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A Monsieur Mikaïla SAÏBOU
Directeur de la Publication de
l’Hebdomadaire le REGARD Lomé –
Togo
Permettez moi, Monsieur le
Directeur, de vous remercier
pour votre article, « Où
était ABALO Firmin », paru
dans le Regard No. 474 du 24
Janvier 2006.
Je comprends votre réaction.
Depuis son élection à la
magistrature suprême, le
Président Faure GNASSINGBE s’est
assigné comme objectif majeur,
la réconciliation des fils et
filles de ce pays pour une paix
durable, base de tout
développement humain. Dans ce
cadre, il a plu à Son
Excellence, le Premier des
togolais, d’instituer une
Commission de réhabilitation de
l’histoire du Togo, démarche
appréciée de tous les togolais
épris de paix.
J’ignore les critères qui ont
prévalu à la sélection des
membres composant ladite
commission. Mais une chose est
sûre, je fus membre de cette
commission et j’ai participé à
ce titre à tous les travaux.
J’ai eu à fournir à ladite
commission un texte d’une
centaine de pages dans lequel je
relatais certains faits de notre
histoire commune et affirmais
entre autre la paternité de
l’indépendance du Togo qui
revient de droit au feu Ben
APALOO, Président de la JUVENTO,
décédé accidentellement en 1964.
Mes convictions à ce sujet n’ont
pas changé à ce jour et ne
changeront jamais, car personne
n’a le droit de modifier le
cours de l’histoire d’un peuple.
Me voyez-vous capable de renier
la vérité? Je n’ai de force que
pour la vérité et rien que pour
la vérité.
Lorsque la fameuse commission a
eu à statuer sur la paternité de
l’indépendance du Togo, j’ai eu
à proclamer haut et fort ce qui
suit : « la paternité de
l’indépendance du Togo revient
au feu Ben APALOO, président de
la JUVENTO, qui l’a réclamée et
obtenue; mais je reconnais une
certaine préséance à Sylvanus
OLYMPIO en ce qui concerne
l’exercice de la politique dans
le pays».
Un fait ne se
présume pas, il faut le prouver.
Des preuves de la paternité de
l’indépendance du Togo existent,
il faut seulement avoir le temps
et la volonté de consulter les
archives de l’ONU, du Togo
(s’ils n’ont pas été détruits)
et de l’administration coloniale
française.
Ceux qui prétendent le contraire
ne peuvent fournir les preuves
de leurs assertions.
Pendant que la JUVENTO de feu
Ben APALOO réclamait
l’indépendance du Togo aux
Nations Unies par le truchement
de son représentant Maître ANANI
Santos, Sylvanus OLYMPIO et
Daniel CHAPMAN du Ghana
défendaient encore à la même
tribune l’unification, des
territoires EWE du Togo et du
Ghana (ALL EWE CONFERENCE).
Le Président de la Commission de
réhabilitation de l’histoire du
Togo est un homme de Dieu par
excellence. Répondant à ma
préoccupation de voir cette
vérité sur la paternité de
l’indépendance du Togo inscrite
en lettres d’or dans les anales
de l’histoire de notre pays, il
m’avait été opposé un refus
catégorique, prétextant que la
majorité des membres de la
commission avait attribué la
paternité de l’indépendance du
Togo à Sylvanus OLYMPIO. J’ai
même exigé, sans obtenir gain de
cause, que mon point de vue soit
pris en compte dans le PV
sanctionnant les travaux.
J’estime que l’histoire d’une
nation n’est pas l’apanage des
politiciens, d’humeur ou
d’appartenance régionale. Un
décret, fut-il présidentiel, ne
peut modifier l’histoire de tout
un peuple.
Ce même cas d’espèce a eu lieu
en France où les élus du peuple
voulaient réécrire l’histoire de
l’occupation française en dehors
de la métropole. Le Président
CHIRAC et son gouvernement ont
désapprouvé l’Assemblée
Nationale dans sa démarche.
Ceux qui me connaissent savent
bien que je suis un homme
tenace, mais devant la chance
qui s’offre à nous ce jour de
renouer avec le processus de la
réconciliation de tout un
peuple, j’ai baissé l’échine.
Et pourtant, vouloir ou pas
vouloir, la vérité finira par
triompher. Les exemples ne
manquent pas en la matière et
j’en citerai deux pour illustrer
mes propos :
- Jésus, le Christ de Dieu, est
venu au monde pour prêcher un
message de vérité. Les siens ne
l’ont pas reçu. Les pharisiens,
les scribes et les docteurs de
la loi, refusèrent
l’enseignement du Christ et
cherchèrent à étouffer la vérité
jusqu’à la croix, à Golgotha.
- Plus récent encore, le
philosophe GALILLEE, déclarait
en dépit de l’adversité de tous,
que la terre tourne au tour du
soleil. Il ne fut ni suivi, ni
écouté par ses contemporains qui
conclurent à un blasphème. Sur
le chemin vers le lieu où il
devait être pendu, il continuait
à afficher ses convictions : …
Et pourtant la terre tourne.
Je prie Dieu, le Tout Puissant,
d’accorder demain au Togo les
moyens de sa politique, pour
qu’enfin un jour les togolais
écrivent leur histoire et
rétablissent la vérité vraie.
« Où était ABALO Firmin »
?
Oui, Monsieur le
Directeur, ABALO Firmin, le
sage, était pourtant là, présent
! |