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De source informée à Bruxelles, on
indique que le Commissaire
Européen au Développement et à
l’Action Humanitaire va annoncer
officiellement aux acteurs
politiques togolais, la
désignation de Lakhdar Brahimi
comme facilitateur au dialogue
intertogolais.
L’ancien ministre
algérien des affaires étrangères
et ancien représentant personnel
du Secrétaire Général des Nations
Unies aura donc à gérer le dossier
togolais qui a donné la migraine à
plusieurs médiateurs avant lui.
Le
débat ne se situe plus au niveau
du seul facilitateur mais tout
dépend de la capacité du
diplomate et de ses mandants à
amener les acteurs politiques à un
consensus. Pour un responsable de
la Coalition, la question la
plus préoccupante est de savoir
si réellement, tous sont engagés
à œuvrer pour que les événements
regrettables qu’a connus le pays
ne se reproduisent plus.
Il est
vrai que la diplomatie française
est plus à l’aise pour tirer les
ficelles derrière les rideaux
onusiens que dans les milieux de
l’institution européenne où elle
rencontre des résistances
farouches auprès de ses
partenaires sur la question
togolaise.
Brahimi qui est avant tout
francophone ne se privera pas de
consulter des personnes ressources
de la francophonie qui ont eu à
gérer le dossier togolais comme
Moustapha Niasse, lui aussi
diplomate consultant onusien.
C’est dire qu’on est retombé dans
le cercle vicieux que les partis
de la Coalition cherchaient à
éviter parce que, quoiqu’on dise,
Louis Michel a trouvé un
échappatoire en associant l’ONU
au règlement de la crise
togolaise.
Etant
entendu que les Nations Unies
aussi bien que la France ont
tendance à privilégier le
règlement des crises internes aux
Etats d’abord par des
organisations sous-régionales,
l’Union Africaine et la CEDEAO
vont inévitablement être appelées
à la rescousse d’une manière ou
d’une autre.
La
preuve que la France profite de
l’implication de l’ONU pour peser
de tout son poids dans le dossier
togolais loin des objections de
ses partenaires européens est que
le Conseiller Afrique de Chirac,
Michel de Bonnecorse était arrivé
pour sonder les intentions des
uns et des autres en vue de
définir la trajectoire que le
diplomate algérien devra suivre.
Les partis de la Coalition ainsi
que l’Alliance ont exprimé leurs
préoccupations à l’émissaire de
Chirac.
Reste
à savoir s’il y aura une nouvelle
feuille de route ou si on s’en
tiendra à la dernière déclaration
au nom de la présidence de l’Union
Européenne sur le Togo.
On sait que le
Commissaire Louis Michel est
pressé de voir les législatives se
dérouler dans les meilleurs
délais mais les problèmes
essentiels à régler sont ceux de
la réforme de l’armée et la
question du cadre électoral
(reforme du code électoral, retour
à la constitution de 1992,
recomposition de la Cour
Constitutionnelle) le retour des
réfugiés, la question de
l’impunité.
Toutes
ces questions étaient à l’ordre du
jour lors de la dernière
rencontre de Sant’Egidio entre
les délégations de l’UFC et du RPT
mais les divergences entre le
principal parti de l’opposition
et la mouvance présidentielle sur
ces questions ont été si
profondes que rien n’indique a
priori qu’on puisse trouver une
approche de solution consensuelle
qui permette d’évoluer.
A. S. |