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Une source proche de la présidence burkinabé affirme que
Blaise Compaoré n’envisage pas de convoquer dans
l’immédiat une plénière du dialogue
intertogolais à Ouagadougou. Avant de déplacer
tout le monde, il faut s’assurer des résultats.
Les relations bilatérales directes tous azimuts
seront donc privilégiées dans un premier temps.
L’important, dit-on, c’est de cerner les
urgences. Certaines réformes sont strictement
nécessaires, d’autres peuvent être programmées
avec un agenda précis. «Notre priorité est
claire. L’organisation des élections
législatives au Togo dans d’excellentes
conditions aussi bien de sécurité que d’équité
et de transparence ». Il apparaît que le
facilitateur du dialogue intertogolais ne
s’éloignera pas du schéma tracé par l’Accord
Politique de Base qui privilégie les élections
législatives et renvoie les réformes
institutionnelles à plus tard. Les choses iront
vite dans les jours à venir. « Ce ne sera pas
une tâche facile mais je crois qu’il y a eu des
avancées notables dans les travaux préparatoires
à Lomé », estime le directeur de la
communication de la présidence burkinabé, Seydou
Ouedraogo.
Suite aux contacts que Compaoré a eus avec les
acteurs politiques avant le démarrage du
dialogue, il avait fait sienne la proposition
du CAR, à savoir que les pourparlers commencent
entre Togolais au Togo et qu’en cas de blocage,
on fasse recours aux facilitateurs étrangers. Le
Président burkinabé avait alors affirmé qu’il
est disposé –au cas où on le solliciterait – à
mettre les moyens pour aider les Togolais à
résoudre leur crise qui le concerne aussi.
A présent, il sait à quoi s’en tenir car, depuis
le début des discussions intertogolaises, il
avait « son œil » dans la salle Evala en
la personne de Djibril Bassolé son ministre de
l’intérieur et de
la Sécurité, lui aussi observateur avec Maï
Manga Boukar de
la CEDEAO
et le représentant de l’Union Européenne.
Le rôle du Président du Faso consistera à rapprocher les
points de vue des protagonistes. Compaoré ne
manquera pas de s’inspirer des conseils de
l’Elysée et du Commissaire européen au
Développement et à l’Action Humanitaire, Louis
Michel. Tous les protagonistes de la crise
togolaise espèrent qu’il réussira la mission à
lui confiée. Dans une certaine mesure, ce sera
son propre échec s’il ne parvient pas à faire
signer un Accord Politique Global par toutes les
délégations comme il l’avait fait en 1992, cela
pour deux raisons :
D’abord, le Port de Lomé étant stratégique pour
l’économie burkinabé, Blaise Compaoré n’a pas
intérêt à voir la crise togolaise s’aggraver.
Dans une certaine mesure, le problème togolais
l’interpelle puisque la prospérité de l’économie
burkinabé dépend en partie de la stabilité du
Togo.
La deuxième raison qui condamne Compaoré à
réussir sa facilitation c’est qu’il peut en
tirer une victoire politique sur ses
adversaires. Aux yeux de l’opposition burkinabé
qui exploite à fond l’affaire Norbert Zongo,
Compaoré n’est pas la personne indiquée pour
régler une crise comme celle du Togo parce
qu’il n’est pas une référence en matière de
démocratie et du respect des droits humains. Il
lui faudra leur clouer le bec en réussissant là
où ses adversaires attendent qu’il échoue.
Mais une chose est sûre, c’est qu’il aura
beaucoup à faire pour rassurer des acteurs
politiques togolais qui redoutent le poids de
ses relations particulières avec Faure
Gnassingbé et l’Elysée.
Abass SAIB |
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On a souvent invoqué la composition du Bureau du dialogue
pour présenter l’Accord Politique de Base comme un
pur produit du RPT. Car, ce document contient des
imprécisions qui pourraient profiter au parti au
pouvoir en temps opportun. C’est pour cette raison
que l’UFC demande que tous les points soient
réglés dans leurs détails. Il appartient au RPT de
faire des concessions dépouillées de toute
ambiguïté puisque c’est lui qui monopolise le pouvoir. Mais lorsque ce parti qui devrait plutôt donner devient plutôt
demandeur, il y a anguille sous roche.
Dans les points de désaccord à soumettre au
facilitateur, le RPT aussi énumère ses exigences
sous forme de propositions. A en croire certaines
indiscrétions de source proche de ce parti, ces
propositions en réalité ne visent qu’à monter les
enchères pour obliger surtout l’UFC à abandonner
ses revendications. On remarque à la lecture que
ce parti procède plutôt par chantage, comme pour
dire à l’UFC : « si vous maintenez votre
position, nous aussi on va empirer la situation,
on va exclure votre leader ».
Pour s’opposer donc au retour à la constitution de
1992 exigé par l’UFC, le parti au pouvoir aussi
propose que l’âge limite des candidatures à la
présidentielle soit fixé à 65 ans pour empêcher
Gilchrist (qui a déjà 70 ans) de se présenter aux
prochaines élections. La menace brandie par le
RPT au sujet du mandat de 7 ans renouvelable et la
suppression du poste de Premier ministre de même
que le respect du principe de parité dans la
composition de
la CENI traduit son refus catégorique de retourner à la
constitution d’octobre 1992 et témoigne d’une
volonté manifeste de balayer d’un revers de la
main les principales revendications de l’UFC. Qui
peut donc croire à une entente entre le RPT et l’UFC
au Togo ?
L. R. |
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Après avoir reçu la délégation du Bureau du dialogue
conduite par Me Agboyibo, mercredi dernier, le
Président Compaoré a conféré avec une délégation de
l’UFC composée de Jean-Pierre Fabre, Lawson
Patrick.
De source proche de l’UFC, on indique que cette
visite a tout simplement coïncidé avec la
désignation de Blaise Compaoré comme facilitateur
puisqu’elle avait été programmée bien avant cet
événement.
La délégation de l’UFC qui a réitéré ses
préoccupations a insisté sur son exigence des
réformes institutionnelles. Le Président Compaoré
qui s’est montré très attentif aux préoccupations de
Gilchrist Olympio n’a pas laissé transparaître ses
réelles intentions. Il s’est limité à la
réaffirmation de sa détermination à aider les
Togolais à sortir de la crise. |