|
Face à cette situation, les autorités en charge du
secteur énergétique dans le pays font preuve d’une
impuissance. Elles se limitent à organiser de temps
à autres, des Conférences de presse pour tenter de
donner des explications et promettre sans
conviction, la normalisation pour bientôt. Il y a
quelques jours, ce sont les agents de la CEET
regroupés eu sein du Syndicat de l’Encadrement du
Secteur de l’Electricité, (SYNESE), qui se sont
réuni au cours d’une journée de réflexion sous le
thème « le Syndicat de l’Encadrement du Secteur
de l’Electricité face à la crise de l’énergie
électrique approche de solution ».
Ces diverses rencontres, conférences de
presses et journées de réflexions malheureusement
n’apportent aucune solution immédiate au problème.
Tout au plus permettent-elles d’explorer les voies
et moyens pouvant conduire à une sortie de crise si
elles ne sont pas tout simplement de la diversion.
Selon le SYNESE cité par Togo-Presse,
« la crise énergétique est un problème de marché.
La demande est plus importante que l’offre et le
délestage est dû un manque de vision prospective.
C’est un déficit en énergie car la CEET ne peut pas
fournir le courant à tous ses clients ».
Pris sous cet angle, le problème du
délestage peut se résumer à une question d’extension
de réseau et d’installation d’équipements capables
de produire l’énergie suffisante.
Mais tout porte à croire qu’il y a pire
que le problème est plus complexe. Au cours d’un
récent forum organisé par les autorités en charge
de l’Energie avec la presse et les opérateurs
économiques, le Ministre d’Etat, Ministre des Mines
et de l’Energie a donné les raisons justifiant la
situation et fait une projection dans l’avenir quant
aux solutions à préconiser.
Selon le Prof. Léopold Messan Gnininvi,
« Depuis le Sénégal jusqu’au Gabon, tous les
barrages sont à sec. Seuls les pays qui ont le gaz
naturel, s’en sortent. Le Togo et le bénin n’en ont
pas.
Le Togo et le Bénin, jusqu’ici regroupés
dans la CEB, disposent habituellement de 4 sources
majeures d’approvisionnement.
Deux sources internes, l’une le barrage
de Nangbéto qui est à sec, l’autre les centrales
thermiques dont le coût du KWh est très élevé.
Deux sources externes :
- la VRA du Ghana et la CIE de la Côte
d’Ivoire. les 2 pays sont également dans la zone du
tsunami électrique et n’arrivent pas à couvrir leurs
propres besoins.
Nos approvisionnement auprès d’eux sont
de plus en plus restreints.
Nous pensions avoir ajouté une cinquième
source à savoir le Nigeria mais aussitôt
l’interconnexion réalisée le 13 février dernier, le
Ghana frappé par la crise a limité ses exportations
vers nous.
Actuellement, le Togo peut difficilement
couvrir les 2/3 de ses besoins.
Chaque fois qu’il y a un léger
dépassement de la puissance que la VRA nous a
octroyée, un gros disjoncteur se déclenche et nous
sommes coupés pour quelques minutes voire quelques
heures.
Il en résulte des délestages programmés
et des coupures intempestives. Nous devons trouver
des solutions.
A très court terme, c’est-à-dire d’ici
trois mois, nous devons augmenter notre capacité de
production à partir du pétrole.
Le KWh ainsi produit est trois à quatre
fois plus cher que le KWh produit par Nangbéto.
Mais nous n’avons pas le choix et nous
devons étudier la façon la plus avantageuse de
répartir le surcroît entre l’Etat et les gros
consommateurs. Nous pensons atteindre les 4/5 de nos
besoins dans les trois mois qui suivent. Les plus
Hautes Autorités du pays s’y emploient.
A partir du mois d’août, nous pensons
que le barrage de Nangbéto pourra se remettre en
marche. Nous arriverons alors à couvrir nos besoins
en puissance mais l’équilibre de la trésorerie de la
CEB ne sera pas atteint car la part du thermique
sera encore trop élevée.
La trésorerie de la CEB ne sera soulagée
qu’avec l’entrée en service du gazoduc prévue pour
la fin de cette année.
A terme, pour atteindre le double
objectif à savoir :
1-
l’auto suffisance électrique
2-
le coût raisonnable du KWh, nous devons disposer sur
notre sol d’une capacité suffisante de production
sous forme de réserve stratégique.
- en ajoutant à Nangbéto, le barrage d’Adjarala
(Horizon 2010).
- en nous équipant des centrales thermiques
susceptibles d’utiliser indifféremment du pétrole ou
du gaz (horizon 2008)
- en favorisant la production de l’électricité par
des privés à partir du gaz ou de charbon ou de
biomasse (horizon 2008)
Si à terme, les espoirs de règlement de la crise
sont permis, à très court terme, c’est-à-dire pour
les trois mois qui sont devant nous nous devons nous
organiser pour trouver les meilleures modalités de
gestion de la pénurie ».
Si donc comme on peut le comprendre, le
délestage, conséquence d’un déficit de production du
courant est consécutif à un problème d’eau, on peut
conclure que le délestage a encore de beaux jours
devant lui et que la fin n’est pas pour demain, car
nos dirigeants qui sont des humains n’ont aucun
pouvoir pour influer sur la pluviométrie et remplir
les barrages d’eau.
Les déclarations du Prof. Gnininvi ne
sont qu’un aveu d’impuissance face à une situation à
laquelle la CEET même ne maîtrise plus rien. A
preuve elle évolue dans la confusion totale et
embarque les clients dans cette confusion en
publiant des programmes de coupure qu’elle ne
respecte pas. Pendant ce temps, les opérateurs
économiques se plaignent et évaluent à plus de 80
milliards F FCA les partes sèches à eux occasionnés
par le délestage.
Le secteur de l’énergie, compte tenu de
son caractère stratégique et de son importance dans
le développement d’un pays, relève du domaine de la
souveraineté. Il est regrettable qu’au Togo, on ait
choisi d’être dépendant de l’extérieur en matière
énergétique. La descente aux enfers que viennent
d’amorcer les ménages, l’administration et le
secteur de l’industrie au Togo à cause de ce déficit
énergétique doit inspirer à nos gouvernants, une
politique plus réaliste et plus pragmatique en
matière d’énergie électrique.
LR
|