AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Le Regard

29 avril 2007

[ 539 : du 25 avril 2007]
Psychose de complot au sommet (Suite) : Des mesures de sécurité renforcées autour de Faure

Faure Gnassingbé entend désormais montrer qu’il reste le seul maître à bord. C’est du moins ce que l’on peut comprendre au vu du nouveau dispositif sécuritaire du Chef de l’Etat. Les éléments chargés de la sécurité présidentielle sont plus nombreux. Lors des cérémonies Kegbeleng à Pya, ce fut pour ainsi dire une véritable démonstration de force comme pour dire à ceux qui seraient animés d’intentions malveillantes qu’on les a à l’œil.

Selon nos sources, le Chef de l’Etat aurait même demandé au Ministre de Sécurité de retourner à Lomé. Depuis quelques jours, des indiscrétions font état de ce que certains mécontents de la politique d’assainissement des finances publiques, chercheraient à porter atteinte à la sûreté de l’Etat. Les colonels Kpelenga (2e RI) et Kadanga (FIR) tous proches du Chef de l’Etat ont été maintenus à leur poste.

            On se souvient qu’à la clôture du Congrès du RPT, Faure Gnassingbé avait ironisé sur des mauvaises langues qui, à tort, prêtent à son jeune frère l’intention de lui faire un coup d’Etat. S’est-il finalement résolu à prendre ces allégations au sérieux ? Mais ce n’était pas par hasard que Kpatcha Gnassingbé est surnommé « Vice-Président ». Les collaborateurs de Gnassingbé Père savent que le Ministre de la Défense adoubé par des hauts gradés de l’Armée a de solides relations avec des puissants hommes d’affaires de la place et que de ce fait, il déteindrait une parcelle de pouvoir. De là à penser qu’il pouvait en user pour faire ombrage au Chef de l’Etat et à vouloir prendre sa place, le pas est vite franchi.

            « Ce sont des foutaises. S’il voulait le pouvoir, il l’aurait pris le 05 février » aurait déclaré un fanatique de Kpatcha Gnassingbé. Mais dès lors que les amis du Ministre de la Défense peuvent aller jusqu’à bafouer l’autorité du Chef de l’Etat qui veut assainir les finances publiques, il n’y a pas d’autres interprétations. Et puis que doit-on retenir lorsqu’on voit le Ministre de la Défense se déplacer avec un cortège et un dispositif sécuritaire qui n’a rein à envier à ceux d’un Chef d’Etat avec seulement des motards en moins ?

            Une chose est sûre, la cohabitation sera forcément difficile entre deux frères au sommet de l’Etat si pendant que l’un s’emploie à rompre avec les méthodes de gestion, l’autre milite plutôt pour la perpétuation de l’ancienne méthode qu’affectionnait le père.

            Dans cette atmosphère teintée de suspicion et de méfiance, les officiers de l’armée sont contraints de marcher comme sur des œufs. Il leur faudra s’assurer que  les missions qui leur seront confiées par leur ministre de tutelle ne mécontenteront pas le chef suprême des Armées. En pareille situation où chacun s’arrange pour tirer son épingle du jeu, ceux qui sont soupçonnés de soutenir le cadet contre l’aîné ne tarderont pas à réaffirmer leur indéfectible soutien au Chef de l’Etat qui a la situation en main.

            A.S

 
Au-delà de la diversion : La fin du délestage n’est pas pour demain

Le régime de délestage qui, depuis un certain temps, prive des villes et des quartiers entiers d’énergie électrique au Bénin et au Togo se complique et s’aggrave. La situation est devenue désormais tout simplement intenable dans notre pays car les coupures durent maintenant parfois une journée entière si non plus, avant le retour de l’électricité pour quelques heures seulement. L’interconnexion entre les réseaux nigérians et de la CEB, prévue pour transporter l’énergie de Sakéta au Togo et dont l’inauguration avait été faite à grands renforts de publicité n’aura finalement pas servi à grand-chose.

Face à cette situation, les autorités en charge du secteur énergétique dans le pays font preuve d’une impuissance. Elles se limitent à organiser de temps à autres, des Conférences de presse pour tenter de donner des explications et promettre sans conviction, la normalisation pour bientôt. Il y a quelques jours, ce sont les agents de la CEET regroupés eu sein du Syndicat de l’Encadrement du Secteur de l’Electricité, (SYNESE), qui se sont réuni au cours  d’une journée de réflexion sous le thème « le Syndicat de l’Encadrement du Secteur de l’Electricité face à la crise de l’énergie électrique  approche de solution ».

            Ces diverses rencontres, conférences de presses et journées de réflexions malheureusement n’apportent aucune solution immédiate au problème. Tout au plus permettent-elles d’explorer les voies et moyens pouvant conduire à une sortie de crise si elles ne sont pas tout simplement de la diversion.

            Selon le SYNESE cité par Togo-Presse, « la crise énergétique est un problème de marché. La demande est plus importante que l’offre et le délestage est dû  un manque de vision prospective. C’est un déficit en énergie car la CEET ne peut pas fournir le courant à tous ses clients ».

            Pris sous cet angle, le problème du délestage peut se résumer à une question d’extension de réseau et d’installation d’équipements capables de produire l’énergie suffisante.

            Mais tout porte à croire qu’il y a pire que le problème est plus complexe. Au cours d’un récent forum organisé par les  autorités en charge de l’Energie avec la presse et les opérateurs économiques, le Ministre d’Etat, Ministre des Mines et de l’Energie a donné les raisons justifiant la situation et fait une projection dans l’avenir quant aux solutions à préconiser.

            Selon le Prof. Léopold Messan Gnininvi, « Depuis le Sénégal jusqu’au Gabon, tous les barrages sont à sec. Seuls les pays qui ont le gaz naturel, s’en sortent. Le Togo et le bénin n’en ont pas.

            Le Togo et le Bénin, jusqu’ici regroupés dans la CEB, disposent habituellement de 4 sources majeures d’approvisionnement.

            Deux sources internes, l’une le barrage de Nangbéto qui est à sec, l’autre les centrales thermiques dont le coût du KWh est très élevé.

            Deux sources externes :

            - la VRA du Ghana et la CIE de la Côte d’Ivoire. les 2 pays sont également dans la zone du tsunami électrique et n’arrivent pas à couvrir leurs propres besoins.

            Nos approvisionnement auprès d’eux sont de plus en plus restreints.

            Nous pensions avoir ajouté une cinquième source à savoir le Nigeria mais aussitôt l’interconnexion réalisée le 13 février dernier, le Ghana frappé par la crise a limité ses exportations vers nous.

            Actuellement, le Togo peut difficilement couvrir les 2/3 de ses besoins.

            Chaque fois qu’il y a un léger dépassement de la puissance que la VRA nous a octroyée, un gros disjoncteur se déclenche et nous sommes coupés pour quelques minutes voire quelques heures.

             Il en résulte des délestages programmés et des coupures intempestives. Nous devons trouver des solutions.

             A très court terme, c’est-à-dire d’ici trois mois, nous devons augmenter notre capacité de production à partir du pétrole.

            Le KWh ainsi produit est trois à quatre fois plus cher que le KWh produit par Nangbéto.

            Mais nous n’avons pas le choix et nous devons étudier la façon la plus avantageuse de répartir le surcroît entre l’Etat et les gros consommateurs. Nous pensons atteindre les 4/5 de nos besoins dans les trois mois qui suivent. Les plus Hautes Autorités du pays s’y emploient.

            A partir du mois d’août, nous pensons que le barrage de Nangbéto pourra se remettre en marche. Nous arriverons alors à couvrir nos besoins en puissance mais l’équilibre de la trésorerie de la CEB ne sera pas atteint car la part du thermique sera encore trop élevée.

            La trésorerie de la CEB ne sera soulagée qu’avec l’entrée en service du gazoduc prévue pour la fin de cette année.

             A terme, pour atteindre le double objectif à savoir :

1-       l’auto suffisance électrique

2- le coût raisonnable du KWh, nous devons disposer sur notre sol d’une capacité suffisante de production sous forme de réserve stratégique.

- en ajoutant à Nangbéto, le barrage d’Adjarala (Horizon 2010).

- en nous équipant des centrales thermiques susceptibles d’utiliser indifféremment du pétrole ou du gaz (horizon 2008)

- en favorisant la production de l’électricité par des privés à partir du gaz ou de charbon ou de biomasse (horizon 2008)

Si à terme, les espoirs de règlement de la crise sont permis, à très court terme, c’est-à-dire pour les trois mois qui sont devant nous nous devons nous organiser pour trouver les meilleures modalités de gestion de la pénurie ».

            Si donc comme on peut le comprendre, le délestage, conséquence d’un déficit de production du courant est consécutif à un problème d’eau, on peut conclure que le délestage a encore de beaux jours devant lui et que la fin n’est pas pour demain, car nos dirigeants qui sont des humains n’ont aucun pouvoir pour influer sur la pluviométrie et remplir les barrages d’eau.

            Les déclarations du Prof. Gnininvi ne sont qu’un aveu d’impuissance face à une situation à laquelle la CEET même ne maîtrise plus rien. A preuve elle évolue dans la confusion totale et embarque les clients dans cette confusion en publiant des programmes de coupure qu’elle ne respecte pas. Pendant ce temps, les opérateurs économiques se plaignent et évaluent à plus de 80 milliards F FCA les partes sèches à eux occasionnés par le délestage.

            Le secteur de l’énergie, compte tenu de son caractère stratégique et de son importance dans le développement d’un pays, relève du domaine de la souveraineté. Il est regrettable qu’au Togo, on ait choisi d’être dépendant de l’extérieur en matière énergétique. La descente aux enfers que viennent d’amorcer les ménages, l’administration et le secteur de l’industrie au Togo à cause de ce déficit énergétique doit inspirer à nos gouvernants, une politique plus réaliste et plus pragmatique en matière d’énergie électrique.

LR

 
Report des législatives : L’exigence de l’UFC arrange le CAR

Le report des élections est inévitable même si pour certaines raisons on ne veut pas le reconnaître. Aussi bien à la CENI et au gouvernement, on n’exclut pas que si à la date du 24 Juin il est impossible de tenir les élections, on avisera. Ainsi donc le report des élections s’avère un faux problème. A moins de deux mois de la date proposée le chronogramme n’est pas connu et la CENI ne dispose pas de fonds nécessaires pour mener ses opérations. On n’est encore qu’à l’étape d’initialisation des kits. Le problème ne se pose donc plus en termes de report ou non des élections mais il s’agit de savoir combien de semaines après le 24 Juin auront lieu ces élections.

Si le CAR monte au créneau pour exiger le report des élections, il serait accusé de vouloir prolonger son séjour à la Primature. De tous les signataires de l’APG seule l’UFC exige le report des législatives. Pour le parti de Gilchrist Olympio il vaut mieux prendre le temps qu’il faut pour organiser de bonnes élections plutôt que de se précipiter pour organiser des élections bâclées qui réduiront l’APG à néant.

            L’un des représentants de l’UFC à la CENI aurait même menacé de se faire entendre si on n’enlève pas à ces élections leur caractère anticipé. Même si pour des raisons de solidarité gouvernementale le CAR n’ose pas abonder dans le même sens que l’UFC le plus grand bénéficiaire d’un long report sera nul doute le Premier ministre.

            Mais du côté du pouvoir on se fonde sur une recommandation de l’UE qui a voulu que ces élections soient anticipées. C’est en octobre prochain que l’Assemblée actuelle finira son mandat. Au niveau du pouvoir RPT, on prête déjà des intentions malveillantes à ceux qui exigent le report, estimant qu’ils souhaitent différer les élections jusqu’à l’expiration du mandat de la présente Assemblée pour créer une situation de vide.

Et pourtant la constitution actuelle dispose que les membres de l’Assemblée nationale par fin de mandat ou dissolution restent en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de leurs successeurs. Entre Juin et Octobre il y a suffisamment de temps pour s’assurer que tout va se dérouler dans de bonnes conditions avant d’y aller.

AS

[ 538 : du 17 avril 2007]
Psychose de complot au sommet de l’Etat

La résistance affichée par un homme d’affaire libanais qui semble se moquer éperdument de la mise en demeure de la Direction Générale des impôts cache mal une complicité dans les cercles du pouvoir. Et comme par hasard, ce bras de fer qui ne dit pas son nom coïncide avec certaines tractations douteuses qui laissent croire qu’une conspiration colossale se prépare contre l’Etat.

Il s’instaure une union sacrée de nostalgiques du passé qui affectionnent la bonne vieille méthode de gestion de l’époque où des hommes d’affaires expatriés garantis-saient les intérêts de certains barons du régime au mépris de la bonne gouvernance. Il est vrai que la politique d’assainissement des finances publique ne plaît pas à tous ceux qui étaient habitués aux magouilles. Pour ceux-là, le meilleur remède pour conserver leurs intérêts c’est de mettre fin à la gestion orthodoxe des finances publiques qu’ils abhorrent. Faure Gnassingbé qui voudrait rompre avec les vieilles méthodes de gestion des affaires de l’Etat serait donc dans la ligne de mire. Sinon comment comprendre que deux officiers supérieurs commandants de garnison soient appelés à servir ailleurs contre l’avis du Chef de l’Etat qui les aurait maintenu à leur poste in-extremis. On n’accorderait aucune importance à ce genre de dysfonctionnement si elle ne coïncidait pas avec le bras de fer entre l’Etat et un Libanais mauvais payeurs d’impôts qui investit l’argent qu’il a gagné au Togo dans la construction d’un complexe hôtelier en Guinée Equatoriale. Avec ce genre d’hommes d’affaires, il faut s’attendre à tout. Du Libéria en Côte d’Ivoire en passant par la Sierra Leone des mafieux libanais ont fait leur preuve en alimentant des conflits armés.

A suivre.
( Suite )
A.S.

 

 

Job.com

 
 
 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved