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La sortie de crise au Togo passe obligatoirement
par le règlement de la question de l’impunité.
C’est du reste l’opinion de Mme Paule Rigaud,
chargée de campagne programme Afrique d’Amnesty
International. Alors qu’elle présentait le
rapport 2006 de son organisation sur la
situation des droits de l’homme dans le monde,
Mme Rigaud a estimé que les auteurs des
violations passées doivent être traduits en
justice afin qu’il soit clair pour tous qu’aucun
abus de ce genre ne sera plus jamais permis au
Togo. Malheureusement, il est donné de constater
que rien n’est fait dans ce sens. Au contraire,
indique Mme Rigaud, de hauts
responsables civils comme militaires, connus
pour avoir, dans le passé, commis
des
violations graves contre les droits de l’homme,
non seulement ne sont pas inquiétés, mais sont
promus.
La position d’Amnesty International qui
reste intransigeante sur la question de l’impunité
rejoint celle de la plupart des partis de
l’opposition représentés au dialogue national. En
effet, ces partis dont certains avaient même fait du
règlement de la question de l’impunité un préalable
au dialogue, sont tous d’avis qu’il faut lui trouver
une solution avant d’annoncer de nouvelles
élections.
Ce qui n’est pas l’avis du RPT pour qui,
la lutte contre l’impunité ne devrait pas être une
priorité. Il fait même du sujet un point de blocage,
voire de rupture. Pour l’ex-parti unique,
l’impunité n’est pas un phénomène nouveau au Togo.
Et s’il faut que chacun réponde de ses actes, il
faudra remonter aux années avant et juste après les
indépendances où beaucoup d’actes de violence
politiques avaient été commis. Et comme une cerise
sur le gâteau, il menace de faire abroger les lois
amnistiant des crimes et autres délits politiques
précédemment collés à des opposants à qui on faisait
la chasse. Bref, pour le RPT, s’il faut poursuivre
ceux qui ont tué, frappé, blessé et brûlé au cours
du dernier processus électoral, il faudra ranimer le
23 septembre ainsi que tous les autres vrais faux
complots qui avaient fait l’objet d’un jugement.
Il s’agit-là d’un chantage à l’avantage
de l’impunité. Car les crimes dont on demande les
comptes aujourd’hui ont été commis dans le cadre
d’une élection. Depuis, les populations sont
traumatisées et pour les remettre en confiance, il
sied de traduire les auteurs de ces actes de
violence en justice avant de leur demander une
nouvelle fois, de sortir pour voter. Ce n’est que
normal.
En s’opposant au règlement de la
question de l’impunité et en en faisant un casus
belli, le RPT donne raison à ceux qui pensent que ce
parti porte une lourde responsabilité dans la vague
de violence qui a embrasé le Togo avant, pendant et
après l’élection du 24 avril.
Y. A. |