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Le
président burkinabé, Blaise Compaoré était en visite de
quelques heures
mardi en milieu de matinée à Kara pour
aborder avec son homologue Faure Gnassingbé la question
du dialogue intertogolais.
Les deux chefs d’Etats ont eu des entretiens
sur plusieurs sujets, notamment les problèmes liés à la
prochaine reprise du dialogue politique entre le RPT et
les principaux partis d’opposition togolais.
« Le Burkina étant impliqué dans la
résolution de la crise politique au Togo, les deux chefs
d’Etat aborderont naturellement des questions liées à la
reprise prochaine du dialogue national », a indiqué
une source proche de la présidence togolaise.
Annoncé fin février à Ouagadougou, le
dialogue intertogolais n’a pu se tenir en raison de
« petits réglages » de dernières minutes, avait
expliqué, début mars, le ministre togolais de la
Communication et de la formation civique, Kokou Tozoun.
Interrompu au lendemain du décès du général
Gnassingbé Eyadema le
5 février 2005,
ce dialogue a été relancé en novembre dernier par M.
Gnassingbé, mais les discussions n’ont pas encore
démarré.
Cette visite de Blaise Compaoré à Kara pour
rencontrer Faure Gnassingbé semble porter un discrédit
sur le Burkina quand on sait que les protagonistes du
dialogue n’ont pas été associés à la rencontre. Selon
plusieurs observateurs de la scène politique togolaise,
le président burkinabé était à Kara pour exprimer son
soutien au fils de son ancien patron le Gal Eyadema.
Un copinage légal semble s’instaurer entre
Faure Gnassingbé et Blaise Compaoré depuis la mort du
Gal Eyadema au point où on se demande si le président du
pays des hommes intègres est indiqué pour jouer le
médiateur dans le dialogue intertogolais.
D’autres sources font état de ce que le
président burkinabé a demandé à Faure Gnassingbé
d’associer les autres partis politiques de l’opposition
traditionnelle à la gestion du pays pour faire croire à
la communauté internationale que le pouvoir n’est pas
confisqué par le RPT.
Ce copinage naissant entre les deux hommes
s’est également manifesté par le passé avec l’envoi, au
Burkina, des hélicoptères togolais pour prêter mais
porte à Blaise Compaoré au cours de la dernière
présidentielle. A l’époque, l’opposition burkinabé avait
crié au scandale sans se faire entendre. Par ailleurs
«La nomination d’un nouveau premier ministre est
imminente», annonce une source proche de la
présidence. Ce point a fait l’objet de discussion entre
les deux hommes.
Le dialogue intertogolais fait partie des 22
engagements pris par le Togo envers l’Union européenne
(UE) en avril 2004 pour la reprise de la coopération
entre les deux parties.
L’UE qui a suspendu son aide au Togo depuis
1993 a décidé en novembre 2004 de reprendre
partiellement sa coopération avec Lomé après des
consultations entre les deux parties. Au lendemain de
cette annonce, le pouvoir avait organisé une
manifestation gigantesque à Lomé faisant croire aux
« naïfs » que la coopération a repris. On se
rappelle qu’à l’époque, la manifestation avait fait une
dizaine de morts et des centaines de blessés.
Ben KITEGI |