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Le Regard

11 juillet 2007

[ 551 : du 10 juillet 2007]
L’Ambassadeur des USA contre les saboteurs présumés du processus électoral

« Ceux qui chercheraient à saboter ou à faire  dévier le processus, compromettraient les meilleurs chances à mon avis que le Togo aura eues en plusieurs années de revenir sur une voie d’espoir et de prospérité ». Cette mise en garde à peine voilée de Son Excellence l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique confirme les menaces réelles qui pèsent sur le processus électoral. Il existe bel et bien des détracteurs de l’APG tant de l’opposition que de la mouvance présidentielle et qui pour le moment agissent sous cape en attendant le moment opportun pour revenir à la surface.

Faure Gnassingbé se trouve confronté au paradoxe de la coalition objective des radicaux de tous bords. Son style ne plait pas aux nostalgiques de l’époque Eyadéma qui l’accusent de trahison du fait qu’il essaie de solder le lourd passif légué par son père défunt. Ainsi donc l’ouverture du gouvernement à l’opposition, l’acceptation de carte d’électeur sécurisée et l’implication de la communauté internationale dans le processus électoral, sont autant de signaux qui inquiètent les caciques du système RPT déterminés à préserver leurs privilèges. Ils n’espèrent que la mise en échec de l’ « aventure » électorale entreprise sur fond de compromis politique et optent pour la gestion du pouvoir à la manière de MUGABE : Répondre aux sanctions européennes par la répression de l’opposition et se tourner vers les pays asiatiques et la Chine  en particulier. Il y a quelques semaines un proche de Faure Gnassingbé s’est vu obligé d’avouer : « Il existe parmi nous, des gens qui sont mécontents de la politique d’ouverture et de réformes menées depuis avril 2005. Leur cynisme n’a d’égal que leur hypocrisie à l’égard des dindons de la farce dont ils exploitent les bas instincts qui confinent à un goût immodéré de l’argent et de la jouissance et à une soif insatiable du pouvoir ».

            Les radicaux de l’opposition quant à eux, considèrent que la « politique d’ouverture » menée par Faure Gnassingbé n’est que de la poudre aux yeux. Pour ceux-là, le fait pour Faure d’être un Gnassingbé lui enlève toute crédibilité et donc il n’a et n’aura aucune excuse quoiqu’il fasse.  Ils considèrent que le Togo ne retrouvera jamais la quiétude, que le clan n’abandonnera jamais le pouvoir mais continuera à piller le Togo de ses ressources, à assassiner les Togolais et qu’il est inutile d’aller à des élections avec un Gnassingbé au pouvoir et encore moins participer à la gestion du pouvoir sous son autorité.

            Ainsi donc les héritiers de Gnassingbé Père ainsi que tous leurs courtisans qui près de quarante ans durant ont marqué l’histoire de ce pays doivent pour se faire pardonner leurs crimes, se laisser décapiter ou déguerpir après avoir négocié le droit d’asile loin du Togo. Ainsi donc Faure Gnassingbé et les siens doivent quitter le pouvoir et s’ils résident, il faut le chasser par tous les moyens, un point un trait. Cette conception de la lutte démocratique chère aux radicaux  de l’opposition font des élections législatives un moyen pour régler leurs comptes aux tenants du pouvoir actuel. Les politiciens de cette même tendance qui ont été amené malgré eux à adhérer à l’APG ne cachent pas leur intention de s’appuyer sur les résultats des élections pour susciter la tension de manière à provoquer une violente réaction des tenants du pouvoir, de quoi alarmer la communauté internationale.

            En désespoir de cause, certains vont jusqu’à envisager l’exacerbation de malentendus et la dégradation des relations entre le Chef de l’Etat et son frère cadet et proposent qu’on poursuive la stratégie du pourrissement parce que, considèrent-ils, Jacques Chirac n’étant plus aux affaires pour protéger le fils de son cher ami le moment est venu de pousser l’armée façonnée à l’image du père à prendre ses responsabilités.

            Ainsi donc par un concours de circonstance les radicaux du RPT et de l’opposition sont devenus des alliés objectifs. Tous n’ont aucun intérêt à ce que l’atmosphère politique soit apaisée. Tous souhaitent que «le compteur soit remis à zéro».

            Les va-t-en guerre de l’opposition et du RPT n’espèrent qu’une chose : Que le processus électoral soit raté, qu’on remette en cause l’APG en un mot, que «le compteur soit remis à zéro» et que commencent les affrontements fratricides avec leurs cortèges de morts de mutilés et d’exilés. Ce sera pour eux la condition sine qua non pour instaurer la démocratie au Togo.

Pour l’Ambassadeur des Etats-Unis l’espoir de notre pays se situe dans le « centre politique » un objectif commun de réforme démocratique fondamentale.

Et le diplomate Américain de citer Eisenhower. « On parle du milieu de la route comme si c’était inaccessible. En réalité, tous les problèmes humains sauf l’éthique entrent dans les zones grises. Les choses ne sont pas toutes noires et blanches. Il doit y avoir des compromis. Le milieu de la route c’est toute la surface utilisable. Les extrêmes, la droite et la gauche se trouvent dans les rigoles ».

Abass SAÏB.

 
Ce que le nouvel avion présidentiel a coûté à l’Etat togolais

Le Togo a un nouvel avion présidentiel qui vient remplacer le Boeing 727 qui, en raison de son état pas du tout rassurant, donnait des sueurs froides à son équipage. On se rappelle entre autres l’atterrissage risqué à Bruxelles en septembre 2006.

Selon nos sources, les frais d’entretien et d’exploitation du Boeing 727 devenant exorbitants, il avait été changé par un DC8 équipé de nouveaux moteurs. Le vendeur avait provisoirement mis à la disposition du gouvernement un avion que le Président utilisait en attendant la révision.

De source sûre, on nous chuchote que le nouvel avion a été acquis contre un complément d’un montant de 1,8 millions d’Euros soit un milliard cent soixante dix neuf millions de francs CFA.

De source proche de la présidence on justifié l’acquisition de ce nouvel avion d’abord pour des raisons sécuritaires et ensuite par le fait que la location d’avion pour les voyages du Chef de l’Etat reviendrait cher à l’Etat. Mais certains togolais ne trouvent aucun inconvénient à ce que le Président de la République, en raison de la misère des Togolais fasse du « Zémidzan aérien » comme Kérékou qui « mendiait » une place à bord de l’avion présidentiel togolais sous Eyadema.               A.S
 
Panique dans les rangs des vieux Généraux des FAT
Des sources généralement bien informées font état d’une certaine panique au sein des généraux retraités.

 Un ancien officier qui devrait en principe se couler une douce retraite en ce moment aurait même fait part de ses inquiétudes à ses proches à qui il aurait demandé d’être sur le qui-vive. Ses  préoccupations découlent de ce que, dans certains milieux, on comprend mal et on digère peu, l’excellence des relations existant entre les vieux généraux et leur ministre de tutelle.

Ces relations, selon lui, seraient considérées comme excédant les limites requises. L’inquiétude de cet ancien galonné doit être également celle d’autres vieux généraux qui auraient des intentions malveillantes derrière la tête.

La semaine dernière lors du Grand Rassemblement des FAT, les militaires ont réaffirmé leur fidélité au Chef de l’Etat, Chef suprême des Armées. Les officiers à la retraite qui s’agitent et s’inquiètent auraient-ils des choses à se reprocher ? Sinon qu’y a-t-il d’anormal à ce que des militaires admis en 2e section entretiennent une bonne relation avec le ministre de la défense ?

L. R.

 
Les frais occasionnés par la réception des personnalités officielles réduits à 25 millions

La dotation accordée pour la réception des personnalités officielles est de 25 millions F CFA en 2007.  Cette somme a considérablement baissé par rapport à l’année 2006 où la dotation pour les mêmes rubriques était de 280 millions F CFA. Cette baisse s’explique par le fait que depuis 2006, on enregistre de moins en moins l’arrivée de personnalités officielles étrangères dans notre pays.

           En effet, au temps du Président Eyadéma, plusieurs personnalités venant de divers horizons se relayaient dans les salons de Lomé 2, des individus qui parfois ne représentaient que l’ombre d’eux-mêmes, illustres inconnus dans leurs propres pays étaient reçus comme des mandarins et des notables, après qu’on leur ait attribué des titres ronflants.

            La suspension de la coopération entre le Togo et l’UE pour déficit démocratique était devenue une poule aux œufs d’or, principal argument qui ouvrait le sésame à des saltimbanques qui débarquaient au Togo pour faire croire au Timonier qu’ils avaient la formule magique pour ramener la reprise sans que notre pays ait besoin de réunir les conditions pourtant simples posées par l’UE.

            Des informations, à l’époque, faisaient état de ce que ces vendeurs d’illusions qui promettaient de faire du lobbying dans les milieux européens repartaient avec d’importantes sommes d’argent dont ils disposaient comme bon leur semble. Bref, ceux qui prétendaient aider le Togo déjà ruiné par de longues et nombreuses années de suspension de la coopération étaient plutôt les mêmes qui venaient raser le peu de ressources disponibles. Cette pratique coûtait de l’argent, beaucoup d’argent à l’Etat togolais. Car pour recevoir ces personnalités qui se présentaient sous une couverture officielle, il fallait des moyens. L’Etat devait prendre leur séjour en charge. Leur hébergement, leur déplacement etc. étaient payés par les fonds publics. Et puisque chaque jour avait son lot de visiteurs, il n’y avait pas de raison que la dotation accordée pour la réception des personnalités officielles ne culmine à des centaines de millions F CFA par an.

            Aujourd’hui, cette pratique a sensiblement baissé. Avec la subite disparition du Président Eyadéma, certaines habitudes ont dû disparaître. D’où la baisse considérable enregistrée à la rubrique des fonds pour la réception des personnalités officielles. C’est une chose que  l’on doit apprécier à sa juste valeur. Seulement, une question se pose : à quoi ont servi les économies réalisées par le rabaissement de cette rubrique de 280 millions à 25 millions F CFA, soit 255 millions F CFA ?

            La révision à la baisse de la dotation n’aura de sens que si les fonds épargnés profitent aux Togolais. Il serait vain de prétendre faire des économies si les fonds épargnés sont dilapidés  ailleurs ou investis dans d’autres gaspillages.

            On se souvient que du temps de feu Eyadéma, des bandes de voyous organisaient diverses manifestations pour lui soutirer des sous. Des marches de soutien engloutissaient chaque année, plusieurs centaines de millions de nos francs. Avec l’avènement de Faure Gnassingbé, ces pratiques n’ont plus cours. L’argent qui était ainsi dilapidé est alors économisé. Au comble du désespoir certains en sont à regretter les temps où le Timonier injectait de l’argent frais dans le circuit économique en distribuant des billets de banques.

            Faure Gnassingbé doit donner de la visibilité à ses actions. Les Togolais doivent savoir à quoi sert l’argent économisé aujourd’hui par rapport au passé. Autrement, on a vite considéré que ces fonds ne profitent pas au peuple, seul bénéficiaire légitime de ses propres ressources.

Y.A

 
Une nouvelle menace contre la CENI

La voie se pave progressivement pour la CENI dans son évolution vers les élections législatives. Mais tous les dangers ne sont pas pour autant écartés. En effet, passés les obstacles consécutifs au manque de fonds, à la fiabilité des Kits de recensement et aux rapports heurtés avec la Société Zetes, la menace se situe pour la CENI au niveau du personnel recruté par l’institution elle-même pour l’exécution des tâches entrant dans le déroulement effectif du processus.

Il est vrai que toutes les parties prenantes n’ont pas forcément intérêt à voir le processus aboutir dans les meilleures conditions. On peut donc assister à tout moment, à des manœuvres dilatoires ou à des actes de sabotage destinés, sinon à donner un coup d’arrêt, du moins à faire échouer le processus. Il n’est pas exclu selon certaines indiscrétions que ce personnel recruté à l’instar des professeurs correcteurs de BAC lancent un mouvement de contestation pour des questions de primes.

            La CENI devra donc prendre très au sérieux la gestion de son personnel. Ce qui passe par la prise de mesures concrètes pour éviter des grognes en son sein. Un quelconque déficit dans la gestion de ce personnel pourrait servir de prétexte à un mouvement de grève derrière lequel peuvent se cacher les manœuvres de ceux qui redoutent un bon déroulement du processus.

            Tout en traitant avec sérieux les questions relatives à la gestion de son personnel, la CENI devra prendre des dispositions pour se mettre à l’abri de la surenchère et de toute autre surprise désagréable. Elle devra pour ce faire, envisager la signature en bonne et due forme d’un contrat avec ses agents.

            En l’état actuel des choses, la perturbation du programme par un éventuel arrêt du recensement annoncé pour mi-juillet sera lourde de conséquence pour le processus.

L.R.

 
La FTF totalement discréditée

En perspective de l’élection du Président de la FTF en janvier dernier l’argent avait circulé à gogo. En raison de la logique du TSR (Tout Sauf Rock) personne n’avait crié gare, surtout que les présidents de ligues et clubs avaient  l’occasion inespérée de gagner beaucoup d’argent par leur vote.  Aujourd’hui, certains n’hésitent pas à avouer qu’ils avaient voté selon ce qu’ils ont empoché. 

Et ce n’est pas par hasard que les deux « nouveaux riches » Tata Avlessi et Améyi Gabriel se sont retrouvés à la tête de la Fédé laissant derrière eux des candidats qui n’ayant suffisamment pas de sous à distribuer sans compter, n’avaient pas moins le sens de la gestion des hommes.

Tata Avlessi et Améyi ont fini par se convaincre à l’idée qu’avec l’argent, on peut tout. Et puisqu’il n’y a jamais deux capitaines dans une équipe l’un et l’autre se sont déclaré une guerre sournoise, chacun s’efforçant d’attirer vers lui autant de membres du Bureau pour damer le pion à l’autre.

Pendant que Tata Avlessi considère que Dieu lui a tout donné et qu’il n’a de compte a rendre à personne, gérant la FTF comme  on gère un cabaret au village quitte à laisser tomber en cas d’échec, pour retourner en Côte d’Ivoire où il a acquis sa richesse, Gabriel Améyi de son côté guette toutes les occasions pour précipiter le départ de son frère ennemi pour le remplacer et n’hésiterait pas pour cela à mettre la main à la poche.

Et il semble qu’au moment où Tata est éclaboussé par une affaire de corruption au niveau de la CAF, les ventrocrates de Présidents de ligues et de clubs ont commencé de s’échauffer, cuillère  dans la main attendant de bouche ferme Gabriel Améyi qui ne tardera pas à sortir des billets de Banque pour se retrouver à la tête de la FTF.

Tous ceux qui hier portaient Tata Avlessi en triomphe devant Rock Gnassingbé alors qu’ils savaient qu’il n’a pas l’expérience requise pour gérer une équipe d’hommes le fustigent aujourd’hui. Quatre membres du Bureau Exécutif ont publié une lettre ouverte dénonçant l’amateurisme dont fait preuve le président de la fédération dont ils souhaitent le départ. Et presqu’au même moment curieuse coïncidence Gabriel Améyi prépare les esprits à son triomphe. N’ayant lui
non plus aucune expérience en matière de gestion des hommes, il ne tardera pas à montrer son vrai visage.

Tant que la misère et la course vers l’argent facile  pousseront les présidents de ligues et clubs à hisser des mégalomanes et des zouaves  à la tête de la Fédération parce qu’ils sont capables de jeter l’argent  par la fenêtre, il  vaudra mieux ne pas compter sur cette fédération pour faire gagner les éperviers.

La pagaille au niveau de notre Fédé  frise tellement la nausée qu’on se demande s’il vaut  la peine de se qualifier pour Accra 2008 et offrir un autre spectacle plus désolant que celui de Wangen. Tout est à refaire.

L. R

     
 

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