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Une nouvelle rencontre entre l’UFC et
le RPT est prévue à Rome dans les
prochains jours. « Le principe est
acquis mais la date n’est pas encore
retenue », a indiqué une source
proche de la présidence togolaise.
Cette rencontre qui s’annonce sera
sans doute, la troisième qu’initie la
Communauté Sant’Egidio. Les deux
délégations feront le « point » des
précédentes rencontres et profiteront
de l’occasion pour aborder les
problèmes liés à la reprise du
dialogue national.
Selon une source
généralement bien informée, la
mouvance présidentielle voulait que la
rencontre ait lieu lundi. Mais l’UFC
voudrait obtenir des éclaircissements
pour pouvoir prendre des précautions
en raison des malentendus qui naissent
au sein de l’opposition où certains
estiment être exclus. Le site du
gouvernement togolais ne se fait pas
trop d’illusion, « ces rencontres,
écrit-il, font partie d’un
processus complexe permettant une
reprise du dialogue politique au Togo.
Tous les partis politiques y sont
favorables mais les difficultés
rencontrées illustrent la tâche
délicate dans laquelle s’est engagé le
chef de l’Etat qui souhaite que les
pourparlers entrent dans une phase
concrète dès que possible ».
Mais le dialogue de
Sant’Egidio prend une autre tournure
avec l’implication de Blaise Compaoré
dès lors qu’un représentant du Burkina
Faso devra assister au dialogue. En
raison du rôle joué par les chefs
d’Etat de la CEDEAO dont Blaise
Compaoré dans le processus électoral,
rôle condamné par l’ensemble de
l’opposition, la formation de
Gilchrist Olympio voudrait avoir
toutes les précisions auprès de
Sant’Egidio et du Burkina Faso pour
éviter un énième guet-apens. En effet,
le choix du Président Burkinabé comme
facilitateur du dialogue intertogolais
n’a pas été unanimement approuvé, ni
le choix de Ouaga comme lieu du
dialogue. Sans donc l’avouer, le parti
de Gilchrist Olympio ne voudrait pas
se laisser prendre au piège qui
consiste à approuver malgré lui, la
médiation de Blaise Compaoré sous le
couvert de Sant’Egidio.
Si à travers cette
rencontre, la mouvance présidentielle
veut montrer à la communauté
internationale qu’elle est déterminée
à dialoguer avec l’opposition, par
contre, l’UFC a du mal à convaincre
aussi bien les autres formations de
l’ex Coalition que des contestataires
irréductibles de la diaspora qui
considèrent que ce genre de rencontres
est de nature à reléguer les autres
partis de l’opposition au second
plan. L’UFC a beau expliquer et
rassurer que le dialogue de
Sant’Egidio pour lequel elle s’est
engagée ne se substituera pas au
dialogue national, nombre d’acteurs
politiques ne décolèrent pas allant
jusqu’à dénoncer une tentative de
réduction du débat politique à une
lutte entre les clans Gnassingbé et
Olympio. Ainsi donc, le fait qu’une
partie de l’opposition – malgré les
assurances données l’UFC– persiste à
voir dans cette initiative, une
manière de dévaluer les autres partis
politiques met l’UFC dans une
situation fort embarrassante, surtout
que certains refusent de comprendre le
fait que Gilchrist Olympio accepte de
dialoguer avec Faure Gnassingbé qu’ils
estiment infréquentable d’abord parce
qu’il est le fils de son père et
ensuite en raison des conditions dans
lesquelles il a accédé au pouvoir. Or
la communauté internationale ayant
prescrit le dialogue comme solution à
notre crise, aucune formation
politique togolaise ne saurait rejeter
cette option au risque de s’isoler
n’ayant pas d’autres moyens
d’inverser les rapports de force.
Pourtant favorable au dialogue avec la
mouvance présidentielle, Me Agboyibo
n’a jamais aimé les pourparlers de
Sant’Egidio. La preuve, c’est que dans
un communiqué rendu public le 06 mars
dernier par son parti, le Président du
CAR déplore que « depuis plus de
huit mois, les pourparlers en question
qui avec le temps, ont pris l’allure
d’un véritable préalable au démarrage
du dialogue bloquent le dialogue
national considéré par tous comme
étant l’ultime solution pour sortir
notre pays de la crise. Il est
temps que le dialogue national démarre »,
conclut-il.
En fait, l’UFC comme toute
autre formation politique ne pouvait
rejeter l’initiative de Sant’Egidio
sans se discréditer politiquement
puisque cette communauté jouit d’une
notoriété dans l’opinion politique
européenne.
En clair, du moment où le
RPT se montre prêt à répondre sans
aucun préalable à tout moment à
l’invitation de Sant’Egidio, l’UFC se
doit de relever le défi en y allant.
Rencontre test ?
L’initiative de
Sant’Edigio paraît complexe parce
qu’elle est perçue comme un dialogue
parallèle à celui recommandé par
l’Union Européenne. Et pour cause, la
rencontre ne réunit pas tous les
protagonistes de la crise. Mais
Sant’Egidio considère qu’un dialogue
intertogolais pour être efficace
devrait être précédé d’une réduction
des divergences entre les deux
principaux partis politiques qui au vu
des dernières élections
présidentielles rassemblent la
majorité des électeurs. En l’absence
d’une plate-forme unique de
l’opposition, Sant’Egidio préfère une
approche synthétique.
Lors de la dernière
rencontre de Sant’Egidio, les
discussions ont achoppé principalement
sur les questions de la réforme
constitutionnelle et de l’armée. Nul
doute que si les divergences avaient
été aplanies, les autres points qui
seront à l’ordre du jour au dialogue
intertogolais seraient faciles à
régler dans la mesure où les exigences
de l’UFC sont jugées plus complexes –
parce que touchant aux racines du mal
togolais – que celles des autres
formations politiques.
Dans l’entourage de
Gilchrist Olympio, on veut considérer
cette nouvelle rencontre comme un
test. Il s’agira de voir si le
pouvoir en place a la réelle volonté
de faire avancer le dialogue et éviter
de perdre du temps. Dans tous les cas,
rassure t-on, les résultats qui seront
obtenus à Sant’Egidio, seront versés
au dossier du dialogue intertogolais.
Yao Assou |