|
Cette loi réaffirme que les Forces Armées Togolaises
sont une armée nationale républicaine et apolitique.
Et que leur mission est de préparer et d’assurer par
la force des armes la défense de
la Patrie
et des intérêts supérieurs de la nation. Elles sont
entièrement soumises à l’autorité politique
constitutionnelle régulièrement établie. Elles
exercent les missions conformément à la
constitution, aux lois et règlements en vigueur.
Appelés à servir partout où besoin est les
militaires n’ont pas le droit de faire grève. Ils
sont libres des opinions ou croyances philosophiques
religieuses ou politiques mais ils ne peuvent
exprimer ces opinions qu’en dehors du service et
avec la réserve exigée par l’état militaire.
En outre les militaires en activité
doivent avoir l’autorisation du ministre de
la Défense
lorsqu’ils désirent évoquer publiquement des
questions politiques ou mettant en cause une
puissance étrangère ou une organisation
internationale. De même, les militaires en activité
de service ne peuvent pas adhérer à des groupements
ou associations à caractère politique.
Sous réserve des inéligibilités et des
incompatibilités prévues par la loi, les militaires
en position de non-activité peuvent être candidats à
toute fonction publique élective. Les militaires
doivent obéissance aux ordres de leurs supérieurs et
sont responsables de l’exécution des missions qui
leur sont confiées. Toutefois, il ne peut leur être
ordonné et ils ne peuvent accomplir des actes qui
sont contraires aux lois, aux coutumes de la guerre
et aux conventions internationales dûment ratifiées
par le Togo ou qui constituent des crimes ou délits
notamment contre la sûreté et l’intégrité de l’Etat.
La responsabilité propre des subordonnés ne dégage
les supérieurs d’aucune de leur responsabilité.
S’il est vrai que les militaires
attendaient ce statut depuis longtemps, il faut
aussi reconnaître que l’Accord Politique Global a
accéléré les choses. C’est en réponse aux exigences
de la réforme de l’armée par certains acteurs
politiques que le point
2.11 de l’APG dispose que, « s’agissant des
questions de sécurité, les parties prenantes au
dialogue conviennent que des dispositions
nécessaires soient prises en vu de la réaffirmation
solennelle et du respect effectif.
De la vocation apolitique et du
caractère national et républicain de l’Armée et des
Forces de Sécurité conformément à
la Constitution et aux lois pertinentes du pays. De
la distinction entre les fonctions de l’Armée d’une
part et celles de la Police et de
la Gendarmerie
d’autre part, de façon à ce que l’Armée se consacre
à sa mission de Défense de l’intégrité du territoire
national et les forces de Police et de
la Gendarmerie
à leurs missions de maintien de l’ordre et de
sécurité publique ».
En revanche le point
2.12
dispose que : « dans l’immédiat, le Gouvernement
prendra toutes les dispositions utiles afin que les
Forces de Défense et de Sécurité s’abstiennent de
toute interférence dans le débat politique ».
Par le passé il n’était pas rare de voir
des hommes en treillis emblème du RPT à la poitrine
clamant leur militantisme au service du RPT et
menaçant leurs compatriotes qui se réclament
d’autres formations politiques. Bien des actes posés
par certains militaires en toute impunité dans leur
détermination à défendre les idéaux du RPT avaient
fini par persuader nombre de Togolais que les FAT
constituent une aile marchante de ce parti. Or dans
un contexte multipartisant, les éléments de l’Armée
se devaient de se tenir à l’écart de la politique
partisane et ne pas donner l’impression que l’Armée
est rangée dans un camp contre l’autre. Avec ce
statut, on espère que cette page sombre sera fermée
et que les rapports entre militaires et civils de
tous bords politiques vont s’améliorer
considérablement. En dehors des droits civils et
politiques et des obligations et responsabilité, le
statut des personnels militaires en projet qui
comporte des dispositions sur les permissions
rémunérations, garanties et couvertures de risque,
de nomination et des avancements n’oublie pas les
militaires retraités.
Dans les garnisons, déjà les hommes en
uniforme jubilent rien qu’en apprenant que le
gouvernement a adopté leur statut. Mais ce n’est
qu’après l’adoption de cette loi par l’Assemblée et
quand les militaires en prendront connaissance
qu’ils pourront apprécier les avantages qu’elle leur
offre.
Abass SAIB |
|
Le gouvernement a décidé que notre pays emprunte de
la République Démocratique
du Congo, des Kits devant servir aux opérations
électorales. Chaque Kit est un ensemble constitué
d’un ordinateur, d’une imprimante d’un appareil
photo et d’un générateur, le tout livré ensemble en
vue de l’opération de l’établissement des cartes
d’électeurs avec photo numérisée. Après moult
tergiversations, on est finalement revenu à la
suggestion de Louis Michel, maintes fois rappelées
par Gilchrist Olympio.
Il appartient donc aux autorités
togolaises d’entreprendre des démarches auprès de
leurs homologues du Congo pour l’acheminement du
matériel vers le Togo. Les présidents Kabila Joseph
et Faure Gnassingbé étant « des frères et amis »
et en raison des « liens d’amitié qui
unissent les peuples Congolais et Togolais » la
demande togolaise pour l’acquisition des Kit du
Congo ne devrait pas poser trop de problèmes. Reste
à savoir si les autorités togolaises compte tenu du
délai ont pris les dispositions pour que le matériel
puisse arriver à temps.
On nous signale au moment où nous
mettions sous presse qu’une délégation togolaise
composée des membres du gouvernement et de
la CENI dont le président se rendra incessamment à
Kinshasa pour en discuter avec les autorités
congolais.
Le président de
la CEI Commission
Electorale Indépendante du Congo, l’abbé MALU MALU
était d’ailleurs à Lomé le week-end dernier. On
ignore le temps qu’il faudra mettre depuis les
formalités administratives jusqu’à l’acheminement
des Kits. Il faudra ensuite recruter et former les
agents chargés de les utiliser. Pour l’heure, que ce
soit à la CENI
ou au gouvernement personne s’est en mesure de
donner avec précision les contours du budget
électoral et du chronogramme.
A.S. |
|
Contrairement à ce que laisse penser une minorité
d’observateurs, le système de péage qui fait
obligation aux usagers de la route de payer une
certaine somme d’argent à des postes installés sur
les grandes axes routiers du Togo n’est pas encore
ancré dans les mœurs. On se souvient que c’est dans
le courant des années
2003-2004 que ces postes ont été construits sur
nos routes. A ce jour, on en dénombre quatre qui
fonctionnent. Ce sont les postes de Vaudougbé à
l’entrée de la ville d’Aného, Davié et Sotouboua sur
l’axe Lomé-Kara et le poste de Sanguera sur le
tronçon Lomé-Kpalimé. A ces différents postes de
péage, les usages, selon la catégorie et le tonnage
de leur véhicules, sont tenus « d’acheter la route »
à un prix donné. |
|
Ce système qui n’avait jamais existé au Togo a mis
beaucoup de temps pour démarrer. En effet, les
postes de péage dont la construction s’était achevée
depuis les années 2004 ont végété pendant plus de
deux ans, laissés à la merci des herbes folles par
endroit, avant de devenir fonctionnels.
Aujourd’hui, bon an, mal an, les usagers
de la route tolèrent plus qu’ils n’acceptent le
déboursement de leur pauvre argent aux postes de
péage. Mais puisqu’il s’agit d’une obligation, ils
se conforment à la règle pour éviter les problèmes.
Seulement voilà. Tout le monde est-il traité de la
même façon aux postes de péage ? Ou plutôt, tout le
monde se comporte-t-il de la même façon aux postes
de péage ? Rien n’est moins sûr.
En effet, selon nos informations,
certains usagers de la route prennent des libertés
avec le péage. Ils sont pour la plupart, selon les
témoignages, à bords de véhicules gouvernementaux
immatriculés RTG, de véhicules immatriculés FAT ou
tout simplement des voitures portant une plaque
« personnel » mais utilisés par des agents de
l’Etat. Le plus cocasse, c’est que des individus qui
n’ont aucune raison de se soustraire au paiement, se
prévalent de considérations politiques pour refuser
de s’acquitter de leur devoir aux postes de péage. A
l’entrée du poste, ils prennent leur ticket comme
s’ils allaient normalement payer. Mais à la sortie,
ils forcent le passage et partent sans rien payer.
En témoigne le ticket que nous passons en
fac-similé.
Ce ticket en deux volets a été délivré à
un conducteur venant de Kara en direction du sud,
le
06 février 2007
à l’entrée du poste de péage de Sotouboua. Le
conducteur à la sortie devrait remettre ce ticket et
la somme requise à savoir
300 F
CFA à l’agent, à la sortie du péage, lequel agent
conservera un volet et l’argent pour les comptes.
Curieusement, les deux volets du ticket se
retrouvent dans la nature. Preuve que l’usager à qui
le ticket a été remis n’a pas payé.
Le ticket porte la date du
06 février 2007,
qui se trouve être le lendemain de la commémoration
du 2e anniversaire
du décès du Président Eyadema où le plus gros de
ceux qui étaient à cette commémoration rentraient à
Lomé. On peut donc tout imaginer.
Les postes de péages ont été installés
sur nos routes, pour, a-t-on dit, entre autres,
aider le Fonds d’entretien routier à entretenir nos
routes. Cet objectif ne saura être atteint si
certains usagers de la route se dérobent à leur
devoir, créant ainsi une injustice notoire sur nos
routes. Car à cette allure, il y a risque que seule
une catégorie, celle des pauvres seule, soit
assujettie au paiement des redevances sur les routes
pendant que les plus nantis circulent et roulent
carrosse sans payer le moindre franc. Il y a péril
en la demeure si des hautes personnalités politiques
et militaires qui sont censées montrer l’exemple se
croient au-dessus de la loi. Au fait, quelle
disposition compte prendre le FER pour éviter cette
situation ?
L.R. |