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09 Août 2006

[ 501:  8 Août 2006]
La deuxième phase du dialogue a démarré à Ouaga : Le CAR, le PDR et le REFAMPT reçus hier

La deuxième phase du dialogue a démarré  hier au Centre International de  Ouaga 2000 où le Président Compaoré a conféré à huis clos et séparément  avec les délégations du PDR et CAR. Au moment où nous mettions sous presse, le REFAMPT attendait d’être reçu. Les différentes délégations ont réaffirmé leurs positions. Aujourd’hui, le président burkinabé reçoit  le RPT, la CPP et la CDPA. Assisté de son ministre de l’intérieur Djibril Bassolé, observateur de la première phase du dialogue à Lomé, le Président Compaoré se contente d’écouter chaque partie. Après quoi,  une synthèse  de différents points de vue sera faite avant une convocation  des protagonistes autour d’une table le 10 août prochain.

 
 

On sait d’ores et déjà  que le CAR qui a la même position que la CDPA, le GF2D et l’UFC sur le mode de scrutin (deux tours),  s’oppose  au PDR qui préfère le mode de scrutin à un seul tour tout comme la mouvance présidentielle. Mais le Président Compaoré  ne pourra mesurer l’ampleur de la tâche  qui l’attend qu’après avoir écouté demain et après demain, la CDPA, le GF2D, l’UFC et le RPT.

D’autres sources font état de ce que la diplomatie sous-régionale serait mise en branle pour aider le Chef de l’Etat burkinabé à s’en sortir. Le gros morceau du plat togolais  qui s’offre à lui, c’est bien le retour à la Constitution de 1992 réclamé par l’UFC.

            La   conclusion d’un accord  serait  souhaitée   avant la visite du Président Faure Gnassingbé à Paris au début du mois de septembre prochain.

Toutefois, des sections européennes de certains partis, notamment l’UFC et la CDPA  pourtant embarquées dans le dialogue avec le parti de Faure Gnassingbé, ont lancé une campagne de mobilisation  pour protester contre la visite du président togolais à l’Elysée.   Témoignage de la méfiance  qui persiste entre les acteurs politiques, les responsables de ces deux partis ont refusé  d’embarquer à bord de l’avion présidentiel togolais, préférant se rendre à Ouaga à bord d’un vol régulier.

Au vu des positions apparemment irréconciliables qu’affichent les uns et les autres, les Togolais semblent ne pas trop croire à un dénouement heureux du dialogue, préférant s’en remettre  à la providence.

Sur place au Burkina, des confrères aussi  mesurent  la complexité de la crise togolaise. « Quand  l’incubation dure, c’est que la  couveuse est  mauvaise (…). En effet, ni  les pressions  de l’Union Européenne qui continuent à sevrer le Togo d’aides financières, ni l’implication de l’Union Africaine,  ni encore les souffrances du peuple togolais n’ont eu raison des rancoeurs et des procès mutuels que se font les différents protagonistes de la crise togolaise », écrit le quotidien burkinabé « Le Pays »,  qui poursuit qu’« au-delà de la proximité géographique, des affinités humaines, culturelles et historiques qui singularisent les rapports entre les deux pays et qui pourraient constituer des paramètres psychologiques suffisamment convaincantes pour éviter que Ouagadougou soit la tombe de la  réconciliation intertogolaise, il faudrait  à Blaise Compaoré tout un trésor  d’imaginations pour réussir sa mission de pompier d’un gigantesque incendie  que beaucoup  n’ont pas réussi à éteindre. Ce qui est sûr, le Président burkinabé aura la lourde tâche de définir la forme de la table de négociation car il aura face à lui, un singulière figure géométrique  aux multiples angles aussi éloignés que le sont ses interlocuteurs ».

Preuve de la complexité du cas togolais,  on se rappelle comment le Comité Paritaire de Suivi  mis en place après l’Accord Cadre de Lomé après deux ans de palabre stérile s’est volatilisé par la faute de la mouvance présidentielle mettant aux prises les diplomates allemand Von Stulpnagel et français Bernard Stasi, tous facilitateurs qui se sont livrés une guerre médiatique au sujet de la responsabilité de l’échec du dialogue.

S’adressant à l’UFC  le confrère burkinabé écrit que « les cimetières, dit-on sont  remplis de tombes de héros. L’UFC n’a-t-elle pas intérêt à s’insérer dans le processus actuel tout en essayant de l’améliorer ? En se réclamant principal parti de l’opposition, consciente de son poids électoral, elle peut faire la politique autrement ». Toute fois, et puisque charité bien ordonnée commence par soi-même, « Le pays » invite le Président Compaoré  à ne pas se laisser aveugler  par cette marque de confiance extérieure   pour occulter les problèmes intérieurs du Burkina. « Certes, le Togo et le Burkina Faso  ne vivent pas la même fracture sociale mais il faudra   éviter à notre pays ce charme  du cheval bien paré  au visage mais plein de crottins à l’arrière qui ont pour synonymes, absence d’ouverture à l’opposition,  dialogue de sourds sur le front social et manque de transparence en ce qui concerne les dossiers  pendants  de justice ». En revanche, pour le « Journal du Jeudi », « la question  n’est plus tant de penser  quelle stratégie bâtira  le Président  Compaoré pour aboutir au point final. Pour les nombreuses raisons  qui leur seraient profitables à tous, les Togolais à l’étape actuelle sont « obligés » de lui faire réussir sa mission ».

Y. A.

 

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