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25 avril 2006

[ 487:  25 avril 2006]
L’inquiétante présence de la CEDEAO au dialogue intertogolais
 

Parmi les observateurs au dialogue intertogolais figure un personnage qui, de connivence avec le Président en exercice de la CEDEAO Mamadou Tandja porte une lourde responsabilité dans les événements tragiques qui ont secoué  notre pays pendant le processus électoral d’avril 2005. Il s’agit de Maï Manga Boukar. En le voyant dans la salle vendredi dernier, des membres de l’ex Coalition se sont rappelés le chef d’œuvre  qu’il a réalisé au Togo. En témoigne le nombre de morts, de blessés et des réfugiés.  Cette organisation peut s’enorgueillir de s’accommoder des personnages au « cœur de pierre ».

            Maï Manga est revenu  « sur les lieux du crime » et c’est le moins qu’on puisse dire. Il revient dans le même mois  d’avril où il avait contribué au scandale électoral dans notre pays l’an dernier. A voir le rôle calamiteux joué par la CEDEAO à cette période, la présence de son représentant au dialogue, même en tant qu’observateur peut s’assimiler à une insulte aux Togolais victimes de l’inconséquence  de cette organisation qui s’était illustrée dans son rôle de pyromane, alors qu’elle devait prévenir ce qui est arrivé. Chat échaudé craignant l’eau froide, il y a des raisons  de penser  que l’implication de la CEDEAO dans la résolution de la crise togolaise peut être  contre productive pour notre pays.

            Le 28 février 2005, sous l’égide  d’une mission conduite par Mamadou Tandja, président en exercice de la CEDEAO, un accord est intervenu entre le gouvernement et l’opposition sur les principaux points de divergence concernant les élections. Mais tous ces points d’accord  avaient été remis en cause  avec la complicité de cette CEDEAO  qui, après avoir fait semblant de condamner le double coup d’Etat militaire et constitutionnel s’est accommodé de la pagaille électorale.

            Pendant 30 jours, la CEDEAO est restée sourde et muette face à la violation  de cet accord comme si son objectif était tout simplement d’obtenir la participation de l’opposition aux élections  sans se soucier de la qualité du processus. Le second protocole  d’accord signé le 29 mars 2005  n’était destiné qu’à amener l’opposition à légitimer d’avance cette pagaille électorale. Le 02 mars 2005, le gouvernement avait réussi à faire insérer dans un communiqué signé de la CEDEAO avec la complicité du Secrétaire Exécutif de la CEDEAO, M. Ibn Chambas une clause tendant à faire croire que les personnes à désigner par les partis politiques en vue de les représenter au sein  des commissions administratives et des comités des listes et cartes siègeront  non pas en qualité de membres à part entière comme convenu  dans l’accord  du 28 février 2005 mais comme de simples observateurs. Durant tout le  processus électoral toutes les irrégularités  et abus ont été portés à la connaissance de Maï Manga Boukar par la Coalition  qui a même adressé au Président en exercice de la CEDEAO, deux lettres datées des 3 et 15 mars 2005.

            Toutes ces démarches ont été classées sans suite par Maï Manga et son mentor Tandja Mamadou. Plus grave encore a été l’irresponsabilité notoire du représentant  spécial de la CEDEAO qui s’est, chaque fois, borné à déplorer l’impossibilité d’amener le pouvoir RPT à faire la moindre concession. Le comble du cynisme viendra du porte-parole de Mamadou Tandja, Adrienne Diop qui n’a eu aucun pincement au cœur en déclarant  le 13 avril 2005 que la CEDEAO n’a  été saisie d’aucune contestation émanant de l’opposition au sujet  des opérations de révision de listes électorales et de distribution de cartes d’électeur. Adrienne Diop est même allée plus loin pour déclarer que le ministre de l’intérieur Akila Esso Boko est irresponsable pour avoir commis le crime d’attirer l’attention des autorités  et de la  communauté internationale sur le danger qui se profilait à l’horizon. Au bout du compte et  au vu de tout ce qui s’est passé, il y a lieu de se demander qui du ministre Boko  et Tandja, Maï Manga ou Adrienne Diop  mérite ce qualificatif d’irresponsable.

            Après avoir contribué à occasionner des dizaines de morts, de blessés et poussé des dizaines de Togolais en exil, la CEDEAO du moins Maï Manga Boukar devrait présenter des excuses publiques aux Togolais avant d’aller  s’asseoir  dans une salle à l’Hôtel  2 Février en tant qu’observateur au dialogue qu’ils ont contribué à compliquer.

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