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1er Août 2006

[ 501: 1er Août 2006 ]
Le facilitateur Compaoré indique sa priorité
 
 

Une source proche de la présidence burkinabé affirme que Blaise Compaoré n’envisage pas de convoquer dans l’immédiat une plénière du dialogue intertogolais à Ouagadougou. Avant de déplacer tout le monde, il faut s’assurer des résultats. Les relations bilatérales directes tous azimuts  seront donc privilégiées  dans un premier temps.

L’important, dit-on, c’est de cerner les urgences. Certaines réformes sont strictement nécessaires, d’autres peuvent être programmées  avec un agenda précis. «Notre priorité est claire. L’organisation des élections législatives au Togo dans d’excellentes conditions aussi bien de sécurité que d’équité  et de transparence ». Il apparaît  que le facilitateur du dialogue intertogolais ne s’éloignera pas du schéma  tracé  par l’Accord Politique de Base qui privilégie les élections législatives et renvoie les réformes institutionnelles à plus tard. Les choses iront vite dans les jours à venir. « Ce ne sera pas une tâche facile mais je crois qu’il y a eu des avancées notables dans les travaux préparatoires à Lomé », estime le directeur de la communication de la présidence burkinabé, Seydou Ouedraogo.

Suite aux contacts que Compaoré a eus avec les acteurs politiques avant le démarrage du dialogue, il avait fait  sienne la  proposition du CAR, à savoir que les pourparlers commencent entre Togolais au Togo et qu’en cas de blocage, on fasse recours aux facilitateurs étrangers. Le Président burkinabé avait alors affirmé qu’il est disposé  –au cas où  on le solliciterait – à mettre les moyens pour aider les Togolais à résoudre leur crise  qui le concerne aussi.

A présent, il sait à quoi s’en tenir car, depuis le début des discussions intertogolaises, il avait « son œil » dans  la salle Evala en la personne de Djibril Bassolé son ministre de l’intérieur et de
la Sécurité, lui aussi observateur avec Maï Manga Boukar de la CEDEAO et le représentant de l’Union Européenne.

Le rôle du Président du Faso consistera à rapprocher les points de vue des protagonistes.  Compaoré ne manquera pas de s’inspirer des conseils de l’Elysée et du Commissaire européen au Développement et à l’Action Humanitaire, Louis Michel. Tous les protagonistes de la crise togolaise  espèrent  qu’il réussira la mission à lui confiée. Dans une certaine mesure, ce sera son propre échec s’il ne parvient pas à faire signer un Accord Politique Global par toutes les délégations comme il l’avait fait en 1992, cela pour deux raisons :

D’abord, le Port de Lomé étant stratégique pour l’économie burkinabé, Blaise Compaoré n’a pas intérêt à voir la crise togolaise s’aggraver. Dans une certaine mesure, le problème togolais  l’interpelle puisque la prospérité de l’économie burkinabé dépend en partie  de la stabilité du Togo.

La deuxième raison  qui condamne Compaoré à réussir  sa facilitation  c’est qu’il peut  en tirer une victoire politique sur ses adversaires. Aux yeux de l’opposition burkinabé qui exploite à fond l’affaire Norbert Zongo,  Compaoré n’est pas la personne indiquée   pour régler une crise  comme celle du Togo parce qu’il n’est pas une référence en matière de démocratie et du respect des droits humains. Il lui faudra leur clouer le bec en réussissant là où ses adversaires attendent qu’il échoue.

Mais une chose est sûre, c’est qu’il aura beaucoup à faire pour rassurer des acteurs politiques togolais qui redoutent le poids de ses relations particulières avec Faure Gnassingbé  et l’Elysée.

Abass SAIB

 
Le RPT brandit des semblants de désaccord pour faire reculer  l’UFC

On a souvent invoqué la composition du Bureau du dialogue pour présenter l’Accord Politique de Base comme un pur produit du RPT. Car, ce document  contient des imprécisions qui pourraient profiter au parti au pouvoir en temps opportun. C’est pour cette raison que l’UFC demande que tous les points soient réglés dans leurs détails. Il appartient au RPT de faire des concessions dépouillées de toute ambiguïté puisque c’est lui qui monopolise le pouvoir. Mais lorsque ce parti qui devrait plutôt donner devient plutôt demandeur, il y a anguille sous roche.

Dans les points de désaccord à soumettre au facilitateur, le RPT aussi énumère ses exigences sous forme de propositions. A en croire certaines indiscrétions de source proche de ce parti, ces propositions en réalité ne visent qu’à monter les enchères pour obliger surtout l’UFC à abandonner ses revendications. On remarque à la lecture que ce parti procède plutôt par chantage, comme pour dire à  l’UFC : « si vous maintenez votre position, nous aussi on va empirer la situation, on va exclure votre leader ».

Pour s’opposer donc au retour à la constitution de 1992 exigé par l’UFC, le parti au pouvoir aussi propose que l’âge limite des candidatures à la présidentielle soit fixé à 65 ans pour empêcher Gilchrist (qui a déjà 70 ans) de se présenter aux prochaines élections. La menace brandie  par le RPT au sujet du mandat de 7 ans renouvelable et la suppression du poste de Premier ministre de même que le respect du principe de parité dans la composition de
la CENI traduit son refus catégorique de retourner à la constitution d’octobre 1992 et témoigne d’une volonté manifeste de balayer d’un revers de la main les principales revendications de l’UFC.  Qui peut donc croire à une entente entre le RPT et l’UFC au Togo ?

L. R.

 
Une délégation de l’UFC à la présidence du Faso

Après avoir reçu la délégation du Bureau du dialogue conduite par Me Agboyibo, mercredi dernier, le Président Compaoré a conféré avec une délégation de l’UFC composée de Jean-Pierre Fabre, Lawson  Patrick.

De source proche de l’UFC, on indique que cette visite a tout simplement coïncidé avec la désignation de Blaise Compaoré comme facilitateur puisqu’elle avait été  programmée bien avant cet événement.

La délégation de l’UFC  qui a réitéré ses préoccupations a insisté sur son exigence des réformes institutionnelles. Le Président Compaoré qui s’est montré très attentif aux préoccupations de Gilchrist Olympio  n’a pas laissé transparaître ses réelles intentions.  Il s’est limité à la réaffirmation  de sa détermination à aider les Togolais à sortir de la crise.

 

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