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Le dialogue intertogolais a repris la semaine
dernière avec la participation effective de l’UFC.
Outre les représentants du gouvernement, du RPT, du
GF2D, du REFAMPT, de la CPP, du PDR, du CAR, de la
CDPA et de l’UFC, on note la présence de Djibril
Bassolé, ministre de l’intérieur burkinabé,
représentant de Blaise Compaoré, de Maï Manga Boukar,
représentant du Président en exercice de la CEDEAO
et du représentant de l’UE, tous observateurs. La
participation du parti de Gilchrist Olympio n’était
pas acquise quelques heures auparavant puisque ce
parti subordonnait sa présence au dialogue à celle
d’un médiateur crédible.
Gilchrist Olympio a-t-il provisoirement sacrifié
cette exigence pour ne pas mécontenter la communauté
internationale, notamment l’UE dont le diplomate
participe au dialogue ? Quoiqu’il en soit, un
compromis a été trouvé. « S’il advenait qu’il y
a un point d’achoppement et qu’il faille trouver une
personnalité extérieure, nous allons aviser
rechercher la personne ayant l’expérience et
l’expertise nécessaires », a indiqué le Ministre
Bawara.
Mais avant d’aborder le fond des discussions, la
procédure ayant conduit à la désignation de Me
Agboyibo à la présidence du Bureau samedi dernier
et qui n’a pas été faite de la même manière témoigne
que la tâche ne sera guère aisée. Les Togolais sont
avertis qui attendent de voir les résultats avant
de jubiler, habitués qu’ils sont à des dialogues au
cours desquels les responsables politiques déploient
plus d’énergie à se faire des crocs-en-jambe et à
se prêter des intentions malveillantes.
Si la désignation du rapporteur Gilbert Bawara (RPT)
et de la vice- présidente Kissem Tchangaï Walla
(REFAMPT et RPT) s’est faite sans difficulté, celle
de Me Agboyibo a révélé que l’époque du semblant
d’unité d’action de l’opposition est révolue et que
chaque parti est décidé à réaffirmer son identité.
Ainsi pour un seul poste de Président, l’UFC et le
CAR se sont portés candidats. Cette situation a mis
à mal le consensus qui a prévalu lors de la
désignation des deux autres membres du bureau
puisque les délégations ont dû recourir au vote. Et
comme pour désavouer cette procédure, la CDPA et l’UFC
n’ont pas pris part au vote. Sept délégations (RPT,
Gouvernement, CPP, PDR, CAR, REFAMPT, GF2D) sur
neuf ont approuvé la désignation de Me Agboyibo.
Même si pour l’heure, les deux partis n’ayant pas
pris part au vote refusent d’en faire un problème,
cette situation donne une idée des problèmes qui
surgiront lorsqu’il faudra trancher sur les
problèmes de fond.
Le fait pour les deux partis de ne pas prendre part
au vote témoigne moins de leur méfiance à l’égard
du Président du CAR qu’à la procédure utilisée.
Lorsqu’il s’agira des questions importantes
concernant la révision du cadre électoral et le
gouvernement de transition entre autres, on ne
s’étonnera donc pas que la procédure de vote soit
dénoncée par certains partis qui exigeront que le
consensus prévale. Surviendra alors un blocage qui
nécessitera l’intervention des médiateurs étrangers.
A ce sujet, l’UFC a demandé que diligence soit faite
pour désigner un facilitateur avant que les
difficultés ne se posent. Le plus cocasse est que
le mot «consensus» est déjà sujet à
plusieurs interprétations. Alors que d’aucuns
parlent de vote dans le cas de la désignation de Me
Agboyibo, le CAR, dans un communiqué publié hier « se
réjouit du fait que les délégations participantes
ont choisi par «consensus» son président
national Me Yawovi Agboyibo pour présider ce bureau.
Et d’exprimer ses vifs remerciements aux neufs
délégations pour cette marque de confiance qui
témoigne de leur volonté d’apporter leur plein
soutien à la réussite du dialogue national ».
En vérité, il n’y a pas de quoi se réjouir pour
l’instant dans la mesure où Me Agboyibo assume la
lourde charge de son histoire politique. Surtout
qu’il lui faut beaucoup de tact pour ne pas donner
du grain à moudre aux nihilistes de tous bords et
principalement des vieux barons du régime qui, se
sentant de plus en plus marginalisés (en témoigne la
composition de la délégation du RPT) chercheront par
tous les moyens à s’affirmer en faisant échec à ce
dialogue.
A. S. |