à la retraite aux honnêtes citoyens qui ont œuvré pour le développement du pays. Ce qui est très triste et ne trouve aucune justification raisonnable dans les pays civilisés c’est le cas des retraités. Ils ont cotisé pendant leurs années de carrière et on comprend mal pourquoi ils ne peuvent pas percevoir leur pension de retraite. Pourquoi le régime les prive de leurs droits et les réduit à des nécessiteux et des misérables ?

            Le régime sacrifie le bien-être des citoyens. Les petits gestes ne doivent pas tromper. Si ceux qui profitent impunément des ressources de l’Etat oublient qu’ils font du tort aux autres, les victimes n’ont aucun droit d’oublier qu’elles sont lésées par le système.

            Pourquoi les centrales syndicales ont-elles attendu si longtemps avant de réclamer la réduction des prix des carburants ? Au Niger voisin, la réaction a été immédiate et le peuple a eu raison du pouvoir. Les associations de consommateurs  ont eu à protester contre la cherté de la vie. Au Togo la vie n’est-elle pas encore assez chère ? Les Togolais réagissent trop tardivement.  Cette passivité ou résignation est à l’origine de tous les maux qui assaillent le pays.

            A partir de l’année prochaine les agents de l’Etat vont bénéficier d’une revalorisation de 5% de leur traitement en plus de la réduction des prix des carburants. Cela représente une véritable insulte  et une moquerie grave aux agents de l’Etat qui ont perdu leur espoir d’indemnité de départ à la retraite et qui vivent dans des conditions misérables.

            En effet, les 5% constituent en termes arithmétiques clairs une augmentation de 5 000 F CFA mensuellement sur un salaire de 100 000 F CFA. Combien sont-ils les agents qui gagnent 100 000 F CFA dans la Fonction publique ? Que signifie une réduction de prix de 20F contre une augmentation de plus de 125F sur les prix des carburants ?

            A Lomé les travailleurs sont obligés de passer toute leur journée sur leur lieu de travail parce qu’ils ne peuvent pas se payer les déplacements deux fois par jour en aller-retour. La flambée des prix des carburants a engendré une augmentation des tarifs dans le secteur des transports. Avec une réduction de 20F contre l’augmentation de plus 125F que va-t-il se passer dans le transport de passagers dans nos villes et campagnes ?

            L’Etat joue à la manipulation et au dilatoire à tous les nivaux et dans tous les domaines. Dans les conditions actuelles où les Togolais n’ont plus de pouvoir d’achat, une augmentation de salaire de 5% signifie quoi en réalité ? Devons-nous applaudir ? Le temps où toutes les humeurs du prince suscitaient des soutiens et motions est révolu. Nous devons nous réveiller de notre profond sommeil psychologique. Rien n’a changé au Togo. Les apparences de changement accoucheront certainement de la déception et de la surprise si le peuple continuait à demeurer naïf. Les belles paroles du gouvernement qui vit aux dépens des contribuables togolais ne suffisent pas pour assurer le pain quotidien des citoyens qui croupissent sous le poids de la misère imposée par le régime.

            Camarades, salut ! Rien n’a changé mais ne perdons pas courage. Souvenons-nous des premiers combattants dont l’un des leaders a dit :

            « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue mais le jour vient. »

 

Forts de l’encouragement des hommes du passé, les Togolais doivent continuer la lutte pour instaurer sur la Terre de nos Aïeux, un havre de paix et de bonheur.

            La lutte continue !

Kindheart AVULETE

 

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