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La situation économique du Togo inquiète
beaucoup de bailleurs de fonds quand on sait qu’elle est
structurée en plusieurs aspects. Le Togo doit
aujourd’hui à l’extérieur plusieurs milliards de francs
CFA. Cette dette est parfois bilatérale, parfois
multilatérale et à des taux concessionnels ou
non-concessionnels.
En effet, les causes de
l’endettement du Togo trouvent leur origine en grande
partie dans la gestion catastrophique des affaires des
Etats. Cette gestion catastrophique est accompagnée
d’une corruption aiguë existant dans beaucoup de
secteurs. Cette mainmise d’une minorité de gouvernants
sur le patrimoine étatique (Phosphates, Port Autonome de
Lomé, Douanes, Aéroport) a largement contribué à cette
période de crise économique et des déséquilibres
macroéconomiques surtout après le « boom » des
phosphates de 1974.
Cependant dès les années 60,
juste après l’indépendance, le pays a connu une
croissance rapide du PIB en termes réels de 7% en
moyenne par an. On a assisté à une politique économique
et stable par le maintien de l’équilibre financier, la
pratique de la politique commerciale de porte ouverte,
la promotion de l’initiative privée dans les actions
commerciales, l’investissement public dirigé vers les
routes et les infrastructures portuaires etc.. Cette
croissance économique rapide à l’époque a provoqué des
changements significatifs dans la structure de
l’économie grâce au gouvernement de Sylvanus Olympio,
premier président du Togo indépendant et plus tard avant
les années 80 de feu Eyadema.
Mais, comment le Togo est
arrivé à la totaliser 77 millions de dollars US de
dettes (plus de 500 milliards de FCFA) ?
Avec les événements
politiques de 1963, 1967 et surtout de 1974, il y eut un
changement dans la politique de développement. Les
excédents financiers, l’euphorie, les succès politiques
dans la sous-région conduisirent le gouvernent Eyadema à
changer sa politique de développement. Un plan de
développement ambitieux a été mis en place de 1976 vers
1980. Plus de 251 milliards FCFA ont été prévus pour les
investissements. La priorité a été donnée à
l’agriculture et aux infrastructures. La baisse des prix
mondiaux du phosphate brut en 1975-1976 a
considérablement et brusquement contribué à la chute de
l’économie. Le détournement de fonds (phosphates et
autres) par les gouvernants n’a fait qu’empirer une
situation déjà précaire.
Face à cette chute, on a eu
recours à des emprunts extérieurs pour compléter le gap
financier causé par l’accroissement des investissements
et la diminution des ressources.
Cette situation a amené le
gouvernement à engager des discussions avec le FMI et
plus tard la Banque Mondiale pour un support financier à
des programmes de redressement financier sur les
ressources extérieures à condition non
concessionnnelles. Bref, la pagaille s’est instaurée.
Les EP (Entreprises
Publiques) ont absorbé plus de 50% des fonds disponibles
pour les investissements.
Aujourd’hui, le total des
arriérés vis-à-vis de la BM au 15 décembre 2005 est
d’environ 500 milliards de francs CFA (77 millions $
US). C’est pour réduire la dette du Togo que Faure
Gnassingbé aurait effectué ses derniers noyages au
Quatar et en Arabie Saoudite afin de demander de l’aide
aux «pétroliers»
Ben KITEGI |