|
|
|
|
|
[
N°549
: du 26 juin 2007] |
|
Les autorités béninoises responsables de la barbarie
de Cotonou |
|
Lorsqu’on revit avec le recul les actes de
violence, d’incivilité et de barbarie qui ont
émaillé le séjour des joueurs et supporteurs
togolais à Cotonou avant, pendant et après le match
du 17 juin dernier, on se rend aisément compte que
les ambassadeurs du Togo ont été victimes d’une
série d’attaques et d’agressions préalablement
planifiées. Il parait de plus en plus évident que le
gouvernement Yayi Boni qui semble bien se moquer des
Togolais, en porte la lourde responsabilité. En
effet, à travers leurs discours pendant les jours
précédant la rencontre, les autorités béninoises ont
chauffé le public à blanc en l’invitant à
l’intolérance. Il n’y a pas d’autre alternative dans
un match de football que de gagner, de perdre ou de
faire un score de parité. Mais à l’occasion du match
Bénin-Togo, les autorités béninoises avaient fixé un
objectif à leurs joueurs « gagner par tous les
moyens ». |
|
Les
joueurs et le public, comme des chiens enragés et
conditionnés à qui l’ordre a été donné d’attaquer,
ont du coup perdu tout réflexe de fair-play,
oubliant qu’on était dans le domaine du jeu. Les
Togolais étaient devenus à leurs yeux, non plus des
adversaires pour une partie de football, mais des
ennemis à abattre, pour le plaisir des dirigeants
qui ne faisaient rien pour dissuader la meute
déchaînée.
Au moment où ils foulaient le sol
béninois à la frontière de Hillah-Condji, les
Togolais se savaient déjà indésirables. Aucune
délégation officielle ne les attendait pour les
accueillir comme on l’aurait fait au Togo pour toute
délégation officielle étrangère. C’était, abandonnés
à eux-mêmes, qu’ils s’étaient rendus à Cotonou où
aucune disposition n’avait été prise par les
Béninois pour leur faciliter les choses. L’accès aux
hôtels a été un véritable parcours du combattant.
Quant à la visite de reconnaissance du terrain, elle
leur a été tout simplement refusée. Le calvaire des
Togolais durera depuis leur arrivée à Cotonou
jusqu’après le match. Joueurs, officiels et
supporters laissés à eux-mêmes étaient la cible de
toutes sortes de maltraitance et d’infamie. La
presse, à travers ses titres, avait déjà annoncé la
couleur. Mais le gouvernement n’avait rien fait pour
parer au pire. Et c’est en présence d’hommes en
uniformes qu’on soumettait les pauvres Togolais aux
voies de fait et qu’on s’attaquait à leurs
véhicules. A voir les uns et les autres à l’action,
on avait la nette impression que chacun avait une
partition qu’il jouait, une tâche dont il
s’acquittait avec conscience pour la cause de la
patrie. En tout cas, on ne peut pas dire que le
Président Yayi Boni est désavoué par les forces de
sécurité qui ont croisé les bras et regardé molester
les Togolais.
La première leçon à tirer de cette
barbarie, c’est que sous d’autres cieux, on n’a pas
la même considération pour des valeurs comme
l’hospitalité au Togo. Comment comprendre en effet
que Yayi Boni qui, pendant plusieurs années, a
bénéficié d’un accueil humain au Togo n’ait pas pu
créer au moins les conditions minimales pour un
fair-play lors d’un match de football opposant le
Togo à son pays ?
Il serait en tout cas difficile de
convaincre les Togolais que les assaillants béninois
n’étaient pas en mission commandée et qu’ils
n’étaient pas au service des plus hautes autorités
dont la complicité n’est plus à démontrer. Comment
comprendre autrement que malgré toute cette
barbarie, aucun vandale béninois n’ait été
appréhendé ? Ce qui s’était passé à Cotonou était
donc normal aux yeux des autorités de ce pays.
Le pire dans cette affaire, c’est que,
au lieu de faire acte de contrition et de présenter
des excuses publiques aux Togolais, le Gouvernement
béninois fait diversion et parle d’un match amical
Togo-Bénin pour réconcilier les deux peuples
condamnés à vivre ensemble. Sur le site Internet du
gouvernement béninois, on pousse le cynisme jusqu’à
inverser la culpabilité. On interprète ce qui s’est
passé à Cotonou comme un malentendu délibérément
grossi par les Togolais pour justifier la défaite
des Eperviers. Mieux, on se pose en victime en
évoquant des représailles dont les ressortissants
béninois auraient fait l’objet au Togo. Comme une
cerise sur le gâteau, on se félicite de ce que les
autorités togolaises aient décidé de réparer les
préjudices subis par les Béninois au Togo et de
soigner les blessés. C’est bien le comble.
A la lumière de tout ce qui précède il
ne fait plus l’ombre d’un doute que la barbarie de
Cotonou était préméditée. Au lieu de chercher à se
perdre en conjecture et à noyer le poisson, les plus
hautes autorités béninoises qui portent une lourde
responsabilité dans cette affaire gagneraient à se
prendre au sérieux et à reconnaître leurs torts. Il
y va des relations de bon voisinage entre le Togo et
le Bénin.
Yao ASSOU |
|
|
|
L’UFC
interpelle le CAR et la CDPA sur la nomination des
préfets |
|
A plusieurs reprises Gilchrist Olympio a laissé
entendre que l’UFC a préféré rester hors du
gouvernement pour mieux critiquer les actes qu’il
pose plutôt que d’y être pour se voir solidairement
responsable de ces actes. |
|
Cette position qui permet évidemment à
l’UFC de s’inscrire dans le stratégie d’opposition
systématique, tend à confiner la CDPA et le CAR dans
un rôle de gaudillots du pouvoir RPT puisque ces
deux partis, même s’ils ne sont pas d’accord avec
les actes posés en conseil des ministres, ne peuvent
pas les désavouer publiquement. Après avoir dénoncé
la supercherie et la mascarade du Chef de l’Etat
dans la nomination et le remplacement des préfets,
(voir communiqué) le parti de Gilchrist Olympio
interpelle la CDPA et le CAR en leur demandant s’ils
y adhèrent.
Il y a quelques jours, Me Agboyibo
n’avait pas manqué d’évoquer publiquement le rôle
néfaste que certains préfets et chefs traditionnels
ont joué dans les processus électoraux par le passé.
La semaine dernière, un remplacement partiel de
préfets est intervenu à l’issue du conseil des
Ministres. Du côté des partis de l’opposition
représentés au gouvernement, on laisse entendre que
même si ce léger remaniement ne comble pas toutes
les attentes, « un peu de chose vaut mieux que
rien du tout ». Il est vrai que les appels
incessants au départ de certains préfets ont été
perçus comme une injonction au Chef de l’Etat. Or,
Faure Gnassingbé étant confronté à la rage des
faucons de son bord qui l’accusent de complaisance à
l’égard de l’opposition est placé dans une situation
embarrassante. Traduire la volonté de l’UFC dans les
faits en chassant tous les préfets pour les
remplacer par ceux qui plaisent à ce parti au risque
de provoquer une situation de nature à démobiliser
son propre parti, ou maintenir le statu quo pour
contenter ses partisans qui considèrent la
satisfaction des exigences de l’opposition comme une
capitulation du RPT. Surtout que des voix se sont
élevées au niveau de ce parti pour rappeler
qu’aucune disposition dans l’Accord Politique Global
n’exige que les préfets soient remplacés.
Pour éviter de scier la branche sur
laquelle il est assis, Faure Gnassingbé a dû couper
la poire en deux. Une façon de contenter à la fois
une partie de l’opposition et l’aile modérée de son
camp. L’UFC condamne cette supercherie du pouvoir en
place et demande non seulement le remplacement
intégral des préfets mais exige que les nouvelles
nominations soient faites sur une base consensuelle.
Mais en posant la question de savoir si toutes les
parties à l’APG, membres du gouvernement et dont les
sympathisants ont été victimes des exactions des
préfets adhèrent à cette mascarade, l’UFC incite la
CDPA et le CAR à se joindre à elle pour mettre la
pression sur le Chef de l’Etat jusqu’à satisfaction
de ses exigences.
Ces partis, conscients des rapports de
Forces actuels ne voudront pas faire trop de bruit
sur une telle revendication qui a peu de chance
d’être satisfaite surtout quand l’on considère
l’impuissance de l’arbitre qui est le facilitateur
devant certaines décisions relevant des prérogatives
constitutionnelles comme par exemple la désignation
de certains membres de la Cour Constitutionnelle
décriés. Une source proche de la présidence ironise
même sur la position de l’UFC qui, selon elle,
quoique Faure fasse, trouvera toujours à redire et à
diaboliser ses actes. Mais en dénonçant la
supercherie, l’UFC s’exhibe en face des électeurs
comme la seule force politique qui s’oppose au
pouvoir RPT en perspective des législatives.
A.S |
|
|
|
Législatives 2007 : La CEN dépendante va proposer
une autre date |
|
Suite à l’inquiétude manifestée par le Chef de
l’Etat, la CENI aurait multiplié des séances de
travail la semaine dernière. Et il semble, en tout
cas, selon une source proche de la Commission,
qu’une solution est en passe d’être trouvée au
problème de la mise en place du site central ayant
pour rôle, de centraliser les inscrits et établir le
fichier électoral. |
|
Le
recensement proprement dit pourrait démarrer autour
du 15 juillet 2007. Et même si personne n’ose le
dire publiquement, il est clair, en raison du
retard, que le 05 août n’est plus tenable. Le
recensement va durer un mois comme prévu. S’il faut
deux semaines pour centraliser les données et
constituer un fichier électoral fiable, il n’est pas
exclu que les élections se tiennent dans le mois de
septembre, le ou le 16. Selon le code électoral, le
corps électoral est convoqué 45 jours avant la date
des élections. Quoiqu’il en soit, les atermoiements
relevés au niveau de la CENI posent le problème même
de l’indépendance de cette institution. Cette
commission est-elle indépendante parce que les
partis signataires de l’APG y ont envoyé leurs
représentants ? Peut-on qualifier d’indépendante,
une commission qui, n’ayant pas de ressources et de
moyens propres est obligée de se soumettre à
d’autres institutions ?
En
vérité, notre Commission Electorale Nationale est
triplement dépendante. D’abord l’APG qui n’a pas
suffisamment délimité ses prérogatives accorde
plutôt une marge de manœuvre plus importante au
gouvernement dans la mise en œuvre du processus
électoral. Le Gouvernement qui dispose de
l’administration, qui elle, est apprivoisée par le
parti du chef de l’Etat, détient les leviers de
commande et peut lui imprimer le rythme voulu.
Ensuite le gouvernement togolais ayant
toujours clamé qu’il n’a pas les moyens, l’UE et le
PNUD ont été appelés à la rescousse pour aider à
établir le cadre d’assistance technique logistique
et financière. C’est plus de huit mois après que la
convention de financement a été signée. Il est clair
que
la
CENI ne peut qu’évoluer au rythme imprimé à elle par
les bailleurs de fonds qui tout naturellement, ont
leur mot à dire dans la conduite du processus
électoral.
Enfin
la
CENI est soumise aux caprices de la nouvelle
technologie utilisée pour le recensement ou tout
simplement de la Société Zetes qui a fourni les Kits
et le logiciel.
Il va sans dire que la régularité ou non
du prochain scrutin dépendra de toutes ces
institutions sans lesquelles,
la
Commission Electorale
ne peut mener à bien ses activités.
A.S. |
|
|
|
Toute la vérité sur la tentative de démission de Me
Agboyibo |
|
Suite aux inquiétudes exprimées par le Chef de
l’Etat qui lui a rappelé la mission prioritaire du
Gouvernement d’Union Nationale, Me Agboyibo, selon
ses propres dires a eu une rencontre de
clarification avec le Chef de l’Etat. |
|
Il
est vrai que suite au communiqué de la présidence,
certains partisans de Me Agboyibo qui considèrent
qu’il s’agit là d’un coup médiatique initié par le
pouvoir RPT et visant à faire porter le chapeau d’un
probable échec du processus électoral au Premier
ministre ont préféré que leur Président remette le
tablier. D’autres auraient suggéré que le Premier
Ministre initie à son tour un communiqué- réponse
pour situer les responsabilités. Quelques jours
après, plusieurs confrères citant des sources
proches de la présidence et de la Primature ont
annoncé la « démission » ou la « menace
de démission » (c’est selon) de Me Agboyibo.
Cette « information » est accueillie avec
indifférence dans les milieux proches du pouvoir. A
ce jour, aucun collaborateur de Me Agboyibo n’est en
mesure de confirmer que le Premier Ministre a
affectivement rencontré le Chef de l’Etat pour lui
faire part de son intention de démissionner.
Mais ce qui ajoute à la confusion, c’est
que l’intéressé lui-même n’infirme ni ne confirme le
fait. Il reconnaît avoir eu une rencontre de
clarification avec le Chef de l’Etat. « Pour
réussir dit-il, il me faut la confiance du
Chef de l’Etat, des parties prenantes au dialogue et
du Peuple. Si tel n’est pas le cas, il est hors de
question que je m’accroche ».
Me Agboyibo a été sans doute très
sensible au fait que la lettre ait été rendue
publique avec une telle solennité porteuse de
sous-entendus. Mais ce qui a surtout suscité
l’indignation dans l’entourage du Premier ministre,
c’est que le Communiqué à l’allure d’ultimatum a été
lu sur les médias, après que la parole fût donnée au
représentant de l’UFC qui a déclaré que son parti
commence à perdre confiance au processus électoral.
« Nous voudrions, a-t-il dit que toutes les
institutions impliquées, quelles soient nationales
ou internationales, mettent tout en œuvre pour nous
redonner confiance, confiance qui nous a conduit à
signer l’APG et à être aujourd’hui présent à
la
CENI, au Comité de Suivi et dans le processus
global ».
Ces propos du 3è vice-président de l’UFC comparés
aux termes du communiqué de la Présidence qui
demande à Me Agboyibo « de tout mettre en œuvre
pour organiser les élections législatives dans les
délais requis et prendre d’urgence les mesures
appropriées pour imprimer une nouvelle dynamique au
processus électoral, » ont sans doute laissé
croire au Président du CAR que le Chef de l’Etat a
voulu lui porter chapeau de ce qui pousse l’UFC à ne
pas avoir confiance dans le processus électoral. Et
quand l’on se rappelle les propos tenus par les
responsables de l’UFC – qui réclamaient aussi la
primature – suite à la nomination du Me Agboyigo, on
peut comprendre l’inquiétude du Président du CAR qui
sans doute, a soupçonné une certaine connivance.
Me Agboyibo s’est alors précipité à la
Présidence pour savoir si le maître des lieux avait
des reproches sérieuses à lui faire et si les fautes
et les manquements qu’il aurait constatés lui ont
fait perdre confiance en son Premier ministre mais
le Chef de l’Etat ne lui reprocherait rien pour
l’instant.
Mais dans une certaine mesure, la menace
de démission relayée par la Presse et jamais
démentie peut être considérée comme une façon
subtile de l’entourage de Premier Ministre de
répondre au communiqué de la Présidence et de faire
comprendre à l’opinion que Me Agboyibo n’envisage
pas de se laisser piétiner et enfariner par les
tenants du pouvoir RPT juste pour conserver son
poste de Premier Ministre. En envisageant de quitter
si le Chef de l’Etat et les parties au dialogue
jugent catastrophique sa manière de conduire le
processus électoral, le Premier Ministre envoie un
signal à ceux qui, dans l’entourage du Chef de
l’Etat, pensent qu’il est totalement désarmé et a
perdu ses réflexes de vieil opposant du fait de sa
position actuelle.
A.
S. |
|
 |
|
|
|