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N°554
: du 31 juillet 2007] |
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CAR/UFC ou le choc de deux logiques |
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Les relations entre l’UFC et le CAR qui n’étaient
pas déjà bonnes depuis quelques années s’enveniment
à l’approche des législatives. Dans son dernier
point de presse au cours duquel elle a dénoncé les
irrégularités qui ont émaillé le processus du
recensement électoral, l’UFC avait affirmé qu’elle
tiendra le Chef de l’Etat et le Premier ministre
responsables de l’échec du processus électoral. |
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En
réaction le Directeur de Cabinet du Premier ministre
relève l’acharnement de l’UFC à « voir tout en
noir ». La Primature rappelle que « l’UFC est
coorganisatrice des élections à travers les deux
personnalités qu’elle a désignées pour la
représenter dans
la
CENI et dont l’une est chargée de la tâche
primordiale de la gestion et du déploiement des kits
et des autres éléments du matériel électoral ».
Le fait que l’UFC ait relevé la
responsabilité du Premier ministre dans le processus
alors que c’est
la
CENI qui organise et supervise tout le processus a
été perçu comme une provocation. En guise de
contre-réaction, l’UFC relève – dans un communiqué
daté du 25 juillet – l’obstination du Chef du
gouvernement à banaliser et à ignorer l’existence de
graves dysfonctionnements d’ordre politique dont le
règlement relève pourtant de sa compétence.
Une source gouvernementale fait
remarquer que les cas signalés soit 3 préfets sur 30
ont été réglés par les cellules de communication en
tournée à l’intérieur du pays et que de toutes les
façons les personnes frauduleusement recensés seront
écartés s’il existe des preuves qu’ils ne méritent
pas de l’être. Alors donc il n’y a pas lieu de
conclure à l’échec du processus.
Dans l’entourage du Premier ministre on
considère que l’UFC est restée fidèle à la logique
qui est la sienne depuis la désignation de Me
Agboyibo à la tête du dialogue intertogolais,
désignation contestée par le Parti de Gilchrist
Olympio qui a décidé par la suite d’être hors du
gouvernement pour mieux critiquer. Les partisans de
Me Agboyibo ne sont pas près d’oublier les propos
pas du tout amicaux que Gilchrist Olympio a tenus à
l’endroit du PM nouvellement nommé. Jean Pierre
Fabre a révélé lors d’une émission sur une TV privée
que « les représentants du CAR seraient en train
de faire campagne contre l’UFC en disant aux
populations de ne pas voter pour le parti de
Gilchrist Olympio ».
Pour le Secrétaire Général de l’UFC
« Agboyibo et son parti tentent de dénigrer l’UFC.
Ils auraient fait croire aux populations que l’UFC
et le RPT sont responsables de la situation de
crise» que vit le Togo aujourd’hui. «Ce n’est
pas un dénigrement, c’est la vérité » rétorque
un responsable du CAR. A plusieurs reprises le
Président national de l’UFC a eu à insinuer que ceux
de l’opposition qui sont rentrés au gouvernement y
sont pour se faire une santé financière et non pour
servir les intérêts du peuple que seule l’UFC
défendrait. Une façon de dire que tous ceux qui sont
entrés au gouvernement aident le RPT à bafouer les
intérêts du peuple. En réalité au-delà des
intentions que les uns prêtent aux autres et vice
versa, ce sont deux logiques politiques qui
s’opposent.
En cas de victoire, l’UFC exclut
toute logique de partage du pouvoir et entend donc
mettre à l’écart les tenants du pouvoir RPT pour
gérer seule le pays. Ainsi que l’a souligné
Elliot OHIN, un proche de Gilchrist Olympio. « Le
but de notre parti n’est pas d’aller aux élections
pour partager le pouvoir avec le clan Gnassingbé
mais de mettre en pratique notre programme de
société fondé sur le bien être de tous. C’est
d’ailleurs pour cette raison que l’UFC a rejeté sa
participation à ce pseudo gouvernement d’Union qui
ne peut lui laisser toute la latitude nécessaire
pour la mise en pratique de son programme ». Il
est donc clair qu’en allant à ces législatives l’UFC
se met en position de croiser les fers avec le Chef
de l’Etat qu’elle entend chasser du pouvoir à court
moyen ou long terme avec toutes les conséquences que
cela implique.
Par contre le CAR qui s’inscrit dans
une logique de gestion consensuelle du pouvoir
considère que la situation dans laquelle se trouve
le Togo est si inquiétante qu’il faut la
participation de tous pour le reconstruire. Pour le
parti de Me Agboyibo la logique d’affrontement et
des règlements de compte ne fera qu’empirer la
situation déjà préoccupante. « A quoi auront
servi tous les efforts déployés si l’issue des
législatives rouvre une nouvelle crise et que les
Togolais reprennent le chemin de l’exil ? »
s’interroge-t-on au CAR. Mais le langage qui fâche à
l’UFC est celui qui consiste à présenter le parti de
Gilchrist Olympio comme un parti de va-t-en guerre
qui a accepté le dialogue à contre cœur. C’était
aussi malgré lui que Me Agboyibo s’était rallié à
l’opinion en vogue au début des années 90 et qui
voulait que les tenants du pouvoir RPT soient
chassés par la force, seule condition pour
l’instauration de la démocratie au Togo. Le
Président du CAR en est venu à se convaincre
aujourd’hui que le temps lui a donné raison
puisqu’au bout du compte tous ceux qui
affectionnaient la violence verbale et la lutte
armée, s’étant rendu compte des limites de leurs
stratégies et moyens seraient revenus à de meilleurs
sentiments.
Le Président du CAR ne manque pas
d’ironiser qu’enfin des acteurs politiques qui
avaient pour stratégie l’éradication de la dictature
par la violence soient revenus à l’option prônée par
le CAR depuis le début du processus démocratique. A
savoir qu’il n’y a que par la voie du dialogue et de
la persuasion que le Togo puisse sortir de la crise.
Les populations auront donc à choisir entre les deux
logiques qui participent de l’expression
démocratique. Mais avant cela il faudra veiller à ce
que l’argument de la force ne l’emporte pas sur la
force de l’argument pendant la campagne électorale.
Yao
Assou |
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Gilchrist ne pourra pas voter si… |
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Les opérations du recensement prorogées dans la zone
A prennent fin demain. Le chef de l’Etat, le Premier
Ministre, ainsi que tous les leaders de partis ont
obtenu leur carte d’électeur. Mais le Président
national de l’UFC ne s’est toujours pas fait
enregistrer à Lomé où il vote habituellement. |
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De
source proche de son Parti, on indique que compte
tenu de ses occupations à l’étranger, Gilchrist
Olympio ne peut se rendre à Lomé avant la fin du
recensement. Il n’aura donc pas de carte d’électeur
à moins qu’il se décide à se faire recenser dans la
zone B, ce qui est aussi peu probable. En boycottant
ainsi le recensement pour une raison ou une autre,
Gilchrist Olympio donne du grain à moudre à ses
détracteurs qui ont toujours insinué que la
présidentielle est sa principale préoccupation.
Il eût été rassurant pour les militants
de l’UFC que leur responsable arrivât pour constater
le déroulement de l’opération et appeler comme tous
les autres leaders de parti, les populations à se
faire recenser massivement. Ç’aurait pu contribuer à
remobiliser ceux qui hésitent encore. Cette non
participation à l’opération de recensement pourrait
être interprétée comme un désintérêt du Président
National pour les législatives qui donneront un
caractère pluraliste à l’Assemblée Nationale et
permettront une renormalisation des relations entre
le Togo et l’Union Européenne. Depuis quelques
semaines les propos de certains responsables de l’UFC
qui doutent de la sincérité du processus électoral
frisent le défaitisme alors que le pouvoir RPT met
les moyens pour tenter de tirer son épingle.
AS |
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L’inutilité du recensement frauduleux des étrangers |
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A défaut de disposer de la carte nationale
d’identité ou des autres documents d’identification
prévus par le code électoral, les candidats au
recensement peuvent se faire inscrire sur la base du
témoignage de personnes ressources (autorité locale
traditionnelle) ou de deux témoins ayant déjà
eux-mêmes leur carte. Si les conditions pour
l’inscription sont caractérisées par une certaine
souplesse, c’est certainement pour offrir aux
Togolais, le maximum de chances pour se faire
enregistrer. Mais en même temps que la porte est
ouverte aux Togolais, des étrangers peuvent aussi en
profiter pour se faire inscrire. |
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Il
suffit en effet qu’un quidam originaire de n’importe
quel pays et inconnu de tous se fasse accompagner de
deux personnes disposant d’une pièce d’identité pour
se faire facilement recenser. A l’époque des
négociations, la question du vote des étrangers
n’avait pas retenu l’attention. C’est ainsi que tous
les signataires de l’Accord Politique Global se sont
mis d’accord sur les conditions d’inscription sur
les listes.
Le vocable d’étranger désigne dans le contexte
actuel, à la fois les personnes d’autres
nationalités nouvellement installées au Togo ainsi
que des ressortissants de la sous région dont les
parents se sont installés depuis plusieurs
décennies. Il peut donc se poser le problème
d’identification d’étrangers, dès lors que ces
derniers, pour avoir vécu très longtemps au Togo
peuvent se faire passer pour des Togolais.
Un cas a été signalé à Niamtougou où on a tenté de
refuser à quelqu’un de se faire recenser. Pourtant
lui et ses enfants vivant au Togo depuis plusieurs
années possèdent en bonne et due forme, des papiers
togolais. Nombreux sont nos compatriotes dans ce
cas.
Dans la préfecture du Golfe, il est souvent
difficile de savoir qui est étranger et qui ne l’est
pas. Les quartiers périphériques de Zongo et
Togblékopé enregistrent le gros lot. On y trouve des
personnes d’origine étrangère mais qui justifient
d’une intégration parfaite du milieu. Certains parmi
eux habitaient ce qu’on appelle aujourd’hui l’ancien
Zongo, avant de se voir relogés dans la périphérie
où ils ont bâti leurs propres maisons. Ces hommes,
femmes et leurs enfants ont toujours voté depuis
plusieurs années sans qu’on n’ait jamais cherché à
connaître leur origine réelle.
Le véritable problème aujourd’hui, c’est qu’il s’est
révélé avec le temps que ces étrangers intégrés,
comme dans tous les pays ont généralement tendance à
voter pour l’ordre établi. Le pouvoir en place leur
fait des clins d’œil intéressés en leur promettant
la quiétude et la stabilité propices à leurs
activités commerciales. Certains de ces étrangers
possèdent et entretiennent des relations si solides
en haut lieu qu’ils finissent par avoir des papiers
que des Togolais mêmes n’ont pas.
L’autre question qui se pose désormais reste de
savoir si, comme on peut le penser, il est possible
de faire venir au Togo des Ghanéens, des Béninois ou
des Burkinabé dans le but de les faire voter.
Dans le mode de scrutin proportionnel de liste où la
préfecture devient la circonscription électorale, la
chose est difficilement réalisable et ne passera pas
inaperçu car il faudra, pour que la fraude influe
sur les résultats, faire déplacer des milliers
d’âmes des pays voisins. Un petit calcul suffit pour
s’en convaincre.
Mais le plus difficile reste à venir. Le fraudeur,
comme écrit plut haut aura besoin de plusieurs
milliers d’étrangers. Il les fera d’abord traverser
la frontière pour se faire recenser. Il doit donc
assurer leur transport leur logement et leur
restauration. Après leur inscription frauduleuse sur
les listes électorales, ils devront regagner leur
pays d’origine pour revenir 72 heures avant le
scrutin afin d’échapper à la mesure de fermeture des
frontières qui précède toujours les élections. Ils
devront encore être pris en charge. On peut donc
imaginer ce que coûtera un millier d’électeurs
étrangers au candidat qui voudrait leur faire
recours. Le moins qu’on puisse dire, c’est que
quiconque voudrait essayer cette formule doit avoir
de l’argent à jeter par la fenêtre.
A supposer qu’un candidat ait assez d’argent pour
importer des électeurs étrangers à l’insu de tous
(ce qui est peu probable), il n’est pas sûr que tous
voteront pour lui. En tout état de cause,
l’incidence du vote d’étrangers, si jamais il y en
aura, serait négligeable.
L.R |
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Des membres de la FTF saisissent la CAF contre la
décision du gouvernement |
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A peine le comité provisoire de gestion de la FTF
est mis en place qu’il est l’objet de vives
contestations. Le débat porte essentiellement sur la
légalité ou non de ce Comité. La solution sortie du
laboratoire des autorités gouvernementales est
devenue un autre problème à gérer. En signe de
revanche, les protecteurs et courtisans de Tata
Avlessi sont prêts à écarter Gabriel Améyi par tous
les moyens. |
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Des fanatiques de Gabriel Améyi vont même jusqu’à
prédire l’échec de la bande a Walla et sont prêts à
mettre les moyens à cet effet tant que le président
du club de Maranatha ne prendra pas sa place à la
tête de la Fédération. D’autres multiplient des
initiatives au niveau de la CAF et la FIFA afin que
le Togo soit sanctionné. La situation est telle
qu’on risque des affrontements physiques entre
ennemis. C’est à croire que nous sommes dans un pays
de fous.
Dans la
foulée des manifestations ont été organisées pour
protester contre la « violation flagrante des textes
de la Fédération, qui est une trouvaille du Général
Gnofame pour régler ses comptes à Gabriel Améyi.
C’est dans cette atmosphère que l’ex-vice Président
de la FTF et son secrétaire Général ont saisi la CAF
et la FIFA aux fins d’annuler la décision du
gouvernement « qui viole les statuts de
la
Fédération et les principes fondateurs de la CAF et
de la FIFA ».
La saisine signée par le Secrétaire Général
Assogbavi Espoir au nom des 7 membres du Bureau
exécutif qui ont annoncé leur démission en bloc,
conclut que «cette décision relève manifestement
d’un coup de force intentionnellement organisé par
le gouvernement togolais avec la collaboration du
CNOT a des fins autres que sportives».
En clair on demande à la CAF et la FIFA de
rétablir l’ancien Bureau exécutif dans ses
fonctions.
A en croire Assogbavi, « un schéma de sortie de
crise est en cours de discussion entre tous les
membres du Bureau Exécutif et devrait permettre de
restaurer l’harmonie au sein du groupe et
d’envisager des solutions durables à la crise qui
n’a que trop duré ». Curieusement des membres du
Bureau Exécutif ne sont pas en mesure de dire où et
quand la discussion a lieu entre tous les membres du
BE. Ameyi Gabriel serait prêt à tout pour récupérer
la Présidence de la FTF. Soit. Mais à supposer que
les instances internationales du football
réhabilitent l’ancien Bureau comment ses membres
désormais repartis en deux camps et qui s’observent
en chiens de faïence, pourront-ils se réunir pour
prendre la moindre décision ?
Du côté du Gouvernement, on martèle que la décision
prise l’a été en connaissance de cause et qu’on
s’est assuré du qu’en-dira-t-on au niveau de la FIFA
et la CAF avant de franchir le pas. On semble se
soucier peu de la préparation de nos cadets au
mondial de Corée du Sud.
Dans le cas d’espèce, une solution durable est
difficile à trouver dans cette atmosphère
« d’inimitiés cordiales » et de règlements de
compte. Mais le nœud du problème c’est que même en
cas d’élection, tôt ou tard les mêmes personnes
reviendront animées des mêmes rancoeurs parce que ce
sont eux qui font la loi à la tête des clubs qu’ils
ont eux-mêmes crées et qui ont les moyens de
soudoyer les créve-la faim qui peuplent les ligues
pour se faire élire. Que le Comité de crise soit
récusé ou non, que Améyi Gabriel et ses compagnons
reprennent le contrôle de la Fédération ou non il y
aura toujours problème si rien n’est fait pour taire
les rancoeurs.
A.
S. |
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