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21 mars 2006 |
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N°482:
21
mars 2006] |
Compaoré au Togo pour la relance du dialogue
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Vers des pourparlers intertogolais sans
l’UFC ?
- Gilchrist Olympio à Ouaga pour demander des garanties
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Le Président Blaise Compaoré
était hier à Kara où il s’est
entretenu avec son homologue
Faure Gnassingbé pour tenter de
relancer le « dialogue entre
les différentes forces
politiques du Togo ».
De sources
concordantes, on indique que
les autorités togolaises
s’apprêteraient à relancer le
dialogue étant donné que la « majorité »
des partis et associations de la
société civile veulent que les
pourparlers reprennent dans les
meilleurs délais. Après Kara,
Compaoré pourrait s’entretenir
avec d’autres acteurs politiques
à Ouaga dont Me Agboyibo et
Léopold Gnininvi.
Ce dialogue devrait
donc commencer sans l’UFC qui
fait de l’exigence d’un
médiateur la condition sine qua
non de sa participation au
dialogue.
Le 2 février 2006,
le Premier ministre Edem Kodjo
s’était rendu au Burkina Faso
où il avait évoqué avec le
Président du Faso la
possibilité de tenir les assises
du dialogue à Ouagadougou. En
choisissant donc la capitale
burkinabé, les autorités
togolaises font implicitement
appel à la médiation du
Président Compaoré dont
l’implication dans le dialogue
ne rassure pas le parti de
Gilchrist Olympio. Récemment, la
rencontre de Sant’Egidio s’est
achoppée en raison d’une
éventuelle participation du
représentant de Blaise Compaoré.
A-t-il été question
à Kara de savoir si la tenue du
dialogue est opportune sans l’UFC
comme le suggèrent certains
observateurs ? Selon le ministre
de la coopération Gilbert Bawara
cette visite a permis d’évoquer
les efforts qui sont déployés
par le président togolais Faure
Gnassingbé en vue du démarrage
effectif du dialogue
intertogolais, mais aussi le
président burkinabé est venu
apporter son soutien à l’effort
de réconciliation nationale en
cours au Togo. Pour le moment
dit-il, nous constatons
qu’aucune partie togolaise n’a
formellement objecté aux efforts
déployés par le président
burkinabé. Donc nous nous
réjouissons de ces efforts là et
nous espérons qu’il va continuer
appuyer les Togolais.
Pour le ministre Bawara, la question du lieu du
dialogue pour nous ne fait pas
débat. D’abord parce que ce
n’est pas l’essentiel, c’est un
aspect tout a fait accessoire.
Ce qui est essentiel c’est que
les Togolais soient en mesure de
parvenir à un consensus et à un
cadre électoral consensuel qui
permette d’aller rapidement aux
élections législatives.
Il est vrai que
l’engagement 1.3 des 22
engagements relatif au cadre
électoral insiste sur le
consensus entre les
protagonistes. Mais pour le
Président du CAR « si dès le
début du dialogue, on constate
l’absence d’un des protagonistes
cela signifierait que
l’unanimité requise ne pourra se
faire sur ce point central des
engagements. Il reviendrait
alors aux deux partis
signataires des 22 engagements
(Gouvernement togolais et Union
Européenne) de trouver les
modalités pour permettre le
démarrage du dialogue ».
Le gouvernement n’a
pas l’intention d’attendre pour
longtemps encore. A l’annonce de
l’arrivée prochaine d’une
mission d’évaluation, les
autorités tenteront de montrer
un signe de bonne volonté. On
peut comprendre pourquoi la
campagne pour la modernisation
de la justice vient d’être
lancée. Mais la grande inconnue
c’est la réaction des décideurs
de la Commission Européenne au
cas où le dialogue visé à
l’engagement 1.1 démarrait sans
l’UFC. Il est vrai que Gilchrist
Olympio bénéficie d’une oreille
attentive dans les milieux
politiques européens fort des
scores électoraux de son parti.
Il revient non seulement au
gouvernement mais aussi au
reste de l’opposition de
convaincre ces décideurs qu’on
peut poursuivre la mise en œuvre
des 22 engagements si le parti
dont le candidat est arrivé
officiellement en 2e
position lors de la dernière
élection présidentielle– pour
des raisons déjà évoquées n’ose
pas s’y engager. Il est tout
aussi évident que l’UFC réagira
en fonction de la position que
voudra adopter la Commission
Européenne sur cette question.
Le Président
burkinabé va-t-il donc s’imposer
comme médiateur efficace de la
crise togolaise ? Pour notre
confrère burkinabé « Sanfina »
du 13 mars 2006, « il est
rare qu’une médiation puisse
s’imposer naturellement sans
avoir vaincu quelques
oppositions ou procédé à
quelques réglages. On peut dire
que lorsque le consensus se
réalise dans un différend sur
l’amiable compositeur le litige
est en grande partie résolu ».
Il revient donc au Président
burkinabé de s’investir pour
rassurer l’UFC et obtenir son
adhésion au dialogue et de faire
en sorte qu’une stabilité et une
paix véritables s’installent au
Togo, car comme le dit si bien
le journal burkinabé, « le
pouvoir burkinabé en acceptant
la difficile tâche de la
médiation dans ce dossier et se
battant pour qu’elle se
concrétise, ne le fait pas
uniquement pour les beaux yeux
des protagonistes ou pour la
seule perspective d’en récolter
du prestige mais parce qu’il y
va aussi de son intérêt.
Si les tensions
devraient persister ou pire
dégénérer, comme il y a des
raisons de cela aurait des
répercussions au- delà du Togo
sur le Burkina Faso dont on sait
déjà ce qu’il lui en coûte en
raison de la situation en Côte
d’Ivoire, d’avoir été contraint
de dérouter une grande partie de
ses flux économiques de la Côte
d’Ivoire vers d’autres pays en
particulier le Togo. »
Gilchrist Olympio à Ouaga pour
demander des garanties
De source généralement bien
informée, on indique que
Gilchrist Olympio a eu un
entretien avec Blaise Compaoré
quelques jours avant le voyage
de ce dernier à Kara.
Officiellement, rien n’a filtré
à l’issue de cet entretien. Mais
tout porte à croire que le
Président national de l’UFC, de
plus en plus isolé par les deux
autres partis de l’ex-Coalition
a voulu clarifier la position de
son parti au sujet du dialogue
pour lequel des contacts sont
en train d’être pris.
En effet, l’UFC craignant d’être
piégée par la CEDEAO comme ce
fut le cas après le décès du
Général Eyadema et par Obasanjo
au lendemain de l’élection
présidentielle, voudrait être
rassurée que le dialogue ne va
pas virer à une nouvelle
mascarade qu’on voudrait
organiser uniquement dans le but
d’améliorer l’image de son
adversaire au pouvoir.
Il est donc clair que Gilchrist
Olympio qui voudrait qu’on
s’attaque plutôt aux racines de
la crise togolaise veut des
garanties avant de s’engager
dans toute négociation avec le
pouvoir togolais.
L’inquiétude de l’UFC est
d’autant plus grande qu’on n’a
pas compris pourquoi le
médiateur désigné par l’ONU a
été récusé et que sans aucune
discussion préalable, on fait
recours à Blaise Compaoré. Pour
sortir de l’isolement qui risque
de donner l’impression qu’il y
a un conflit personnel entre le
Président Compaoré et lui,
Gilchrist va-t-il remodeler ses
exigences ?
Il est vrai que le Président
burkinabé a œuvré pour
l’élection de Faure Gnassingbé
qu’il considère–en raison du
choix de l’armée–comme pouvant
lui garantir l’accès du Port
Autonome de Lomé.
Gilchrist Olympio a des raisons
d’être rassuré par le Président
burkinabé pour ne pas foncer
tête baissée dans une initiative
douteuse.
S’achemine t-on vers un dialogue
sans l’UFC du moment que le CAR
et la CDPA ne trouvent pas à
redire sur l’implication de
Blaise Compaoré et le choix de
Ouaga comme lieu de dialogue ?
A. S. |
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