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Trois expériences coloniales, allemande de
1884 à 1994, anglaise de 1914 à 1920 sur une partie du
Togo allemand, puis française de
1914-1920 à 1960, un statut international de territoire
sous mandant de la SDN (de 1920 à 1945), puis sous
tutelle de l’ONU (de 1954 à 1960), la revendication de
la création d’un territoire éwé, les formes
particulières de la lutte pour l’Indépendance
(impossibilité de la création d’une section Togo du RDA,
envoi de pétitions et de pétitionnaires à l’ONU, envoi
de missions de l’ONU dans le territoire…) ont fait du
Togo un cas singulier de décolonisation en Afrique noire
française. Mais à l’intérieur, les dégâts causés par
cette lutte sont considérables.
L’état togolais d’aujourd’hui s’est formé
au fil des décennies depuis 1884. Indépendant le
27 avril 1960, après un long et périlleux périple fait
de protectorat, de mandat puis de tutelle, il allait
connaître le 13 janvier 1963 le premier coup d’état
sanglant en Afrique Indépendant. Puis, c’est l’adoption
par référendum de la constitution de la 2ème
république le 05 mai 1963. Nicolas Grunitzky et Antoine
Idrissou Meatchi deviennent respectivement président et
vice-président de la république. Après un bref passage
de Kléber Dadjo, du 13 janvier au 14 avril 1967, aux
commandes de l’Etat, il est remplacé par Gnassingbé
Eyadema.
Dès le
05 octobre 1990,
le Togo se trouve confronté a des difficultés dues aux
aspirations profondes du peuple togolais d’en découdre
avec le pouvoir dictatorial du RPT et de son président
fondateur Gnassingbé Eyadema.
S’en est suivie l’émergence d’associations
démocratiques pour le renouveau.
La Commission Nationale des Droits de l’Homme CNDH vit
le jour en 1987 sous la présidence de Me Apollinaire
Yawovi Agboyibo. La Ligue Togolaise des Droits de
l’Homme, LTDH fut créée le 20 juillet 1990 avec pour
président Me Joseph Kokou Koffigoh. D’autres
associations et mouvements verront également le jour :
l’Association Togolaise contre la torture par Me Dégli,
l’Association pour la promotion de l’Etat de droit par
Me Gally, le Mouvement Estudiantin pour la Liberté
Démocratique, MELD…
Les étudiants de l’Université du Bénin
seront à l’origine du premier mouvement de protestation
en 1990. Les forces de l’ordre interviennent et
répriment violemment. Les femmes du grand marché d’Adawlato
prennent la relève et marchent dans les rues de Lomé en
passant par le camp RIT tout de rouge vêtues ou la tête
bandée de rouge.
Ces manifestations ont pour résultat
l’ouverture du pouvoir RPT au dialogue le 18 mars qui
aboutit le 19 à l’accord global avec le changement du
nom de la conférence nationale en forum national de
dialogue, le vote de la loi d’amnistie générale sans
condition le 11 avril, de la loi sur la charte des
partis politique le même jour.
La mobilisation populaire a donc abouti à
la transition avec Me Joseph Kokou Koffigoh comme
premier ministre. Mais, le dérapage de la conférence
nationale souveraine et la mauvaise gestion de la
transition vont plonger le pays dans un chaos total.
De ce qui précède, une chose est
évidente : les aspirations du peuple togolais ne sont
pas satisfaites. Le combat pour la démocratie n’a pas
abouti. C’est pourquoi, les togolais se souviennent plus
que jamais de cette inscription sur le monument de
l’indépendance : « peuple togolais, par ta foi, ton
courage et tes sacrifices, la nation togolaise est
née ». Comme pour dire qu’ils sont prêts a refaire
le même parcours pour que la nation togolaise renaisse.
N.Z |