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27 juillet 2006

[ 500:  25 juillet 2006]
Rock Balakiyèm décidé à enterrer le football togolais

La fin de l’imbroglio dans lequel s’est engouffré le tout jeune officier des FAT et président de la FTF qui refuse de  démissionner et de s’en extirper n’est pas pour aujourd’hui. C’est ce qui ressort  des dernières évolutions de la situation à la tête du football togolais. Car après les remous suscités par la mise en exécution de la menace de démission de quatre de ses collaborateurs au retour du mondial et son silence, Rock Gnassingbé s’était mis en  vedette toute la semaine.

 
 

Une rencontre avec les présidents de ligues par-ci, une autre avec les présidents de clubs de première et de deuxième division par-là, le très arrogant président tente désespérément de recoller les morceaux pour continuer sa gestion despotique   du football togolais. Mais, des sources estiment,  que lors de ces rencontres au cours desquelles seuls les médias publics étaient  privilégiés, la tâche était loin d’être facile pour Rock Gnassingbé. Au cours de la rencontre avec les présidents des clubs de première et de deuxième division le jeudi où il a été question du démarrage de la saison sportive, des présidents de club ne  se sont pas montrés tendre envers celui que tout le monde appelle désormais le fossoyeur du football national. « … Au lieu de vouloir occulter les difficultés, il vaut mieux poser sérieusement le problème à l’endroit où il se pose et dans les termes qu’il faut afin que la solution  lui soit trouvée dans un cadre légal, un congrès extraordinaire par exemple. Il serait totalement déplacé voire surnaturel d’envisager maintenant une quelconque reprise des activités », lui  avait lancé le président de FC Espoir de Tsévié.

D’autres responsables de clubs ont aussi manifesté leur désaveu face aux dernières turpitudes du président qui, dès l’entame de la réunion, avait envenimé la situation déjà caractérisée par un climat délétère. Il se serait sérieusement fâché après que les présidents des clubs se soient abstenus de se lever en signe de « respect » à son entrée dans la salle de réunion au stade de Kégué.   « Le Président entre et vous restez assis. Vous ne vous levez pas. C’est moi qui commande ici », avait-il répliqué avant d’ajouter sans vergogne que « se lever, c’est le signe extérieur de respect pour le président. En tout cas, je l’ai dit pour demain, » croyant à tort que c’était dans une garnison militaire où les hommes de troupe sont tenus de se lever vaille que vaille à l’arrivée de  l’officier qu’il est.

Cette attitude illustre à plus d’un titre, la détermination de l’homme à ne pas se remettre en cause et à céder la place à d’autres compétences pour présider aux destinées du football togolais. Déjà, lundi, avant même cette rencontre avec les présidents de clubs, il se permettait d’étudier avec les présidents des ligues, les conditions d’organisation de la coupe d’Afrique des Nations de football cadette que le pays va abriter l’année prochaine alors que son mandat arrive à terme cette fin d’année. Au sortir de cette rencontre, des sources avaient indiqué qu’il avait reçu individuellement tous les participants. Que leur avait-il dit ou fait ? On ne saurait le dire. Mais l’on a en souvenir, comment à la veille du congrès de 2002 à Kpalimé, l’électorat avait été soudoyé et son élection avait été conclue. Beaucoup se demandent si ce n’est pas le même scénario qui se prépare ; l’avenir nous le dira.

Mais ce qui est à noter, c’est que l’opposition manifestée par les présidents de club aujourd’hui et qui, compte tenu de l’atmosphère qui règne au sommet du ballon rond, fera des boules de neige annonce des jours difficiles pour la FTF au moment même où son supérieur hiérarchique, le CNOT lui est systématiquement opposé.

En réponse à  ceux qui pensent que le Lt. Col.-Président de la FTF devrait démissionner après avoir montré ses limites et prouvé son incompétence, on raconte dans son entourage  qu’un militaire ne démissionne pas. Preuve que Balakiyèm  et les siens confondent toujours la FTF au Sous Groupement Blindé des FAT.

            Visiblement, Rock Balakiyèm  qui n’envisage à aucun moment de rendre le tablier  veut opter   pour le pourrissement et la lassitude en jouant sur le temps, avec l’espoir que, comme d’habitude, ceux qui sont en train de crier aujourd’hui, finiront par se taire pour le laisser agir à sa guise.

Il y a lieu aujourd’hui plus que jamais de faire preuve de vigilance. Car Rock  ne désarme pas. Dans les coulisses, on s’affaire pour rééditer le coup de Kpalimé. Certains Présidents de Ligue et de clubs zébrés de lâcheté commencent déjà par évoquer des menaces pour justifier une forfaiture à venir. A moins que ce ne soit de la pure mesquinerie, quelques billets de FCFA pourraient suffire à leur clouer le bec. A la place des professionnels qui menacent de ne pas jouer s’il reste à la tête de la FTF, Rock Gnassingbé envisage de faire jouer les locaux sans doute pour honnir notre pays le 03 septembre prochain lors du match aller comptant les éliminatoires de la CAN à Lomé.

Le football togolais est à la croisée des chemins et il convient de faire table rase pour partir sur de nouvelles bases. Tous ceux qui veulent le bien de notre sport-roi doivent pouvoir le dire de manière claire et intelligible. Ils doivent se désolidariser du Lt. Col.-Président  qui semble avoir décidé, contre vents et marrées, d’enterrer le football togolais. Tous ceux qui obéiront à Rock  en s’engageant dans les divers championnats dans cette pagaille, sans avoir réclamé  et obtenu un Congrès extraordinaire de la FTF au préalable se rendront complices de la liquidation du football togolais et auront leurs noms affichés sur la tombe de notre sport-roi.

Rock Gnassingbé est un incorrigible  qu’on doit mettre à l’écart  si on ne veut pas voir enterrer à tout jamais le parti unique de tous les Togolais que constituent  « Les Eperviers ».

A suivre ...

L. R.

 
En tournée de sensibilisation sur la drépanocytose au Togo : Lilian Thuram fustige la désorganisation de la FTF
 

Après Dakar, Johannesburg et Cotonou, Lilian Thuram le défenseur central de l’équipe de France respectivement champion et vice champion du monde en 1998 et 2006 était ce week-end dans la capitale togolaise, Lomé. Le but de cette tournée africaine entamée depuis le 15 juillet dernier par Dakar et ponctuée à Lomé par une conférence de presse à l’hôtel Mercure Sarakawa le dimanche 23 juillet, était « de sensibiliser les autorités » des pays visités ou de l’ensemble du continent « pour qu’elles puissent éduquer la population et l’exhorter à  faire le dépistage»  de la drépanocytose à leurs enfants dès le bas âge et à bien les prendre en charge au cas où l’existence de la maladie est décelée. Selon le nouveau sociétaire du Football Club de Barcelone nommé depuis peu Ambassadeur de bonne volonté de  l’organisation Internationale de la Lutte contre la Drépanocytose, cette maladie a été « découverte il y a cent ans mais il y a très peu de personnes qui la connaissent malheureusement. Donc, il est important d’éduquer les gens. Je crois que l’éducation c’est la meilleure des choses pour pouvoir savoir comment se comporter devant la maladie […] C’est la seule manière d’éviter, plus tard, de  graves complications », conduisant à la mort.

Au cours de la conférence de presse tenue à l’hôtel Mercure Sarakawa, des informations générales ont été données sur la maladie. Et contrairement à l’idée généralement répandue selon laquelle le drépanocytaire meurt tôt, le malade peut vivre quarante ou cinquante ans pourvu qu’il prenne les mesures nécessaires. Pour ce faire le dépistage à bas âge s’impose comme l’étape primordiale. Aussi, les mariages consanguins qui augmentent le risque d’apparition du mal chez le rejeton ont-ils été fortement déconseillés.

Répondant aux questions à lui posées par les journalistes, le désormais ex-joueur de la Juventus de Turin qui a signé hier son nouveau contrat avec le Barça s’est prononcé sur son transfert au club espagnol mais aussi et surtout sur les impressions qu’il garde de l’équipe du Togo après la coupe du monde. Tout comme au moment de la crise dans les banlieues parisiennes où la tour de contrôle de la défense des Bleus a été lucide mais poignante face aux autorités françaises, Thuram s’est de nouveau montré très amer vis-à-vis des autorités togolaises du football. « … ma réponse va peut-être gêner quelques personnes au Togo. Mais je dirais que l’image que j’ai gardée du Togo, ce n’est pas l’image de l’équipe du Togo. Je dirais que c’est une mauvaise image que le Togo a donnée au football international. Parce que je crois que quand une équipe est qualifiée pour la coupe du monde, elle doit se présenter les  choses réglées, prête pour pouvoir jouer au football. Parce que ce qui s’est passé et je dois le dire, donne une mauvaise image des pays africains. Parce que malheureusement, il y a déjà beaucoup de préjugés qui sont  sur nous, et je crois qu’il ne faut pas renforcer ces préjugés de désorganisation. Car, c’est facile de colporter ces jugements mais c’est difficile de les effacer. Et je crois que malheureusement, le Togo a donné cette mauvaise image et j’en étais très peiné ».

La conclusion de l’intervention du joueur français démontre la façon dont les noirs  qui ne se sentent ni de près ni de loin liés au Togo sont touchés par les turpitudes de Rock  en terre allemande. Thuram  serait un Togolais qu’on l’aurait taxé d’opposant ou de manipulé. Heureusement  qu’il n’est  qu’un simple observateur  et n’a fait que dire tout haut, ce que les blancs ont dit et diront encore de l’Afrique à partir de ce feuilleton des Eperviers. Au lieu que toute la Fédération ait la lucidité d’esprit  pour réagir à l’image des démissionnaires et permettre au football togolais de sortir la tête de l’eau, les membres restants  s’enferment dans leur logique suicidaire et refusent de rendre le tablier. Pire, on susurre qu’on s’active à coopter des individus pour remplacer au pied levé, les démissionnaires et conduire le football togolais dans les labyrinthes.

Soulignons qu’au cours de son séjour togolais, Thuram a eu à assister dimanche au début de la finale de la 6e édition du championnat national scolaire cadet trophée Western Union au stade de Kégué entre l’équipe de Sokodé et celle de Lomé Commune-Ouest ; finale dont il a d’ailleurs donné le coup d’envoi. Sokodé qui disputait là sa 6e finale en autant d’éditions, a profité pour remporter sa quatrième victoire sur un score de 1-0.

K. SEGNIAGBETO

 

           

 

         

           

 

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