| Plus d’un Togolais se demandent aujourd’hui à quel niveau se
trouve le dialogue intertogolais. Pour leur répondre, on
dira que ce dialogue périclite ou mieux, il est encore
au point mort marquant à peine le pas. Le pas qu’il
marque à peine se résume aux entourloupettes que les
leaders se font entre eux.
En effet, on se rappelle que ce dialogue
est interrompu au lendemain du décès du général Eyadema
le 5 février 2005. Or, il fait partie des 22 engagements
pris par le Togo envers l’Union Européenne en avril 2004
pour la reprise de la coopération entre les deux pays.
Dès lors, si ce dialogue a débuté, il n’a pas continué.
Pour le poursuivre aujourd’hui, les leaders politiques
cafouillent encore.
Pour l’Union des Forces de Changement
(UFC) de Gilchrist Olympio, il faut des préalables.
C’est ainsi que plusieurs rencontres entre l’UFC et le
RPT ont lieu à Rome devant la communauté Sant’Egidio.
Pour l’UFC, ces rencontres permettent de déblayer le
terrain pour un bon dialogue. En dehors de ces
rencontres, l’UFC exige la présence d’un médiateur de
« haute probité morale » lors du prochain dialogue.
Alors, on note un certain désaccord au sein de
l’opposition.
Dans un communiqué rendu public le 6 mars,
le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi
Agboyibo « déplore que depuis plus de huit (8) mois,
les pourparlers (les rencontres entre l’UFC et le RPT)
en questions bloquent le dialogue national ». Et sur
le choix d’un facilitateur au dialogue, le CAR lors
d’une conférence de presse tenue le 28 février, « a
estimé que les Togolais doivent d’abord essayer entre
eux de s’entendre quitte à faire appel à un facilitateur
si cela s’avérait impossible ».
Le secrétaire général de la Convention
Démocratique des Peuples Africains (CDPA), le Pr Léopold
Gnininvi a affirmé le samedi dernier pour sa part que
la présence d’un médiateur lors du prochain dialogue
intertogolais est « accessoire ». « Cette
bataille de médiateur, a-t-il poursuivi, « est
une question mineure qui ne mérite pas de retarder les
choses. C’est accessoire pour nous ». Et le
professeur de conclure : « Nous n’avons pas besoin
d’une force extérieure pour imposer le respect des
conclusions qui seront issues de ce dialogue. La
meilleure garantie, c’est la mise en place d’une équipe
crédible ». Mais Gnininvi semble indifférent à la
fin de son propos quand il affirme : « en tout cas,
un médiateur ou pas, cela ne me gêne pas (…) je sais que
ce n’est pas là l’essentiel ». Voila comment
l’opposition semble divisée sur les préalables du
dialogue.
Il faut tout de même remarquer que le
souhait de la présence d’un médiateur est le vœu de
Louis Michel, le Commissaire européen à l’action
humanitaire et au développement.
Même son de cloche chez Ajavon Zeus. Lors
d’une journée de réflexion au Centre Communautaire de Bè,
Ajavon Zeus à laissé entendre à propos « le dialogue
sans les médiateurs n’a jamais rien donné… les avancées
n’ont lieu que quand ils viennent. Je dis qu’il faut
plus que des facilitateurs, il faut des médiateurs…Il
faut donc un médiateur neutre vraiment neutre ».
Ainsi donc, sans être trop pessimiste,
voilà comment nous voyons le dialogue intertogolais
marquer les pas sans avancer. Ce dialogue, le énième qui
se prépare. D’ailleurs est-il la panacée du problème
togolais. Des dialogues ? Il y en a eu ! Avec des
facilitateurs et sans facilitateur ! Mais ça a donné
quoi ? Il faut avoir le courage de le dire. Le dialogue
doit venir du fond du cœur des politiciens togolais.
Pour l’instant, ce n’est pas le cas.
D’aucuns se posent de questions si les trois leaders
«ont connu une même femme» au point de s’en vouloir
à mort et ignorer l’intérêt national. Quand deux hommes
s’en veulent à tel point, que ce soit au service ou dans
la rue, malgré les multiples arbitrages on finit par les
soupçonner de beaucoup de choses. Pour l’heure, nous
préférons en rester-là et espérons voir nos leaders plus
unis et plus déterminés pour la cause nationale.
AFANTOWOU Dénis |