AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Google
 
Web www.togoforum.com

31 mai 2006

[ 492:  30 mai  2006]
Me Agboyibo en difficulté : La nécessaire intervention du chef de l’Etat
 
 

Le Président du dialogue national ne sait plus à quel saint se vouer. A force de ménager les susceptibilités en fermant les yeux sur les problèmes  rencontrés, Me Agboyibo est devenu ou presque le dindon de la farce. Flanqué du vice-Président du dialogue et du rapporteur, deux inconditionnels du pouvoir qui apparaissent comme ses gardes du corps, sa marge de  manœuvre  est très limitée dès  lors qu’il a le devoir de faire preuve de neutralité. Ce rôle encombrant l’empêche de faire prévaloir les positions de son parti et celles des autres partis qui défendent les mêmes positions que le CAR.

A la difficulté d’amener le Vice- président et le Rapporteur, tous proches du pouvoir à adhérer à un projet d’accord, vient s’ajouter les absences répétées  du rapporteur Gilbert Bawara, un fidèle du chef de l’Etat. En l’absence du rapporteur, les deux autres   peuvent-ils continuer le travail ?  Me Agboyibo  est isolé   et ne peut rien décider. Il lui est même impossible  de compter sur la vice- présidente pour entreprendre quoi que ce soit. Au moment où nous mettions sous presse, le rapporteur du dialogue est en mission en Europe. Le chef de l’Etat a-t-il mesuré l’incidence de son absence sur les travaux du dialogue ?

            Du côté du pouvoir, on empêche ainsi Me Agboyibo   de rechercher un consensus. Ses collègues  de l’opposition eux aussi  le soupçonnent  de s’imposer comme médiateur  de fait  et de vouloir s’entendre avec le pouvoir en place pour produire un accord partiel en isolant les questions essentielles et de présenter  cet accord politique comme un accord issu du dialogue national. S’il dénonce publiquement une manœuvre visant à empêcher le bureau de travailler, les représentants du pouvoir RPT ne manqueront pas de le taxer de partialité.

            Le Président du CAR qui n’a pas bénéficié du soutien de ses alliés traditionnels de l’UFC et de la CDPA, n’a donc  pas la tâche facile.  Devant ce blocage inavoué, le parti de Gilchrist Olympio demande qu’on change de méthode (voir ci-dessous).

            Selon le règlement intérieur du dialogue, en cas de désaccord persistant, des médiateurs devraient être désignés par, on ne sait qui,  et sur décision du dialogue  selon la nature des problèmes. Comment faire en sorte que le ou les médiateurs qui seront désignés soient acceptés par tous ? L’ONU et l’UE vont-elles accepter conjointement de mettre un ou des médiateurs à la disposition du dialogue ? Cette éventualité arrangerait la situation dans la mesure où il n’y aurait plus d’excuse pour ceux qui contesteront les solutions proposées par ces médiateurs. Mais le seul moyen d’éviter de perdre du temps et de l’énergie pour rechercher des médiateurs étrangers serait de solliciter l’intervention du chef de l’Etat sur certaines revendications importantes de l’opposition que les représentants du pouvoir rejettent avec fermeté. Dans tous les cas, le problème posé par les absences répétées du Ministre Bawara doit être réglé pour permettre au Bureau de faire face à l’essentiel.

            Dans cette situation de blocage, la bonne volonté du chef de l’Etat est à l’épreuve. Il devra à la fois trouver un remplaçant à Bawara pour faire marcher le Bureau du dialogue en même temps que son intervention sur les points essentiels qui posent problème est exigée pour débloquer la situation.

            En juillet 1999, lorsque les blocages étaient apparus au dialogue intertogolais et que même les facilitateurs ne maîtrisaient plus la situation, il a fallu que Me Agboyibo se déplace à Lomé 2 pour convaincre le chef de l’Etat à lâcher du lest sur le Bulletin unique et d’autres points permettant ainsi la signature de l’Accord Cadre de Lomé. On connaît déjà à la lumière de la synthèse des premières discussions, les principaux points de divergence. La composition et l’attribution de la CENI, les conditions d’éligibilité, le mode de scrutin.

            Si le blocage persiste, il y a des raisons de croire que le pouvoir en place cherche à gagner du temps dès lors qu’il semble à l’abri des pressions de la société civile parce que ces travailleurs, hypnotisés par les conclusions du dialogue social ne s’intéressent pas au dialogue politique.   

            Pour éviter de porter le chapeau de ce blocage délibéré, Me Agboyibo sera sans doute, obligé de convoquer  une séance plénière dans les jours qui suivent et de mettre le Chef de l’Etat devant ses responsabilités.

Abass SAÏB

 
 

Job.com

 
 
 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved