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[
N°545
: du 29 mai 2007] |
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Le
choix des candidats RPT de la Kozah pose problème |
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En décidant d’organiser des élections primaires pour
choisir les candidats du RPT à la députation, Faure
Gnassingbé a voulu rompre avec les méthodes du passé
et insuffler un esprit démocratique au partie. L’un
des avantages de cette méthode, si elle est bien
appliquée, est de permettre aux populations de la
base, de choisir elles-mêmes, les personnes qu’elles
trouvent les mieux indiquées pour les représenter à
l’Assemblée nationale. Mais au-delà de cet
avantage, l’organisation des primaires telle
qu’elle se fait pose un certain nombre de problèmes.
Car un nombre important de ceux qui veulent se
positionner n’ont malheureusement pas l’opportunité
de le faire. De gros barons qui étaient considérés
encore hier comme indéboulonnables, ont été
sévèrement sanctionnés et se trouvent désormais dans
l’impossibilité de rentrer dans la course à la
députation. |
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Cette réalité a fait naître au sein du parti, un
sentiment de mécontentement venant de personnes qui
voudraient bien avoir leur part de gâteau en
siégeant à l’Assemblée nationale. Ces derniers,
digérant mal leur échec, veulent se faire entendre.
De plus en plus de ces barons se servent de certains
jeunes proches d’eux pour relayer leur
mécontentement. Et la situation est sur le point de
se généraliser.
Dans la Kozah, des informations avaient
fait état de ce que les primaires s’étaient
déroulées dans de très bonnes conditions et que le
choix des candidats ne souffrait d’aucune
contestation. Les membres de la liste du RPT Kozah à
savoir, Kpatcha Gnassingbé, Kpanlou Patassé et
Bernard Walla ont été présentés comme étant des
personnalités qui font l’unanimité au sein des
populations.
Mais aujourd’hui, il paraît de plus en
plus certain que des réserves subsistent. Même si
personne ne veut prendre le risque de critiquer
ouvertement, on murmure et on cache mal la
désapprobation.
Des sources proches des contestataires
s’indignent et se demandent quand et comment les
membres de la liste ont été désignés. On estime que
sur quatorze cantons que compte la Kozah, seulement
deux auraient participé à ce choix, à savoir les
cantons de Pya et de Lama. Ces cantons à eux deux
seraient-ils représentatifs de toute la préfecture ?
Ce qu’on déplore aussi dans cette
affaire, c’est la surreprésentation du canton de Pya.
Parmi les trois membres que compte la liste, Pya se
taille la part du lion en présentant à lui seul,
deux de ses fils, à savoir Patassé et son frère
Kpatcha. Et le troisième membre, Bernard Walla ne
fait pas non plus l’unanimité, car il est considéré
comme étant issu du seul milieu qui dans tout Lama,
bénéficie des faveurs du pouvoir.
En effet les Walla ont été depuis
longtemps déjà associés à l’exercice du pouvoir au
Togo. Le Général Akawilou Marcel Walla a été
ministre M. Koffi Kadanga Walla a été plus d’une
fois ministre. On connaît aussi Mme Kissem Tchangaï
Walla qui a été également ministre au Togo.
Aujourd’hui, c’est au tour de Bernard Walla de
détenir un portefeuille ministériel. Et au lieu de
se contenter de son poste de ministre pour laisser
la chance à quelqu’un d’autre, le voilà désigné
comme candidat du RPT aux prochaines législatives.
Pour ses détracteurs, cela fait trop pour une seule
famille dans un milieu où les autres sont privés de
tout. Les plus amers dans cette affaire viennent de
Lama bas où on se dit écartés ou oubliés.
L’innovation introduite par Faure
Gnassingbé dans le choix des candidats du RPT se
présente alors comme un couteau à double tranchants.
Si beaucoup de voix s’élèvent pour critiquer les
primaires, c’est surtout parce qu’au niveau du
collège électoral composé des représentants
cantonaux, il se pose des problèmes de procédure.
Au temps d’Eyadema, le problème ne se
posait pas. Il suffisait qu’il tape du poing sur la
table et tout était réglé. Faure Gnassingbé ne veut
pas utiliser les mêmes méthodes. Ce qui suscite des
mécontentements. Si ce sentiment persiste et
grandit, la méthode Faure risquerait de se retourner
contre le parti. Car, certains pour marquer leur
désaccord pourraient voter pour une autre liste.
Y.A
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La
hiérarchie militaire témoigne sa fidélité à Faure
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Dans
son édition N°518 du 24 mai 2007 sous le titre
Kpatcha se bunkérise à Kara (voir ci-dessous)
«La lettre du continent» revient
sur un autre épisode du conflit qui oppose Faure
Gnassingbé à son jeune frère Kpatcha. Mais selon une
version obtenue de
bonne
source
de
l’entourage présidentiel, Kpatcha Gnassingbé
s’était effectivement retiré à Pya où il a passé
plusieurs jours. Et comme par hasard son autre frère
Rock
Gnassingbé,
Patron du sous-groupement blindé des FAT y était
également. Le ministre de la défense aurait
rencontré quelques chefs traditionnels et fait des
cérémonies comme le faisait son père de son vivant. |
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Selon nos informations il aurait demandé à des
officiers de le rejoindre à Pya pour un conclave,
mais surpris par cette étrange invitation,
le chef d’Etat major
général,
le Général Zakari Nandja et le Chef d’Etat major de
l’Armée de terre,
le Général Berenna Gnakoudé
qui
n’auraient pas apprécié cette démarche suspecte sont
allés au Palais de la Présidence pour rassurer le
chef de l’Etat et lui témoigner
de
leur soutien indéfectible. En milieu de semaine le
chef de l’Etat Faure Gnassingbé s’est rendu à Pya où
il aurait eu une discussion « franche » avec
son jeune frère.
Au final les deux frères se seraient apparemment
compris. En tout cas le ministre de la défense
aurait assuré le chef de l’Etat qu’il n’est animé
par aucun sentiment belliqueux à son égard. On
rapporte que loin de se laisser endormir, Faure
Gnassingbé est toujours attentif aux actes que pose
son frère cadet.
Abass SAIB
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Polémique sur le processus électoral
:
Des membres de la CENI minimisent les mises en garde
de l’UFC |
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La CENI a fini d’installer ses CELI mais déjà l’un
des partis représenté au sein de la commission fait
remarquer que la composition des CELI viole
l’article 28 du code électoral qui stipule que le
président de la CELI est nommé par décret pris en
conseil des ministres.
L’UFC «conteste formellement la compétence du
seul président de la CENI à composer et à faire
mettre en place les membres des CELI». En outre, il
s’instaure une polémique sur la nomination des
magistrats du parquet au lieu des magistrats du
siège comme présidents des CELI. |
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Visiblement, à la CENI on considère la dénonciation
de l’UFC comme une tempête dans un verre d’eau. Un
membre de la CENI contacté par notre rédaction
considère qu’il s’agit là d’une volonté manifeste de
créer des problèmes là où il n’y en a pas. « Ceux
qui entretiennent une polémique inutile et qui
s’évertuent à le provoquer le désintérêt des
électeurs à l’égard du processus électoral savent à
quel jeu ils jouent » indique t-il. Un autre
membre de la CENI estime que c’est faire injure aux
autres membres que de dire que c’est le seul
président de la CENI qui a « composé et fait
mettre en place les membres de la CELI».
Il témoigne que c’est ensemble que les membres de la
CENI ont travaillé lorsqu’il s’est agi de mettre en
place les CELI. «Ce n’est pas la première fois
que les magistrats du parquet sont nommés à la tête
des CELI au Togo» a-t-il indiqué. Lors de la
rencontre de la CENI avec la presse, le président de
cette institution avait fait remarquer que les
membres de la CENI qui sont sous serment ne peuvent
pas empêcher leur parti de prendre des positions
contraires à celles auxquelles ils ont adhéré.
Ainsi, pendant que les représentants de l’UFC à la
CENI participent activement à la mise en place des
CELI leur parti dénonce cette opération à grand
fracas.
Cette duplicité risque de mettre à mal
la cohésion au sein de la CENI où certains finiront
par considérer que d’autres les tournent en
bourriques en faisant semblant d’approuver ce qui se
fait à la CENI puis une fois dehors incitent leur
parti à décrédibiliser l’institution aux yeux de
l’opinion publique.
Dans une lettre qu’elle vient d’adresser
à la CENI et dont copie est envoyée au Président du
Comité de Suivi au Chef de l’Etat et au Chef du
gouvernement, «l’UFC met en garde la CENI contre
les graves conséquences de toute violation de la loi
électorale et de toute décision tendant à
compromettre l’organisation dans notre pays
d’élections crédibles et acceptable par tous».
On attend de voir la suite que réservera le
président de la CENI à cette mise en garde.
A. S. |
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Recomposition de la Cour Constitutionnelle
Les sérieuses réserves de l’UFC |
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L’Assemblée Nationale a procédé à la désignation
des six membres de la cour constitutionnelle
conformément à l’article 100 de la constitution.
L’accord politique global avait recommandé que cette
cour soit recomposée en tenant compte des critères
de compétence, d’impartialité et de probité. Les
trois autres membres devront être désignés par le
chef de l’Etat. Mais déjà le tri opéré par
l’Assemblée Nationale sur 30 dossiers présentés
suscite le tollé dans les milieux proches de l’UFC
qui, quelques jours auparavant, avait mis en garde
contre tout replâtrage, « tout rafistolage visant à
remettre en selle tout ou partie des membres actuels
auteurs notoires des forfaitures qui ont endeuillé
notre pays et aggravé la crise sociopolitique ». |
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L’Assemblée monocolore RPT vient une fois encore de
démontrer qu’elle reste fidèle à l’ancienne garde,
refusant ainsi de s’inscrire dans la dynamique
consensuelle.
Le contraire aurait surpris, quand on
sait que c’est cette même assemblée qui, avec la
complicité des membres de la Cour Constitutionnelle,
a violé la constitution pour légitimer le coup
d’Etat en Février 2005.
Mais dans une certaine mesure et puisque
nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes,
tous les partis politiques signataires de l’APG, y
compris l’UFC, ont favorisé cette situation en
laissant à cette tristement célèbre assemblée, la
responsabilité de désigner les membres de la cour
constitutionnelle. Les critères (compétence,
impartialité, probité ) aussi flous que subjectifs
donnent carte blanche à l’Assemblé pour agir à sa
guise. Pourquoi donc ceux qui montent aujourd’hui au
créneau n’avaient-ils pas exigé des garde-fous avant
la signature de l’APG ?
Du côté du pouvoir, on joue naturellement les Ponce
Pilate en arguant qu’il n’appartient ni au
gouvernement, ni au chef de l’Etat, encore moins à
quiconque, d’indiquer au pouvoir législatif, la
nature du choix qu’elle doit opérer au risque de
porter atteinte au principe de la séparation des
pouvoirs. Les signataires auraient dû insister qu’il
soit inscrit dans l’APG que la recomposition de la
Cour doit être faite sur une base consensuelle et
avec l’Accord de tous les partis signataires.
Le drame dans cette affaire c’est que
l’Accord Politique Global a confirmé l’Assemblée
dans ses prérogatives lui permettant de mettre à
mal l’esprit consensuel sous le couvert de la
légalité. Il se peut que ce soit une stratégie
politique visant à pousser certains partis au
boycott ou à créer une atmosphère d’indignation de
nature à décourager certains électeurs qui doutent
déjà de la crédibilité du prochain scrutin.
La cour constitutionnelle est la
juridiction chargée de veiller au respect des
dispositions de la constitution référendaire, des
élections présidentielles, législatives et
sénatoriales. Elle statue sur le contentieux des
consultations et élections.
Abass SAIB |
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La
justice française ne veut pas inquiéter Debbasch |
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Charles Debbasch le Conseiller juridique de Faure
Gnassingbé, récemment interpellé à l’aéroport de
Bruxelles a été finalement remis en liberté. La
justice belge ayant levé le mandat d’arrêt à son
encontre et l’interdiction de sortie du territoire
belge, il a pu regagner Lomé jeudi dernier. Son
interpellation aura duré huit jours. La justice
française qui ne veut visiblement pas l’inquiéter
n’a pas demandé son extradition. |
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L’affaire qui a conduit à l’interpellation de M.
Debbasch remonte à 2005. Il avait été alors condamné
à deux ans de prison dont un avec sursis, pour
détournement de fonds et d’œuvres d’art au détriment
de la Fondation Vasarely. Charles Debbasch qui, à
l’époque n’était pas sur le territoire français,
n’avait pas purgé sa peine. C’est ainsi que les
juridictions françaises ont délivré un mandat
d’arrêt international contre lui.
Selon M. Michel de Bonnecorse alors
Conseiller aux affaires africaines à l’Elysée, qui
évoque le contexte de cette arrestation « on
était dans une situation de paradoxe, puisque la
justice française avait délivré un mandat d’arrêt
international et qu’en même temps, un juge
d’application des peines permettait à M. Debbasch de
venir à Paris. Donc M. Debbasch pouvait être arrêté
à l’étranger et il circulait librement en France,
donc l’affaire a été signalée au Garde des Sceaux
qui a mis bon ordre ».
Ce qui n’est pas du toute l’opinion de
Charles Debbasch qui dénonce une sorte
d’acharnement. « Moi j’ai argué de la nullité du
mandat d’arrêt. Je suis fidèle aux règles
juridiques, je suis professeur de droit et je trouve
ahurissant que la République française se comporte
parfois comme un Etat bananier et, qu’un mandat
d’arrêt qui a été régulièrement levé par l’autorité
judiciaire ait été rétabli sur l’ordre d’un
personnage qui était alors à l’Elysée et qui n’y est
plus aujourd’hui. C’est M. de Bonnecorse, un de mes
anciens étudiants d’Aix-en-Provence », devait-il
déclarer.
Pour M. Debbasch, cette affaire n’est
pas terminée car « les escrocs qui ont trompé la
justice doivent à présent rendre des comptes et les
magistrats d’Aix-en-Provence qui ont commis des faux
pour me condamner devront en répondre devant la
justice », a-t-il menacé à son retour à Lomé.
En vérité si la situation de Debbasch
relevait d’un paradoxe comme le disait Michel de
Bonnecorse, c’est tout simplement parce que l’homme
n’est pas n’importe qui. Son ombre pèse sur la
justice française. Etant un universitaire chevronné,
Professeur émérite de droit, plusieurs magistrats et
fonctionnaires du ministère de la justice sont
passés entre ses mains comme étudiants. Aux yeux de
ces derniers, il demeure pratiquement intouchable et
on n’ose pas l’inquiéter.
Dans un autre registre, Charles Debbasch
dispose de solides soutiens dans le cercle des Chefs
d’Etat africains qui le couvrent parce qu’ils ont
besoin de son expertise. On dit de lui qu’il a aidé
beaucoup d’entre eux à tripatouiller la constitution
de leur pays et à la ramener à leur mesure. Au Togo
où l’homme est connu depuis qu’il a commencé à
fréquenter les salons de la Présidence sous Eyadema,
il n’a jamais joui de la sympathie de l’écrasante
majorité de l’opinion. C’est pourquoi sa libération
et son retour au Togo ont été accueillis avec une
grande déception. On aurait plutôt souhaité que les
ennuis du « Doyen » se poursuivent. Pour ce
faire, certains n’avaient pas hésité à bombarder la
Présidence française de courriers électroniques,
expliquant à Nicolas Sarkozy la lourde part de
responsabilité qui est celle de Debbasch dans le
hold-up électoral d’Avril 2005.
Mais de toute évidence, les complaintes
des détracteurs de Debbasch sont tombées dans des
oreilles de sourds. On attend donc de voir comment
finira cette affaire puisque selon les dires de
Debbasch, une plainte a été nommément déposée par
ses Avocats contre l’ancien Conseiller aux affaires
africaines, Michel de Bonnecorse.
Affaire à suivre donc
L.R |
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