AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Google
 
Web www.togoforum.com

31 mai 2006

[ 492:  30 mai  2006]
Blocage du dialogue intertogolais : Des inquiétudes à l’issue de la mission du Représentant Spécial de l’ONU à Lomé
 
 

      La sortie de crise au Togo passe obligatoirement par le règlement de la question de l’impunité. C’est du reste l’opinion de Mme Paule Rigaud, chargée de campagne programme Afrique d’Amnesty International. Alors qu’elle présentait le rapport 2006 de son organisation sur la situation des droits de l’homme dans le monde, Mme Rigaud a estimé que les auteurs des violations passées doivent  être traduits en justice afin qu’il soit clair pour tous qu’aucun abus de ce genre  ne sera plus jamais permis au Togo. Malheureusement, il est donné de constater que rien n’est fait dans ce sens. Au contraire, indique Mme Rigaud, de hauts responsables  civils comme militaires, connus pour avoir, dans le passé, commis des violations graves contre les droits de l’homme, non seulement ne sont pas inquiétés, mais sont promus.

            La position d’Amnesty International qui reste intransigeante sur  la question de l’impunité rejoint celle de la  plupart des partis de l’opposition représentés au dialogue  national.  En effet, ces partis dont certains avaient même fait du règlement de la question de l’impunité un préalable  au dialogue, sont tous d’avis qu’il faut lui trouver une solution avant d’annoncer de nouvelles élections.

            Ce qui n’est pas l’avis du RPT pour qui, la lutte contre l’impunité ne devrait pas être une priorité. Il fait même du sujet un point de blocage, voire de rupture. Pour l’ex-parti unique, l’impunité  n’est pas un phénomène nouveau au Togo. Et s’il faut que chacun réponde de ses actes, il faudra remonter aux années avant et juste après les indépendances où beaucoup d’actes de violence politiques  avaient été commis. Et comme une cerise sur le gâteau, il menace de faire abroger les lois amnistiant des crimes et autres délits politiques précédemment collés à des opposants à qui on faisait la chasse. Bref, pour le RPT, s’il faut poursuivre ceux qui ont tué, frappé, blessé et brûlé au cours du dernier processus électoral, il faudra ranimer le 23 septembre ainsi que tous les autres vrais faux complots qui avaient fait l’objet d’un jugement.

            Il s’agit-là d’un chantage à l’avantage de l’impunité. Car les crimes dont on demande les comptes aujourd’hui ont été commis dans le cadre d’une élection. Depuis, les populations sont traumatisées et pour les remettre en confiance, il sied de traduire les auteurs de ces actes de violence en justice avant de leur demander une nouvelle  fois, de sortir pour voter. Ce n’est que normal.

            En s’opposant au règlement de la question de l’impunité et en en faisant un casus belli, le RPT donne raison à ceux qui pensent que ce parti porte une lourde responsabilité dans la vague de violence qui a embrasé le Togo avant, pendant et après l’élection du 24 avril.

Y. A.

 
 

Job.com

 
 
 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved