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Le
constat auquel serait parvenu le Représentant
Spécial des Nations Unies pour l’Afrique de
l’Ouest à l’issue de sa mission au Togo n’est
pas rassurant. M. Abdallah a été dépêché à Lomé
pour rencontrer les acteurs politiques impliqués
dans le dialogue national au moment où le
Bureau de ce dialogue éprouve des difficultés à
élaborer un projet d’accord comme il s’y était
engagé.
Après s’être entretenu avec le chef de
l’Etat, M. Abdallah a également conféré avec les
responsables de partis politiques et de la société
civile togolaise.
Selon certaines indiscrétions, le
Représentant Spécial des Nations Unies aurait
remarqué que les représentants du parti au pouvoir
ne semblent pas disposés à faire des concessions
sur les points essentiels qui préoccupent
l’opposition. Ils campent sur les positions qu’ils
ont défendues lors du premier tour des discussions
au dialogue intertogolais. Ce qui rend difficile un
accord politique sans l’intervention conséquente
d’un médiateur. On ignore si les Nations Unies vont
s’impliquer directement pour aider à rapprocher les
points de vue. A la demande de Louis Michel, et au
vu des difficultés qui pointaient à l’horizon, le
Secrétaire Général des Nations Unies avait désigné
l’Algérien Lakdhar Brahimi comme médiateur du
dialogue intertogolais. Pour des raisons non
élucidées, le pouvoir en place avait rejeté cette
proposition et s’était tourné vers le Président
Compaoré à qui il avait été demandé d’accueillir le
dialogue.
Le 21 avril dernier, ce dialogue a été
ouvert à Lomé sans médiateur et à l’issue des
quinze jours prévus, le Bureau du dialogue n’a pu
trouver la formule appropriée pour aplanir les
divergences et peine toujours à trouver la méthode
appropriée pour y parvenir. La classe politique
togolaise et plus particulièrement le Président
Faure Gnassingbé accepteraient-ils que le diplomate
mauritanien joue le rôle de médiateur au cas où les
Nations Unies le lui demandaient ?
Avant d’être nommé comme Représentant
Spécial pour l’Afrique de l’Ouest, M. Ould Abdallah
dirigeait la « Global Coalition for Africa »
un forum intergouvernemental basé à Washington.
Ancien fonctionnaire des Nations Unies, il y a
occupé plusieurs fonctions en particulier celle de
représentant spécial du Secrétaire Général de l’Onu
pour le Burundi et Coordonnateur spécial pour les
sources d’énergies nouvelles et renouvelables et les
questions liées à l’énergie. Il a en outre occupé
plusieurs postes de responsabilité dans son pays en
particulier celui du Ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération et celui
d’Ambassadeur auprès des Nations Unies. M. Abdallah,
né le 21 novembre 1940 est titulaire d’une licence
et d’une Maîtrise de l’Université de Grenoble et
diplômé de Sciences Politiques de la Sorbonne à
Paris. Il est membre de plusieurs conseils
consultatifs dont ceux du Comité International de la
Croix Rouge, du Centre International pour l’éthique
et la justice de l’Université de Brandeis de
Unilever et de Heineken. Il est co-fondateur de
Transparancy International, un organisme
international de lutte contre la corruption. M.
Ahmedou Ould Abdallah a écrit de nombreux livres et
articles sur les droits de l’homme et autour des
thèmes humanitaires et de résolution des conflits.
Abass SAÏB |