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Le Républicain

14 mars 2006

[N°22: du 14 mars 2006]
Le dialogue intertogolais toujours dans l’œil du cyclone: L’UFC, le CAR et la CDPA, est-ce une femme qui les divise tant?
 
Plus d’un Togolais se demandent aujourd’hui à quel niveau se trouve le dialogue intertogolais. Pour leur répondre, on dira que ce dialogue périclite ou mieux, il est encore au point mort marquant à peine le pas. Le pas qu’il marque à peine se résume aux entourloupettes que les leaders se font entre eux.

            En effet, on se rappelle que ce dialogue est interrompu au lendemain du décès du général Eyadema le 5 février 2005. Or, il fait partie des 22 engagements pris par le Togo envers l’Union Européenne en avril 2004 pour la reprise de la coopération entre les deux pays. Dès lors, si ce dialogue a débuté, il n’a pas continué. Pour le poursuivre aujourd’hui, les leaders politiques cafouillent encore.

            Pour l’Union des Forces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio, il faut des préalables. C’est ainsi que plusieurs rencontres entre l’UFC et le RPT ont lieu à Rome devant la communauté Sant’Egidio. Pour l’UFC, ces rencontres permettent de déblayer le terrain pour un bon dialogue. En dehors de ces rencontres, l’UFC exige la présence d’un médiateur de « haute probité morale » lors du prochain dialogue. Alors, on note un certain désaccord au sein de l’opposition.

            Dans un communiqué rendu public le 6 mars, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo « déplore que depuis plus de huit (8) mois, les pourparlers (les rencontres entre l’UFC et le RPT) en questions bloquent le dialogue national ». Et sur le choix d’un facilitateur au dialogue, le CAR lors d’une conférence de presse tenue le 28 février, « a estimé que les Togolais doivent d’abord essayer entre eux de s’entendre quitte à faire appel à un facilitateur si cela s’avérait impossible ».

            Le secrétaire général de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), le Pr Léopold Gnininvi a affirmé le samedi dernier pour sa part que  la présence d’un médiateur lors du prochain dialogue intertogolais est « accessoire ». « Cette bataille de médiateur, a-t-il poursuivi, « est une question mineure qui ne mérite pas de retarder les choses. C’est accessoire pour nous ». Et le professeur de conclure : « Nous n’avons pas besoin d’une force extérieure pour imposer le respect des conclusions qui seront issues de ce dialogue. La meilleure garantie, c’est la mise en place d’une équipe crédible ». Mais Gnininvi semble indifférent à la fin de son propos quand il affirme : « en tout cas, un médiateur ou pas, cela ne me gêne pas (…) je sais que ce n’est pas là l’essentiel ». Voila comment l’opposition semble divisée sur les préalables  du dialogue.

            Il faut tout de même remarquer que le souhait de la présence d’un médiateur est le vœu de Louis Michel, le Commissaire européen à l’action humanitaire et au développement.

            Même son de cloche chez Ajavon Zeus. Lors d’une journée de réflexion au Centre Communautaire de Bè, Ajavon Zeus à laissé entendre à propos « le dialogue sans les médiateurs n’a jamais rien donné… les avancées n’ont lieu que quand ils viennent. Je dis qu’il faut plus que des facilitateurs, il faut des médiateurs…Il faut donc un médiateur neutre vraiment neutre ».

            Ainsi donc, sans être trop pessimiste, voilà comment nous voyons le dialogue intertogolais marquer les pas sans avancer. Ce dialogue, le énième qui se prépare. D’ailleurs est-il la panacée du problème togolais. Des dialogues ? Il y en a eu ! Avec des facilitateurs et sans facilitateur ! Mais ça a donné quoi ? Il faut avoir le courage de le dire. Le dialogue doit venir du fond du cœur des politiciens togolais.

            Pour l’instant, ce n’est pas le cas. D’aucuns se posent de questions si les trois leaders «ont connu une même femme» au point de s’en vouloir à mort et ignorer l’intérêt national. Quand deux hommes s’en veulent à tel point, que ce soit au service ou dans la rue, malgré les multiples arbitrages on finit par les soupçonner de beaucoup de choses. Pour l’heure, nous préférons en rester-là et espérons voir nos leaders plus unis et plus déterminés pour la cause nationale.

AFANTOWOU Dénis

 

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