|
Si depuis plusieurs semaines, on
n’a pas entendu Harry-vi faire
du boucan sur les radios et dans
les journaux de la place, c’est
qu’il préparait une farce de
mauvais goût comme il en a pris
l’habitude.
Alors qu’on
s’interrogeait sur les mobiles
de la panique signalée aux
alentours de la gendarmerie,
Harry Olympio confie à RFI que
les gendarmes ont investi son
domicile, le contraignant ainsi
à se cacher. Puisqu’il avait
quelque chose à se reprocher
dans cette affaire, Harry-vi
avait pris des dispositions
avant l’arrivée des éléments de
la gendarmerie, conscient que le
coup qu’il a monté ne pouvait
qu’aboutir à cela. Il
ressort des témoignages de
sources concordantes qu’il
s’est servi des jeunes victimes
de ses affabulations comme de
véritables cobayes pour sa
funeste expérimentation.
Il les a tout simplement
sacrifiés pour se faire de la
publicité, faire parler de lui
comme un opposant farouche
victime du pouvoir en place afin
d’être ovationné dans le giron
des Togolais contraints à l’exil
en raison de leur prise de
position politique. On comprend
dès lors pourquoi depuis sa
cachette, il téléphone à des
confrères à qui il demande
d’amplifier l’information selon
laquelle son domicile est
encerclé par des forces de
l’ordre et qu’on veut
l’assassiner parce qu’il devient
menaçant pour le pouvoir de
Faure Gnassingbé pour avoir fait
de la lutte contre l’impunité
son credo.
Suite à l’élection à
l’issue de laquelle il a obtenu
un score voisin de 1%, Harry
Olympio avait fait des pieds et
des mains pour être nommé
ministre de la Réconciliation.
Mais face au refus de Faure
Gnassingbé de l’admettre au
Gouvernement, il s’est résolu à
jouer à l’opposant farouche.
A plusieurs
reprises, il a multiplié des
appels à la révolte sur les
radios périphériques, appels qui
n’ont d’ailleurs pas été pris au
sérieux. Pour se donner de
l’importance, il avait récupéré
la revendication sur la fin de
l’impunité réclamée par les
principaux partis de la
Coalition croyant ainsi pouvoir
attirer la sympathie des
militants de l’opposition.
Seulement, Harry-vi se trompe
lui-même en croyant tromper les
militants pour le changement
démocratique. S’il ressent la
mort du Général Eyadema comme
une catastrophe parce que les
nouvelles autorités ne sont pas
disposées à le couvrir d’espèces
sonnantes et trébuchantes, les
Togolais qui n’ont pas la
mémoire courte n’ont sans doute
pas oublié ses micmacs.
Il avait été nommé
ministre pour discréditer
Gilchrist Olympio. Les
provocations qu’il a multipliées
à l’encontre de l’UFC pour faire
plaisir au Général Eyadema
suffisent pour le mettre en
quarantaine. Tout le monde se
rappelle le faux attentat qu’il
avait monté contre sa personne
le 05 mai 1999 pour se donner de
l’importance. Condamné par la
suite pour fabrication et
détention d’explosifs, il avait
bénéficié du soutien des avocats
et même des responsables
politiques. Aussitôt libéré,
ses avocats ont été remerciés en
monnaie de singe. Quelques mois
après, il retrouve sa place au
gouvernement et nargue les
opposants qui ont réclamé sa
libération.
Mais celui qui a
payé cher la malhonnêteté de
Harry-vi, c’est bien Me
Agboyibo qui, malgré les mises
en garde de ses collaborateurs a
voulu flirter avec lui. Le
leader du CAR a regretté fort
cette maladresse lorsque Harry
Olympio, devenu démarcheur de
dissidents de l’opposition, en
service pour Lomé 2, a monté une
campagne de dénigrement contre
lui. L’affaire avait atterri au
tribunal de Lomé et avant le
délibéré, Harry Olympio aurait
raconté à qui voulait
l’entendre qu’il a les faveurs
du Général Eyadema et qu’il
entendait infliger une « fessée
politique » à Me Agboyibo
et que la justice rendra un
verdict en sa faveur. Harry
Olympio avait annoncé qu’il
entendait déposer le 3 mars
prochain, une plainte contre les
auteurs de violations des droits
de l’homme pendant le processus
électoral. Convaincu de son
impopularité et du fait que
cette action fera plutôt rire
les oiseaux tout comme la marche
qu’il avait organisée il y a
quelques semaines, il a choisi
plutôt un coup médiatique
destiné à faire croire à
l’opinion internationale qu’il
est persécuté en raison de son
option contre l’impunité. Mais
qui veut croire que ce fumiste
a une conviction politique et
une force de frappe qui puissent
inquiéter qui que ce soit au
Togo ?
Il est temps que
démocratie cesse de rimer avec
voyoucratie dans nos pays.
A.S. |