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Pour l’UFC, la question
fondamentale à résoudre lors du
dialogue, c’est celle de la
Réforme de l’armée, réforme qui
rassurerait les populations
désireuses d’aller voter de
nouveau.
Mais les tenants du
pouvoir aussi bien que la
hiérarchie militaire se méfient
de cette exigence. Même si l’on
ignore encore ce que renferme
cette idée de réforme, on prête
l’intention au principal parti
de l’opposition de vouloir
conquérir le pouvoir contre
l’armée. Or, en l’absence des
propositions concrètes
traduisant clairement
l’intention des demandeurs, il
est trop tôt de conclure à une
défiance à l’égard de l’armée.
Cependant,
l’attitude qu’affichent les
tenants du pouvoir sur les
questions touchant à l’armée ne
surprend guère quand on sait que
le pouvoir togolais est avant
tout militaire au masque
politique qu’est le RPT. La
preuve, c’est que quand bien
même il est écrit que l’armée
doit observer une neutralité
politique, il n’est pas rare de
voir des Généraux comme Walla,
Mèmène, Gnofame, Tidjani et bien
d’autres hauts gradés,
réaffirmer publiquement leur
appartenance au RPT lors des
congrès du parti où ils
ravissent d’ailleurs la vedette
aux civils en matière du
militantisme partisan.
En fait, ce sujet n’allait pas
susciter autant de commentaires
si on était dans un pays normal.
Ici au Togo, le RPT n’est rien
sans l’armée. Les Togolais se
rappellent sans doute, l’image
de la TVT montrant des
Généraux qui, à tour de rôle
ont fait allégeance au Président
désigné par l’armée le 05
février 2005, en violation
flagrante de la constitution,
qui n’a pas prévu ce cas. «L’armée
vous remet le pouvoir et vous
jure fidélité» , avait
déclaré en substance le Général
Nandja, la voix tremblante. Et
puisqu’on ne donne jamais ce que
l’on n’a pas, cela signifie
qu’en dépit des dispositions
constitutionnelles, le pouvoir
politique est entre les mains de
l’armée qui peut le prendre et
le remettre à qui elle veut et
à tout moment. Parler de réforme
de l’armée dans ces conditions
est donc osé. Ironie du sort, au
moment où l’UFC fait de la
réforme de l’armée une exigence
fondamentale, le Ministre
Délégué à la Présidence chargé
de la Défense et des Anciens
Combattants, sillonnait les
garnisons dans le but de
rassurer les troupes en
distribuant des sacs de riz et
de l’argent sans oublier de dire
aux militaires d’éviter de se
laisser manipuler par les
politiciens.
Lors d’une rencontre
à Sant’Egidio (la deuxième), le
RPT avait déjà rejeté toute idée
de dégraissage de l’armée et
considéré les récentes
nominations aux commandements
des FAT comme une volonté de
réforme. Il serait alors
intéressant de savoir comment l’UFC
pourrait amener le pouvoir en
place dans les circonstances
actuelles à adhérer à l’idée de
la réforme dont le porte-parole
de Louis Michel faisait
récemment un point des
discussions au dialogue
national. Pour réussir ce pari,
il faut une adhésion de tout ou
partie de l’armée. Mais la
togolaiserie aidant, il ne faut
pas compter sur le
mécontentement au sein de la
grande muette. Parce que souvent
les militaires qui ont le
courage de dire tout haut ce que
leurs camarades pensent bas
sont généralement suspectés et
châtiés par la haute
hiérarchie et aussitôt
désavoués par leurs camarades
qui à l’instant les assuraient
de leur soutien quoiqu’il
arrive. Mais il est clair que
c’est lorsque l’UFC aura déposé
sa proposition de reforme qu’on
pourra juger de sa pertinence ou
non.
A.
S. |