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Certaines délégations prenant part au
dialogue national ont quitté Lomé ce
lundi matin pour Ouagadougou (Burkina
Faso) pour le début des discussions sous
les auspices du facilitateur des débats,
le président burkinabé Blaise Compaoré.
Les délégations du Comité d’action pour le renouveau
(CAR), du Parti pour la démocratie et le renouveau (PDR)
et du Réseau des femmes Ministres et Parlementaires
(REFAMP-Togo, société civile) ont quitté ce lundi.
La reprise du dialogue national intertogolais à
Ouagadougou au Burkina Faso illustre une fois de
plus la complexité de la crise togolaise. Les
protagonistes n’arrivant pas à s’accorder sur un
minimum de principe ont été amenés à désigner un
médiateur, Blaise Compaoré, qui se chargera de
concilier les points de vue.
Beaucoup de sujets attendent les pou
parleurs notamment la question de l’impunité, la
reforme de l’armée, la réforme institutionnelle, la
sécurité et autres.
Au sujet de l’impunité, il sera aussi
question de mettre en place des structures pour
garantir la sécurité des citoyens pour que la tuerie
organisée d’Avril 2005 ne se reproduise plus au
Togo.
Face à ces multiples préoccupations dont
souffre le Togo, la classe politique doit pouvoir
œuvrer pour que nos concitoyens, qui croupissent à
l’extérieur dans des camps de réfugiés, puissent
regagner la terre de nos aïeux. Faure Gnassingbé,
indépendant de sa machine politique héritée de son
père Feu Gnassingbé Eyadema, doit pouvoir poser des
actes qui appellent à la réconciliation nationale.
Certes, ce n’est qu’une partie de
l’Iceberg, car dans notre cadre politique, le
pouvoir RPT doit être amené à faire des concessions
tout comme l’opposition. Il faut que justice soit
faite et éventuellement décourager les futurs
candidats à la tuerie et au non-respect des normes
constitutionnelles.
Autre question qui divise les
protagonistes de la crise togolaise reste le sujet
concernant le mode de scrutin. Cependant les
observateurs sont unanimes à reconnaître que si les
choses sont faites dans la transparence (respect du
processus électoral, et suffrages exprimés), ni le
scrutin à un tour, ni le scrutin à deux tours ne
poserait de problème. C’est plus une question de
transparence et du respect de vote qu’une question
de choix du mode de scrutin.
Selon des sources proches du parti de
Gilchrist Olympio, l’UFC n’entend pas revenir sur sa
position habituelle à Ouagadougou pour un intérêt
quelconque, si ce n’est celui du peuple togolais.
Déjà, il est contesté la façon dont les rencontres
se font avec le président burkinabé supposé proche
du régime de Faure Gnassingbé.
« Les autres délégations se rendront tour à tour
dans la capitale burkinabé mardi et mercredi, car
toutes les délégations seront reçues séparément »,
a ajouté une source proche du bureau directoire.
Une séance plénière est prévue à la fin de ces
consultations.
La phase interne du dialogue national
s’est achevée avec l’adoption d’un document intitulé
« accord politique de base » par sept des
neuf délégations.
L’Union des forces du changement (UFC) et la
Convention démocratique des peuples africains n’ont
pas paraphé ce document. Ces deux formations ont
estimé que des points d’ombres subsistent.
Le président Burkinabé aura donc pour document de
travail cet accord politique de base, ainsi que les
différentes observations des délégations, notamment
celles de l’UFC et de la CDPA. La proposition d’un
nouveau Premier ministre pour la formation d’un
gouvernement d’Union Nationale va, sans doute,
mettre fin à cet imbroglio politique que connaît le
Togo. Le choix se portera peut-être sur Léopold
Gnininvi de la CDPA supposé proche de Blaise
Compaoré, ou de Me Agboyibo estimé proche de Omar
Bongo du Gabon, ou encore d’un membre de l’UFC ou
carrément, qui sait, d’un acteur jusque là dans
l’ombre. L’avenir nous situera.
Ben KitEgi |