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La deuxième phase du dialogue a démarré
hier au Centre International de Ouaga 2000 où le
Président Compaoré a conféré à huis clos et
séparément avec les délégations du PDR et CAR. Au
moment où nous mettions sous presse, le REFAMPT
attendait d’être reçu. Les différentes délégations
ont réaffirmé leurs positions. Aujourd’hui, le
président burkinabé reçoit le RPT,
la CPP et
la CDPA. Assisté de son ministre de l’intérieur
Djibril Bassolé, observateur de la première phase du
dialogue à Lomé, le Président Compaoré se contente
d’écouter chaque partie. Après quoi, une synthèse
de différents points de vue sera faite avant une
convocation des protagonistes autour d’une table le
10 août prochain. |
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On sait d’ores et déjà que le CAR qui a
la même position que
la CDPA, le GF2D et l’UFC sur le mode de scrutin
(deux tours), s’oppose au PDR qui préfère le
mode de scrutin à un seul tour tout comme la
mouvance présidentielle. Mais le Président
Compaoré ne pourra mesurer l’ampleur de la
tâche qui l’attend qu’après avoir écouté demain
et après demain, la CDPA, le GF2D, l’UFC et le RPT.
D’autres sources font état de ce que la diplomatie
sous-régionale serait mise en branle pour aider le
Chef de l’Etat burkinabé à s’en sortir. Le gros
morceau du plat togolais qui s’offre à lui, c’est
bien le retour à
la Constitution
de 1992 réclamé par l’UFC.
La conclusion d’un accord
serait souhaitée avant la visite du Président
Faure Gnassingbé à Paris au début du mois de
septembre prochain.
Toutefois, des sections européennes de certains
partis, notamment l’UFC et la CDPA pourtant embarquées dans le dialogue avec le parti de Faure
Gnassingbé, ont lancé une campagne de mobilisation
pour protester contre la visite du président
togolais à l’Elysée. Témoignage de la méfiance
qui persiste entre les acteurs politiques, les
responsables de ces deux partis ont refusé
d’embarquer à bord de l’avion présidentiel togolais,
préférant se rendre à Ouaga à bord d’un vol
régulier.
Au vu des positions apparemment irréconciliables
qu’affichent les uns et les autres, les Togolais
semblent ne pas trop croire à un dénouement heureux
du dialogue, préférant s’en remettre à la
providence.
Sur place au Burkina, des confrères aussi mesurent
la complexité de la crise togolaise. « Quand
l’incubation dure, c’est que la couveuse est
mauvaise (…). En effet, ni les pressions de
l’Union Européenne qui continuent à sevrer le Togo
d’aides financières, ni l’implication de l’Union
Africaine, ni encore les souffrances du peuple
togolais n’ont eu raison des rancoeurs et des procès
mutuels que se font les différents protagonistes de
la crise togolaise », écrit le quotidien
burkinabé « Le Pays », qui poursuit qu’« au-delà
de la proximité géographique, des affinités
humaines, culturelles et historiques qui
singularisent les rapports entre les deux pays et
qui pourraient constituer des paramètres
psychologiques suffisamment convaincantes pour
éviter que Ouagadougou soit la tombe de la
réconciliation intertogolaise, il faudrait à Blaise
Compaoré tout un trésor d’imaginations pour réussir
sa mission de pompier d’un gigantesque incendie que
beaucoup n’ont pas réussi à éteindre. Ce qui est
sûr, le Président burkinabé aura la lourde tâche de
définir la forme de la table de négociation car il
aura face à lui, un singulière figure géométrique
aux multiples angles aussi éloignés que le sont ses
interlocuteurs ».
Preuve de la complexité du cas togolais, on se
rappelle comment le Comité Paritaire de Suivi mis
en place après l’Accord Cadre de Lomé après deux ans
de palabre stérile s’est volatilisé par la faute de
la mouvance présidentielle mettant aux prises les
diplomates allemand Von Stulpnagel et français
Bernard Stasi, tous facilitateurs qui se sont livrés
une guerre médiatique au sujet de la responsabilité
de l’échec du dialogue.
S’adressant à l’UFC le confrère burkinabé écrit que
« les cimetières, dit-on sont remplis de tombes
de héros. L’UFC n’a-t-elle pas intérêt à s’insérer
dans le processus actuel tout en essayant de
l’améliorer ? En se réclamant principal parti de
l’opposition, consciente de son poids électoral,
elle peut faire la politique autrement ». Toute
fois, et puisque charité bien ordonnée commence par
soi-même, « Le pays » invite le
Président Compaoré à ne pas se laisser aveugler
par cette marque de confiance extérieure pour
occulter les problèmes intérieurs du Burkina.
« Certes, le Togo et le Burkina Faso ne vivent pas
la même fracture sociale mais il faudra éviter à
notre pays ce charme du cheval bien paré au visage
mais plein de crottins à l’arrière qui ont pour
synonymes, absence d’ouverture à l’opposition,
dialogue de sourds sur le front social et manque de
transparence en ce qui concerne les dossiers
pendants de justice ». En revanche, pour le « Journal
du Jeudi », « la question n’est plus tant de
penser quelle stratégie bâtira le Président
Compaoré pour aboutir au point final. Pour les
nombreuses raisons qui leur seraient profitables à
tous, les Togolais à l’étape actuelle sont
« obligés » de lui faire réussir sa mission ».
Y. A. |