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Ouaga IV est annoncé pour le 20 février prochain mais la question
que plusieurs sympathisants de
l’opposition se posent est de
savoir si les partis de cette
opposition ont arrêté une
stratégie ou une plate-forme
commune face à la mouvance
présidentielle. Apparemment, on
est loin de la dynamique
unitaire de la Coalition qui
avait endossé la candidature de
Bob Akitani à la présidentielle
du 24 avril 2005. Et des voix
qui s’élèvent pour en appeler
encore à une union sacrée des
Forces Démocratiques semblent
prêcher dans le désert. En
lieu et place d’une opposition,
il y a des oppositions. Chacune
étant appelée à prendre ses
responsabilités.
La gestion de la suite de l’élection du 24 avril a
laissé trop de dégâts. Et c’est
avec amertume que le Professeur
Gnininvi parle de la Coalition.
Pour Gilchrist
Olympio, « toute concertation
au sein de cette Coalition est
devenue impossible, certains de
nos amis subordonnent désormais
les actions communes à la
signature préalable d’une
alliance électorale en vue des
prochaines élections
législatives ». Comme vous
pouvez le constater, disait le
Président de l’UFC le 24
décembre dernier à Washington,
« ces divergences risquent de
nous conduire au dialogue sans
une entente minimale sur
l’ensemble des vrais problèmes
auxquels notre pays est
confronté ».
C’est
individuellement que les partis
de l’ex-Coalition ont adressé
leur réponse au mémorandum de la
présidence.
Si ce dialogue
annoncé a pour finalité les
élections législatives, chaque
parti a des raisons de se faire
valoir étant entendu qu’il est
question de conquérir des sièges
à l’Assemblée. Mais avant les
législatives, il faut régler des
problèmes de fond. Et il n’est
pas évident que tous les partis
établissent la même échelle de
valeur quant aux problèmes à
régler.
Le principe de
dialogue est accepté par tous
mais chaque parti a ses
préoccupations qui lui sont
propres en fonction de ses
méthodes d’action. « Il faut
un mécanisme de règlement des
blocages pendant le dialogue
puisque la formule retenue ne
prévoit pas de facilitateur »,
estime Me Agboyibo. De source
proche du CAR, on indique qu’un
membre du gouvernement aurait
demandé par téléphone au parti
de désigner deux représentants
pour la réunion préparatoire
qui se tiendra le 15 février
avant le début des travaux
proprement dits le 20 février.
Me Agboyibo aurait décliné
l’offre parce que la manière
dont ce dialogue se prépare ne
le convainc pas.
Pour l’UFC, « sans
médiateur, il n’y aura de
dialogue ».
L’histoire semble
donc se répéter. Pendant que
certains se disent prêts à faire
le déplacement de Ouaga,
d’autres estiment qu’il faut se
méfier de ce dialogue comme de
la peste. Entre autres raisons
évoquées, la récupération du
dossier togolais par la
Françafrique, le rôle antérieur
de Compaoré dans le passage en
force de Faure Gnassingbé. En
définitive, les anti-Ouaga IV
considèrent que les dés sont
pipés et que cet énième dialogue
n’est en fait qu’une manœuvre
pour réaliser les promesses
faites à Faure Gnassingbé de
consolider son pouvoir.
On est comme dans un
cercle vicieux. Si l’on refuse
Ouaga de peur de se faire
enfariner par le pouvoir
togolais et ses soutiens
extérieurs, on n’a pas non plus
les moyens du moins à court ou
moyen terme de faire déguerpir
l’héritier du trône. Alors que
faire ?
Yao Assou |