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Ce choix n’aurait peut être pas été aisé
si ce parti avait accepté ne serait-ce qu’un
strapontin au gouvernement pour faire entendre sa
voix. Officiellement le scrutin proportionnel a été
préféré au scrutin uninominal à deux tours pour des
raisons de calendrier et de finance.
Si l’UFC tient au scrutin à deux tours
c’est qu’elle espère arriver en tête au premier
tour dans les fiefs de l’opposition. Et dans
l’hypothèse du deuxième tour elle espérait
capitaliser les suffrages des électeurs de toute
l’opposition qui se verront logiquement obligés de
voter UFC en signe de rejet du RPT.
Depuis plusieurs années le CAR et la CDPA ont essayé
en vain d’amener l’UFC à conclure une alliance
électorale aux fins de positionner des candidats
uniques face aux candidatures du RPT. Si le parti de
Gilchrist Olympio refuse de se mettre ainsi ensemble
avec ses camarades de l’ex coalition, c’est qu’il se
croit si puissant au point de n’avoir pas besoin
d’eux. C’est sans doute en réaction à ce « mépris »
et pour ne pas être contraint à appeler leurs
électeurs à voter UFC au deuxième tout malgré eux et
pour ne pas se faire réduire à néant par le
partenaire d’hier devenu adversaire redoutable que
le CAR et la CDPA ne se sont pas opposés au scrutin
proportionnel. Ici on vote pour les partis plus que
pour les candidats. Mais ce sont les partis qui
proposent les listes de députés. Ce scrutin suppose
le partage de sièges conformément au pourcentage
électoral obtenu dans la circonscription. A la
première étape une première attribution est faite à
partir d’un quotient électoral et à la seconde
étape, la répartition des restes peut être faite.
D’une manière générale, la
représentation proportionnelle privilégie la
répartition des différentes opinions selon un nombre
de sièges correspondant à leur base.
Par exemple, le parti qui contrôle les
trois dixième de l’électorat obtiendra les trois
dixième des sièges. Le scrutin proportionnel
favorise davantage le parti en tant qu’équipe engagé
dans la compétition que les individualités
marquantes.
En définitive la représentation
proportionnelle ne contraint pas les partis
politiques à se regrouper pour gagner. C’est après
les élections que les alliances se négocient pour la
constitution de la majorité et la formation d’un
gouvernement de coalition.
Si le scrutin proportionnel permet au
CAR et à la CDPA de se libérer du joug de l’UFC il
permet aussi au RPT de résoudre en partie le
problème lié aux conflits de candidatures qui pointe
à l’horizon. Puisqu’on vote avant tout pour les
partis, il est loisible au Bureau du parti politique
de proposer des listes de candidats pour faire taire
les éventuels dissidents qui tenteraient de s’ériger
en indépendants.
Abass SAIB |