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Le Regard

13 Sept 2007

[ 559 : du 11 Sept 2007]
Des partis politiques retouchent leur liste de candidatures

A quelques jours de la clôture des dépôts de candidatures le 14 septembre plusieurs partis politiques éprouveraient des difficultés à constituer une liste définitive. On annonce qu’il y aura des retouches aux listes initiales jusqu’à la dernière minute pour éviter des surprises désagréables.

Quand bien même pour la bonne image des partis dont nous taisons les noms on ne voudrait pas que les problèmes liés aux candidatures se retrouvent sur la place publique, les contestations sont réelles. Des candidats recalés cherchent par tous les moyens à montrer que ceux qui ont été désignés à leur détriment seraient d’anciens militants d’autres partis politiques ou auraient été positionnés pour jouer les taupes du RPT et que donc ils retourneront la veste une fois élus.

Certains partis de l’opposition restés longtemps sans contact avec le Togo profond à force de vouloir positionner des candidats dans toutes les préfectures pour donner l’impression qu’ils sont représentatifs ont coopté des candidats douteux.

Le RPT qui du fait des moyens colossaux accumulés depuis plus de 40 ans, tente tant bien que mal de gérer cette affaire de candidatures contestées. Ses candidats recalés sont tentés d’y aller en indépendants pour démontrer qu’ils valent mieux que ceux qui ont été désignés.

On comprend pourquoi le représentant personnel du président du RPT a tenté de calmer les mécontents en déclarant lors de la cérémonie de clôture de la cérémonie d’investiture que « Les candidats à la candidature qui n’ont pas été retenus cette fois-ci doivent transcender la situation et accepter de travailler ensemble avec les portes flambeaux d’aujourd’hui ». Tant au niveau des partis de l’opposition que du parti au pouvoir l’autre problème qui se pose avec acuité porte sur le positionnement des candidats et pour cause, les candidats placés en tête de liste ont plus de chance d’être élus.

Ce n’est donc pas une fin en soi qui d’être désigné. Il faut pouvoir être en tête de liste. Pour contourner ce problème le RPT a tout simplement publié la liste des candidats sans indiquer l’ordre. Pour éviter un autre quiproquo sur l’ordre des candidatures, on attend de mettre tous devant le fait accompli. Les candidats sauront la place qu’ils occupent quand le délai de dépôt sera expiré et qu’il n’y aura donc plus de possibilité de changer quoi que ce soit. Dans les états major des partis politiques on s’active donc contre la migraine des candidatures en attendant la fièvre de la campagne électorale.

A.S

 
La mission de l’UE est à Lomé pour analyser le processus électoral

Le chef de la mission d’observation de l’Union Européenne Mme Fiona Hall est arrivée dimanche à Lomé, apprend-on de source proche de l’institution européenne. D’autres parlementaires européens sont également attendus à Lomé dans le cadre des législatives qui se tiendront le 14 octobre prochain.

La mission qui séjourne au Togo du 08 septembre au 03 octobre 2007 est composée d’experts chargés d’analyser les conditions techniques et politiques liées au processus électoral. Elle mettra en place un site Internet après avoir rencontré les acteurs politiques et de la société civile. Suivra ensuite le déploiement des observateurs de l’UE sur toute l’étendue du territoire. Visiblement l’implication de l’Union Européenne dans le processus électoral est réelle et décisive. Par le passé les relations tendues qui prévalaient entre Bruxelles et Lomé, n’ont pas permis une implication accrue de l’observation européenne dans les processus électoraux. La première observation véritable de l’Union Européenne au Togo avait eu lieu à l’occasion de l’élection présidentielle de juin 1998 qui s’était soldée par un hold- up électoral qui avait fait sortir le processus de son cadre légal. A l’époque un observateur de l’UE qui s’était rendu à la mairie de Lomé où les urnes emportées ont été déposées avait été séquestré et des observateurs européens avaient été humiliés et contraints de quitter le pays clandestinement. Feu Gnassingbé Eyadema qui soupçonnait l’Union Européenne de connivence avec l’opposition togolaise avait l’habitude d’invoquer la souveraineté nationale pour rejeter, « l’ingérence de l’Union Européenne dans les affaires intérieures du pays ».

            Pour donner un semblant de crédibilité à des mascarades électorales le pouvoir togolais faisait alors inviter des individus à la peau blanche véritables observateurs alimentaires qu’on faisait défiler sur les médias pour déclarer que les élections au Togo étaient les meilleures au monde. Aujourd’hui on est loin très loin de ces montages et la centaine d’observateurs européens qui arriveront à la suite de cette mission ne seront pas complaisants. De quoi rassurer un tant soi peu ceux qui se rappellent de notre passé électoral hésiteraient à aller accomplir leur devoir civique.    

L.R.

 
Le Gouvernement surestime  la capacité de mobilisation  de la CSTT

Dans une déclaration largement diffusée dans le courant de la semaine dernière, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo (CSTT) a appelé tous les travailleurs à participer à une marche pacifique le samedi 8 septembre 2007 pour protester contre la situation qui est la leur plus de quinze mois après la signature des accords issus du dialogue social. Mais la marche n’a finalement pas eu lieu.

Certes, aucun communiqué tapageur n’a été rendu public pour l’interdire. Mais au jour et à l’heure prévue pour la manifestation, un cordon des forces de l’ordre avait été déployé sur les lieux d’où devait partir la marche ainsi qu’au point de chute. Les manifestants potentiels ont donc été empêchés de se regrouper pour prendre le départ de la marche.

            Certaines sources font état de ce que, si les forces de sécurité s’étaient déployées, c’était tout simplement pour faire économie d’une manifestation dont nul ne saurait prédire à l’avance l’issue, en cette période délicate du processus électoral. On souligne que la manifestation n’avait d’ailleurs plus sa raison d’être, dès lors que le Chef de l’Etat a instruit les services compétent afin qu’un mois d’arriéré de salaire soit versé aux travailleurs avant la rentrée scolaire.

            Mais du côté des organisateurs de la marche avortée, on refuse de considérer cet aspect du problème ou d’en faire l’essence des raisons ayant conduit au mot d’ordre de la marche. Le seul paiement d’un mois d’arriéré de salaire, même s’il n’est pas rien, n’occulte pas tous les problèmes sérieux auxquels sont confrontés les travailleurs togolais dans leur vie de tous les jours. Il ne s’agit-là qu’une partie de l’engagement N° 66, une goutte d’eau dans une mer de misère.

            La CSTT se propose de tenir cet après-midi, une conférence de presse pour éclairer la presse sur sa position. Mais ce qu’on peut d’ores et déjà remarquer, c’est que les dispositions dissuasives mises en place ont plutôt contribué à faire de la publicité à cette centrale syndicale. Rien n’indique en effet que la marche pacifique aurait fait autant de bruit que son interdiction. La CSTT aujourd’hui requinquée et revigorée a donc repris du poil de la bête et affiche une détermination à aller au bout de ses revendications. On aurait dû laisser la CSTT manifester en prenant des dispositions pour qu’elle ne dégénère pas. Il n’y avait pas d’inquiétude à se faire puisque les quatre autres centrales syndicales n’y étaient pas impliquées.

            On attend de voir comment le gouvernement se prendra pour gérer la suite des événements en l’absence de toute trêve sociale et surtout que les syndicats ne sont pas partie prenantes à l’Accord Politique Global. Mais il est à craindre que ce genre de situation ne devienne un sport national contre les libertés publiques dans la mesure ou le droit de manifester est consacré par la constitution togolaise.

L.R.

 
Danger sur le processus électoral dans les zones sinistrées
Les inondations survenues dans le grand nord du Togo ne sont pas sans incidence sur le processus électoral. Selon le bilan provisoire du recensement rendu public par la CENI, les quatre préfectures sinistrées totalisent 331.595 électeurs :

Onze députés seront élus sur l’ensemble de ces préfectures. Il est évident que la délocalisation des populations touchées par les inondations posera un problème pour la CENI dans la mesure où les déplacés qui s’étaient fait recenser dans leurs centres de vote ne pourront pas revenir pour y voter. Encore faudrait-il qu’ils aient sur eux leur carte d’électeur car il est fort possible qu’à force de vider les lieux les sinistrés n’aient tout naturellement pas pensé à leur carte d’électeur. Au niveau de l’institution chargée de l’organisation des élections on s’active à faire le point de la situation pour envisager des mesures à prendre afin que les élections puissent se dérouler dans de bonnes conditions dans les localités touchées. Pour l’heure on ne connaît pas avec exactitude le nombre d’électeurs frappés par le sinistre. Et puisque en pareilles circonstances la survie prend le pas sur le désir de voter, il va falloir prendre des dispositions spéciales pour réconforter les sinistrés et les intéresser au vote. Les partenaires du Togo qui ont contribué au financement des législatives dans le cadre du projet PEACE et qui sont particulièrement attentifs à cette situation devront s’investir davantage.

 
La FIFA très embarrassée par la situation togolaise

De source proche de la cellule de communication de la FIFA, l’instance mondiale du football est très préoccupée par la situation née dans le sport-roi au Togo depuis que Tata Avlessi  a été démissionné de la tête de la FTF. La même source qui se refuse de tout autre commentaire précise que la FIFA est en contact permanent avec la CAF et suit de très près l’évolution de la situation.

La FIFA qui devrait se prononcer clairement pour situer les uns et les autres tarde à prendre une décision. A ce jour, nul ne sait clairement sa position dans le dossier togolais qui visiblement l’embarrasse. Chacune des parties prenantes dans cette affaire n’attend qu’une décision de l’instance suprême du football en sa faveur pour crier victoire. Mais la FIFA se mure dans un silence sépulcral. Va-t-elle laisser la situation pourrir ou doit-on s’attendre à ce qu’elle se prononce clairement un de ces jours, Le  hic, c’est que pendant que la FIFA garde le silence le Gal. Gnofame avance.

            Depuis le 10 juillet 2007, jour où la décision  du jury disciplinaire de la CAF suspendant Tata Avlessi de toute activité ayant un quelconque rapport avec le football a été officiellement notifiée à la FTF, la crise qui couvait déjà au sein de l’instance dirigeante de notre football s’est aggravée. On a vu dans le Bureau Exécutif, deux camps s’affronter : une première tendance composée de frondeurs soutenait Gabriel Améyi, 1er  Vice-président qui s’était autoproclamé Président de la FTF, tandis qu’une autre, restée fidèle à Tata Avlessi, avait coopté Lawson Gallus, doyen d’âge, pour assurer l’intérim en attendant la suite des événements.

            La FTF s’était de fait retrouvée avec deux Présidents à sa tête. Une situation inédite génératrice d’une pagaille sans précédent. Face à la menace que faisait planer cet état de fait sur le football national surtout que les Cadets étaient déjà en préparation pour le mondial de la catégorie en Corée du Sud et que les Seniors attendaient de jouer un match déterminant pour leur qualification à la CAN 2008 au Ghana, le Chef de l’Etat avait mis en place un comité avec pour mission, de prendre attache avec la CAF afin de savoir la conduite à tenir. Mais en attendant que ce comité au sein duquel se trouvait le Secrétaire d’Etat à la jeunesse assurant l’intérim du ministre de la jeunesse et des sports ainsi que d’autres personnalités issues du monde sportif ne rende compte de sa mission, la situation allait au pourrissement. C’est dans cette atmosphère que la mise en place d’un comité de gestion provisoire du football au Togo a été annoncée. Ce comité selon les sources officielles a été créé par le Comité National Olympique Togolais (CNOT) dirigé par le Gal Zoumaro Gnofame sur instruction du Gouvernement togolais après consultation de la CAF. Il est mis en place pour une durée de six mois au cours desquels il assurera les fonctions dévolues à la FTF et devra organiser dans ce délai un congrès pour élire un nouveau Bureau Exécutif.

            Mais dès sa mise en place le Comité de Gestion Provisoire dirigé par M. Bernard Edjaïdè Walla a fait l’objet de critiques les plus acerbes. Pour certains, ce comité ne repose sur aucune base légale. Sa création ne serait donc qu’une imposture, une violation flagrante des statuts de la FTF qui prévoient qu’en cas de vacance à la présidence, les fonctions du Président soient assurées par le 1er Vice-président.

            Une fois encore, l’opinion se retrouve divisée sur la légitimité du Comité de Gestion Provisoire. Pendant qu’il est décrié par les uns, il est soutenu par les autres. Le plus  cocasse, c’est que dans chaque camp, on laisse entende volontiers qu’on a le soutien de la CAF et surtout de la FIFA.

            Il n’y a pas longtemps, des informations persistantes et confirmées par des sources proches du CNOT avaient fait état de ce que la FIFA avait écrit au Président de cette institution pour apporter son soutien au Comité Provisoire de Gestion.  Ces informations ont été très vite battues en brèche par l’autre camp, surtout que jusqu’à ce jour, aucune trace de la fameuse lettre n’a été vue. Mieux, les détracteurs du Comité de Gestion Provisoire indiquent que le Togo est sous la menace d’une sanction des instances internationales du football. Bref, malgré la mise en place du Comité de Gestion Provisoire, la situation reste confuse dans le football togolais.

L.R

 

     
 

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