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19 Déc 2006

[ 521 : du 19 Déc 2006]
Renouveau au RPT avec un vieux baron

Le congrès du RPT s’est achevé hier avec la désignation d’un nouveau Secrétaire Général en la personne de M. Esso Solitoki Magnim Tiburce sur proposition de Faure Gnassingbé, Chef de l’Etat et Président national du RPT. Tout comme le Secrétaire général les autres membres du bureau seront probablement désignés sur la base d’un arrangement dont seul le Président connaît le secret. Ceux qui s’attendaient à voir un changement notoire au sommet du parti de feu le Président Eyadema doivent prendre leur mal en patience.

 Le renouveau dont on parle au RPT se fera avec un vieux baron à la tête du parti avec bien sûr d’autres vieux caciques en embuscade. Nombreux sont ceux qui avaient espéré que ce congrès du RPT, celui du Renouveau, allait conférer aux jeunes la place qu’ils revendiquaient depuis. Les jeux sont désormais faits et tout semble s’être joué comme au temps du Président fondateur car après la proposition faite par Faure, même les militants les plus chauds pour un appel des jeunes aux affaires se sont tus comme par enchantement. Comme quoi, on ne change pas les habitudes acquises 40 ans durant en quelques mois.

Dans sa déclaration de politique générale, le parti, tout en se situant dans la logique multipartisane a réaffirmé sa volonté et sa détermination de continuer à jouer les premiers rôles dans le pays. L’option est déjà prise pour les prochaines élections législatives.

Prenant la parole pour une allocution de circonstance, le Chef de l’Etat, Président national du RPT n’a pas manqué d’égratigner ses adversaires. Morceaux choisis « La démocratie », a-t-il dit « ce n’est pas seulement les interview et les déclarations qu’on fait. La démocratie commence aussi dans les partis politiques. Et je crois que nous pouvons être fiers aujourd’hui de dire que nous sommes le seul parti qui, à chaque fois, a organisé son congrès au moment prévu par les statuts »

« … Je me rappelle qu’au début, on disait ‘‘Le jeune, il est bien, mais est-ce que les gens du RPT vont le laisser travailler ? Le jeune, il est très bien mais il y a trop de barons autour de lui. Le jeune est bien mais les généraux ne vont pas le laisser faire sans oublier ceux qui écrivent tous les matins que mon jeune frère veut me faire un coup d’Etat. Aujourd’hui nous avons fait la preuve que le RPT est un parti où on peut se remettre en cause dans la discussion, dans la discipline, dans la concertation. Dans les discussions avec l’UFC, on nous a dit qu’au Togo, il n’y a pas de sécurité. Si l’UFC n’a pas le ministère de la sécurité, ça n’ira pas. C’est le RPT qui crée l’insécurité. Récemment, on m’a dit qu’un parti a sillonné le pays du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest sans incident. J’ai dit quel est ce parti, on me dit c’est l’UFC. Ah bon ! Ils sont allés à Kpendjal, à Kara, à Tône, il n’y a rien eu. Est-ce qu’on peut encore parler d’insécurité ? Alors ceux qui sont de mauvaise foi et qui ne veulent pas venir au gouvernement, qu’ils restent là où ils sont. Nous avons laissé la porte ouverte, nous avons tendu la main, mais nous ne supplions personne. Le Togo regorge de beaucoup de talents ; ils sont partout. Ils sont aussi à l’UFC mais ils ne sont pas seulement à l’UFC. Si les gens de l’UFC veulent venir, la porte est ouverte mais il n’est pas question de répondre à des exigences fantaisistes ».

 Doit-on s’attendre à un durcissement de la position du RPT ? En tout cas, ce ton est à la mesure du nouveau SG.

            En effet, le nouveau Secrétaire Général n’est pas un inconnu. C’est un cacique du parti dont on dit appartenir à l’aile dure. Et qui est du même acabit que le sortant Dama Dramani. Journaliste de formation, il a travaillé dans l’ombre du Général Président pendant plusieurs années. Il a été attaché de presse à la présidence de la République, Ministre de la Communication et attaché de cabinet à la présidence sous le général Eyadema. Il est avec Natchaba de ceux que le RPT envoie au « front » quand il ne veut faire aucune concession à ses adversaires. Très discret, M. Esso Solitoki est jugé très peu ouvert aux jeunes du parti.

            Sa désignation pour jouer les premiers rôles au RPT sonne comme une contradiction pour ceux qui réclament à cri et à cor le changement au sein du parti. Le nouveau Secrétaire Général devra s’arranger pour plaire à la fois aux vieux barons et à la génération montante qui exige de plus en plus sa place dans les débats. Son défi majeur sera de faire remporter les prochaines législatives par le RPT. Avec la désignation de celui là, on constate que la vieille garde n’a pas baissé les bras. En déjà au sein de l’opposition on s’en inquiète. Si le congrès du RPT s’est bien terminé pour Faure Gnassingbé il a laissé des nostalgiques amers comme ce participant qui disait que « si c’était au temps du « vieux » on allait faire une marche pour gagner de l’argent.

L.R

Au-delà des deux mois d’arrêt de rigueur : L’Affaire Gal Tidjani n’est pas réglée

Deux mois d’arrêt de rigueur, c’est la sanction décidée à l’encontre du Gal Tidjani suite à ses frasques aux côtés des Forces Nouvelles en Côte d’Ivoire. Lorsqu’on connaît un peu les règlements militaires, on comprend aisément que cela ne représente pas grand-chose. Dans ce corps, la sévérité des sanctions varie selon les grades et plus on est gradé plus elles prennent une forme symbolique et deviennent moins coercitives. Pour pouvoir infliger une sanction exemplaire à un Officier Général, il faut au préalable le casser et le ramener à un simple homme de rang ou à un grade mineur. Ce qui n’est pas possible pour un général passé en deuxième section comme Tidjani. Les deux mois d’arrêt de rigueur seront donc pour lui comme une simple obligation de repos chez lui.

Dans le communiqué de la Présidence qui condamne Tidjani, il n’a été écrit nulle part que le Général a fait acte de contrition, qu’il a présenté ses excuses et s’engage à ne plus avoir de contacts avec les rebelles ivoiriens. Qui plus est, il est précisé qu’on lui reproche tout simplement d’avoir accordé une interview pour justifier son parti pris aux côtés de l’ancienne rébellion. En clair, ce n’est pas tant les contacts et la présence de Tidjani aux côtés de Guillaume Soro et les siens qui lui sont reprochés mais plutôt les propos qu’il a tenus devant la presse.

            Le Gal Tidjani qui visiblement se croit dans son bon droit et qui avait déclaré dans son interview être prêt à refaire la même chose a-t-il changé de position maintenant ? Qu’est-ce qui prouve qu’une fois la sanction purgée, il ne se retrouvera pas dans le nord de la Côte d’Ivoire ? Comment peut-on s’assurer qu’après deux mois de « repos », Tidjani ne va plus rentrer en contact avec les Forces Nouvelles et si possible rencontrer leur chef Guillaume Soro en catimini dans un pays voisin ?

            Toutes ces interrogations qui sont loin de trouver une réponse avant longtemps confortent dans le sentiment que l’affaire Gal Tidjani n’est pas encore réglée. Certes, au lendemain des événements, une délégation d’officiers conduite par le ministre de la Défense nationale Kpatcha Gnassingbé s’était rendue en Côte d’Ivoire pour s’entretenir avec le Président Gbagbo, histoire de le rassurer et lui réitérer de la position officielle du Togo dans la crise ivoirienne. Mais le FPI, parti au pouvoir à Abidjan, tout en acceptant la démarche, ne manquera pas de suivre les mouvements de Tidjani. Et la moindre tentative de récidive pourrait empoisonner durablement les relations entre le Togo et la Côte d’Ivoire.

            Dans cette affaire, il semble que le Chef de l’Etat a tardé à réagir. Il est en effet difficile de croire qu’il a été surpris par la présence de Tidjani en Côte d’Ivoire car en sa qualité de Chef Suprême des Armées, il est censé être informé des déplacements des officiers. D’ailleurs Tidjani le confirme, et ajoute que n’ayant pas voyagé jusqu’à Bouaké à pied, tout son itinéraire a une traçabilité.

            Cette expérience doit donc servir de leçon à Faure Gnassingbé qui hésite à imposer son autorité vis-à-vis des vieux barons. Dans cette affaire, il y a eu comme une négligence de la part du Chef de l’Etat. Aujourd’hui cette négligence pourrait être interprétée comme une complicité. Et ce n’est pas Tidjani qui affirme être allé à Bouaké au vu et au su de tous qui facilitera les choses. 

            En réalité, les accointances particulières entre Tidjani et les Forces Nouvelles ne datent pas d’aujourd’hui. Elles remontent jusqu’à l’époque où feu Eyadema jouait au médiateur dans la crise ivoirienne. Comme il avait l’habitude de le faire, Eyadema voulait ménager les deux parties à la crise afin d’éviter de froisser les susceptibilités. Des informations avaient fait état à l’époque, de la générosité du Timonier envers les « jeunes rebelles ». Tidjani qui était alors Ministre de la Défense nationale avait servi de courroie de transmission entre le Timonier et les protagonistes de la crise. Il en avait donc profité pour tisser des liens dont il profitait. On raconte même qu’il se servait dans les « gestes » que faisait le Chef de l’Etat aux délégations. On le voyait aussi en compagnie des jeunes rebelles dans des boîtes de nuit. Tidjani était donc depuis longtemps, un homme à surveiller comme du lait sur le feu. On n’aurait pas dû attendre que son incursion en Côte d’Ivoire prenne une grande ampleur avant de le désavouer.

            Au temps du Gal Eyadema, Tidjani était un officier zélé qui savait parler pour plaire « au chef ». On dit de lui qu’il racontait au Chef de l’Etat, des faussetés contre les autres barons pour gagner sa confiance et sa générosité. Maintenant qu’il ne peut plus le faire avec Faure, il lui faut rechercher l’argent ailleurs. Et il n’a pas trouvé mieux que chez les rebelles pour créer des problèmes à Faure.

            Aujourd’hui, le problème demeure encore entier. Que fera Faure Gnassingbé pour barrer la route aux dérives de Tidjani ainsi devenu un vieux baron encombrant ?

L.R

 
Cartes d’électeurs sécurisées : Gilchrist Olympio floué par Louis Michel

Louis Michel est-il donc réellement ce personnage bizarre dont a parlé Jean Pierre FABRE et dont les idées changent au gré de ses humeurs ? Où est-ce l’UFC qui par excès de naïveté se laisse enfariner par lui ? Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus que la Commission Européenne n’est plus très regardant en ce qui concerne le mode de recensement et de sécurisation des cartes d’électeurs tel que l’UFC soutenue par le CDPA et le CAR l’entendent.

           Et pourtant, au cours de sa visite au Togo en juin 2006 et lors de l’entretien qu’il a eu avec la délégation de l’UFC à Bruxelles en Mai 2006, Louis Michel avait marqué la disponibilité de l’Union Européenne à assister techniquement et financièrement notre pays en vue de la réalisation d’un recensement électoral devant permettre la confection d’un fichier électoral à jour et fiable à l’instar de ce que la Commission a réalisé en RD Congo. Faisant donc sienne cette proposition de Louis Michel, Gilchrist Olympio a estimé qu’«il est très important pour la crédibilité des prochaines élections législatives, que l’UE puisse aider notre pays à confectionner un fichier électoral fiable à travers un recensement électoral de type RD Congo permettant la délivrance immédiate de carte d’électeur infalsifiable avec photo, ce qui correspond à l’esprit de l’Accord Politique Global ».

            Mais voilà que la Commission Européenne joue les Ponce Pilate en annonçant en des termes diplomatiques, l’abandon du système de recensement de type RDC. L’Union Européenne opte implicitement pour des cartes d’électeur sécurisées sans photo en feignant de s’en remettre à la décision consensuelle qui devrait prévaloir à la CENI sur cette question. Lorsque le Comité de Suivi recommande à la CENI de s’inspirer des expériences des pays de la sous-région, il n’y a pas d’autres termes pour signifier le rejet du système de type RDC. Il est vrai que la Commission Européenne s’appuie sur la facilitation pour banaliser la proposition de Louis Michel qui est en train d’être abandonnée. La position même du facilitateur s’avère une garantie pour l’UE, car il est évident que Blaise Compaoré l’arbitre ne saurait siffler en faveur de l’équipe informelle (CAR-UFC-CDPA) qui réclame ce qu’il ne peut admettre chez lui au Burkina. S’il recommande des cartes d’électeur avec photo dans le cas du Togo que répondra t-il à ses opposants qui pourraient descendre dans les rues de Ouagadougou pour réclamer la même chose ? Le Premier ministre avait, semble-t-il, flairé ce revirement. Et c’est peut-être pour préparer les esprits à s’adapter à la position de la facilitation et de l’UE que dans son communiqué suite à sa rencontre avec une délégation de la CENI le 30 Novembre, il faisait ressortir que la mise en œuvre des points de l’Accord sur la sécurisation des cartes d’électeur n’est pas sans difficultés.

            De plus, lorsqu’on insiste sur les implications financières et la faisabilité dans le temps, il y a là une façon subreptice de dire qu’il faut éviter des situations compliquées - allusion faite aux cartes avec photo – qui pourraient pousser le processus électoral au-delà de juin 2007.

             A l’issue du dialogue intertogolais à Ouaga, l’UFC faisait comprendre que le Poste de Premier Ministre lui avait été promis. Cela s’est révélé un gros canular. Aujourd’hui c’est le même parti qui se trouve floué par Louis Michel sur cette affaire de Carte d’électeur sécurisée avec photo. A quand la prochaine dribble ?

AS

Congrès à la FTF : Vers la probable candidature de Tata Avlessi

S’il convient d’admettre qu’il faut attendre le 26 décembre prochain, date de clôture des candidatures pour avoir une idée exhaustive sur le nombre des candidats au poste tant convoité de présidence de la FTF, les bouleversements en cours au niveau de l’état major de certains clubs autorisent tout au moins à affirmer que le principe de la participation de leur président est acquis, et que le reste n’est plus qu’une affaire de temps. Au nombre de ces clubs figurent AGAZA de Lomé avec son légendaire Président Auguste SAGBO et l’Union Sportive de MASSEDA conduit par le richissime homme d’affaires Tata Avléssi.

            Pour ce qui est de ce dernier, des indiscrétions annoncent même l’imminence d’un point de presse devant permettre à l’homme de se déclarer candidat à la candidature en attendant que la Commission Electorale Indépendante mise ne place par la CAF et la FIFA et dirigée par le Général Seyi Mèmene ne statue sur la validité de son dossier. Certes, il est pour l’heure difficile de se prononcer sur l’aura dont jouit ce potentiel candidat auprès de l’électorat tant rien n’est encore défini, mais au sein du public, on présume que l’éventuelle accession de l’homme à la tête du sport roi togolais pourrait lui donner un plus. « Il a fait ses preuves en permettant à l’USM de se hisser dans le concert des grandes équipes du Togo » nous lance un fervent supporter des Eperviers (interrogé sur la question) qui conclut que « sans se voiler la face, il est en mesure de sortir le football togolais du bourbier actuel tous ses travaux de réfection de stade, de création d’écoles ... en sont révélateurs».

            Dans l’entourage de l’homme cette fois, on semble reconnaître volontiers que « tout homme à ses qualités et défauts mais le profil de Tata semble correspondre à celui de l’homme qui peut valablement relever le défi actuel ». Se réservant de dévoiler son programme et ses ambitions pour le football togolais avant la conférence de presse devant officialiser sa candidature, on annonce du moins que de façon générale, l’homme compte créer une nouvelle ambition de folie autour du ballon rond togolais. Et dans les coulisses, il se susurre qu’il se projette d’abord de redynamiser le championnat. « Cela passe par la dotation des ligues des stades dignes de ce nom avec le double avantage de permettre aux joueurs de se sentir à l’aise sur les chants de jeu et de bien évoluer et aux spectateurs de pouvoir s’asseoir et suivre les matchs dans des conditions confortables ». La résultante de la réalisation de toutes les ambitions de l’homme vis-à-vis du football togolais, soutient-on, sera que de là le championnat togolais tendra vers le professionnalisme, ce qui permettra aux clubs du pays de se faire des recettes et d’être capables de rivaliser leurs voisins ivoiriens, ghanéens, nigérians …sur l’échiquier continental.

            Pour ce qui est des Eperviers, du football des jeunes et des filles, les projets devraient aussi être tout autant élogieux et on n’hésite pas à soutenir que son engagement en faveur de l’Union Sportive de Masséda qui s’est traduit par la construction d’un nouveau stade et son amour pour le football togolais suffisent à convaincre ceux qui doutent de l’homme et de sa capacité à redonner espoir aux Togolais via le ballon rond.

            Mais l’homme dispose t-il des moyens pour cet ambitieux projet ? A cette question, on rassure que « c’est vrai que cela nécessite de puissants moyens mais tant qu’il y a la volonté, et le désir de bien faire rien n’est impossible ».   

L.R

 

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