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Depuis quelques
mois, un litige oppose le groupe Bolloré à Dupuydauby.
Le litige en question est encore pendant devant la
justice togolaise, alors qu’il devait avoir connu son
dénouement depuis longtemps. Si on en est encore là
aujourd’hui, c’est que dans cette affaire on est allé de
renvoi en renvoi. Demain vendredi 30 décembre 2005, les
juges doivent se prononcer dans ce dossier. Le verdict
est très attendu, compte tenu de l’importance de
l’affaire et de son implication ou ses retombées dans
l’économie togolaise.
Pour rafraîchir la mémoire à nos lecteurs, il faut rappeler
que le sieur Jacques Dupuydauby n’est pas un inconnu au
Togo. Débarqué dans notre pays avec pour seuls
arguments, sa « gueule » qui ne tarissait pas de
fausses promesses, il a réussi à enfariner les plus
hautes autorités de notre pays dont il a très vite
acquis la confiance. Sachant que le Togo était en
difficulté et connaissant bien le tempérament de feu le
Gal Eyadema qu’il avait certainement minutieusement
étudié avant d’arriver, Jacques Dupuydauby avait fait du
développement du Port Autonome de Lomé et des activités
portuaires sa vache à lait. Il arrivait régulièrement à
Lomé pour miroiter des projets plus ambitieux les uns
que les autres, emportant l’enthousiasme de nos
dirigeants. Il s’était permis de couvrir feu Eyadema de
ridicule en l’invitant à assister personnellement deux
fois de suite à la pose de la première pierre pour la
construction d’un seul et même ouvrage.
Au fil des années, il s’était avéré que le sieur Jacques
Dupuydauby qui avait réussi à créer un certain nombre de
sociétés intervenant notamment dans la manutention
portuaire n’était qu’un marchant d’illusion qui se
faisait passer pour l’homme qui devait sauver le Port
Autonome de Lomé. Il sera finalement découvert sous son
vrai jour lorsqu’il y a quelques mois, il avait engagé
un bras de fer avec le Groupe Bolloré dont il s’était
servi comme parapluie pour s’installer au Togo. Lui qui
était engagé comme fonctionnaire et émargeait dans les
livres de Bolloré avait voulu faire main basse
sur les sociétés dans lesquelles le groupe Bolloré avait
pris d’importantes participations. Bref, non seulement
Dupuydauby se moquait royalement des autorités
togolaises qu’il menait en bateau à loisir, mais
il spoliait son employeur Bolloré.
C’est ainsi que courant mai 2005, le Groupe Bolloré introduit
devant la justice togolaise, une action aux fins de voir
le juge prendre des mesures conservatoires pour empêcher
Dupuydauby de continuer à piller le patrimoine de son
employeur.
Malheureusement, depuis, aucune mesure conservatoire n’a été
prise. Jacques Dupuydauby qui dispose de soutien et
d’appuis occultes au sein des sommités de l’Etat use de
subterfuges et joue sur ses relations. Il a même
bénéficié dans un autre dossier l’opposant au même
Bolloré, d’un sursis à exécution de la Cour Suprême.
Toutes les actions urgentes entreprises afin d’obtenir
la levée de ce sursis à exécution sont restées vaines,
laissant ainsi la porte ouverte à toutes sortes
d’actions de spoliation.
Ce que demande le Groupe Bolloré aujourd’hui, c’est de
retrouver, dans un premier temps, les droits qui sont
les siens en sa qualité d’actionnaire dans les sociétés
auxquelles il a effectivement participé.
Nous n’avons pas l’intention de rentrer dans des détails de
cette affaire encore pendante devant les tribunaux. Mais
au cas où le dilatoire persiste, nous nous réservons le
droit, par devoir de vérité, de revenir de long en large
sur ce dossier qui, malheureusement, pénalise le Togo
dans ces moments de difficultés financières. Le 30
décembre donc, le tribunal de première instance de Lomé
doit faire œuvre utile en se prononçant sur cette
affaire. D’ores et déjà, selon nos informations, il y a
actuellement d’intenses pressions de hautes
personnalités politiques qui pèsent sur le dossier. Et
il y a à craindre que dans cette affaire, la justice
n’ait pas les mains libres pour trancher. Or il s’agit
d’un dossier qui porte sur de gros sous. On parle de
milliards de nos francs. Pendant que la justice traîne
le pas et évolue de renvoi en renvoi, Jacques Dupuydauby
ne se donne aucune peine pur pomper cet argent et le
sortir du Togo. La justice désormais au pied du mur doit
mettre fin à cet état de chose en se prononçant dans
cette affaire. Elle doit dire le droit dans l’intérêt de
la vérité et le Togo.
Laurent ZANKLI |