AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Le Républicain

8 Nov 2006

[ 54:  7 Nov 2006]
Gouvernements éphémères, le Togo à Reculons * Comment le régime despotique résiste aux efforts d’alternance : Les gouvernements de complaisance affectent et retardent le pays

Depuis le déclenchement de la lutte pour l’instauration de la démocratie au Togo, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la vie politique togolaise. L’ordre ancien a adopté une apparence démocratique. Ainsi les forces de changement ont imposé à Eyadema le partage du pouvoir avec un premier ministre, chef du gouvernement. Cette idée est enfin consacrée dans notre loi fondamentale. Par conséquent, la Constitution togolaise dispose donc en son article 78 : « Avant son entrée en fonction, le Premier Ministre présente devant l’Assemblée Nationale le programme d’action de son gouvernement. L’Assemblée Nationale lui accorde sa confiance par un vote à la majorité absolue de ses membres. »

Depuis la fin de la Conférence Nationale Souveraine, huit Premiers ministres se sont pliés onze fois à cet exercice par lequel onze gouvernements successifs ont tenté de résoudre la crise qui secoue le pays depuis le 5 octobre 1990, onze gouvernements en moins de seize ans. Qu’est-ce que ces divers gouvernements ont contribué au développement du pays ? Quel impact le caractère éphémère de ces gouvernements produit sur le pays ? La succession des Premiers ministres est-elle un symbole d’alternance démocratique ?

Les constants changements de gouvernement qui se produisent au Togo traduisent une instabilité politique. Les gouvernements ont une durée de vie de moins de 15 mois et les Premiers ministres qui excellent en beaux discours n’ont jamais réussi à mettre leur programme d’action en œuvre. Dans les circonstances normales et conformément aux dispositions de la Constitution il aurait fallu cinquante cinq ans pour que le pays ait onze gouvernements.

Le régime despotique qui s’est installé au Togo depuis des décennies continue de résister aux efforts d’alternance que déploient les forces de changement. La résistance que le régime oppose au changement entraîne des approches de solution qui nécessitent de fréquentes formations de gouvernement pour désamorcer les tensions.

L’instabilité politique a pour corollaire l’inertie dans le domaine du développement socioéconomique. Lorsque de nouveaux ministres prennent fonction, ils se préoccupent avant tout d’eux-mêmes : ils cherchent à satisfaire leurs propres ambitions étant surtout convaincus que leur mandat est de courte durée. Certains ne parviennent même pas à organiser des réunions avec le personnel de tous les départements qui relèvent de leur tutelle avant la prochaine passation de service. Les plus habiles nomment rapidement leurs amis et parents à des postes de responsabilité juteux avant de s’en aller. Les vrais problèmes du pays ne relèvent guère de la liste de leurs priorités. Dans ces conditions il se développe un esprit de laissez-aller dans les départements ministériels. Les services sont devenus des lieux de tourisme pour certains et des entreprises privées pour d’autres.  Plus grave, certains sont devenus des professionnels dans le détournement des biens publics car il n’existe aucun contrôle de l’utilisation des fonds et matériels mis à la disposition des responsables de service. Au sein de la grande majorité il se développe une culture d’absentéisme chronique et de lassitude morbide.  Ces comportements coupables finissent par miner les efforts de développement à tous les niveaux.

Le développement doit être compris comme un processus multidimensionnel qui peut entraîner des changements fondamentaux dans les structures sociales, et dans les attitudes populaires, et surtout dans les institutions nationales en vue d’accélérer la croissance économique, réduire les inégalités et tenter d’éradiquer la pauvreté absolue dans le pays.

Si on analyse à fond, à la lumière de cette définition, tout ce qui se fait   depuis le déclenchement du processus démocratique, on se rend compte que le pays tourne en rond dans un éternel recommencement au détriment des efforts de développement. L’instabilité politique est très néfaste pour le développement. Elle occasionne la fuite des capitaux et décourage les investisseurs. Cette préoccupation a poussé Adoboli à déclarer devant les représentants du peuple ce qui suit :

 « L’économie et la politique sont un binôme inséparable. L’une est pour l’autre ce qu’est la tête pour le corps. Il est inutile de rappeler ici l’effet désagréable pour le corps lorsqu’on a les maux de tête ou vice versa. L’ennemi n°1 de la croissance économique est constitué par l’instabilité politique et la peur de l’avenir ».

Il est donc clair que la politique est le socle principal sur lequel repose tous les autres aspects de la vie d’une société. La grande paupérisation que connaît le Togo est l’une des conséquences de la mauvaise gouvernance des ressources du pays. Cette mauvaise gouvernance est encouragée par la politique chaotique que mène le régime instauré par le Rassemblement du Peuple Togolais depuis des décennies. La politique du régime entrave la mise en œuvre des programmes des divers gouvernements éphémères comme en témoigne le cri d’un premier ministre pur produit du parti unique, Gabriel Agbéyomé Kodjo :

« Il faut que notre façon de gouverner change, car le monde de 1963 ou 1967 n’est plus celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il nous faut réinventer de nouvelles méthodes de gestion de la cité qui libèrent les énergies, qui récompensent les efforts et accordent une place au mérite.  Il suffit de regarder autour de nous. A mon humble avis, les bases de cette politique demeure la primauté du droit sur la volonté du prince, la justice sur l’arbitraire, l’égalité des chances, le respect des droits de l’homme et de la vie humaine et la construction d’une démocratie saine. »

De ce qui précède, il apparaît clairement que tous les gouvernements posent toujours de bons diagnostics pour les maux qui minent notre pays. Ce qui leur manque généralement c’est la latitude de pouvoir appliquer les mesures qu’ils préconisent dans leurs discours programmes. Le régime est resté sourd au cri de changement du peuple. C’est pourquoi le premier ministre Kwassi Klutsè s’est écrié devant les députés en ces termes :

 « Allons-nous réussir en cette fin de siècle à objectiver notre envie certaine de vivre ensemble, notre aspiration à la fraternité et à la solidarité autrement que sous la forme de contradictions ethniques, de querelles politiques et d’un Etat au fonctionnement archaïque ? Pouvons-nous trouver un autre miroir à notre sens de communauté et à nos idéaux ?  Pouvons-nous recentrer le rôle de l’Etat sans renoncer à l’impératif d’assurer l’égalité des chances des citoyens et la sécurité de chacun ? »

La crise que traverse le Togo est une crise essentielle car elle affecte la racine pivotante de notre arbre social. La politique, cette façon de conquérir et d’exercer l’autorité dans la gestion des affaires de la cité nous concerne et nous affecte tous. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas rester indifférents.

Les gouvernements de complaisance qui se forment chaque fois que la dictature triche et impose sa volonté au peuple pour conserver le pouvoir affecte la société et retarde les efforts de développement. Les multiples et éphémères gouvernements qui se succèdent depuis que les Togolais ont enclenché la lutte pour l’instauration de la démocratie, ne constituent pas la véritable solution à la crise que traverse le pays. Ils servent juste à légitimer les coups de force du régime en place. Les questions de développement sont mis en veilleuse. Les gouvernements constituent des ornements car ils ne disposent d’aucun moyen pour agir sur les affaires du pays. Cette incapacité d’agir créée et entretenue par le régime a fini par révolter plus d’un notamment Agbéyomé Kodjo, un fidèle adepte du culte du RPT qui s’est indigné en ces termes : 

 « …D’autres dysfonctionnements non moins pernicieux affectent l’efficacité de l’action publique notamment la forte allégeance requise des membres du gouvernement tout comme des directeurs des sociétés d’Etat envers la personne du Président de la République , ce qui les oblige à ne rendre compte de leurs actes qu’au chef de l’Etat, faisant ainsi de la fonction du Premier Ministre un ersatz administratif au mépris des dispositions de la loi fondamentale de notre pays notamment dans ses articles 76 et 78.

Ces articles donnent au Premier Ministre le pouvoir de déterminer et conduire la politique de la nation, de diriger l’action du gouvernement et coordonner les fonctions de ses membres.

Or le Président de la République agit comme si nous étions dans un régime d’exception, assurant le contrôle des trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire »

Le régime qui régente le pays depuis des décennies est une autocratie, un   véritable ennemi du progrès ; or le développement est étroitement lié au progrès. Les premiers ministres ne jouent que le rôle d’enjoliveur politique. Pour aller de l’avant, les Togolais doivent cesser de tourner en rond en se voilant la face que tout va bien sous nos cieux. Le caractère éphémère des gouvernements constitue une sérieuse entrave aux efforts de développement. Nous devons nous joindre à Kwassi Klutsè pour reprendre la question qu’il s’est posée devant les députés lors de la présentation de second discours- programme en moins de deux ans au poste de premier ministre :

 « Quelle idée avons-nous de notre nation, de sa place dans le monde et de son avenir ? »

La réponse à cette question réside dans une prise de conscience effective et dans une volonté politique affirmée de résoudre définitivement la crise que traverse le pays. Pour ce faire tous les Togolais se doivent d’adhérer à la vision de Eugène Koffi Adoboli, vision qu’il a exprimée ainsi lors de l’ouverture du dialogue inter togolais de 1999 :

 « Le dialogue inter togolais qui s’ouvre à l’instant même s’inscrit dans la recherche des solutions à la situation de crise que connaît notre pays depuis bientôt neuf ans et qui a entraîné dans son sillage des difficultés de tous ordres, politique, économique et social. La rencontre de ce jour doit nous permettre de nous retrouver, de nous concerter, de nous pénétrer, de réfléchir ensemble sur l’avenir de notre pays et de proposer des solutions communes à la situation de crise que nous vivons étant donné que toute politique vise le bien-être de la population. Nous pensons que ce qui nous unit dépasse de loin ce qui nous oppose. »

En effet, le Togo est notre patrimoine commun. Il ne cesse de se désagréger depuis que nous nous sommes engagés dans un processus bloqué qui s’est inscrit dans la logique de Sisyphe. Le régime continue de faire plus de tort au pays en multipliant les gouvernements éphémères. Tout le monde semble admettre que le pays n’avance pas. C’est en réalité ce qu’a voulu souligner Kwassi Klutsè en ces termes :

« Enfin, et je le dis avec beaucoup d’amertume, parce que les réformes politiques entreprises et qui devraient être poursuivies en vue de bâtir définitivement le socle de l’Etat de droit, se heurtent encore à  des égoïsmes  non exprimés, à des mentalités parfois sectaires et à des difficultés de communication. »

Sur tous les plans le pays régresse. Nos routes n’existent que de nom ; elles sont devenues de véritables tombeaux ouverts et des traquenards aux usagers. L’éducation qui est le principal socle de développement est négligée. On y constate un manque d’infrastructures et de personnel. Au niveau universitaire c’est un véritable drame : les amphithéâtres sont devenus trop exigus pour une population estudiantine sans cesse croissante. Les étudiants sont obligés de se rendre sur le campus entre 3 et 4 heures pour avoir une place assise au cours. Dans le domaine de la santé, une autre composante très importante du développement, les infrastructures sont devenues très vétustes ; les formations sanitaires manquent de personnel, de produits pour les premiers soins aux pauvres citoyens ; les centres de santé sont devenus de véritables « mouroirs ». Malgré tout cela le régime se moque des populations qui croupissent sous le poids de la misère. Agbéyomé Kodjo s’en est indigné :

«  En dépit des difficultés économiques que traverse notre pays depuis une dizaine d’années , de l’isolement financier et quasi diplomatique de notre pays , le régime ne continue pas moins de mener une politique dispendieuse au mépris des souffrances et de la misère de nos compatriotes. »

Pour libérer le peuple, le régime doit cesser les rafistolages éternels qu’il organise pour endormir la population. Il faut résoudre la crise par une prise de conscience comme l’a souligné Adoboli :

 « Notre pays est confronté à plusieurs défis notamment politique, socio-économique et diplomatique. Ces défis sont de taille et nous invitent donc tous à une véritable prise de conscience, à une ferme volonté et à un amour profond pour notre patrie. »

L’avenir et le développement du Togo dépendent d’une sincère prise de conscience et d’une forte dose de patriotisme. Le régime doit cesser de pérenniser la doctrine des gouvernements éphémères de rafistolage. Le régime à l’impérieux devoir de ne plus tuer les citoyens pour conserver le pouvoir mais de s’inscrire dans la logique d’Agboyibo qui a déclaré dans sons allocution devant l’Assemblée Nationale :

 «… L’essentiel est qu’elles gardent à l’esprit le nécessaire séparation des rôles. Le politique, qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition, a la mission de rechercher des solutions aux problèmes du pays. »

 La vraie recherche de solution passe par des gouvernements stables et constitutionnellement établis, capables et résolus à refaire de la Terre de nos Aïeux, l’Or de l’Humanité.      

Kindheart AVULETE

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 

L’eau, une denrée vitale : Les actes de vandalisme sur les installations d’eau potable sont punissables

L’eau c’est la vie. Douce, elle est de plus en plus au centre des préoccupations mondiales. Les besoins actuels en consommation sont dix fois plus élevés qu’il y a deux siècles, du fait de la croissance démographique. L’accès en eau potable se fait de plus en plus difficile. Dans plusieurs coins du monde l’accès à l’eau potable est un droit. Fournir de l’eau courante aux populations, c’est leur donner un moyen de mieux vivre.

            La société Togolaise des Eaux, TDE, l’a compris étant donné qu’en dépit des contraintes multiples inhérentes au secteur de l’eau potable, elle produit et distribue cette denrée vitale aux populations mais surtout ambitionne d’améliorer le service qui est aujourd’hui en déça des attentes.

            S’il est vrai que la TDE a du mal à satisfaire les besoins de nos populations, il est cependant indéniable que la bonne volonté de mieux faire existe. Il est à rappeler que dans cette perspective un projet de renforcement de la production financé par la BOAD à concurrence de 5 milliards sera bientôt exécuté. Espérons que de ces efforts découlent des résultats concrets et salvateurs.

            Si la TDE doit se battre pour gagner la guerre de l’eau dans notre pays, elle doit également faire face à certains actes peu citoyens que posent parfois des individus peu scrupuleux et qui mettent en mal le bon service d’eau potable.

            C’est le cas malheureusement de la localité d’Atsavé, village abritant un forage d’où est extraite l’eau qui, après traitement, alimente la ville de Tsévié. Là-bas, les actes de sabotage se traduisant par des casses volontaires sur les conduites d’adduction sont monnaie courante.

            Se confiant à l’envoyé spécial de notre rédaction, les populations d’Atsavé déclarent qu’elles n’apprécient pas de n’être pas desservies par l’eau pompée sous leur sous-sol par la TDE. Ce faisant, elles se servent directement en eau (non traitée) acheminée vers la station de traitement.

Malheureusement en le faisant, les populations perturbent ce service d’eau potable à Tsévié, engendrent la pollution de l’eau et de lourdes dépenses de réparation pour la société. Réclamer l’accès à l’eau potable est une chose normale et même un droit légitime.

Cependant, accéder tout de suite à la demande des habitants de ce village reviendrait à leur fournir de l’eau brute, non traitée, ce qui n’est pas de la vocation de la TDE : à savoir fournir de l’eau potable aux populations. Car en définitive, la TDE a en réalité besoin d’investir beaucoup de sous pour satisfaire cette localité vu son éloignement par rapport à la station de traitement situé non loin de la ville de Tsévie. Les installations du système d’eau potable sont souvent très coûteuses. Le secteur d’eau courant est très vorace en investissement ; c’est un secteur très capitalistique.

Par exemple, pour la seule capitale Lomé, il faut aujourd’hui 30 milliards pour ramener la situation actuelle à la normale. Et pour les derniers travaux de renforcement du système en eau potable à Dapaong réalisé en 2001, il a fallu 12 milliards de francs CFA. Tout ceci sans compter que l’eau potable est vendue en dessous de son prix de revient. Cela dit, la TDE doit cependant poursuivre de son côté des réflexions afin de trouver une solution aux problèmes d’eau qui minent la localité d’Atsavé pour préserver ses installations.

En clair, dans l’accomplissement de sa mission la TDE doit se battre sur plusieurs fronts. En effet, si ce ne sont pas les fraudes, c’est des actes de sabotage comme ceux enregistrés à Atsavé et bien d’autres problèmes encore que rencontrent la TDE dans ses activités.

C’est ici l’occasion d’appeler les habitants de ladite localité et d’un manière générale tous les citoyens au civisme. Les actes de vandalisme et de sabotage sur les installations de la Société Togolaise des Eaux sont des actes délictueux, graves et punis par la loi. Ces pratiques répréhensibles n’auront d’autres conséquences que d’empiéter sur les prestations et diminuer ainsi la qualité de l’eau.

            Le service d’eau potable assuré par la TDE dans notre pays est certes loin d’être satisfaisant : baisse de pression par ici, manque d’eau par là, voire même l’inexistence de réseau d’eau potable dans plusieurs quartiers, surtout les nouveaux, comme c’est le cas à Lomé.

            Cependant, ce qui existe déjà doit être préservé. Le respect de la chose publique doit être de mise. Privilégions le dialogue, que les bénéficiaires des prestations de la TDE posent clairement leurs problèmes et optent pour la négociation.

            L’eau est indispensable à la vie. Personne ne peut le nier. Par nature, elle est un bien commun à tous. Elle est poétiquement appelée « l’or bleu ». Aussi, faisons-en bon usage et aidons la TDE à mieux nous servir.

La Rédaction

 
 

Frappée et humiliée par un ‘’ibo’’

 Il faut toujours se méfier de quelqu’un qu’on ne connaît pas et qu’on voit pour la première fois dans la nuit. Pour avoir ignorer cet axiome élémentaire, une jeune fille a failli y laisser sa vie dans une mésaventure, la semaine dernière.

            Linda, c’est son prénom, est une belle fille. De nationalité togolaise, elle vit au Tchad et est de passage à Lomé. Nostalgique de l’ambiance folle de Lomé, Linda décida d’aller fêter son anniversaire dans une de ces célèbres boîtes de nuit de Lomé, en Compagnie d’un « ami » expatrié. La soirée fut belle pour les deux tourtereaux. Ils se sont séparés tard dans la nuit. Mais comme Linda est un peu vorace sur bords, insatisfaite de la soirée avec son « ami » blanc, elle décida de la prolonger, cette fois en compagnie de quelques unes de ses amies dans un bar.

            En fait, Linda, la belle Linda est une de ces filles généreuses, très généreuse, qui aiment soulager les mâles psychologiquement déséquilibrés. Linda est une fille de joie et ne le cache pas ; ses amies non plus. Mais ce soir, elle n’a pas invité ses « collègues » à Panini pour travailler. Ceci est hors de question, Linda veut juste s’amuser.

            Les filles s’éclatèrent, s’époumonèrent, s’esclaffèrent à mourir comme vous pouvez vous l’imaginer. A quelques pas d’eux, un mâle en manque prenait sa bière. Il fut tout de suite reconnu par une des filles, car ils se connaissaient. Elles l’invitèrent à rejoindre le groupe car après tout un buffle dans le groupe ne peut être qu’excitant. Le jeune homme, un nigérian Ibo se chargea galamment de prendre la soirée en main. Quoi de plus sympa et de plus galant pour plaire à une femme ! Linda après une hypocrite hésitation accepta finalement. Et la fête continua de plus belle jusqu’à 4 h du matin. Il fallait partir. Mais d’abord il faut payer l’addition. Le jeune homme Ibo déclara qu’il est à court d’argent : « Linda, peux-tu me prêter quelques billets pour payer le barman, ainsi on rentre ensemble chez moi avec la copine et je te remets ton argent ». La confiance qui venait de s’établir entre les filles et le nigérian pendant la soirée a poussé Linda à accepter sans se soucier une seule seconde qu’elle venait d’être piégée.

            Linda et la copine du Nigérian arrivent dans la maison du jeune Ibo, située à Tokoin solidarité non loin du CEG Tokoin-Ouest.

            C’est alors que le Nigérian proposa une partie de baise à 3 à Linda. Sèchement, cette dernière refusa, se rendant compte à cet instant précis qu’elle vient d’être terriblement prise dans la nasse. Comment sortir des griffes de cette brute, de cette bête sauvage ? Elle a peur.

            L’Ibo voyant la détermination de la jeune fille à ne pas se donner se rue sur cette dernière. Il lui asséna des gifles, des coups de poings sous le regard admiratif de l’amie de Linda. Linda criait, pleurait… Elle implorait le pardon de ses bourreaux qui entre temps était deux : le nigérian et un jeune supposé et reconnu militaire par des voisins. Bon Dieu, qu’a fait Linda ce matin pour mériter cela ?

            Les locataires de la maison ainsi que le propriétaire furent réveillés par les plaintes de la jeune fille. Mais aucun d’eux n’a osé apporter secours. Ils avaient peur, peur du nigérian, de l’étranger. Ils assistèrent impuissants aux supplices de Linda. Il sonnait environ 5 h.

            Le nigérian et son camarade supposé militaire traînèrent la fille sur le sol. Elle était ensanglantée. Avec ses dernières forces, elle résistait contre ses bourreaux. N’eut été l’intervention d’un jeune homme du quartier, la fille aurait pu succomber à la barbarie des deux bandits. Le jeune samaritain n’a pas hésité à la prendre sur sa moto et à l’amener chez un de ses oncles puis dans une clinique. C’est après qu’ils se dirigèrent au commissariat de Police.

            Les forces de l’ordre ont été vite dépêchées sur les lieux du délit.         Arrivé au poste de police, il a été signalé au nigérian la perte d’une somme de 50.000 FCFA et un portable tous appartenant à la jeune femme, qu’il doit restituer ainsi que des dépenses pour le soin de la jeune Linda. Selon nos informations, le supposé militaire complice est jusqu’à ce jour libre et le Nigérian fut relâché le même jour.

            Nous laissons à tous la latitude de dégager la morale de cette affaire. Mais trois choses écœurent dans cette histoire.

            D’abord, l’impuissance de colocataires et du propriétaire à porter assistance à la victime.

Ensuite il est malheureux de constater que le nigérian en question est libéré le même jour sans qu’on est porté plainte pour coup et blessure volontaire.

            Enfin, comment comprendre l’attitude de ce supposé militaire dont la mission est de défendre l’intégrité du territoire et par ricochet la vie d’un compatriote ? Le Togo n’est-il pas en voix d’être un état de droit. Que justice soit faite à l’endroit de la fille.

Serge GNAMAKOU

 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved