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La déclaration que vient de faire le porte-parole de Louis Michel
et que ce dernier assume
entièrement selon des sources
proches de la Commission
Européenne, vise à réajuster la
position de l’Institution et à
recentrer le rôle que devrait
jouer Louis Michel qui s’était
taillé des habits de pyromane
dans la crise togolaise.
En effet, le Commissaire Européen s’est donné un rôle qui faisait
de lui plutôt un problème en
raison de ses prises de position
souvent maladroites et très peu
diplomatiques. Ses déclarations
sur la situation togolaise
tendaient à accréditer la thèse
selon laquelle il y aurait au
Togo un pouvoir animé de bonne
volonté et une opposition
double, (une qui serait
raisonnable et une autre qui dit
non à tout). Ce faisant, Louis
Michel avait presque déclaré la
guerre à une partie de
l’opposition qui, en
conséquence, a décidé de lui
résister. Ce qui n’était pas de
nature à établir un climat de
confiance entre l’UE et tous les
protagonistes.
Il était prévu le 08
mars prochain dans les rues de
Bruxelles « une mobilisation
générale des Togolais contre le
Commissaire Européen, Louis
Michel devant la Commission
Européenne ». En fait,
cette action allait tout
simplement appuyer la
dénonciation de l’attitude
agressive qu’adopte Louis Michel
à l’égard de l’opposition
togolaise qui n’est pas prête à
accepter des pseudo solutions à
la crise.
Toutes ces pressions
conjuguées avec la mauvaise
organisation du dialogue ont
donc amené le Porte-parole de
Louis Michel à recentrer la
position de la Commission. Le
consensus devient alors
indispensable. « Nous avons
proposé une facilitation qu’une
partie au dialogue essaye de
refuser. C’est un préalable
très important pour le démarrage
des négociations. Dès qu’un
compromis sera trouvé sur la
facilitation, on pourra
accélérer les discussions sur le
fond, notamment la question de
la Réforme de l’Armée, la
nécessité de la séparation des
pouvoirs et l’amorce d’une
transition politique ». En
fait, Louis Michel avait
procédé par chantage contre la
partie qui ne détient pas le
pouvoir.
Si l’ensemble de la classe
politique s’était soumise au
schéma qu’il avait concocté avec
la complicité de Michel de
Bonnecorse, il se serait frotté
les mains. Son revirement
traduit donc l’échec cuisant de
la stratégie du rouleau
compresseur.
L’autre revirement
de la Commission Européenne
concerne la Transition.
Récemment, Louis Michel
déclarait sur un média que, le
gouvernement actuel est un
gouvernement de transition qui
devra organiser les élections.
La réaction de Me Agboyibo ne
s’est pas fait attendre. Le
Président national du CAR que
Louis Michel voudrait pourtant
voir se désolidariser de l’UFC
s’en est violemment pris à la
déclaration du Commissaire
européen et exprimé son
indignation. Rectification
« L’union Européenne n’acceptera
pas des élections législatives
tant que les conditions d’une
transition ne sont pas définies.
Il n’y a pas pour l’instant,
une transition au Togo»,
déclare le Porte-parole de Louis
Michel, « car comment entamer
une transition si les bases de
cette transition ne sont pas
définies ». De quoi rassurer
le leader du CAR qui attache du
prix à une transition
politique. Cette nouvelle
réaction a été bien accueillie
dans les milieux proches de
l’opposition
En définitive, la
clarification de la position de
la Commission européenne est une
formule destinée à sauver Louis
Michel d’une situation difficile
dans laquelle il s’est empêtré
en raison de sa mauvaise
appréciation de la crise
togolaise face à laquelle des
diplomates mieux aguerris que
lui, ont abdiqué. Reste à
savoir si le Commissaire
Européen fera désormais preuve
de tact pour ne plus retomber
dans les mêmes erreurs.
A. S. |