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Le Regard

22 fevrier 2007

[ 531 : du 20 fevrier 2007]
Le Général Tidjani arrêté à la frontière Bénin-Nigeria

Jeudi dernier au matin, le Général Tidjani aurait quitté son domicile de Kégué, pour une autre destination. Assani Tidjani qui a pris soin de se déguiser se serait enfui à bord d’une voiture immatriculée RB et aurait forcé le barrage à Hilacondji au niveau des deux postes puis semé les militaires béninois qui ont joué au rodéo en déployant un arsenal pour l’arrêter. Il aurait abandonné la voiture empruntée depuis Lomé à Comé et pour se retrouver à Sèmè au poste frontière Bénin-Nigeria où il a été appréhendé.

Des éléments envoyés à ses trousses l’auraient violenté et humilié. C’est suite aux consignes données «in- extremis » par le Ministre Kpatcha Gnassingbé, qu’il a été ramené à Lomé à bord d’un hélicoptère. Les éléments chargés de le garder auraient été mis aux arrêts. Cette version qui nous a été servie par deux sources proches du pouvoir togolais contredit celle obtenue auprès d’un membre de la famille du Général Tidjani. Selon cette deuxième version, le Général Tidjani qui a purgé ses 60 jours d’arrêt de rigueur aurait obtenu une permission du ministre de la Défense pour se rendre au Nigeria.

Arrivé au Bénin, il a été intercepté sur ordre des autorités béninoises qui auraient été alertées par le Ministre de
la Sécurité qui aurait indiqué que le Général était en fuite. Selon donc ses porches le Général Tidjani n’était pas en fuite. Au moment où nous mettions sous presse le ministre de la défense est injoignable (comme d’habitude). Le Ministre de la Sécurité Mohamed Atcha Titikpina que nous avons réussi à joindre à 16 h 09 hier nous a raccroché au nez comme s’il avait à faire à un ennemi à réduire. A-t-il quelque chose à se reprocher dans cette affaire ? Seule une version officielle convaincante peut éclairer les Togolais sur cette histoire. De toutes façons le silence officiel sur cette affaire ne fera qu’alimenter des folles rumeurs.

Le Général Tidjani avait été condamné par le Haut Commandement militaire à 60 jours d’arrêt de rigueur à la mi-janvier pour avoir fait «des déclarations de nature à jeter la suspicion sur le contingent déployé sous le mandat de l’ONU en Côte d’Ivoire». Dans une interview accordée à un quotidien Ivoirien « Nord Sud », le Général invité à un séminaire sur le redressement de l’Armée de la Rébellion avait déclaré en substance qu’il était arrivé à Bouaké au vu et au su des autorités togolaises. Il a fallu une réaction de désapprobation de la part des autorités ivoiriennes pour que le pouvoir togolais affiche sa détermination à mettre le Général « hors d’état de nuire » aux relations entre les deux pays.

Durant tout le moment passé dans sa villa de Kégué, le Général Tidjani de sources proches de sa famille en avait visiblement marre de vivre sans contact avec l’extérieur, lui qui sous le règne de Gnassingbé Père était habitué à la belle vie.

Qu’il ait tenté de s’enfuir ou pas, le Général Tidjani est devenu une arête dans la gorge du pouvoir togolais. Une équation «rigorienne» à résoudre. A l’expiration du délai d’arrêt de rigueur, les autorités togolaises devront le surveiller comme du lait sur le feu et surtout veiller à ce qu’il ne retourne plus à Bouaké pour prêter main forte aux rebelles, au risque de courroucer les autorités ivoiriennes.

Quoiqu’il en soit, le Général est encombrant pour le pouvoir togolais, car s’il n’obtient pas les moyens financiers dont il bénéficiait au temps du Général Président, il sera à coup sûr tenté de les rechercher d’une manière ou d’une autre. Comment le Chef de l’Etat et son jeune frère pourront-ils le gérer surtout que déjà, certains émettent des doutes sur la sanction qui lui avait été infligée en se demandant si elle ne relève pas de la manipulation informationnelle ? Une façon de dire que le Général malgré tout serait un élément précieux que les héritiers du Général président défunt se doivent de protéger parce qu’ils auront toujours besoin de ses services.

Abass SAÏB

 
Les mauvais payeurs d’impôts et leurs complices rappelés à l’ordre

L’opération « coup de poing fiscal », s’il faut l’appeler ainsi, qui a été lancé par les autorités togolaises se poursuit. Au départ, les mauvais payeurs d’impôt et leurs complices ont tenté d’y résister. Puis au fil du temps, s’étant rendus compte que le redressement fiscal a été voulue par le chef de l’Etat, des barons du régime qui s’activaient à empêcher que des grosses sociétés appartenant à leurs bienfaiteurs paient leur dû à l’Etat, gardent le profil bas.

Pour tirer leur épingle du jeu, ils s’empressent même de saluer l’initiative. Ayant donc compris qu’ils ne sauraient se soustraire à leur obligation fiscale sans défier le pouvoir en place, les responsables de grosses sociétés, mauvais payeurs d’impôt et leurs complices, changent donc de stratégie. Un gros morceau qui traînait les pieds et dont les établissements sont fermés aurait lâchés du lest en payant la moitié de ce qu’il doit à l’Etat au titre d’impôts.

Faure Gnassingbé qui jusqu’alors donnait l’air d’un Chef d’Etat qui manque d’autorité a-t-il finalement décidé d’imprimer sa marque à la gestion des affaires de l’Etat ? Tout porte à le croire surtout que les mesures prises sont positivement appréhendés par les Togolais qui espèrent une amélioration de leurs conditions de vie.

Toujours est-il que les habitudes de la maison sont bousculées car même ses plus proches collaborateurs assistent impuissants à l’évaporation des subsides qu’ils empochaient au détriment de l’Etat.

Ce n’est pas parce que des responsables de Sociétés d’origine asiatique ou non ont eu à aider le régime du Général Président défunt quand il était en difficulté qu’on doit fermer les yeux lorsqu’ils ne s’acquittent pas de leurs obligations vis-à-vis de l’Etat.

A propos de contribution à l’économie nationale, certains qui se croient au-dessus de la loi voudraient passer pour des sauveurs du peuple mais en réalité ils ne poursuivent que leurs intérêts. C’est le cas d’un d’entre eux qui a fait fortune au Togo et qui serait en train d’investir dans un immense complexe hôtelier en Guinée Equatoriale considéré comme un nouvel eldorado africain en raison du pétrole qui y a été découvert.

Yao ASSOU

 
 
 
 
 
 
 
 

 

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