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Parmi les observateurs au dialogue intertogolais
figure un personnage qui, de connivence avec le
Président en exercice de la CEDEAO Mamadou Tandja
porte une lourde responsabilité dans les événements
tragiques qui ont secoué notre pays pendant le
processus électoral d’avril 2005. Il s’agit de Maï
Manga Boukar. En le voyant dans la salle vendredi
dernier, des membres de l’ex Coalition se sont
rappelés le chef d’œuvre qu’il a réalisé au Togo.
En témoigne le nombre de morts, de blessés et des
réfugiés. Cette organisation peut s’enorgueillir de
s’accommoder des personnages au « cœur de pierre ».
Maï Manga est revenu « sur les lieux
du crime » et c’est le moins qu’on puisse dire.
Il revient dans le même mois d’avril où il avait
contribué au scandale électoral dans notre pays l’an
dernier. A voir le rôle calamiteux joué par la
CEDEAO à cette période, la présence de son
représentant au dialogue, même en tant
qu’observateur peut s’assimiler à une insulte aux
Togolais victimes de l’inconséquence de cette
organisation qui s’était illustrée dans son rôle de
pyromane, alors qu’elle devait prévenir ce qui est
arrivé. Chat échaudé craignant l’eau froide, il y a
des raisons de penser que l’implication de la
CEDEAO dans la résolution de la crise togolaise peut
être contre productive pour notre pays.
Le 28 février 2005, sous l’égide d’une
mission conduite par Mamadou Tandja, président en
exercice de la CEDEAO, un accord est intervenu entre
le gouvernement et l’opposition sur les principaux
points de divergence concernant les élections. Mais
tous ces points d’accord avaient été remis en
cause avec la complicité de cette CEDEAO qui,
après avoir fait semblant de condamner le double
coup d’Etat militaire et constitutionnel s’est
accommodé de la pagaille électorale.
Pendant 30 jours, la CEDEAO est restée
sourde et muette face à la violation de cet accord
comme si son objectif était tout simplement
d’obtenir la participation de l’opposition aux
élections sans se soucier de la qualité du
processus. Le second protocole d’accord signé le 29
mars 2005 n’était destiné qu’à amener l’opposition
à légitimer d’avance cette pagaille électorale. Le
02 mars 2005, le gouvernement avait réussi à faire
insérer dans un communiqué signé de la CEDEAO avec
la complicité du Secrétaire Exécutif de la CEDEAO,
M. Ibn Chambas une clause tendant à faire croire que
les personnes à désigner par les partis politiques
en vue de les représenter au sein des commissions
administratives et des comités des listes et cartes
siègeront non pas en qualité de membres à part
entière comme convenu dans l’accord du 28 février
2005 mais comme de simples observateurs. Durant tout
le processus électoral toutes les irrégularités et
abus ont été portés à la connaissance de Maï Manga
Boukar par la Coalition qui a même adressé au
Président en exercice de
la
CEDEAO,
deux lettres datées des 3 et
15
mars 2005.
Toutes ces démarches ont été classées
sans suite par Maï Manga et son mentor Tandja
Mamadou. Plus grave encore a été l’irresponsabilité
notoire du représentant spécial de la CEDEAO qui
s’est, chaque fois, borné à déplorer l’impossibilité
d’amener le pouvoir RPT à faire la moindre
concession. Le comble du cynisme viendra du
porte-parole de Mamadou Tandja, Adrienne Diop qui
n’a eu aucun pincement au cœur en déclarant le 13
avril 2005 que la CEDEAO n’a été saisie d’aucune
contestation émanant de l’opposition au sujet des
opérations de révision de listes électorales et de
distribution de cartes d’électeur. Adrienne Diop est
même allée plus loin pour déclarer que le ministre
de l’intérieur Akila Esso Boko est irresponsable
pour avoir commis le crime d’attirer l’attention des
autorités et de la communauté internationale sur
le danger qui se profilait à l’horizon. Au bout du
compte et au vu de tout ce qui s’est passé, il y a
lieu de se demander qui du ministre Boko et Tandja,
Maï Manga ou Adrienne Diop mérite ce qualificatif
d’irresponsable.
Après avoir contribué à occasionner des
dizaines de morts, de blessés et poussé des dizaines
de Togolais en exil, la CEDEAO du moins Maï Manga
Boukar devrait présenter des excuses publiques aux
Togolais avant d’aller s’asseoir dans une salle à
l’Hôtel 2 Février en tant qu’observateur au
dialogue qu’ils ont contribué à compliquer.
A.S |