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Il
faut toujours se méfier de quelqu’un qu’on ne
connaît pas et qu’on voit pour la première fois dans
la nuit. Pour avoir ignorer cet axiome élémentaire,
une jeune fille a failli y laisser sa vie dans une
mésaventure, la semaine dernière.
Linda, c’est son prénom, est une belle
fille. De nationalité togolaise, elle vit au Tchad
et est de passage à Lomé. Nostalgique de l’ambiance
folle de Lomé, Linda décida d’aller fêter son
anniversaire dans une de ces célèbres boîtes de nuit
de Lomé, en Compagnie d’un « ami » expatrié.
La soirée fut belle pour les deux tourtereaux. Ils
se sont séparés tard dans la nuit. Mais comme Linda
est un peu vorace sur bords, insatisfaite de la
soirée avec son « ami » blanc, elle décida de
la prolonger, cette fois en compagnie de quelques
unes de ses amies dans un bar.
En fait, Linda, la belle Linda est une
de ces filles généreuses, très généreuse, qui aiment
soulager les mâles psychologiquement déséquilibrés.
Linda est une fille de joie et ne le cache pas ; ses
amies non plus. Mais ce soir, elle n’a pas invité
ses « collègues » à Panini pour travailler.
Ceci est hors de question, Linda veut juste
s’amuser.
Les filles s’éclatèrent, s’époumonèrent,
s’esclaffèrent à mourir comme vous pouvez vous
l’imaginer. A quelques pas d’eux, un mâle en manque
prenait sa bière. Il fut tout de suite reconnu par
une des filles, car ils se connaissaient. Elles
l’invitèrent à rejoindre le groupe car après tout un
buffle dans le groupe ne peut être qu’excitant. Le
jeune homme, un nigérian Ibo se chargea galamment de
prendre la soirée en main. Quoi de plus sympa et de
plus galant pour plaire à une femme ! Linda après
une hypocrite hésitation accepta finalement. Et la
fête continua de plus belle jusqu’à 4 h du matin. Il
fallait partir. Mais d’abord il faut payer
l’addition. Le jeune homme Ibo déclara qu’il est à
court d’argent : « Linda, peux-tu me prêter
quelques billets pour payer le barman, ainsi on
rentre ensemble chez moi avec la copine et je te
remets ton argent ». La confiance qui venait de
s’établir entre les filles et le nigérian pendant la
soirée a poussé Linda à accepter sans se soucier une
seule seconde qu’elle venait d’être piégée.
Linda et la copine du Nigérian arrivent
dans la maison du jeune Ibo, située à Tokoin
solidarité non loin du CEG Tokoin-Ouest.
C’est alors que le Nigérian proposa une
partie de baise à 3 à Linda. Sèchement, cette
dernière refusa, se rendant compte à cet instant
précis qu’elle vient d’être terriblement prise dans
la nasse. Comment sortir des griffes de cette brute,
de cette bête sauvage ? Elle a peur.
L’Ibo voyant la détermination de la
jeune fille à ne pas se donner se rue sur cette
dernière. Il lui asséna des gifles, des coups de
poings sous le regard admiratif de l’amie de Linda.
Linda criait, pleurait… Elle implorait le pardon de
ses bourreaux qui entre temps était deux : le
nigérian et un jeune supposé et reconnu militaire
par des voisins. Bon Dieu, qu’a fait Linda ce matin
pour mériter cela ?
Les locataires de la maison ainsi que le
propriétaire furent réveillés par les plaintes de la
jeune fille. Mais aucun d’eux n’a osé apporter
secours. Ils avaient peur, peur du nigérian, de
l’étranger. Ils assistèrent impuissants aux
supplices de Linda. Il sonnait environ 5 h.
Le nigérian et son camarade supposé
militaire traînèrent la fille sur le sol. Elle était
ensanglantée. Avec ses dernières forces, elle
résistait contre ses bourreaux. N’eut été
l’intervention d’un jeune homme du quartier, la
fille aurait pu succomber à la barbarie des deux
bandits. Le jeune samaritain n’a pas hésité à la
prendre sur sa moto et à l’amener chez un de ses
oncles puis dans une clinique. C’est après qu’ils se
dirigèrent au commissariat de Police.
Les forces de l’ordre ont été vite
dépêchées sur les lieux du délit. Arrivé au
poste de police, il a été signalé au nigérian la
perte d’une somme de 50.000 FCFA et un portable tous
appartenant à la jeune femme, qu’il doit restituer
ainsi que des dépenses pour le soin de la jeune
Linda. Selon nos informations, le supposé militaire
complice est jusqu’à ce jour libre et le Nigérian
fut relâché le même jour.
Nous laissons à tous la latitude de
dégager la morale de cette affaire. Mais trois
choses écœurent dans cette histoire.
D’abord, l’impuissance de colocataires
et du propriétaire à porter assistance à la victime.
Ensuite il est malheureux de constater que le
nigérian en question est libéré le même jour sans
qu’on
ait
porté plainte pour coup et blessure volontaire.
Enfin, comment comprendre l’attitude de
ce supposé militaire dont la mission est de défendre
l’intégrité du territoire et par ricochet la vie
d’un compatriote ? Le Togo n’est-il pas en voix
d’être un état de droit. Que justice soit faite à
l’endroit de la fille.
Serge GNAMAKOU |