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La
deuxième journée des travaux du dialogue national
intertogolais qui a débuté vendredi
21
avril 2006,
a été consacrée à l’élection du Président du Bureau dont
le rôle sera d’encadrer et d’organiser les débats. De
prime abord, ce rôle est simplement administratif, mais
peut se révéler stratégique. Ainsi, dans la soirée du
samedi 22 avril, maître Yawovi Agboyibo, patron du CAR
(Comité d’Action pour le Renouveau) a été élu Président
du Bureau chargé de piloter le dialogue national. La
désignation du Président s’est donc faite par vote,
alors que celle du vice-président et du rapporteur a été
obtenue par consensus. Ceci marque donc le début des
manœuvres dans ce dialogue.
En
effet, au cours de la réunion à huis clos du vendredi
après-midi, ce sont des questions d’organisation et
celles relatives à la mise en place d’un bureau devant
conduire les discussions qui ont occupé les débats. Les
participants ont convenu que ce bureau sera composé de
trois personnes. Il a été aussi proposé que les partis
politiques désignent le président, que la
vice-présidence soit assurée par un représentant de la
société civile et que le poste de rapporteur revienne au
gouvernement.
Sans
accroc, Gilbert Bawara fut désigné Rapporteur des
travaux du dialogue national. Gilbert Bawara est
ministre de la coopération et de l’intégration
africaine. Cet ami d’enfance de Faure Gnassingbé fait
partie du premier cercle du pouvoir présidentiel et
passe auprès des véritables connaisseurs du régime
togolais comme un « faucon ».
Outre
Bawara, Kissem Tchangaï-Walla a été choisie comme
vice-présidente du Bureau. Cette femme est un pur
produit du système Eyadema. Sans exagérer, elle est une
créature politique du défunt président. Kissem
Tchangaï-Walla a été dans un passé récent Présidente de
la CENI qui a organisé le dernier hold-up électoral.
Elle dirige une association dénommée Réseau des Femmes
Africaines Ministres et Parlementaires Togo
(REFAMP/TOGO). Cette ancienne ministre de Gnassingbé
Eyadema (1995-1998) est membre du comité central du RPT(
parti au pouvoir).
Après
avoir doté ces postes par consensus, une première
difficulté est apparue dans le choix du Président du
Bureau. L’UFC et le CAR se sont portés candidat à ce
poste. Alors que la règle qui doit prévaloir pour une
bonne marche des travaux est le consensus, le choix du
Président du Bureau a été mis au vote contre l’avis de
la CDPA et de l’UFC. Car, cette procédure donne d’emblée
la majorité à la mouvance présidentielle et rend le
régime en place totalement maître du jeu.
Sept
délégations sur les neuf présentes ont pris part samedi
au vote pour l’élection du Président du bureau du
dialogue et ont tous voté pour Yawovi Agboyibo du CAR.
Il s’agit de la délégation du RPT, du Gouvernement, de
la CPP, du PDR, du REFAMPT, du GF2D (Groupe de Réflexion
et d’Action, Femme Démocratie et Développement), dirigé
par Mme Célestine Akouavi AIDAM- épouse de Georges AIDAM,
membre du Bureau national du CAR) et du CAR. La
délégation de l’UFC et celle de la CDPA n’ont pas pris
part au vote en exprimant leur refus de cette procédure.
Toutefois, à leur sortie, elles se sont abstenues de
faire des commentaires sur les circonstances de cette
élection et leurs conséquences sur la suite des travaux.
Au
sortir des travaux, Yawovi Agboyibo a déclaré à la
presse que « Le dialogue national vient de se doter
d’un bureau composé de trois membres dont je suis le
président élu, (...) Le bureau va très rapidement se
retrouver et nous indiquerons l’esprit dans lequel nous
entendons entamer l’accomplissement de cette
responsabilité ».
La
manière dont le président du Bureau a été choisi augure
donc de la suite des travaux et des résultats qui iront
toujours dans le sens choisi et décidé par la mouvance
présidentielle. Or, dans le contexte de crise grave
accentuée par un manque de confiance entre les acteurs
politiques, seul le consensus doit être la règle.
Autrement, les dés sont pipés d’avance.
Du reste, l’Engagement 1-3 pris par le
gouvernement togolais l’oblige à trouver un consensus
avec ses opposants (« Engagement N° 1.3 : Engagement
de procéder, en partant de l’Accord Cadre de Lomé, à une
révision du cadre électoral, garantissant un processus
électoral transparent et démocratique, et acceptable
pour toutes les parties, dans un délai de 6 mois.
»). La journée du lundi 24 avril sera consacrée à
l’adoption d’un règlement intérieur et d’un ordre du
jour. Elle marquera le deuxième test de l’état d’esprit
des acteurs politiques et de la volonté de la mouvance
présidentielle d’agir consensuellement.
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