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Le Regard

19 Dec Nov 2007

[ 576 : 18 Dec 2007]
Me Agboyibo : Les raisons du boycott par le CAR du Gouvernement Mally
Quelles sont les raisons qui ont motivé votre refus d’entrer au gouvernement ?
Me Agboyibo : La configuration des résultats du scrutin telle qu’attendue par la plupart des composantes de la classe politique et les observateurs ne donnait la majorité absolue à aucun parti. On s’attendait donc à la mise en place d’un gouvernement d’Union Nationale. Il s’est trouvé que la réalité a été tout autre. Le RPT a, lui seul, obtenu 50 députés. Dans ce contexte l’avenir politique du pays relève désormais du RPT et de son président, du moins pour un certain temps.

Deux tendances sont perceptibles au sein du RPT. Le premier courant incarné par le Chef de l’Etat ne cachait pas que le tableau des résultats n’était pas propice à la poursuite du processus de réconciliation et du redressement du pays. Et c’est à juste titre que dans son message au lendemain des élections, le chef de l’Etat déclarait que « le résultat de ces élections montre que nous avons des efforts à faire pour parvenir à la réconciliation totale des Togolais. » Par conséquent il faut aller au-delà des élections pour faire preuve de courage politique nécessaire à une application non mécanique du score obtenu par le RPT. C’est dans cet esprit que s’inscrivent les efforts du Chef de l’Etat pour non seulement maintenir la gestion consensuelle précédente mais en élargir le champ. On s’était aperçu qu’il était prêt à nommer un Premier Ministre en dehors du RPT pour créer les conditions de grande réconciliation en vue de la reconstruction du pays. A l’opposé, un autre courant du RPT considère qu’il fallait refléter les résultats du scrutin dans la gestion du pays comme dans toute démocratie classique. Dans cette optique, le RPT devrait gouverner seul et procéder tout au plus à une ouverture à ceux qui seraient disposés à l’aider à appliquer son programme.

Pour le CAR, chacune de ces deux positions avait ses conséquences. La première impliquait des discussions sur les contours de la gestion consensuelle notamment sur le programme à appliquer et les moyens à mettre en jeu tout en  respectant la position dominante conférée par les électeurs au RPT. Cette option est également de nature à faciliter les réformes constitutionnelles et institutionnelles préconisées par l’APG ainsi que la mise en œuvre des autres engagements rappelés par l’Union Européenne dans sa lettre du 26 Novembre 2007. Elle aurait suscité un large consensus de la classe politique. Il s’est malheureusement trouvé que c’est l’autre courant qui a prévalu. Il fallait, par respect du principe démocratique, respecter ce choix du RPT. C’est la raison fondamentale pour laquelle nous avions décliné l’offre.

A cette première raison, s’ajoute une autre liée à un entretien que j’ai eu avec le Chef de l’Etat le 26 Novembre 2007 et au cours duquel il m’a informé que Monsieur Gilchrist Olympio,  aurait accepté à la suite de leurs échanges, de faire entrer son parti dans le nouveau gouvernement, à condition qu’il soit dirigé par un nouveau Premier Ministre issu des rangs du RPT. Il a voulu recueillir mon avis à ce propos. Sur le champ, je lui ai répondu que je saluais l’idée et que pour rien au monde, je ne constituerai un obstacle à l’élargissement de la gestion consensuelle en cours et à la réconciliation nationale. J’ai toutefois fait observer au Chef de l’Etat qu’il faut souhaiter qu’il ne s’agisse pas d’une manœuvre et que si, nonobstant la nomination du Premier Ministre au sein du RPT, l’UFC refusait de participer, il serait impossible au CAR d’y entrer et de se faire prendre pour des ‘’cons’’.

Le lundi 10 décembre 2007, le Chef de l’Etat m’a informé que l’UFC a décidé en fin de compte de se mettre en dehors du nouveau gouvernement. Je lui ai alors réitéré la position que je lui ai exprimée le 26 Novembre 2007.

Des rumeurs ont circulé à propos de votre probable reconduction au poste de Premier Ministre. Qu’en est-il au juste ?
Les journaux de la place ont effectivement véhiculé des rumeurs sur ma reconduction. Mais je les avais prises avec une extrême prudence. Il est vrai que la crise que traversait le pays était loin d’être  dénouée avec la seule tenue du scrutin du 14 octobre 2007 et que le pays gagnerait à parachever l’application de l’Accord Politique Global par la poursuite du traitement amorcé avec le gouvernement d’union nationale. Mais eu égard au score obtenu par mon parti, la reconduction envisagée par le Chef de l’Etat ne pouvait avoir de sens que dans l’optique où le RPT aurait adhéré à l’idée de mettre ses 50 députés au service d’une telle poursuite. Dès lors que j’ai compris qu’un très fort courant du RPT y était hostile, je n’ai guère pris au sérieux les rumeurs en question. En tout état de cause, je ne voyais pas comment je pouvais, sur la base de la confiance qui m’était faite par le Chef de l’Etat, prendre le risque d’aller rechercher l’investiture d’une Assemblée dominée par un courant RPT opposé à ma reconduction.

Au regard de la situation ainsi créée, quel serait l’avenir de l’Accord Politique Global ?
L’avenir de l’APG est fragilisé par la configuration des résultats du scrutin du 14 octobre. Mais tout est question de volonté politique. Rappelez-vous, durant la période du gouvernement d’Union Nationale, nous avons procédé à des réformes importantes avec une Assemblée où les 81 députés étaient tous de la sensibilité RPT.

J’espère que le Chef de l’Etat et le nouveau Premier Ministre useront du doigté qu’il faut, pour continuer sur la même lancée, pour convaincre les 50 députés RPT à les accompagner dans le respect des engagements pris vis-à-vis de nos populations et de la Communauté Internationale.


N’éprouvez vous pas un sentiment de déception après tant de travail abattu sanctionné par un faible score aux élections ?
Durant mes 22 années d’engagement politique, il ne m’est jamais arrivé de considérer une quelconque de mes contributions à la vie politique de mon pays comme un investissement dont il faut attendre une contrepartie. C’est vrai que j’ai été quelque peu affecté par la configuration des résultats du scrutin. Mais ce n’était pas tant en raison du nombre de sièges obtenus par le CAR. C’était parce que j’ai le sentiment que les multiples concours dont le Togo a bénéficié pour sortir de la crise sociopolitique auraient pu être récompensés par une issue différente. Certes, je me réjouis du déroulement formel du scrutin. Mais je suis de ceux qui avaient souhaité que le scrutin débouche sur des scores qui prédisposent les différents acteurs politiques à l’humilité et à plus de disponibilité pour les grandes réformes dont le pays a besoin pour son redressement.

Doit-on conclure à la gestation d’une alliance CAR-UFC en considération de la non participation de votre parti au Gouvernement et du vote émis en faveur du candidat de l’UFC au poste de Vice-président de l’Assemblée ?
Le CAR a comme objectif fondamental le changement démocratique qu’il partage non seulement avec l’UFC mais avec d’autres partis de l’opposition et même avec un courant du parti au pouvoir.

Mais ceci dit, il existe entre nos deux partis des divergences sérieuses. Nous avons du mal à croire, au CAR, que l’on puisse parvenir à réaliser l’idéal du changement démocratique au Togo par la stratégie de la haine pratiquée, comme on s’en aperçoit malheureusement, sous forme de dénigrement des partenaires ou de rejet de l’adversaire. M. Gilchrist Olympio a eu la chance d’avoir bénéficié au Togo d’une onction populaire comparable à celle de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Mais il n’a pas su fructifier cette chance historique par l’esprit d’amour et de consensus qu’il fallait. Autrement, les discussions qu’il a eues avec les tenants du pouvoir tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays au lendemain des élections successives auraient depuis, délivré le Togo.

C’est à cause de ces différences de mentalité politique et d’approche des problèmes qu’il faut se garder de parler d’alliance dès qu’on constate la moindre coïncidence dans nos prises de position.  Il en est ainsi de ce qui s’est passé le 24 novembre 2007, lors de l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée Nationale. Me Apévon, porte parole de nos députés à la séance avait tout mis en œuvre pour amener le RPT et l’UFC à un consensus sur la composition du Bureau. Mais il s’est heurté à des murs de part et d’autre.

L’UFC qui ne voulait pas que le RPT occupe l’une quelconque des places dans le bureau sans son approbation a positionné des candidats à presque tous les postes y compris celui Président de l’Assemblée Nationale. Une façon de signifier son refus de tout compromis avec ce parti. Face au blocage, les députés du CAR s’en sont tenus, au règlement intérieur de l’Assemblée, en votant en faveur du RPT pour le poste de Président de l’Assemblée et en faveur de l’UFC lorsqu’il s’est agi du poste de premier Vice-président de l’Assemblée Nationale. Il n’y avait pas derrière ces deux votes exprimés par les députés du CAR, un quelconque signe d’alliance avec le RPT ou avec l’UFC. C’est dans le même esprit qu’il faut se garder de confondre les raisons de la non participation du CAR au nouveau Gouvernement avec celles qui ont déterminé l’UFC de son côté. Chacun de nos deux partis a son identité.

Comment le CAR compte t-il survivre à la bipolarisation de l’échiquier politique ?
La bipolarisation dont vous faites état est un phénomène sérieux mais qui disparaîtra avec le temps au fur et à mesure que notre parti s’emploiera, comme il le fait aujourd’hui à amener les citoyens à affranchir leurs choix politiques des considérations d’ordre personnel, ethnique ou régional pour privilégier les paramètres qui sont de nature à favoriser l’émergence d’une société moderne et solidaire.

Comment le CAR fonctionnerait-il dans son statut de parti d’opposition ?
Le CAR, vous le savez a un projet de société dont les principes de base servent à l’actualisation de notre programme de gouvernement à l’occasion de chaque consultation électorale. Ce projet de société et les programmes qui en sont dérivés ne sont pas des documents d’archives. C’est un ensemble de propositions de solutions aux problèmes du pays. Ces propositions m’ont énormément servi quand j’ai eu à piloter le dialogue national ou à conduire le Gouvernement d’Union Nationale. Le CAR s’attendait à ce qu’au lendemain du scrutin du 14 octobre 2007, il soit en mesure de mettre en œuvre ses projets de redressement socio-économique du Togo. Parmi ces projets figure en tête, celui concernant l’épineux problème de chômage de notre jeunesse. La solution à ce fléau, est, suivant notre document, la mise en valeur des bassins de nos fleuves et rivières. Il s’agit de mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires de cette mise en valeur de façon à permettre à nos jeunes de quitter les ghettos urbains pour s’installer dans nos vallées fertiles pour le plus grand bien du développement agricole et agro industriel du Togo. Notre position actuelle diminue, bien entendu, les chances de mise en œuvre de ce projet et des autres priorités figurant dans notre projet de gouvernement.

Mais notre parti n’entend pas pour autant se mettre en retrait du processus de redressement du pays. Le CAR ne pratiquera pas une opposition d’obstruction et de pourrissement. Nous serons une opposition ouverte. Nous nous impliquerons, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parlement, dans les réformes constitutionnelles et institutionnelles à opérer. Nous apporterons de même en liaison avec les services compétents de l’Etat, notre contribution de recherche de solution aux problèmes de nos populations, par la mise en œuvre de nos idées et projets.

Qu’est-ce qui justifie le retrait de trois de vos têtes de liste des députés ?
Au CAR, nous avons des accords internes d’application des dispositions du cadre électoral concernant l’affectation des sièges gagnés par le parti. C’est par la mise en œuvre que les têtes de liste ont cédé leur siège à d’autres personnes qui figurent sur ces listes.

Propos recueillis par Abass  SAÏB

Les promesses de Komlan Mally devant l’Assemblée Nationale
Quatre jours après la formation du Gouvernement, le Premier Ministre était devant l’Assemblée Nationale pour présenter son discours programme.

Les préoccupations majeures du gouvernement selon le Premier Ministre Mally seront axées sur -la consolidation de la Nation togolaise, -la constitution des bases solides de la croissance et du développement,

-l’amélioration des conditions d’accès aux services essentiels et la

-réaffirmation de la place du Togo dans le concert des nations.
Au plan politique, M. Mally promet la mise en place d’une commission chargée de proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale. L’opposition, a-t-il dit, sera dotée d’un statut. Pour M. Mally, toutes les réformes nécessaires à l’approfondissement de la démocratie, à une meilleure protection des libertés publiques et des droits de l’homme, à un fonctionnement optimal des institutions de la République, seront engagées et conduites de manière sereine avec la ferme volonté d’assurer un bon fonctionnement de l’Etat.

Le Premier Ministre met également l’accent sur la modernisation de la justice. Il annonce aussi l’assainissement des finances publiques. Les mesures seront prises pour « le renforcement du recouvrement, la simplification et la rationalisation des codes fiscal et douanier, l’amélioration et le renforcement des contrôles fiscaux, ainsi que la mise en œuvre d’un plan de réduction des exonérations fiscales et douanières ».


Pour instaurer plus de transparence dans la gestion des finances publiques, il entend prendre des mesures énergiques pour combattre la corruption et pour créer des conditions propices pour l’épanouissement du secteur privé. Le gouvernement envisage également le désengagement de l’Etat des plus importantes banques.

En ce qui concerne les infrastructures de base, le gouvernement se propose de développer les ressources énergétiques notamment l’électricité, la biomasse et les énergies renouvelables, ainsi que les infrastructures de transport terrestre et plus particulièrement, réhabiliter, construire et renforcer les pistes rurales, les voies urbaines, les ponts, les routes nationales et les routes inter Etats, soutenir l’organisation du transport privé de masse, élargir les voies d’accès à la capitale, réhabiliter le réseau ferroviaire, améliorer la comptabilité du port de Lomé et développer le secteur des télécommunications et surtout les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Dans le secteur agricole, le gouvernement entend renforcer le cadre légal et institutionnel, restructurer le monde rural et professionnaliser les filières agricoles et améliorer l’accès aux ressources productives et aux marchés et la revalorisation des autres produits agricoles.

Dans le domaine de la santé, le gouvernement favorisera l’accès aux services de prévention de traitement de soins et de soutien aux malades vivant avec le VIH/SIDA, renforcer les actions de prévention et de traitement pour faire reculer de façon significative le paludisme et renforcer le dépistage et le traitement de la tuberculose.

Le Gouvernement n’oublie pas l’éducation, la protection sociale, l’accès des populations à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement.

A la suite de la présentation du discours programme et après une brève polémique sur le mode de vote (à main levée finalement), 42 députés ont accordé leur confiance au nouveau Premier Ministre. Trois députés du CAR se sont abstenus. L’UFC qui n’a pas pris part au vote a cependant estimé par la voix du Président du Groupe parlementaire J.P. FABRE que le Premier Ministre ne bénéficiant pas du soutien de la majorité des Togolais ne réussira pas dans sa mission. La présentation du Programme a été si expéditive que les députés n’ont pas eu suffisamment de temps pour l’apprécier. Apparemment, le Président Abass Bonfoh qui était très pressé, n’a accordé que quelques minutes aux parlementaires. Ce qui, tout naturellement, a suscité la désapprobation au niveau de tous les groupes parlementaires.

En fait, le discours programme du Premier Ministre Mally met à l’ordre du jour, le Programme de campagne du chef de l’Etat mis en veilleuse à la suite du dialogue intertogolais jusqu’aux législatives du 14 octobre 2007. A la différence du gouvernement qu’à dirigé Me Agboyibo, l’équipe Mally est mise devant ses responsabilité en ce sens que sa majorité a les coudées franches pour agir. Mais une question se pose. Combien d’années faut-il pour épuiser ce volumineux catalogue de bonnes intentions surtout qu’il ne reste plus que deux ans au Chef de l’Etat et son parti pour solliciter un nouveau mandat ?


L.R.

Les raisons fondamentales de l’entrée de la CDPA au Gouvernement
Alors que beaucoup s’attendaient à le voir quitter le gouvernement, le Professeur Gnininvi a accepté d’y rester. Ainsi la CDPA représentée par deux ministres brave le qu’en dira-t-on pour travailler « main dans la main » avec d’autres partis politiques.

De source proche du parti de Léopold Gnininvi, on indique que trois raisons principales ont milité en faveur de la participation de la CDPA au gouvernement.


La première c’est que de tout temps, la CDPA, au sein de l’opposition a toujours joué le rôle de rassembleur. Au temps fort des revendications pour l’instauration de la Démocratie, le Professeur Gnininvi a toujours œuvré pour l’Union de l’Opposition. Et quand il y a des velléités individualistes, la CDPA a toujours dit, « allons ensemble, chacun dans son camp fera ce qu’il veut ». Aujourd’hui le débat a changé. A l’époque, on combattait un système. Aujourd’hui il y a des choses qui se font et qui montrent que les choses changent et qu’il faut travailler main dans la main (symbole de la CDPA) pour reconstruire le pays, estime-t-on.

La deuxième c’est que l’engagement pris à Ouaga, concerne aussi les réformes qui doivent être faites. Et à y voir de près, on se rend compte qu’il y en a qui se font tout de suite, et il y en a qui se feront après. «Ce qui se fera après, il faudra être ensemble pour le faire. Si on n’est pas au parlement, il faudra être quelque part où il y a une tribune pour pouvoir dire ce qui doit être fait». Il y a les réformes constitutionnelles, les réformes  institutionnelles, il y a la réforme de l’armée etc. L’APG ayant donc confié au nouveau gouvernement la charge de ces reformes pour la nouvelle législature à défaut d’être à l’Assemblée il fallait être au gouvernement pour participer à l’élaboration des projets.

La troisième raison c’est que le président de la République a trouvé en des personnalités de la CDPA, des compétences sûres qui ont déjà fait leurs preuves. Et il se dit qu’il ne faudra pas laisser ces compétences en dehors du gouvernement.

On peut être tenté de croire que la CDPA a quitté ses alliés traditionnels pour rejoindre le RPT. Mais l’on n’oubliera pas que c’est toute seule que l’UFC  avait elle aussi entrepris de négocier avec le RPT. « L’UFC voudrait voir tous les autres partis disparaître pour se retrouver seule face au RPT. Nous n’allons pas disparaître. Nous n’allons pas non plus suivre l’UFC dans toutes ses orientations. C’est l’intérêt du pays qui compte » souligne un cadre de la CDPA.

Les partis de l’opposition qui travaillent avec le RPT ont été toujours victimes de dénigrement. Le parti du Professeur Gnininvi échappera t-il à ce sort ? A la CDPA on en est conscient mais on n’en fait pas un problème majeur. « On sera la cible ; c’est vrai. Mais ce n’est pas là ce qui est important. Ce qui importe, c’est ce que nous avons devant nous, c’est ce que veut le peuple. Les Togolais ont compris qu’il faut travailler et non continuer à dire non systématiquement. Tant qu’il  va y aura une force politique qui aura une mission pour ce pays, c’est-à-dire le développement, on suivra ce parti. Ce n’est pas une question d’amitié, figée. Nous sommes dans une dynamique qui voudrait que les gens pensent au pays », nous a-t-on répondu.

Sébastien Ségniagbéto

En attendant le remplaçant de Kpatcha
De la formation du nouveau gouvernement, seule l’éviction de Kpatcha Gnassingbé constitue la principale curiosité des Togolais toujours habitués à « voir des problèmes là où il n’y en a pas ». Kpatcha Gnassingbé lui-même a beau dire que rien ne l’oppose à Faure et qu’il est prêt à mourir pour son frère aîné, malgré l’assurance donnée par Pascal Bodjona le fidèle de Faure, qui a déclaré qu’une confiance totale existe entre les deux frères, il y en a toujours qui refusent de croire. En fait ce sont ceux qui considéraient Kpatcha comme un super ministre, un omnipotent qui refusent de croire qu’il n’y a pas anguille sous roche. Kpatcha lui-même n’en fait aucun problème et c’est dit-on sportivement qu’il aurait accueilli la nouvelle d’autant qu’il reste convaincu que son frère aîné ne peut jamais lui vouloir du mal.

            En réalité ce qui suscite des intrigues, ce n’est pas tant le départ de Kpatcha Gnassingbé que le rattachement du Ministère de la Défense à la Présidence de la République et pour cause. Ce ne sont pas les personnalités tant politiques que militaires à placer à ce poste qui font défaut. Ce rattachement peut laisser croire que Faure Gnassingbé a perdu le contrôle de son armée qu’il aurait décidé de prendre lui-même les choses en main. Mais il s’agirait selon certaines indiscrétions d’une mesure conservatoire, un moment de réflexion le temps que s’estompent les rumeurs assassines pour nommer un nouveau ministre de la Défense qui ne serait pas perçu comme un adversaire du précédent.

AS

 

     
 

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