AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Le Regard

25 mai 2007

[ 544 : du 21 mai 2007]
Les barons mécontents, menacent le pouvoir de Faure

Imprimer une nouvelle orientation politique à un système trentenaire imbibé dans un archaïsme aigu n’est point une sinécure. Agbéyomé Kodjo et Dahuku Péré et d’autres encore qui ont osé siffler la fin de la partie pour les caciques du pouvoir qui s’estiment intouchables en savent quelque chose.

Aujourd’hui c’est le chef de l’Etat lui-même que les tenants de l’ordre ancien s’évertuent à mettre à rude épreuve en attendant le moment opportun pour lui régler leur compte.

Depuis quelques temps, des informations jamais confirmées de source officielle mais démenties du bout des lèvres font état de ce que Faure Gnassingbé et son frère cadet ministre de la Défense ne vibrent pas sur la même longueur d’onde.

Selon toute vraisemblance, il s’agirait d’une situation créée et entretenue par des vieux barons qui non contents de voir leurs privilèges anéantis par la nouvelle orientation politique de Faure Gnassingbé s’efforcent avec l’énergie du désespoir de jouer l’un contre l’autre.

            Cette situation est devenue si préoccupante qu’un personnage du pouvoir togolais requérant l’anonymat a dû prendre sa plume pour « dénoncer l’imposture ». (Voir ci-dessous la réflexion sur nouveau visage politique togolais).

Faure Gnassingbé ayant décidé de diriger le pays d’une autre manière, «les caciques nostalgiques patentés d’un passé révolu en mal de repositionnement sur l’échiquier national  et qui plusieurs années durant ont eu recours à des réseaux mafieux pour entretenir une économie parallèle et souterraine » ont vite fait de se diriger là où se trouvent leurs intérêts. Pour eux Kpatcha Gnassingbé serait le digne fils de son Père capable de perpétuer à leur souhait les vieilles pratiques dont ils tiraient profit et Faure Gnassingbé serait alors un « opposant » qui menacerait leurs intérêts vitaux.

Lors de la présentation des vœux au chef de l’Etat, le Premier ministre Me Yawovi Agboyibo ne croyaient pas si bien dire lorsqu’il insinuait que dans l’entourage du chef de l’Etat, il existe des gens qui font semblant de soutenir sa politique mais qui en réalité rament à contre courant.

Ces mécontents de la politique d’ouverture et de réformes menées depuis avril 2005 semble t-il se démènent pour, à défaut de forcer le chef de l’Etat à revenir aux vieilles pratiques, provoquer un choc explosif qui porterait leur homme préféré au pouvoir. On ignore s’ils mesurent les conséquences de cette aventure ou s’ils sont tout simplement poussés par leur goût immodéré de l’argent et de la jouissance.

Mais Faure Gnassingbé dont on dit qu’il reste le seul maître à bord saura-t-il mettre fin à ces manœuvres visant à perturber la bonne marche de l’Etat ou se laissera-t-il aller à son attentisme légendaire ?

A suivre…

A.S

 
Malgré l’installation du Conseil National du Dialogue Social : Les organisations syndicales de plus en plus menaçantes

 Informer la base des efforts du gouvernement tendant à régler les doléances du 1er mai puis décider ensemble de la conduite à tenir dans les négociations avec celui-ci, voilà l’objectif d’une Assemblée Générale qui a réuni vendredi  au siège de la Confédération Nationale des Travailleurs du Togo (CNTT) le bureau de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo et les différentes organisations syndicales du pays. Pendant près de trois heures, les participants ont échangé sur le sort réservé aux conclusions du dialogue social et le cahier de doléance du 1er mai dernier.

Après avoir informé la base de la tenue mercredi 16 mai de la première réunion du Conseil national du dialogue social dont l’installation  officielle des membres a eu lieu 24h plus tôt, les responsables syndicaux ont été sévèrement critiqués par la base qui les a taxés de complaisants vis-à-vis des autorités togolaises. « Je ne vous comprends pas. Vous vous retrouvez tous autour de la même table et au sortir, vous mangez et buvez ensemble et puis vous ne défendez plus notre cause. Comment les conclusions du dialogue social qui a pris fin depuis Novembre 2006 peuvent être rangées dans les tiroirs par le pouvoir et aujourd’hui, vous formulez d’autres doléances comme celles du premier mai ? Nous voulons la mise en application pleine et entière des clauses du dialogue social. Nous voulons tout et non seulement les quelques exigences de ce cahier de charge » a lancé au bureau, un syndicaliste visiblement outré par la doléance en 10 points du 1er mai qui appelait le pouvoir togolais à régler un certain nombre de problèmes avant le 1er juin prochain faute de quoi une grève sera déclenchée.

Pour la grande majorité des syndicalistes très amère envers le bureau, le syndicalisme du genre de l’époque du parti unique marqué par l’obligation de regarder dans la même direction est révolu et il faudra aujourd’hui s’inspirer de l’exemple guinéen pour amener le pouvoir togolais à refaire une situation pour le travailleur dont les chances d’épanouissement, compte tenue de la faiblesse du salaire, se réduisent comme une peau de chagrin.

            Malgré tout, les responsables ont calmé la base et ont ensemble arrêté une nouvelle plate forme en 9 points que voici et que le gouvernement devrait respecter avant le 1er juin prochain.

- Le versement des Arriérés de salaires, pensions, allocations familiales

- Le paiement des allocations familiales des Agents Permanents de salaires et pensions de retraite à terme échu conformément aux dispositions du nouveau Code du Travail

- L’application effective aux travailleurs de l’enseignement privé confessionnel  catholique, de la mesure de déblocage des effets financiers des avancements et révision de situation administrative.

- La baisse sensible des prix des produits suivants :

(Produits pétroliers, eau, électricité, communications téléphoniques, produits pharmaceutiques, matériaux de construction).

- La résolution définitive du problème du manque d’énergie et d’eau potable exposant les populations aux risques permanents des maladies hydriques.

- La révision à la baisse des factures d’électricité en constante augmentation en dépit des délestages récurrents.

- La prise en charge systématique des accouchements par césarienne pratiqués dans les hôpitaux publics.

- L’instauration par les autorités ayant en charge le dossier de Togopharma d’un dialogue avec les travailleurs en vue de trouver une solution définitive au problème de ce secteur.

- L’accélération du processus de titularisation des enseignements nouvellement intégrés

            Une autre AG est prévue pour le 25 mai soit 24h après une nouvelle rencontre avec le gouvernement pour faire le point de la situation et décider du lancement ou non de la grève au cas où toutes les revendications ne seraient pas satisfaites.

K. Segniagbeto

 
Polémique autour de la nouvelle date des élections
A peine la nouvelle date des élections annoncée que des voix s’élèvent de nouveau pour mettre en doute la tenue effective des législatives le 05 août 2007.

L’Union des Forces de Changement estime que la date est trop proche. « Nous ne comprenons pas pourquoi ils se pressent pour les législatives»  lance l’ex Ministre Alipui du GRAD. «Les raisons qui sont à la base du report et qui sont d’ordre technique logistique et financières et humanes n’ont pas encore trouvé de solution », ajoute-il.

            Pour Me Ajavon Zeus, le conditionnement des kits requiert un minimum de temps compte tenu de la délicatesse de l’opération et du fait qu’ils ont été préalablement conçus pour répondre aux exigences des réalités congolaises. En outre Ajavon Zeus estime que le recensement devrait se dérouler sur une période de trois mois au lieu d’un comme prévu par le chronogramme parce qu’un kit ne peut servir dans la première semaine de son utilisation qu’au recensement de 25 électeurs par jour.

            A la CENI où on comprend les préoccupations de la Presse et des citoyens s’agissant de la tenue des élections, on est toutefois indigné d’entendre véhiculer des considérations tendant à laisser croire  que tout le travail qui se fait au niveau de la commission est voué à l’échec.

            Le fait que le chronogramme soit entériné par le comité de suivi avant d’être rendu public à en croire le président de la CENI est dû au fait que « la CENI ait voulu prendre des précautions qui lui offrent suffisamment de garantie », la mise en œuvre du chronogramme étant l’affaire de tous et surtout de la classe politique et des bailleurs de fonds. Précisément le Comité de suivi est le lieu idéal pour retrouver tout ce monde. « Nous voulions donc que notre chronogramme soit accepté par tous » a conclu M. Potopéré.

C’est donc en fonction de la date annoncée pour la fin du re-conditionnement que la date du 05 Août a été fixée. Pour le Président de la CENI, cette date, elle est approuvée par la classe politique dans son ensemble. En réalité, il n’y a pas lieu de susciter une polémique sur la date. L’essentiel est que la préparation de ces élections soit bien menée. Tout comme la date du 24 juin a été reportée, s’il s’avère que les conditions ne sont pas remplies à la date du 05 Août  pour tenir de véritables élections, il n’y a pas de raison qu’elles ne soient pas reportées à nouveau. Dans tous les cas, l’Union Européenne et les Nations Unies qui suivent attentivement le processus électoral ne sauraient donner leur aval à des élections précipitées et catastrophiques.

Il y a plutôt des risques à entretenir un débat permanent autour de la date.

Il est certes important d’être vigilent mais à force de toujours clamer haut et fort à l’avance qu’il est impossible de tenir les élections le 05 Août, on peut renforcer certains Togolais dans le doute que la situation est désespérée et qu’il ne sert donc à rien de se préparer pour voter. Toute considération négative sur les  travaux de la CENI ne peut que conduire à la démobilisation des électeurs. Tout comme des appels  déguisés au boycott venant des personnes qui croient dur comme fer qu’il n’y aura jamais d’élections démocratiques au Togo tant qu’un Gnassingbé restera aux commandes de l’Etat et que les Togolais devraient donc se préparer à quitter le Togo au lieu d’aller voter parce qu’on les massacrera comme ce fut le cas en 2005. En définitive les partis désireux d’avoir des sièges à l’Assemblée devraient plutôt déployer leur énergie pour mobiliser leur électeurs à se faire recenser et à se tenir prêts à toute éventualité.

L.R

 
 
 
 
 

     
 

Job.com

 
 
 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved