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La dernière loi des Finances qui a mis l’accent sur
l’assainissement du secteur de la fiscalité fait
grincer des dents jusque dans l’entourage du chef de
l’Etat. Il a fallu que la direction des impôts jette
un coup d’œil dans le registre de quelques sociétés
de la place pour donner le vertige à tous ceux qui
profitaient du laxisme des responsables de services
chargés du recouvrement des recettes fiscales. Il a
été constaté que plusieurs sociétés de la place ne
paient ni la charge patronale, ni l’IRPP, ni la
Protection Sociale et encore moins la taxe sur
salaire. Le manque à gagner serait estimé à trois
milliards par an. On pourrait mettre cette
insoumission fiscale sur le compte des difficultés
économiques que connaît notre pays et qui sont liées
à la rupture des relations avec nos partenaires
extérieurs. Mais personne ne peut comprendre que des
grosses sociétés qui prospèrent au Togo ne veuillent
pas payer leurs impôts. |
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Des grosses sociétés comme Nioto, Maersk, Cimtogo,
Fortia, Udecto, Mobil, Lonato, la Poste, Salt pour
ne citer que celles-là n’auraient pratiquement
opposé aucune résistance face à la volonté du
service des impôts d’appliquer la loi. Mais
curieusement, il a fallu qu’une catégorie d’hommes
d’affaires soit rappelée à l’ordre pour que leurs
puissants réseaux se mettent en branle. Ainsi,
depuis la fermeture de sa société, le Patron de
RAMCO ne baisse pas les bras. Ses « parrains »
dans l’entourage de Faure Gnassignbé aussi. Après
Ramco, c’est le tour des importateurs de véhicules
d’occasion.
En
application de l’article 163-bis de la loi des
Finances gestion 2007 « L’impôt minimum
forfaitaire sur l’importation en vue de la revente
des véhicules d’occasion mis en circulation ou en
transit sur le territoire togolais est fixé à 15.000
francs CFA par véhicule importé. Cette somme qui est
due par l’importateur du véhicule, est dorénavant
perçue par les services compétents des impôts sous
le pont lors des transferts de véhicules vers les
parcs ». Cette mesure ne doit certainement pas
réjouir les importateurs de véhicules qui faisaient
payer 30 000 F aux clients et qui s’organisaient
avec la complicité de certains hauts placés pour
éviter de verser l’argent qu’ils doivent à l’Etat.
Manifestement, il y en a qui encouragent des
expatriés à ne pas verser les impôts à l’Etat.
Certains vont même jusqu’à insinuer que le fait de
demander à cette catégorie d’hommes d’affaires de se
mettre en règle avec le fisc porte atteinte à la
sûreté de l’Etat.
Selon nos informations, la directrice
des impôts que nous avons tenté de joindre en vain
serait très affectée par des menaces qu’elle reçoit.
Comment mettre en application des dispositions de la
loi des Finances tout en évitant d’être perçu comme
l’ennemi de la communauté à laquelle appartiennent
ces redoutables hommes d’Affaires ? La situation est
telle que la « téméraire » directrice des
impôts ne se fait pas voir en public. Est-ce pour
éviter d’encaisser des « missiles » qu’elle
se serait arrangée pour ne pas être aperçue lors des
hommages rendus à feu Eyadéma à Pya ? Le plus
curieux est que ces hommes d’affaires
qui se croient au dessus de la loi ont même été
aperçus en train de se pavaner au domicile de feu
Eyadéma à Pya n’hésitant pas à gratifier d’autres
fils du Général président de leurs sourires
intéressés. Il est plus que sûr que la direction des
impôts n’agit pas sans l’aval de Faure Gnassingbé.
Se pose alors la question de l’autorité du Chef de
l’Etat. Restera-t-il les bras croisés laissant celle
qu’il a chargé d’assainir les finances publiques à
la merci des fossoyeurs de l’économie nationale qui
se réclament de lui?
Dans la fièvre des conquêtes pour la démocratie,
certaines personnalités en complicité avec des
hommes d’affaires véreux avaient mis en place un
système insidieux de détournement des recettes
fiscales. Et pour couvrir la magouille, un certain
discours politique faisait état de ce que les
difficultés que connaît le Togo étaient dues à la
Grève Générale Illimitée et aux dégâts des rapaces
d’opposants qui auraient rasé les caisses de l’Etat
et se seraient enfuis avec le butin. Jusqu’à la mort
du Général Président, le détournement des recettes
fiscales était devenu un sport matinal pour certains
de ses collaborateurs qui s’arrangeaient de manière
à ce qu’une bonne partie des subsides qui devraient
revenir à l’Etat atterrisse dans leur poche. Tous
les hommes d’affaires étrangers ne sont pas la cause
de nos misères au Togo. Mais certains se comportent
chez nous comme en territoire conquis, c’est qu’ils
bénéficient de la complicité active de ceux qui, se
prévalant de leurs titres ronflants au sommet de
l’Etat, les y encouragent. On attend de voir comment
Faure Gnassingbé va gérer cette contradiction
interne.
Abass |
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La loi électorale qui a été adoptée la semaine
dernière ne règle pas le problème d’identité des
électeurs togolais. Pour se faire enregistrer, il
faut présenter une carte d’identité. Or pour se
faire établir une carte d’identité il faut avoir un
certificat d’origine et un certificat de naissance.
En plus de cela, il faut payer une somme de 5 000
F. |
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Ainsi donc, peu de Togolais pourraient même, s’ils
le désirent, se faire établir une carte d’identité.
Il faut le rappeler, c’est cette exigence de carte
d’identité qui a servi d’alibi pour distribuer des
cartes d’électeurs de façon discriminatoire avec
pour conséquence de priver des électeurs ciblés de
quoi pouvoir voter. Pour pallier cette anomalie
préjudiciable au processus électoral, certains
proposent le témoignage de personnes ressources ou
des autorités traditionnelles pour attester que tel
ou tel individu est Togolais. Mais là encore il peut
surgir des contestations dans la mesure où les
témoignages complaisants ne pourront pas être
facilement évités. On peut témoigner pour ou contre
un individu selon son appartenance politique. Mais
l’autre problème réel est qu’il n’est pas donné aux
autorités locales de connaître tout le monde surtout
dans les villes encore moins à Lomé où on peut
passer la nuit à Aflao et se retrouver toute la
journée à Lomé tout comme à Kamboli, Cinkassé,
Kémérida, Séko où on peut facilement se retrouver de
l’autre côté de la frontière pour proclamer sa
togolité. En un mot il y a beaucoup à faire pour
s’assurer que tous ceux qui se feront établir des
cartes d’électeurs sont Togolais ou non.
Abass SAÏB |