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19 avril 2006

[ 485:  18 avril 2006]
Faure Gnassingbé convoque le dialogue  pour vendredi prochain
 

Les partis politiques de l’opposition traditionnelle et les deux associations de la société civile sont invités au dialogue. Ce sera vendredi prochain à l’Hôtel Corinthia 2 Février. L’attente aura été longue et pour cause. Plusieurs mois ont été consacrés à la polémique sur les préalables du dialogue, facilitateur, lieu …

            Au regard des observations sur le mémorandum à eux adressé par la présidence de la République, les partis politiques outre l’UFC ne font pas des préalables un point de fixation.

            La balle se retrouve donc dans le camp de l’UFC qui a réaffirmé il y a quelques jours devant la mission d’évaluation de l’UE  qu’elle n’entend pas prendre part à un quelconque dialogue sans médiateur.

            On se rappelle  que le gouvernement  togolais avait sollicité les bons offices  du Président Compaoré pour la reprise du dialogue intertogolais. Mais après avoir conféré avec les parties au dialogue, le Président burkinabé a plutôt souhaité  que le dialogue commence  au Togo  non sans réaffirmer sa volonté d’aider les Togolais à régler leur crise, qui, si elle dégénère, aurait des répercussions  sur l’économie burkinabé.

            La question se pose donc de savoir le rôle  que jouera le Président burkinabé dans le cadre de ce dialogue surtout que certaines indiscrétions font état de ce qu’il aurait fait des propositions à l’attention des autorités togolaises. Outre les réformes institutionnelles, législatives et réglementaires en vue de favoriser  des élections libres et transparentes, les mesures et modalités de lutte contre l’impunité, la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’un gouvernement de consensus ou transitoire d’unité, l’agenda du dialogue prendra en compte la question de la Réforme de l’Armée, une des préoccupations essentielles du parti de Gilchrist Olympio. Apparemment, tous les problèmes soulevés par les partis de l’opposition figurent à l’ordre du jour. Mais dans tous les cas, la priorité est accordée à la recherche du compromis sur le cadre électoral  ainsi que les modalités et les conditions d’organisation des futurs scrutins électoraux. 

            Du côté du pouvoir, on semble  minimiser les divergences profondes qui existent entre le PDR et la CPP d’une part et les partis de l’ex Coalition de l’autre et qui rendent désuète la configuration de l’opposition traditionnelle retenue en 2004. Mais il s’agit là, d’un problème réel qui mérite une attention particulière parce que la méfiance entre les partis de l’ex opposition siégeant  au gouvernement et les autres partis de l’ex Coalition est si profonde que la sérénité  des débats pourrait en être  affectée si l’on tente de les mettre ensemble quand il s’agira de répartir les tâches entre la mouvance présidentielle et l’opposition, car l’on peut prêter l’intention au pouvoir de jouer le PDR et la CPP contre les autres partis de l’opposition.

            Lorsque l’on pose la question aux responsables de ces deux partis de savoir de quel côté ils se situent, ils ne répondent pas clairement mais se contentent  plutôt de renvoyer la question en réclamant qu’on leur dise de quel côté  se situeraient les autres  s’ils étaient au gouvernement étant entendu qu’ils avaient accepté la principe de gouvernement d’union. En réaction, les partis de l’ex Coalition déclarent  qu’un gouvernement comme celui-là,  n’est pas d’union puisqu’il ne renferme pas à tout le moins, les forces politiques représentatives et que dès lors qu’il y a  donc un pouvoir et une opposition, ceux qui sont au gouvernement  et donc au pouvoir ne peuvent se réclamer de l’opposition comme le font la CPP et le PDR.  Il se pourrait, – à ce qui se dit, – qu’en acceptant d’inscrire à l’ordre du jour certains points auxquels il s’opposait, le pouvoir compte sur la division de l’opposition pour les évacuer lors du dialogue.

            Outre la question du repositionnement des partis, l’UFC se trouve confrontée à une situation délicate. Comment s’y prendra t-elle pour défendre sa position avec fermeté en ne participant pas au dialogue sans médiateur  et sans offrir l’image d’un parti qui refuse le dialogue ?

  1. S.
 
 

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