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Le Regard

22 mai 2007

[ 543 : du 21  mai 2007]
Des inquiétudes après le passage Gilchrist Olympio

« Pour moi, la victoire de l’opposition démocratique vraie ne fait aucun doute. Ma préoccupation se trouve plutôt dans la capacité de cette opposition vraie à s’entendre pour gouverner ». Ainsi déclarait David Ekoude IHOU ancien Ministre de la  Transition sous Koffigoh passé aujourd’hui candidat aux législatives pour le compte de la CDPA.

Pour lui, il est impératif que cette opposition se concerte sérieusement et dès maintenant pour préparer  une plate-forme et un programme de gouvernement crédible. Comme tout bon exilé de retour après avoir passé près de 15 ans à l’extérieur M. David Ekoude IHOU ne réalise pas que beaucoup d’eau a coulé sous le pont et que la classification des partis en opposition vraie ou fausse d’un côté et RPT de l’autre  appartient désormais au passé. Même à la CDPA sous la bannière de laquelle l’ancien Ministre veut se présenter aux prochaines législatives on ne semble plus s’accrocher au slogan de Tchekpo, « Démocratie d’abord, multipartisme après ». La CDPA, l’UFC et le CAR que M. IHOU qualifie d’opposition vraie sont devenus aujourd’hui de sérieux adversaires parce que d’abord ils se disputent les mêmes fiefs électoraux et ensuite ils se battent chacun pour avoir le maximum de sièges en vue de se positionner sur l’échiquier politique. Le combat du leadership a donc pris le pas sur la dynamique unitaire qui a prévalu par le passé.

            Les dernières déclarations de Gilchrist Olympio lors de sa tournée à travers le pays devraient désillusionner tous les nostalgiques qui espèrent qu’une union l’UFC-CAR-CDPA est encore possible. Durant cette tournée, les responsables de l’UFC se sont présentés aux populations comme de « vrais » opposants porteurs du changement souhaité et soucieux de l’intérêt des populations par opposition à la CDPA et au CAR qui seraient allés au gouvernement pour se refaire une santé financière. En réaction les partis accusés d’être allés à la mangeoire présentent à leur tour l’UFC comme un parti glouton qui, non content d’avoir des portefeuilles succulents qu’elle a réclamés s’est mise à l’écart pour se donner une certaine virginité politique. Lors d’un point de presse à l’occasion du retour de Logo Dossouvi, le Secrétaire Général de la CDPA s’en était déjà indigné. Si ceux qui racontent que les partis qui sont allés au gouvernement sont à la mangeoire obtenaient la primature et les portefeuilles ministériels qu’ils exigeaient, seraient-ils  aussi allés à la mangeoire ? s’était-il interrogé. Mais on pouvait considérer cette polémique comme un épiphénomène si les positions n’étaient pas tranchées.

            Lorsqu’il lui a été posé la question de savoir avec quel(s) parti (s) il était prêt à nouer des alliances, Gilchrist Olympio a répondu. « Nous ne voulons plus une coalition des choses qui ne sont pas coalisables. Nous l’avons essayé une fois, les résultats ne sont pas bons ». En clair, le Président de l’UFC n’entend se mettre ensemble  avec aucun autre parti pour mener quelqu’action que ce soit, après les élections.

            Plus encore, la rupture est consommée entre l’UFC et les autres partis de l’opposition au sujet de la nature du gouvernement à former. Le parti de Gilchrist Olympio a déjà annoncé les couleurs en avertissant qu’en cas de victoire il n’entend pas former un gouvernement d’union mais plutôt un gouvernement entièrement UFC.

            Cette prise de position radicale a de quoi inquiéter ceux qui espèrent et continuent de penser que l’opposition fera un front commun face au RPT après les législatives. Mais la plus grande inquiétude porte sur l’impact qu’auront les discours que tiendront la CDPA et le CAR pendant la campagne en réaction aux propos jugés provocateurs de Gilchrist Olympio à leur égard. Le parti au pouvoir n’espère rien de plus qu’une guerre d’invectives entre les anciens coalisés pour tirer profit de la démobilisation des électeurs de l’opposition. Mais les frères d’hier devenus adversaires aujourd’hui pourront-ils éviter ce mauvais sort ?

Abass SAÏB

 
Le crépuscule d’un intouchable : Bassam El Najjar lâché par Kpatcha Gnassingbé

Bassam El Najjar est certainement en train de payer le prix de son entêtement. En effet, selon des informations recueillies de sources concordantes, l’homme d’affaires libanais aurait vu son compte bancaire bloqué par la Direction Générale des Impôts. Les démêlés de M. Bassam avec la Direction des Impôts défrayaient la chronique depuis les lendemains de la chasse ouverte contre les mauvais payeurs d’impôts.

 Comptant sur les solides appuis dont il dispose dans les hautes sphères du pouvoir, il aurait minimisé les rappels de la Direction du fisc. Pendant qu’on le relançait pour payer ses impôts et se mettre en règle, il poursuivait son hégémonie sur le secteur de la vente des véhicules d’occasion au Port  Autonome de Lomé. C’est ainsi qu’une procédure en recouvrement s’est ouverte contre lui pour le paiement de plus de 9 milliards au titre d’impôts impayés.

            Selon nos informations, une mise en demeure lui aurait été adressée aux fins de paiement des impôts échus. Mais M. Bassam toujours égal à lui-même aurait banalisé la démarche en entretenant le dilatoire.

            Après avoir tenté la voie amiable en vain la Direction Générale des Impôts a procédé à la saisie des comptes du commerçant indélicat. Malheureusement, seulement 25 millions de nos francs ont pu être saisis sur les comptes. Certaines sources soutiennent que Bassam ne laisse jamais d’importantes sommes d’argent sur son compte bancaire. Il revient donc à la Direction Générale des Impôts de procéder autrement pour recouvrer les 9 milliards dont le Togo a cruellement besoin en ces temps de soudure.

            Le moins qu’on puisse dire aujourd’hui, c’est que le « tout-puissant » se trouve dans ses petits souliers. Tout dépendait en réalité de ceux qui le protégeaient en l’encourageant à entretenir un bras de fer avec la Direction Générale des Impôts.

            De sources concordantes, ceux qui «mangeaient dans la main» du Libanais et l’encourageaient dans son entêtement auraient commencé à s’éloigner de lui. Le ministre de la Défense Nationale dont on dit qu’il est son ami est lassé à n’en pas fini d’être le bouc émissaire dans cette affaire aurait pris ses distances avec lui. Selon les mêmes sources, c’est à cause de ce Libanais que serait né un conflit entre les deux fils Eyadéma. Bassam n’aura plus de carapace et perdra toute sa capacité de résistance s’il n’a plus la couverture de Kpatcha.

            Que peut faire Bassam d’autre que de payer à un moment où, lâché par ses soutiens, il se voit pousser dans son dernier retranchement par la Direction Générale des Impôts plus que jamais décidée à t out faire pour recouvrer le montant des impôts échus ?

L.R

 
Le Comité de Suivi entérine la date du 05 août pour les élections

* Le recensement débute le 08 juin
Le comité de suivi de l’APG, réuni en sa 6e session à Ouaga hier a entériné la date du 05 août proposé par la CENI pour les législatives. « Nous avons tenu compte de toutes les contraintes avant de choisir cette date » aurait déclaré un membre de la CENI. La date du 24 juin proposé par le chef de l’Etat avait été jugé fantaisiste parce qu’elle a été prise unilatéralement avant même que la CENI ne soit mise en place.

Tout en sachant que les élections ne pourront pas avoir lieu le 24 juin, les membres de la CENI et du gouvernement avaient laissé planer le suspense. Il semble que la nouvelle date aurait été retenue en tenant compte des suggestions des partenaires internationaux. A présent que toutes les parties prenantes au dialogue ont consensuellement approuvé la nouvelle date, on espère que la bataille pour un autre report n’aura pas lieu. Il faut toutefois espérer que d’ici là le matériel de recensement sera opérationnel et que les kits seront équipés d’un logiciel fiable validé et accepté par l’ensemble des acteurs et des partenaires du processus électoral.

L’argent étant le nerf de la guerre, il faudra aussi tout mettre en œuvre pour décaisser à temps les fonds nécessaires à l’accomplissement des opérations. Selon le chronogramme soumis par la CENI à l’appréciation du Comité de Suivi le recensement pourrait débuter le 8 juin et durera un mois.

Parallèlement le conseil des ministres a pris un décret fixant le montant du cautionnement à 200.000 F contre 500.000 F précédemment. La décision du Comité de Suivi donnera sans doute un coup de fouet au processus électoral à condition que d’autres manœuvres politiciennes ne surviennent.

L.R.

 
Nigeria : Quand les senteurs du pétrole donnent le vertige à l’UE

La récente tournée africaine du mal élu nigérian Umaru Musa Yar’adua qui a visité un certain nombre de pays de la sous-région alors même qu’il n’a pas encore prêté serment pose une fois de plus la question de la légitimité des chefs d’Etats du continent noir. En effet, quelques jours seulement après son élection marquée par des fraudes massives et une violence inouïe, le bénéficiaire de ce que plus d’un observateur a qualifié de parodie électorale ne s’était pas embarrassé de scrupule pour minimiser la contestation de sa prétendue élection.

S’adressant à des journalistes lors de son bref séjour au Togo le 07 mai dernier, M. Yar’adua avait laissé entendre en substance que la situation est partout la même en Afrique où il n’y a jamais d’élection sans contestation. Il a présenté les choses comme si l’Afrique était un continent où la fraude électorale est la règle. Il avait d’autant plus nargué l’opinion que les contestations des élections frauduleuses ne sont jamais allés loin. Au lendemain des parodies, les populations contestent, la communauté internationale condamne et quelque temps seulement après, on s’accommode du mal élu à qui on dresse le tapis rouge.

            Si Yar’adua dont « l’élection » a suscité autant de remous au sein de l’opinion se permet ce genre de discours, c’est tout simplement parce qu’il pense bénéficier d’une certaine franchise. Et pour cause. Face aux monstrueux montages et autres tricheries ayant conduit à sa prétendue victoire, les puissances, promptes à donner des leçons de démocratie et à brandir la hache des sanctions contre les cancres de la démocratie gardent le profil bas. Le mal élu s’est empressé de parcourir les capitales des pays de la CEDEAO juste pour obliger les chefs d’Etat à lui renvoyer l’ascenseur en assistant à son investiture et se faire ainsi légitimer.

            L’Union Européenne qu’on a vu ailleurs virulente avec des sanctions à la clé pour moins que ça, s’était limitée à exprimer sa profonde déception en constatant que les élections générales au Nigeria étaient entachées d’irrégularités. Elle a parlé de graves problèmes d’organisation au sujet de l’arrivée tardive des bulletins de vote dans certains bureaux et des risques de fraudes. Elle s’et enfin prononcée favorablement pour la possibilité d’organiser un nouveau scrutin dans le cas où il serait prouvé qu’il y a eu de graves irrégularités si les autorités nigérianes en acceptaient le principe.

            Cette position timorée de l’UE dans la crise née au Nigeria suite à la frauduleuse du 21 avril dernier que certains qualifient de scandale électoral donne à réfléchir. Pourquoi l’UE si pointilleuse sur les questions d’élections démocratiques et de bonne gouvernance après la signature de l’Accord de Cotonou tarde-t-elle à réagir ?

            Dans certains milieux, on pense que tout dépend de la position du Nigeria en Afrique. Car le pays d’Obasanjo n’est pas n’importe lequel. Il s’agit d’un pays producteur de pétrole, le premier d’Afrique. L’odeur du pétrole avait-il donc coupé le souffle et donné le vertige aux donneurs de leçons ?

            Lorsqu’on se réfère au communiqué de l’UE dont nous avons fait cas plus haut, on peut se demander si l’institution européenne n’a pas elle-même réduit l’Accord de Cotonou en chiffon. Il est en effet clair aujourd’hui que les sanctions se décident et que l’Accord ne s’applique qu’à la tête du client. On est sanctionné ou pas selon qu’on est ou non, producteur de  pétrole. Conclusion, les sanctions tombent selon ses propres odeurs et selon les humeurs des « procureurs ».

            La dernière expérience du Nigeria et la gestion de la parodie conduisant Yar’adua au pouvoir reste un encouragement aux futurs candidats pour torpiller les processus électoraux. Les ennemis de la démocratie pourraient s’inspirer du cas du Nigeria pour organiser la fraude et se faire élire en eau trouble avec bien sûr la bénédiction de la très complaisante Union européenne.

L.R.

 
L’amitié Bolloré Sarkozy risque d’être fatale à Dupuydauby au Togo

Quel avenir réserve l’élection de Nicolas Sarkozy aux relations entre la France et le Togo ? On se souvient qu’alors qu’il n’était pas encore Président de la République française, Nicolas Sarkozy s’était montré très critique à la manière dont Faure Gnassingbé était arrivé au pouvoir. Sa prise de position avait à l’époque soufflé un coup de froid entre les tenants du pouvoir togolais et le ministre de l’Intérieur qu’il était à l’époque.

Aujourd’hui, avec Nicolas Sarkozy devenu Président, toute la donne change. Tous les chefs d’Etat africains même ceux qui, il n’y a pas longtemps, avaient du mal à cacher leur inimitié vis-à-vis du personnage souhaitent avoir de bonnes relations avec lui. C’est à qui enverra le message de félicitation le plus affable.

            Mais l’arrivée de Sarkozy au pouvoir empêche toujours de dormir dans certains milieux. On se souvient qu’au lendemain de son élection, l’amitié entre le tout nouveau Président de la République et M. Vincent Bolloré, PDG du Groupe Bolloré avait été exposé au grand jour. Vincent Bolloré avait offert quelques jours de répit à son ami Sarkozy sur l’Ile de Malte, à bord de son luxueux Yacht.

            Par cette amitié réelle, Bolloré renforce sa position vis-à-vis de ses concurrents déloyaux qui essaient de lui mettre les bâtons dans les roues dans les pays francophones où il a des intérêts.

            N’est pas ami du Président de la République, qui veut. Vincent Bolloré fort de son amitié avec Sarkozy peut se faire désirer. Il pourrait se voir sollicité pour jouer à la médiation en cas de besoin. Si ce cas de figure se présentait, Bolloré risque de ravir la vedette à Charles Debbasch un conseiller français du chef de l’Etat togolais.

            Ce qui constituerait un désastre pour Dupuydauby, un concurrent de Bolloré qui a pour solide appui auprès des autorités togolaises, le même Charles Debbasch.

            Le Patron de Progosa qui a maille à partir avec son ancien employeur, ami de Sarkozy  a donc des soucis à se faire, lui qui a toujours clamé avoir le soutien des autorités togolaises dans le conflit qui l’oppose au Groupe Bolloré.

Y.  A.

 

     
 

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