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Le Républicain

8 Nov 2006

[ 54:  7 Nov 2006]
Frappée et humiliée par un ‘’ibo’’

Il faut toujours se méfier de quelqu’un qu’on ne connaît pas et qu’on voit pour la première fois dans la nuit. Pour avoir ignorer cet axiome élémentaire, une jeune fille a failli y laisser sa vie dans une mésaventure, la semaine dernière.

            Linda, c’est son prénom, est une belle fille. De nationalité togolaise, elle vit au Tchad et est de passage à Lomé. Nostalgique de l’ambiance folle de Lomé, Linda décida d’aller fêter son anniversaire dans une de ces célèbres boîtes de nuit de Lomé, en Compagnie d’un « ami » expatrié. La soirée fut belle pour les deux tourtereaux. Ils se sont séparés tard dans la nuit. Mais comme Linda est un peu vorace sur bords, insatisfaite de la soirée avec son « ami » blanc, elle décida de la prolonger, cette fois en compagnie de quelques unes de ses amies dans un bar.

            En fait, Linda, la belle Linda est une de ces filles généreuses, très généreuse, qui aiment soulager les mâles psychologiquement déséquilibrés. Linda est une fille de joie et ne le cache pas ; ses amies non plus. Mais ce soir, elle n’a pas invité ses « collègues » à Panini pour travailler. Ceci est hors de question, Linda veut juste s’amuser.

            Les filles s’éclatèrent, s’époumonèrent, s’esclaffèrent à mourir comme vous pouvez vous l’imaginer. A quelques pas d’eux, un mâle en manque prenait sa bière. Il fut tout de suite reconnu par une des filles, car ils se connaissaient. Elles l’invitèrent à rejoindre le groupe car après tout un buffle dans le groupe ne peut être qu’excitant. Le jeune homme, un nigérian Ibo se chargea galamment de prendre la soirée en main. Quoi de plus sympa et de plus galant pour plaire à une femme ! Linda après une hypocrite hésitation accepta finalement. Et la fête continua de plus belle jusqu’à 4 h du matin. Il fallait partir. Mais d’abord il faut payer l’addition. Le jeune homme Ibo déclara qu’il est à court d’argent : « Linda, peux-tu me prêter quelques billets pour payer le barman, ainsi on rentre ensemble chez moi avec la copine et je te remets ton argent ». La confiance qui venait de s’établir entre les filles et le nigérian pendant la soirée a poussé Linda à accepter sans se soucier une seule seconde qu’elle venait d’être piégée.

            Linda et la copine du Nigérian arrivent dans la maison du jeune Ibo, située à Tokoin solidarité non loin du CEG Tokoin-Ouest.

            C’est alors que le Nigérian proposa une partie de baise à 3 à Linda. Sèchement, cette dernière refusa, se rendant compte à cet instant précis qu’elle vient d’être terriblement prise dans la nasse. Comment sortir des griffes de cette brute, de cette bête sauvage ? Elle a peur.

            L’Ibo voyant la détermination de la jeune fille à ne pas se donner se rue sur cette dernière. Il lui asséna des gifles, des coups de poings sous le regard admiratif de l’amie de Linda. Linda criait, pleurait… Elle implorait le pardon de ses bourreaux qui entre temps était deux : le nigérian et un jeune supposé et reconnu militaire par des voisins. Bon Dieu, qu’a fait Linda ce matin pour mériter cela ?

            Les locataires de la maison ainsi que le propriétaire furent réveillés par les plaintes de la jeune fille. Mais aucun d’eux n’a osé apporter secours. Ils avaient peur, peur du nigérian, de l’étranger. Ils assistèrent impuissants aux supplices de Linda. Il sonnait environ 5 h.

            Le nigérian et son camarade supposé militaire traînèrent la fille sur le sol. Elle était ensanglantée. Avec ses dernières forces, elle résistait contre ses bourreaux. N’eut été l’intervention d’un jeune homme du quartier, la fille aurait pu succomber à la barbarie des deux bandits. Le jeune samaritain n’a pas hésité à la prendre sur sa moto et à l’amener chez un de ses oncles puis dans une clinique. C’est après qu’ils se dirigèrent au commissariat de Police.

            Les forces de l’ordre ont été vite dépêchées sur les lieux du délit.         Arrivé au poste de police, il a été signalé au nigérian la perte d’une somme de 50.000 FCFA et un portable tous appartenant à la jeune femme, qu’il doit restituer ainsi que des dépenses pour le soin de la jeune Linda. Selon nos informations, le supposé militaire complice est jusqu’à ce jour libre et le Nigérian fut relâché le même jour.

            Nous laissons à tous la latitude de dégager la morale de cette affaire. Mais trois choses écœurent dans cette histoire.

            D’abord, l’impuissance de colocataires et du propriétaire à porter assistance à la victime.

Ensuite il est malheureux de constater que le nigérian en question est libéré le même jour sans qu’on ait porté plainte pour coup et blessure volontaire.

            Enfin, comment comprendre l’attitude de ce supposé militaire dont la mission est de défendre l’intégrité du territoire et par ricochet la vie d’un compatriote ? Le Togo n’est-il pas en voix d’être un état de droit. Que justice soit faite à l’endroit de la fille.

Serge GNAMAKOU

 

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