|
|
|
|
|
[
N°558
: du 4 Sept 2007] |
|
Aberration constitutionnelle :
L’Assemblée
est dissoute et les Députés restent en fonction |
|
Le jeudi 30 Août 2007, le Président de la
République a pris un décret portant dissolution de
l’Assemblée nationale. Cette décision annoncée à
travers un communiqué de la Présidence de la
République est sans équivoque : « Le Président de
la
République,
vu l’article 68 de
la
Constitution
de
la
IVe République, sur proposition de la Commission
Electorale Indépendante relative à la fixation de la
date des élections législatives, après consultation
du Premier ministre et de l’Assemblée nationale.
Décrète : |
|
Article Premier : L’Assemblée nationale est
dissoute
Article Deux : Le Présent décret
qui prend effet à compter de ce jour
sera publié au journal officiel de la République
togolaise ».
Le dernier alinéa du décret présidentiel
dispose formellement que ledit décret prend effet à
compter du 30 Août 2007, date de sa signature.
L’interprétation littérale de cette disposition
permet de croire que les Députés issus des
législatives de 2002 sont devenus de facto, des
anciens Députés et que l’Assemblée nationale doit
vaquer en attendant l’élection et la prise de
fonction de nouveaux Députés. Mais avant d’en
arriver là, le pays n’a plus d’organe pour légiférer
et on se retrouve sous un régime d’ordonnance en cas
d’urgence.
Mais le Togo, comme on le dit souvent
est le pays des paradoxes et des contradictions. Ces
contradictions vont malheureusement jusqu’à affecter
les lois de la République et conduire parfois à des
aberrations juridiques.
En effet, malgré le décret présidentiel
du 30 Août prononçant la dissolution de l’Assemblée
nationale, dissolution qui, selon les termes du même
décret prenait effet le même jour, l’Assemblée
dissoute reste et demeure en fonction. Cette
situation dichotomique trouve sa justification et sa
base légale dans le dernier alinéa de l’article 52
de la Constitution de la IVe République. Ce texte
dispose que « les membres de l’Assemblée
nationale et du Sénat sortants par fin de mandat ou
dissolution, restent en fonction jusqu’à la prise de
fonction effective de leurs successeurs ».
A la vérité, cette disposition ne
figurait pas dans la version de la Constitution
telle qu’adoptée massivement par les Togolais le 27
Septembre 1992 et promulguée par le Président de la
République le 14 octobre de la même année. Elle n’y
a été introduite que plus tard lors d’un des
nombreux « toilettages » dont notre loi
fondamentale a été l’objet.
On se souvient en effet que dans leur
tentative de reconquête de tout le pouvoir au
lendemain de la Transition, feu le Président Eyadéma
et ses partisans avec Natchaba à leur tête s’en
étaient entre autres pris à la Constitution dont ils
disaient qu’elle contenait des dispositions dirigées
contre des individus. Pour des raisons d’intérêt
politiques, Fambaré Natchaba qui était à l’époque
Président de l’Assemblée nationale entièrement
acquise à la cause du pouvoir en place suscitait et
procédait à tour de bras, à des modifications de la
constitution. C’est ainsi qu’il avait défendu bec et
ongle cette disposition, sous prétexte d’éviter le
vide juridique en fin de législature. A ce jour, ces
nombreux toilettages ont fini par donner un autre
visage à notre loi fondamentale. Tous les
spécialistes en droit constitutionnel avaient trouvé
ces manœuvres inédites et inadmissibles. Parce que
s’il faut appliquer la formule de Natchaba, on
ferait tout le temps recours aux députés de
l’Assemblée dissoute pour légiférer alors même que
l’Assemblée n’a plus d’existence légale. Une
première au monde.
La situation à laquelle on assiste
aujourd’hui est assez cocasse. Le 30 Août 2007, le
Président de la République vise l’article 68 de la
Constitution pour prononcer la dissolution de
l’Assemblée nationale. Une décision qui doit prendre
effet le même jour. Mais l’article 52 de la même
constitution dispose que les Députés de l’Assemblée
dissoute restent en poste jusqu’à la prise de
fonction effective de leurs successeurs.
S’il faut juger sur la base de la
hiérarchisation des textes, la Constitution a de
loin plus de force que le décret. Mais n’aurait-on
pas dû éviter cette aberration juridique qui n’est
que la conséquence des révisions répétées de la
Constitution opérées par Natchaba et les siens ?
Il faut donc attendre que les problèmes
se posent afin de voir comment on se prendra au
sommet de l’Etat pour les résoudre.
L.R |
|
|
|
Législatives du 14 octobre 2007 :
L’UFC
se prémunit contre la trahison de ses futurs députés |
|
L’Union des Forces de Changement (UFC) a fait
signer à ses candidats aux législatives, un contrat
de confiance avant leur investiture qui a eu lieu
dans le courant de la semaine dernière en présence
du Président Gilchrist olympio. En fait d’un contrat
de confiance, il s’agissait d’un véritable « pacte
d’adhésion aux valeurs de l’UFC » qui posait des
conditions générales de candidature du parti de
Gilchrist Olympio. Ces conditions qui, au départ,
semblent communes à plusieurs autres formations,
prennent vers la fin, une marque imprimée par l’UFC. |
|
Ainsi par exemple, outre l’obligation pour le
candidat de s’engager à respecter et à défendre dans
l’intérêt des populations, les valeurs et objectifs
qui fondent les réflexions et les actions de l’UFC
contenus dans le manifeste du parti et de s’engager
à s’acquitter régulièrement des cotisations
spéciales des élus conformément aux statuts et
règlements intérieur du parti, les prétendants à la
députation sous les couleurs de l’UFC doivent
s’engager, « en cas de rupture avec le parti,
notamment en cas de transhumance politique, à
démissionner de ses fonctions de député à
l’Assemblée nationale, dans le respect
scrupuleux de la confiance que lui ont accordé es
électeurs ».
Légitime inquiétude en prenant cette
dernière disposition, l’UFC a certainement à cœur,
d’éviter que des députés élus sous sa bannière ne se
retrouvent du jour au lendemain dans les bras d’un
parti adverse. Ses appréhensions sont d’autant plus
légitimes que l’histoire politique récente du Togo
recèle d’exemples où des personnalités élues sous
les couleurs d’un autre parti avaient fini par se
retourner contre celui-ci au profit du RPT.
On peut citer par exemple le cas de
Agouda Moumouni qui, après avoir été élu comme
Député de l’UTD avait rejoint le RPT avec armes et
bagages. Un autre cas est celui de Tchégnon Ayedam
et Allagbé Bayédzé, tous députés du CAR qui
s’étaient finalement retrouvés au RPT en train de
narguer le parti qui leur avait permis de se tailler
une place à l’hémicycle.
Au regard de ces exemples, la position
de l’UFC peut se comprendre et même se justifier.
Dans un pays comme le Togo où la misère a atteint
des proportions inimaginables, il est facile pour
des personnes rendues encore plus misérables après
de longues années passées dans l’opposition, de
succomber aux sollicitations mirobolantes du parti
au pouvoir après avoir été élus sous les couleurs
d’un autre parti.
Au Bénin voisin, la transhumance
politique est devenue un sport national à
l’hémicycle. Jusqu’à ce jour, aucune loi n’a été
adoptée pour barrer la route au phénomène qui compte
désormais dans les calculs politiques.
Par contre au Ghana, des dispositions
ont été insérées dans la Constitution pour éviter
que cette pratique ne s’installe. Reste à savoir
maintenant, la portée de la décision de l’UFC.
Crise de confiance ?
En réalité, tout porte à croire que les
dispositions prises par l’UFC ne tendent qu’à
dissuader les candidats qui seraient tentés par la
transhumance et les mettre face à leurs
responsabilités.
L’obligation faite aux candidats de l’UFC
de s’engager, en cas de rupture avec le parti,
notamment en cas de transhumance politique à
démissionner de leurs fonctions de député aurait
pu se faire à huis clos qu’elle serait passée
inaperçue. Mais cette disposition viole la
constitution en son article 52 alinéa 1 qui stipule
que «chaque député est le représentant de
la
Nation
tout entière. Tout impératif est nul ».
En conséquence toute action visant à faire
démissionner un élu pour une raison ou une autre est
nulle et de nul effet. Tout député a le droit de
rester à l’Assemblée même s’il quitte le parti sous
la bannière de laquelle il a été élu. Cette nouvelle
trouvaille de l’UFC donne plutôt des raisons aux
détracteurs du parti de Gilchrist Olympio de croire
que l’UFC même ne croit pas en l’intégrité et la
probité morale des personnes qu’elle positionne à la
députation. Pour poser autant de conditions, il faut
que ce parti redoute la présence en son sein,
d’individus pouvant se révéler des candidats
fragiles, facilement « achetables ». Un
argument dont peut se servir le RPT pour
démobiliser les électeurs de l’UFC.
L.R |
|
|
|
Des militaires de la CEDEAO pour observer les
législatives au Togo |
|
Le Comité de Suivi a encouragé la CEDEAO à mettre en
place un dispositif d’observation militaire visible
et efficace. Le facilitateur du dialogue inter
togolais ayant approuvé, la revendication de l’UFC
sur l’envoi des observateurs militaires dans le
cadre des prochaines législatives, son intervention
auprès des autorités togolaises a été déterminante. |
|
Depuis le 27 Août 2007 une mission exploratoire
d’observation militaire séjourne dans notre pays.
Cette mission composée de cinq officiers des armées
du Burkina Faso de la Côte d’Ivoire de la Gambie du
Mali et du Sénégal, après avoir rencontré les
autorités administratives politiques et militaires
ainsi que tous les acteurs impliqués dans
l’organisation des élections au Togo fera
l’état des lieux, identifiera les attentes des uns
et des autres et élaborera au besoin un schéma
d’accompagnement.
Dans son dernier mémorandum, sur la mise
en œuvre de l’APG, l’UFC avait insisté sur l’envoi
d’une mission d’observateurs militaires en vue de
sécuriser les élections législatives. Durant toutes
les séances du Comité de Suivi, le parti de
Gilchrist Olympio a toujours réitéré ce point qui
lui tient particulièrement à cœur. Au cours de la
mission conjointe d’évaluation UE/PNUD au Togo en
Janvier 2007, la mission de l’UE avait exprimé la
disponibilité du conseil de l’Union Européenne à
étudier favorablement une requête des autorités
togolaises ou de la CENI visant à mettre en place
indépendamment de la structure pluridisciplinaire
d’alerte prévue au paragraphes 1.2.8 de l’APG, un
dispositif sécuritaire de soutien militaire pour
aider à la neutralité des Forces Armées Togolaises
pendant le déroulement du processus électoral.
L’Union Européenne qui travaille
désormais en étroite collaboration avec la CEDEAO
approuve donc cette formule qui vise à sécuriser le
processus électoral. Il est vrai que le déploiement
dans notre pays des forces étrangères contribuera à
rassurer tous ceux qui, du fait des événements
douloureux passés hésitent encore à aller voter. Il
contribuera en outre à dissuader des forces
parallèles, «éléments incontrôlés», qui
envisageraient de saboter le processus électoral.
En fait ce n’est pas la Première fois
que des forces étrangères arriveront au Togo dans le
cadre des élections. En janvier 1994 les Forces
Armées du Burkina avaient été envoyées au Togo pour
observer les élections législatives après l’Accord
de Ouaga signé en 1993. Cette fois-ci plusieurs
Forces Armées qui seront au Togo sous l’égide de la
CEDEAO accompagneront la FOSEL (Forces Spéciales
pour les Elections Législatives) dans leur mission
de sécurisation des élections.
A. S. |
|
|
|
Bilan national provisoire du recensement électoral
du 16 juillet au 19 août 2007 |
|
La
CENI a rencontré hier les partis politiques
légalement constitués. A l’occasion, le bilan
provisoire du recensement électoral du 16 juillet
au 19 août 2007 (voir tableau) a été présenté. Il a
été annoncé que dans les tout prochains jours la
CENI va publier le fichier définitif apuré de toutes
les insuffisances et qui sera consultable sur
internet. |
|
Les représentants de partis politiques ont exprimé
des inquiétudes liées à la détection des doublons,
au recensement des militaires qui ont été convoyés à
l’intérieur du pays ainsi qu’au recensement des
étrangers.
A ce sujet précis, le rapporteur de la CENI a
expliqué que « la troupe est soumise à la
hiérarchie. On ne la laisse pas en divagation aller
se recenser comme nous le faisons au niveau des
civils. Si les militaires vont se faire recenser au
Centre de Kpewa, comprenez qu’ils n’iront pas un à
un pour se faire enregistrer. Ils seront forcément
convoyés par des véhicules militaires avec un chef
qui répond de leurs actes. Le ministre de la
sécurité nous a expliqué comment cela est fait ».
La CENI est préoccupée par un certain nombre de
dossiers urgents. Notamment les questions liées au
vote et à l’observation. « Il nous faut débattre
en plénière pour adopter une ligne qui puisse nous
permettre de répondre à des questions qui touchent
au vote » a indiqué le Président de la CENI.
Après
avoir regretté le fait que certaines dénonciations
sont faites sur la base de rumeurs M. Potopéré a
exhorté les uns et les autres à signaler en cas
d’irrégularités des preuves palpables et à saisir
son institution par écrit pour l’aider à corriger
les insuffisances dans l’intérêt de tous.
L.R |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|