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Le Prof. Léopold Gnininvi
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Sans fioriture, il a déclaré que le bilan de l’Accord
Politique Global est, somme toute, positif.
Il a
donné les raisons entre autres la décrispation de la
situation politique qui va permettre, dans les jours à
venir, d’aller aux élections législatives.
A propos de la participation des uns et des autres au
gouvernement, il a déclaré que cela a permis de
reconsidérer les différents clichés.
L’homme, pour ceux qui ne le connaissent pas parle peu
et préfère dire l’essentiel en peu de mots. Longtemps
réservé sur les sujets d’actualité politique, il a
finalement rompu le silence pour donner ses points de
vue sur des sujets précis qui lui ont été soumis.
Le dernier événement en date fut l’incident qui a eu
lieu entre les nouvelles recrues du site Togo 2000 et
les populations riveraines d’Attiégou. Au-delà des
tenants et aboutissants de cette honteuse affaire, le
Ministre Gnininvi a salué la réaction énergique et
spontanée des services compétents.
En ce qui concerne la pagaille à la Fédération Togolaise
de Football, il a partagé et salué toutes les
initiatives qui peuvent permettre une normalisation du
fonctionnement de cette institution.
En clair, l’Homme a abordé presque tous les sujets
brûlants de l’heure et qui font la « Une » des journaux.
Lisez plutôt !
Excellence, Monsieur le Ministre d’Etat, il y a un an,
avait été signé à la Salle Concorde de l’Hôtel 2 Février
par l’ensemble des acteurs politiques ayant pris part au
dialogue, un accord politique dénommé Accord Politique
Global (APG) dont l’application devait déboucher sur des
élections législatives, libres, transparentes et
équitables. A l’an 1 de cet accord, quel bilan
faites-vous ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Le bilan de l’APG est, somme toute, positif. L’accord a
permis de décrisper la situation politique au Togo et de
mettre en œuvre de façon consensuel le processus
électoral devant nous conduire à des élections
législatives dans les jours à venir. En dépit de
quelques raisons d’insatisfaction qu’on peut lui
trouver, il nous appartient tous, en tant que parties
prenantes dudit accord, de travailler pour en faire un
instrument qui inaugure une nouvelle page de l’histoire
de notre pays.
L’un
des acquis de l’APG, c’est le gouvernement d’union
nationale dont vous faites partie. S’il vous était
demandé de parler de votre expérience de pouvoir avec le
RPT, le parti que vous avez plusieurs années redouté,
que direz-vous ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Je
dirai que l’expérience vaut la peine d’être menée.
Pendant longtemps, le pouvoir a traité les leaders de
l’opposition d’irresponsables qui ne cherchent que le
pouvoir pour le pouvoir, etc. L’opposition de son côté
traitait le pouvoir de corrompu, d’autocratique et
d’antidémocratique. Notre participation au gouvernement
a permis aux uns et aux autres, du moins je l’espère, de
reconsidérer ces différents clichés. Nous devons
apprendre à nous respecter et à travailler ensemble.
Le recensement électoral prévu par l’APG vient de
prendre fin, il y a une semaine, non sans problèmes
puisque certains partis politiques signataires ou non de
l’APG ont dénoncé de nombreuses fraudes qui ont entaché
l’opération. Quelle analyse ou appréciation faites-vous
au niveau de la CDPA de cette opération de recensement.
Pensez-vous qu’à l’issue de ce recensement, le Togo peut
disposer d’un fichier électoral fiable permettant
d’aller à des élections législatives transparentes et
apaisées ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Ce
recensement a permis de tester l’engagement politique
des Togolais à oeuvrer pour sortir notre pays de la
crise. Je tiens à saluer l’engouement des électeurs
togolais qui n’ont pas hésité à aller chercher leur
carte d’électeur. Le dispositif mis en place a connu
quelques difficultés qui ont été résolues grâce aux
efforts et à la volonté politique des Togolais. Le
fichier qui est en cours de confection a toutes les
garanties de fiabilité malgré les quelques imperfections
inhérentes au mode de recensement retenu. Nous ne
pouvons que nous réjouir à la CDPA et saluer les membres
de la CENI. Je demande aux Togolais d’être vigilants
pour veiller à la suite des opérations. Conquérir la
liberté est une lutte de tous les jours. Le danger
pourrait aussi venir de là où nous ne l’attendons pas.
Le 04 août dernier justement, une marche à l’initiative
de certains partis politiques devait être organisée pour
protester contre qu’ils ont appelé ‘’un processus
électoral biaisé’’. Cette marche a été interdite par
votre gouvernement et on vous a alors accusé (vous les
partis de l’opposition au gouvernement) de n’avoir rien
dit. Quelle réaction faites-vous par rapport à la
marche, à son interdiction et à votre silence ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
A dire
vrai, notre avis a été demandé et nous l’avons donné.
Nous avons dit qu’il n’était pas nécessaire d’interdire
cette marche. Mais nous ne sommes pas seuls au
gouvernement et donc notre avis ne s’impose pas.
Maintenant, il faut se rapprocher des services qui ont
interdit la marche pour avoir des détails sur cette
interdiction.
Il y a quelques mois, un bras de fer a opposé le
Ministre des mines que vous êtes et le Ministre des
finances au sujet de l’administration de la Société
Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) créée il n’y a
pas longtemps. Excellence, Monsieur le Ministre, si l’on
sait que depuis toujours c’est le ministère des mines
qui est le ministère de tutelle des phosphates, comment
expliquez-vous ce regain d’intérêt pour le ministère des
finances ? Où en êtes-vous avec ce bras de fer et quelle
est la position respective des deux chefs de l’Exécutif
(le chef de l’Etat et le Premier ministre) ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Nous
devons rappeler que nous sommes dans une situation
d’exception. Nous n’avons pas formé ce gouvernement sur
la base d’un succès à des élections. C’est un
gouvernement qui a une feuille de route très précise :
organiser les élections législatives. A cette mission
est jointe celle de gérer les affaires courantes.
C’est dans le cadre de cette seconde mission que nous
avons eu à gérer les problèmes liés à la crise
énergétique et ceux liés à la gestion des phosphates.
Nous essayons tant bien que mal et compte tenu des
marges de manœuvres que nous offrent les rapports de
force actuels d’aborder chacun des problèmes. Ce n’est
pas facile. A un moment, nous avons été sollicité pour
résoudre le problème de l’IFG. Nous avons fait des
propositions. Lorsque j’ai été informé des mesures de
licenciements à l’IFG, j’ai dit aux intéressés que je
n’avais pas la maîtrise du dossier.
Sur la question des phosphates tout comme sur d’autres
questions sensibles du pays, nous ne pourrons faire
grand-chose avant d’être dans une situation normalisée
c’est-à-dire dans un gouvernement élu et qui disposera
d’une plus grande marge de manœuvre. C’est seulement à
ce moment que nous pouvons résoudre efficacement ces
problèmes au Togo.
Le
Togo comme certains pays de la sous-région traverse
depuis plusieurs mois, une crise énergétique sans
précédent malgré les efforts déployés pour juguler la
crise (l’interconnexion CEB-TCN le 13 février à Sakété
etc.). Mais depuis un mois, on assiste à une
normalisation de la situation. Monsieur le Ministre,
vous êtes un spécialiste en la matière, quelles sont les
causes de cette crise énergétique ? Pouvez-vous nous
affirmez aujourd’hui que c’est la fin du délestage et le
retour à la normale ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Plusieurs facteurs sont à l’origine des problèmes
énergétiques que nous subissons actuellement dans la
sous région. Je peux citer le réchauffement de la Terre
qui est à l’origine de plusieurs perturbations
climatiques sur notre planète et qui a pour conséquence
la sécheresse chez nous et les inondations et canicules
chez d’autres. Je peux citer aussi le renchérissement du
prix du pétrole qui met les coûts de l’électricité
thermique hors de notre portée. Enfin, il y a les
problèmes de prévision et de gestion de la croissance de
la consommation en énergie électrique. Aujourd’hui, si
nous voulons résoudre durablement cette crise, il faut
envisager la question sous l’angle de la sécurité
énergétique, c’est-à-dire trouver des solutions qui nous
mettent à l’abri et non des solutions conjoncturelles.
Il faut prévoir que l’Etat devra subventionner ce
secteur tant que le gaz ne viendra pas au secours.
La normalisation constatée ces dernières semaines est
essentiellement due aux pluies enregistrées à
l’intérieur du pays et dans certains pays qui nous
fournissent l’électricité. Cette normalisation ne
saurait durer si nous ne prenons pas d’autres mesures.
C’est ce à quoi nous nous attelons actuellement.
Il en est de même pour l’énergie solaire et l’énergie
éolienne. Lorsque vous vous engager à les produire, les
populations seront dans l’incapacité de payer le coût.
A la CDPA, nous pensons que pour la sous région, il faut
rapidement mener une réflexion sur la question de la
sécurité énergétique et envisager des solutions
conséquentes et durables car sans l’électricité, il n’y
a pas de développement moderne.
Vous avez, le jeudi 23 août dernier dans la zone
portuaire, donné le coup d’envoi des travaux de
construction des installations du gazoduc du Togo. Une
mesure de substitution à la crise énergétique ? Que
peuvent attendre les populations togolaises de gazoduc ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Le gaz
est une solution intéressante parce qu’il permet de
réduire le coût de production de l’électricité et donc
la facture de l’électricité pour les ménages. Le prix de
revient du KwH tombera autour de 50 F contre les 120F
pour le KwH des centrales au fuel.
Le 21 août dernier sur le site Togo 2000, des incidents
violents ont opposé nouvelles recrues et populations
riveraines. Certains ont vite trouvé l’occasion pour
parler des signes avant-coureurs du spectre des bottes
en octobre prochain. Avez-vous des commentaires à
faire ?
Professeur Léopold M. GNININVI :
Je
vous ai dit que nous devons être très vigilants. La
réaction énergique des services compétents constitue un
réconfort, pourvu que ça dure ! Il faut les encourager.
Pour
terminer cet entretien quels commentaires faites-vous
sur la crise qui secoue la FTF et le comité provisoire
mis en place par le gouvernement et le CNOT pour
trouver une solution à cette crise.
Professeur Léopold M. GNININVI :
Je
partage et salue toutes les initiatives qui peuvent
permettre une normalisation du fonctionnement de cette
institution.
Le football togolais porte un espoir pour toute la
jeunesse togolaise. Nous ne devons pas, par nos actes,
tuer cet espoir. Si la politique par essence divise, le
foot par contre rassemble et doit rassembler. Nous
devons éviter de le polluer.
Interview réalisée par AMOUZOUVI |